Muhammadu Buhari

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Muhammadu Buhari
Muhammadu Buhari, le 31 mars 2015.
Muhammadu Buhari, le 31 mars 2015.
Fonctions
6e président de la République fédérale du Nigeria
En fonction depuis le
(1 mois et 1 jour)
Élection 29 mars 2015
Vice-président Yemi Osinbajo
Prédécesseur Goodluck Jonathan
Président du Conseil militaire suprême de la République fédérale du Nigeria
(chef de l'État, de facto)

(1 an 7 mois et 27 jours)
Vice-président Tunde Idiagbon
(vice-président du Conseil militaire suprême)
Prédécesseur Shehu Shagari
(président de la République)
Successeur Ibrahim Babangida
(président de la Commission dirigeante des Forces armées)
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Katsina (Nigeria)
Nationalité nigériane
Parti politique All Progressives Congress (APC)
Conjoint Safinatu Yusuf (1971-1988)
Aisha Halilu (depuis 1989)
Religion Islam

Muhammadu Buhari Muhammadu Buhari
Chefs d'État du Nigéria
Présidents de la République fédérale du Nigeria

Muhammadu Buhari, né le à Katsina, est un général et homme d'État nigérian.

Musulman sunnite, il est, après le coup d'État de décembre 1983, à la tête du Nigeria du au [1]. Il est également candidat malheureux à l'élection présidentielle du 19 avril 2003[2], du 21 avril 2007[3] et du 16 avril 2011[4].

En décembre 2014, il se présente comme candidat du Congrès progressiste (APC) pour l'élection présidentielle du 28 mars 2015[5]. Il remporte l'élection le 28 mars 2015 face au président sortant Goodluck Jonathan avec 53,9% des voix[6].

Muhammadu Buhari devient président de la République fédérale du Nigeria après son investiture le .

Famille[modifier | modifier le code]

Originaire de Daura, Muhammadu Buhari est musulman sunnite. Dernier né d'une famille peule de 23 enfants, il est élevé par sa mère, son père étant mort alors qu'il avait entre 3 et 4 ans[7].

En 1971, il épouse Safinatu Yusuf[8], avec laquelle il a cinq enfants et dont il divorce en 1988. En décembre 1989, Buhari se remarie avec Aisha Halilu[9], avec qui il aura cinq autres enfants.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Muhammadu Buhari rejoint l'armée nigériane en 1961 après avoir étudié à l'école militaire de Kaduna. De 1962 à 1963, il suit une formation d'élève-officier en Angleterre avant d'être nommé en janvier 1963 sous-lieutenant puis commandant de peloton du deuxième bataillon d'infanterie à Abeokuta, au Nigeria. De novembre 1963 à janvier 1964, il suit une nouvelle formation militaire au Royaume-Uni. Il sert finalement dans différents corps d'armée[10][11] :

  • Commandant du deuxième bataillon d'infanterie (1965-1967)
  • Major de brigade, deuxième secteur, 1re division d'infanterie (avril 1967 - juillet 1967)
  • Major de brigade, 3ème division d'infanterie (juillet 1967 - octobre 1968)
  • Commandant, 31e brigade d'infanterie (1970 - 1971)
  • Adjudant général adjoint, 1re division d'infanterie (1971 - 1972)
  • Directeur par intérim des transports et de l'approvisionnement de l'armée nigériane (1974 - 1975)
  • Secrétaire militaire, QG de l'armée, et membre du Conseil militaire suprême (1978 - 1979)
  • Colonel (1979 - 1980)
  • Officier général commandant, 4e division d'infanterie (août 1980 - janvier 1981)
  • Officier général commandant de la 2e division d'infanterie mécanisée (janvier 1981 - octobre 1981)
  • Officier général commandant de la 3e division armée (octobre 1981 - décembre 1983)

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Coup d'État de juillet 1966[modifier | modifier le code]

En juillet 1966, Muhammadu Buhari participe à un coup d'État dirigé par le lieutenant-colonel Murtala Muhammed qui renversera et assassinera le Premier ministre du pays, Aguiyi Ironsi[12]. Le coup d'État est considéré comme sanglant, ayant mené à la mort de la plupart des officiers Igbos[13].

