Muhammad al-Arabi al-Darqawi

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Moulay Muhammad al 'Arabi ad Darqawi az Zarwali
مولاي العربي الدرقاوي الزروالي

Naissance 1760
Rif
Décès 1823
Bou Brih, Rif
Pays de résidence Maroc

Abou Abdallah Muhammad al 'Arabi ibn Muhammad ibn Hussaïn ibn Saïd ibn Ali Ad Darqawi, surnommé Moulay Larbi Derkaoui (1760 - 1823), de la tribu des Béni Zarwal est une personnalité religieuse musulmane Marocaine, savant dans les sciences religieuses islamiques et considéré comme un saint (Wali) par certaines personnes [réf. nécessaire]. Il est à l'origine de la tariqa (voie Soufie) Darqawouia, dont le rayonnement dépassa le Maroc.

Naissance[modifier | modifier le code]

Descendant du prophète par son petit-fils Al-Hassan ibn Ali, il naquit en 1760 [1] au Maroc. Il vécut dans la région des Banū Zarwāl, dans les collines du Rif au nord-est de Fès.

Éducation[modifier | modifier le code]

(à completer d'après la lettre 246 des Risa'il où il explique son parcours et les maîtres qu'il a connu)

Enseignement[modifier | modifier le code]

Il ne laissa pas de traité mais uniquement des lettres conservées dans un recueil appelé sobrement Ar Risâ'il (Les lettres[2]), contenant également une introduction dans laquelle il explique au lecteur l'intention qui a animé leur rédaction :

(extrait de l'introduction)

Ces lettres (mudhâkaras) sont nombreuses. Elles ne s'adressent pas forcément à quelqu'un de précis parmi nos amis. Parfois je les destine à l'un d'entre eux, parfois à plus d'un, et parfois à tous. C'est seulement lorsque je me suis aperçu du bienfait qu'elles constituaient, de leur secret et de leur excellence,que j'en ai fait un recueil.

Notons quand même qu'il évoquait peu dans ses lettres les réalités spirituelles, mais abordait essentiellement des questions pratiques concernant le cheminement des disciples.

À titre d'exemple, voici une lettre adressée à l'un de ses disciples :

Lettre 144
Celui qui s’acquitte des rites obligatoires et des œuvres surérogatoires les plus recommandées, veille à se débarrasser de l'urine résiduelle après avoir uriné, s'applique à rester propre, dans un état d'indigence spirituelle et ce contente de ce qu'il a doit savoir qu'il n'y a rien de mieux et qu'il atteindra ce qu'ont atteint les Hommes.
La langue dit un jour à la tête : "Comment ça va aujourd'hui ?"
- Si j'arrive à éviter les problèmes que tu provoques, alors je vais très bien, lui répondit celle-ci.
Celui qui souhaite mettre à l'abri sa vie religieuse et sa carcasse humaine doit s'occuper d'invoquer son seigneur, ou bien se taire, ou encore dormir, car notre époque et nos contemporains sont une source de complications.
Nous recommandons à notre frère, autant qu'il le peut, de prodiguer des conseils spirituels (mudhâkaras) aux serviteurs de Dieu, car Il a dit : "Avertis les, car le rappel est utile aux croyants". Qu'il ne les renvoie pas tout de suite à leurs affaires, mais qu'il ne néglige pas non plus de finir par les faire partir, afin d'éviter que ne se concentre chez lui un grand nombre de gens. Au contraire, après qu'un tout petit groupe de gens se soient réunis chez lui, il faut les renvoyer de façon à ce qu'un autre petit groupe puisse venir, et ainsi de suite jusqu'à ce que les pas de mon frère soient affermis dans la voie de Dieu; à ce moment, ce contre quoi nous sommes en train de le mettre en garde ne lui nuira pas, mais au contraire lui sera utile et le fera progresser vers son Seigneur.
De même, nous aimerions qu'il fasse preuve de caractère, et non de faiblesse, et qu'il n'adopte pas ses propres idées pour adopter celles des autres: il n'y a aucun intérêt pour toi à agir ainsi. Ce qui vous intéresse, les autres et toi même, s'est de plaire à Dieu et non de plaire à ses serviteurs; de toute façon, il est impossible de satisfaire tout le monde; or quoi de plus idiot que de rechercher l'impossible ! Fais très très attention aux idées (ra'y) des disciples et à celles des autres ! C'est ton point de vue qui est le bon.
Dieu a dit: "Mais quant à l'homme, une vision intérieure contrôle son âme, La plupart des gens sur terre sont tels que si tu leur obéis, ils t'égareront hors du chemin de Dieu".
Si tu hésites concernant une affaire, ne sachant pas s'il vaut mieux faire quelque chose où au contraire t'en abstenir, accomplis alors la prière de demande du meilleur parti; ou prie deux raka'as (cycles de prière rituelle) en récitant deux courtes sourates telles que "N'avons nous pas élargi ta poitrine ?..." ou "En vérité nous l'avons fait descendre..."; prie sur l'Envoyé de Dieu, ne serait ce que trois fois le matin et le soir; dis autant de fois "Dieu nous suffit ! Quel excellent protecteur !" et "Point de force ni de puissance si ce n'est par Dieu, l’Élevé, l'Immense" Dieu te montrera alors où se trouvent la vérité et l'erreur.
Nous pensons que lorsque l'homme de la Voie (salik) met cela en pratique et demande conseil à son cœur, comme l' a dit le Prophète à l'un de ses Compagnons, "Demande conseil à ton cœur...", alors seul la vérité s'installera dans son cœur.
Certes, si tu sais par expérience que la vision intérieure de l'un des disciples ou d'une autre personne est plus forte que la tienne, alors il est juste de suivre la personne en question, qu'il s'agisse d'un disciple ou non.
Que Dieu te renforce et t'assiste !
Salut ! (Salam)

Action (à compléter)[modifier | modifier le code]

Il est considéré comme un « rénovateur » (mujaddid) venu revivifier la tradition.[réf. nécessaire]

Il refusa de s’impliquer dans les affaires du monde en général et s’opposa au pouvoir en place, ce qui lui valut d’être emprisonné une année durant sur ordre du sultan Moulay Sulayman. Réalisant l’erreur qu’il avait commise, ce dernier voulut le faire libérer mais le shaykh refusa de sortir de prison tant que le Sultan lui-même ne serait pas sorti de ce monde. Ce qui se produisit puisqu’il mourut peu après. En sorte que ce fut son successeur ‘Abd ar-Rahmān qui le libéra.[réf. nécessaire]

Lignée spirituelle (Silsila)[modifier | modifier le code]

Il fut le disciple du grand mystique Moulay Ali ibn Abderrahman Al Amrani Al Hassini Al Fasi dit "Jamal" (le "chameau") qui avait sa zaouïa à Fès, au lieu-dit Hummat Er-Remula. La doctrine de Moulay Larbi Derkaoui procède de la tariqa Chadhiliyya.

1. Le prophète de l'Islam, Muhammad

2. Al-Imam Ali ibn Abi Talib

3. Al-Imam Al-Hassan ibn Ali

4. Abu-Muhammad Jâbir

5. Sa'id (Muhammad) al-Ghazwâni

6. Muhammad Fathu-s-Su'ûd

7. Sa'ad

8. Abu Muhammad Sa'îd as-Sâfî

9. Abul-Qâssim Ahmad al-Marwâni

10.Ibrahim al-Khawwâs

11.Zinu-Dîn al-Qazwînî

12.Muhammad Shamsu-Dîn (al-Turkumâni)

13.Tâju-Dîn Muhammad (al-Turkumâni)