Gouverneur de l'État du Nord-Est[modifier | modifier le code]

En août 1975, alors que le général Murtala Mohammed vient de prendre le pouvoir, il nomme Buhari gouverneur de l'État du Nord-Est, afin qu'il supervise les améliorations sociales, économiques et politiques de la zone[14].

Ministre du Pétrole et des Ressources naturelles[modifier | modifier le code]

En mars 1976, le nouveau dirigeant du Nigeria, le général Olusegun Obasanjo, nomme Muhammadu Buhari ministre du Pétrole et des Ressources naturelles. La même année, est créée la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) que Buhari dirige également jusqu'en 1978[15]. Durant son mandat de ministre, 2,8 milliards de dollars auraient disparu des comptes de la NNPC. Alors que l'ancien président, Ibrahim Babangida, accuse Buhari d'être responsable de cette fraude, l'administration Shagari inaugure un tribunal spécialisé dans les ventes de pétrole brut[16]. Celui-ci enquête sur ce détournement de fonds et précise ne pas pouvoir confirmer ces accusations, bien qu'il ait remarqué quelques défaillances dans les comptes de la NNPC[17].

Coup d'État de décembre 1983[modifier | modifier le code]

En décembre 1983, Muhammadu Buhari, alors qu'il est officier général commandant (OGC) de la 3e division blindée de Jos, dirige un coup d'État dont le but est de renverser le président démocratiquement élu, Shehu Shagari[18]. Ce coup d'État met fin à la Seconde République du Nigeria, mise en place peu de temps avant, en 1979. Muhammadu Buhari, qui prendra le pouvoir dans le pays à l'issue de ce putsch, justifie ce coup d'État en fustigeant le gouvernement civil "corrompu". Sa première mesure sera de suspendre la Constitution de 1979.

Président du Conseil militaire suprême de la République fédérale du Nigeria[modifier | modifier le code]

Politique économique[modifier | modifier le code]

Désireux de réformer l'économie, Buhari décide de reconstruire les systèmes socio-politique et économique du Nigeria et de lutter contre l'austérité. Pour cela, il encourage l'industrialisation par substitution aux importations[19] basée en grande partie sur l'utilisation de matériaux locaux et le resserrement du développement national.

Il centrera également sa politique économique sur le rééquilibrage des finances publiques, mais la limitation des importations aura finalement pour conséquence de nombreuses pertes d'emplois et la fermeture d'entreprises[20].

Buhari met rapidement un terme aux relations du pays avec le Fonds monétaire international (FMI) qui lui demande de dévaluer le naira de 60 %, ce qu'il refuse[21]. Malgré cela, les réformes engagées par Buhari restent tout autant, voire plus rigoureuses que celles demandées par le FMI[22].

Le 7 mai 1984, Buhari présente son budget national, accompagné d'une série de mesures complémentaires :

  • Interdiction temporaire de recruter des travailleurs dans le secteur public
  • Relèvement des taux d'intérêts
  • Arrêt des projets immobiliers
  • Interdiction d'emprunt pour les gouvernements d'État
  • Réduction de 15 % du budget par rapport à 1983
  • Réalignements des droits d'importation
  • Réduction du déficit de la balance de paiement en réduisant les importations
  • Priorité à l'importation de matières premières et de matériel utile pour l'agriculture et l'industrie

Buhari est également connu pour sa gestion de la crise alimentaire de 1984-1985, où, pour des raisons populistes, il expulse le million de Nigériens vivant alors au Nigeria, alors que les ressources alimentaires au Niger étaient encore plus rares qu'au Nigeria. La grande famine est ainsi appelée au Niger Haoussa et Kanouri (est du pays) "El-Buhari"[23].

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Le gouvernement militaire de Buhari est peu ou prou resté sur la même ligne politique que Shehu Shagari concernant les relations internationales. En janvier 1984, dans son discours annuel radiodiffusé, Buhari déclare en effet qu'il maintiendra, voire renforcera, les relations diplomatiques avec des organisations telles que l'OUA, l'ONU, l'OPEP ou encore la CEDEAO. Il indique également qu'il honorera les obligations conventionnelles contractées par les gouvernements précédents.

En 1985, alors que la criminalité augmente et que l'économie du pays est en berne, le gouvernement de Buhari ouvre ses frontières avec le Bénin, le Niger, le Tchad et le Cameroun (fermées depuis avril 1984) afin d'accélérer l'expulsion de 700 000 étrangers et travailleurs migrants[24].

Le scandale des 53 valises[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est chef de l'État, Buhari est impliqué dans un scandale concernant le sort de 53 valises, contenant prétendument 700 millions de dollars et détenues par l'émir du Gwandu (en), qui ont été dédouanées sans inspection sur le vol de l'émir en provenance d'Arabie Saoudite[25].

Droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

En 20 mois à la tête du Nigeria, Muhammadu Buhari a adopté nombre de décrets, dont certains constituent une atteinte aux droits de l'Homme. Son régime est la cible de nombreuses critiques dans le monde, à l'image de la pièce de théâtre écrite par le premier lauréat nigérian du Prix Nobel, Wole Soyinka, intitulée Les Crimes de Buhari[26] qui décrit un grand nombre de violations menées sous son régime militaire.

Début 1984, par le biais du Décret n°2 et pour des raisons de sécurité d'État, le chef de cabinet de Buhari peut infliger jusqu'à 3 mois de détention, sans procès ni charges, à n'importe quel individu considéré comme un risque pour la sécurité du pays[27]. Le Décret interdit de plus les manifestations populaires et donne des pouvoirs sans précédent aux services secrets nigérians. Ces derniers jouent un grand rôle dans la répression de la dissidence publique en intimidant, harcelant et emprisonnant chaque personne qui brise l'interdiction de manifester ou de faire la grève. En octobre 1984, plus de 200 000 fonctionnaires sont ainsi licenciés[28]. De nombreux opposants politiques sont également enfermés en prison. Parmi eux, un des artistes les plus populaires du Nigeria, ancien candidat à la présidentielle : Fela[29]. Il est arrêté pour exportation illégale de devises le 4 septembre 1984 à l'aéroport alors qu'il s'apprêtait à partir pour une tournée aux États-Unis. Amnesty International décrit les accusations portées contre lui comme "intempestives". Bénéficiant d'un pouvoir largement étendu par le Décret n°2, le Gouvernement condamne Fela à 10 ans de prison. Il sera finalement libéré en 1985 après 18 mois d'enfermement[29], lorsque le gouvernement de Buhari est renversé.

Toujours en 1984, il adopte le Décret n°4 pour la protection contre les fausses accusations[30], considéré par les spécialistes comme la loi sur la presse la plus répressive jamais adoptée au Nigeria[31]. L'article 1 de la loi établit que "toute personne qui publie, qu'importe la forme, un message, une rumeur, un rapport ou une déclaration [...] non véridique sur un point important ou qui pourrait ridiculiser ou discréditer l'État, se rend coupable d'une infraction en vertu du présent décret"[32]. La loi déclare en outre que les journalistes et éditeurs incriminés seront jugés par un tribunal militaire, dont le jugement est définitif et sans appel. Les coupables sont admissibles à une amende d'un minimum de 10 000 nairas et une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à deux ans[31].

Le décret n° 20 sur le soutage illégal des navires et le trafic de drogues constitue un autre exemple de la lutte sévère de Buhari contre la criminalité[33]. L'article 3 (2) (K) établit que "toute personne qui, sans autorisation, vend, fume ou inhale une drogue comme la cocaïne ou toute autre drogue similaire, est coupable en vertu de l'article 6 (3) (K) d'infraction et encourt, sur déclaration de culpabilité, la peine de mort par peloton d'exécution". Dans le cas de Bernard Ogedengebe, le décret a été appliqué rétroactivement[34] et l'homme a été exécuté, même si au moment de son arrestation, il avait été jugé et condamné à 6 mois d'emprisonnement[34]. En avril 1985, 6 autres Nigérians sont condamnés à mort en vertu du même décret : Sidikatu Tairi, Sola Oguntayo, Oladele Omosebi, Lasunkanmi Awolola, Jimi Adebayo et Gladys Iyamah[8].

Le 20 mars 1984, Muhammadu Buhari déclenche une guerre contre l'indiscipline, connue aujourd'hui sous l'acronyme WAI (War against indiscipline) afin de lutter contre le manque de moralité publique et de responsabilité civique de la société nigériane. Les Nigérians considérés comme indisciplinés doivent former des files d'attente devant des soldats équipés de fouets. Les fonctionnaires arrivant en retard au travail sont humiliés et forcés à faire des sauts de grenouille[20]. Toujours en vertu de la lutte contre l'indiscipline, tout étudiant âgé de plus de 17 ans surpris en train de tricher à un examen peut être condamné à 21 ans de prison. La contrefaçon et les incendies criminels sont quant à eux passibles de la peine de mort[35].

L'affaire Umaru Dikko constitue un autre épisode déterminant de la présidence de Buhari. Umaru Dikko, ancien ministre des Transports sous la présidence de Shagari, fuit le pays après le coup d'État de 1983 et est accusé d'avoir détourné 1 milliard de dollars de profits pétroliers. Avec l'aide d'un agent du Mossad et de deux Israéliens[36], des hommes des services secrets nigérians le retrouvent à Londres où ils le droguent et l'enlèvent. Ils l'enferment ensuite à l'intérieur d'une caisse étiquetée comme étant une valise diplomatique afin de le ramener au Nigeria dans un Boeing 707 de Nigeria Airways vide[36]. Le complot est finalement déjoué par un officier des douanes de l'aéroport de Londres-Stansted[36].

En 20 mois de présidence, environ 500 hommes politiques, fonctionnaires et hommes d'affaires ont été emprisonnés et accusés de corruption[37].

Coup d'État de 1985 et renversement[modifier | modifier le code]

En août 1985, Muhammadu Buhari est renversé par un coup d'État dirigé par le général Ibrahim Babangida et d'autres membres du Conseil militaire suprême[38]. Parmi les alliés de Babangida figure le frère de Fela Kuti, Olukoye Ransome-Kuti, un médecin qui avait mené une grève contre Buhari quelques mois plus tôt pour protester contre la baisse des services de soins de santé. Après le coup d'État, Buhari est enfermé dans une prison à Benin City jusqu'en 1988[39].

Les partisans de Buhari déclarent qu'il a été renversé par des personnes corrompues de son gouvernement qui avaient peur d'être traduites en justice alors que sa politique commençait à montrer des résultats en termes de discipline publique, de lutte contre la corruption, de réduction de l'inflation et de productivité. Ibrahim Babangida justifie de son côté son coup d'État en évoquant l'échec de Buhari dans la résolution des problèmes économiques du pays et promet de "revitaliser l'économie ravagée par des décennies de mauvaise gestion du gouvernement et de corruption"[40].

Président du Petroleum Trust Fund[modifier | modifier le code]

Muhammadu Buhari a été président du Petroleum Trust Fund (PTF), un organisme créé par le gouvernement du général Sani Abacha et financé par les recettes du marché pétrolier. Un rapport de 1998 du New African salue la transparence de la PTF sous la présidence de Buhari, mais note également que certains critiquent la répartition des ressources de la PTF dont 20 % vont à l'armée[41].

Retour en politique[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle de 2003[modifier | modifier le code]

Le 19 avril 2003, Muhammadu Buhari, après s'être présenté à l'élection présidentielle nigériane comme candidat du All Nigeria People's Party (ANPP), perd ces dernières face au candidat du People's Democratic Party, Olusegun Obasanjo, avec plus de 11 millions de voix d'écart. Buhari contestera les résultats[2].

Élection présidentielle de 2007[modifier | modifier le code]

Le 18 décembre 2006, il est de nouveau désigné comme candidat de l'ANPP pour la prochaine élection présidentielle. Son principal concurrent selon les sondages est le candidat PDP, Umaru Yar'Adua, également originaire de Katsina. Lors de l'élection, 18 % des voix sont pour Buhari contre 70 % pour Yar'Adua, mais Buhari conteste ces résultats[3]. Après le prise de fonction de Yar'Adua, l'ANPP rejoint son gouvernement. Un accord que Buhari dénonce.

En mars 2010, Muhammadu Buhari quitte l'ANPP pour le Congrès progressiste (APC), un parti qu'il a contribué à fonder. Il déclare soutenir l'APC, qui est selon lui "une solution aux conflits débilitants, éthiques et idéologiques de (son) ancien parti, l'ANPP"[42].

Élection présidentielle de 2011[modifier | modifier le code]

Le 16 avril 2011, Muhammadu Buhari est candidat APC à la présidentielle du Nigeria face à 20 autres candidats, parmi lesquels le candidat sortant Goodluck Jonathan du PDP, Mallam Nuhu Ribadu d'Action Congress of Nigeria (ACN) et Ibrahim Shekarau de l'ANPP[4]. Il axe sa campagne sur la lutte contre la corruption et s'engage contre l'immunité qui protège les représentants du gouvernement. Il se positionne également en faveur de l'application de la charia dans les états du nord du Nigeria. Une position qui lui cause des difficultés politiques parmi les électeurs chrétiens du sud du pays[4].

Des partisans de Buhari attaquent des colonies chrétiennes dans le centre du pays et ces élections sont entachées par la violence sectaire généralisée, qui coûte la vie à 800 personnes à travers le pays[43]. Muhammadu Buhari perd ces élections et affirme que le scrutin est truqué. Alors que Human Rights Watch les classe "parmi les plus belles de l'histoire du Nigeria"[43], Buhari déclare que "si ce qui est arrivé en 2011 se produit à nouveau en 2015, par la grâce de Dieu, le chien et le babouin seront tous trempés de sang"[43].

Il reste cependant populaire grâce à son opposition marquée à la corruption, mais ne remporte qu'un total d'environ 12 millions de votes à l'élection présidentielle, terminant deuxième derrière Goodluck Jonathan du PDP et ses 22 millions de votes[44].

Élection présidentielle de 2015[modifier | modifier le code]

Pour l'élection présidentielle se tenant en 2015, l'équipe de campagne du président sortant, Goodluck Jonathan, demande la disqualification de Muhammadu Buhari, affirmant qu'il est en violation avec la constitution[45]. Selon le document, pour se présenter à une élection présidentielle, le futur candidat doit au minimum avoir obtenu son certificat d'études secondaires ou un équivalent et Buhari n'a pas donné de preuve de l'obtention de ce diplôme, affirmant avoir perdu les originaux dans le pillage de sa maison lors du renversement du pouvoir en 1985[46]. Il se présente finalement à l'élection présidentielle, toujours comme candidat de l'APC et axe une nouvelle fois sa campagne sur la lutte contre la corruption, se construisant une image d'homme honnête. Il a cependant déclaré dans une interview vouloir, s'il était élu, donner l'amnistie aux fonctionnaires emprisonnés pour vol s'ils se repentent[47]. En janvier 2015, le groupe d'insurgés MEND (Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger) se positionne en faveur de la candidature de Buhari dans la course présidentielle[48].

Le , il est élu face au président sortant Goodluck Jonathan[49].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Sécurité[modifier | modifier le code]

En 2012, le nom de Buhari est ajouté sur une liste constituée par l'organisation terroriste Boko Haram et énumérant les personnes de confiance avec qui il est possible de négocier[50]. Un an plus tard, Muhammadu Buhari est l'auteur d'une série de déclarations litigieuses concernant Boko Haram. Il demande notamment au gouvernement fédéral d'arrêter le massacre des membres de l'organisation terroriste[51] et critique la prévalence de militants chrétiens dans le sud du pays. Il déclare que la « responsable des problèmes de sécurité dans le pays »[52] est « l'activité militante du delta du Niger »[51]. Il remet également en cause le traitement spécial accordé à ces militants par le gouvernement fédéral et déplore le fait que les membres de Boko Haram soient tués. Des déclarations qui suscitent de nombreuses réactions, notamment celle du président de l'Association chrétienne du Nigeria, le pasteur Ayo Oritsejafor, qui demande son arrestation[51].

En mai 2014, après l'enlèvement des lycéennes de Chibok, Buhari dénonce toutefois les actions de Boko Haram et demande aux nigérians de « mettre de côté la religion, la politique et toutes autres divisions afin d'écraser l'insurrection, attisée par des fanatiques insensés déguisés en musulmans »[53]. Quelques mois plus tard, il échappe à un attentat à la bombe revendiqué par Boko Haram à Kaduna, qui fait 82 morts[54].

Religion[modifier | modifier le code]

En 2001, Muhammadu Buhari donne son soutien à la mise en application totale de la charia dans le pays[55], déclarant : "je continuerais à montrer mon engagement total à la Sharia qui déferle sur tout le Nigeria (...) si Dieu le veut, nous n'arrêterons pas l'agitation pour la mise en oeuvre totale de la Sharia dans le pays"[56].

Le 4 janvier 2015, il se déclare cependant en faveur de la liberté de religion, déclarant que "la religion ne doit jamais être utilisée comme une excuse pour diviser, opprimer les autres ou obtenir des avantages injustes", ajoutant que toute sa vie, il a "exprimé la conviction que tous les Nigérians doivent adorer Dieu selon leur souhait"[57].

Muhammadu Buhari.jpg

Le 6 janvier 2015, il rappelle de plus n'avoir jamais imposé la charia lorsqu'il était à la tête du pays.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Muhammadu Buhari a reçu plusieurs prix et médailles :

  • Congo Medal (CM)
  • Defense Service Medal (DSM)
  • Forces Service Star (FSS)
  • General Commander of the Federal Republic of Nigeria (GCFR)
  • Loyal Service and Good Conduct Medal (LSGCM)
  • National Service Medal (NSM)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Thomas Léveillé, « Nigeria: l'ex-dictateur qui aspire au pouvoir », sur lapresse.ca,‎
  2. a et b AFP, « Les Nigérians se mobilisent pour une élection présidentielle historique », sur sangonet.com,‎
  3. a et b Michelle Nougoum, « Nigeria : la violence éclabousse le triomphe de Goodluck Jonathan », sur http://www.afrik.com,‎
  4. a, b et c AFP, « Nigeria: Les autorités tentent de rétablir l'ordre après les violences », sur http://www.20minutes.fr,‎
  5. AFP, « Nigeria: l'ex-dictateur Buhari candidat de l'opposition à la présidentielle de 2015 », sur romandie.com,‎
  6. « Afrique - L'opposant Muhammadu Buhari remporte la présidentielle nigériane », sur France 24,‎ (consulté le 1 avril 2015)
  7. (en) Eric Osagie, « Exclusive Interview With GMB - Buhari speaks to The Sun Newspaper », The Sun,‎
  8. a et b (en) « MUHAMMADU BUHARI, Nigeria’s Strictest Leader », sur abiyamo.com,‎
  9. (en) Clément Ejlofor, « 5 Facts You Need To Know About Aisha Buhari », sur naij.com,‎
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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]