14.Nûru-Dîn Abul-Hassan Ali

15.Fakhru-Dîn

16.Taqiyu-Dîn al-Fuqayr

17.Abdu-Rahmân al-Madani az-Zayyât

18.Abdessalam Ibn Machich al-Alami

19.Abou Hassan al-Chadhili, à l'origine de la Tariqa Chadhiliya

20.Abul-'Abbas al-Mûrsi

21.Tâju-Dîn Ahmad Ibn 'Ata Allah al-Iskandari

22.Dawûd al-Mâkhilî

  • Puis la famille Wafa en Égypte :

23. Muhammad Wafâ Bahru-Safâ et son fils

24.Ali ibn Muhammad Wafâ

25.Yahyâ ibn Wafâ al-Qâdirî

  • Puis 26.Ahmad ibn 'Oqba al-Hadramî. Yémenite, il mourra au Caire.

28.Ibrahim al-Fahhâm

29.Ali al-Sanhâji ad-Dawwâr

30.Abdu-Rahman al-Majdûb, le célèbre Majdûb dont les paroles de sagesse sont devenues proverbiales.

  • Puis la famille al Fasi à Fès :

31.Abul-Mahâsin Yûsef al-Fâsî al Andalusî

32.Abdu-Rahman al-Fâsî

  • Puis la famille ibn Abdillah (apparentée à la précédente) à Fès :

33.Muhammad ibn Abdullah al-Fâsî

34.Qâssim al-Khassâsi

35.Ahmad ibn Muhammad ibn Abdullah al-Fâsî

36.Muhammad al-'Arabi al-Fâsî Ma'in

Puis son maître Ali "al Jamal" de Fès :

37.Abul Hassan Ali "al-Jamal" al Amrani al Hassani

Et enfin :

38.Moulay al-'Arabi ad-Darqâwî

Décès et postérité[modifier | modifier le code]

Il est mort le 28 octobre1823 (22 safar 1239)[3] dans sa zaouïa de Bou Brih où il a été enterré.

Il laissa trois fils : Sidi Mohammed, Moulay Ali et Moulay Tayeb.

(pour la suite : passage à compléter en réorganisant aussi l'article sur la Darqawia et en se basant sur l'article anglais de Dar Sirr)

La tarīqa Darqawouia dont il fut à l'origine, fut un temps la plus importante du Maroc et est, aujourd’hui encore, très répandue en Afrique du Nord.

Moulay Larbi Derkaoui eut de nombreux disciples : Sidi Ahmed El Bedaoui El Fassi, Sidi Mohammed El Bouzidi, Sidi Mohammed El Harraq, Sidi Abdelouhad Ed Derbarh El Fassi, Sidi El Hadj Mohammed El Rhomari, Sidi Mohammed El Fassi, Sidi Malek Ez Zehouni et Sidi Bouazza Al Mahaji. Les sept premiers disciples de Moulay Larbi Derkaoui sont tous Marocains. Ils ont tous fondé des tarika qui portent leur nom. Seul Sidi Bouazza Al Mahaji est Algérien. Il a fondé la Tarika Derkaouia en Algérie[réf. nécessaire].

Cette confrérie a joué un tel rôle dans l'histoire du Maghreb que Octave Depont et Xavier Coppolani écrivaient en 1897 que dans tous les mouvements insurrectionnels en Algérie et au Maroc[réf. nécessaire] on trouvait la main de la confrérie Chadhiliyya-Derkaoua[évasif][4].

Cette Zaouïa Derkaouia se trouve sur l'axe[évasif] : Oujda, Ahfir, Saïdia, Tetouan (Maroc), Tlemcen, Oran (Algérie).

Contemporains[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emir Abd el Kader Le livre des Haltes traduction de Abdallah Penot, Dervy, Paris 2008, avec l’aimable autorisation de M. Jean Annestay. Notice bibliographique sur Moulay Ad Darqawi à la fin de l'ouvrage.
  • Jean Louis Michon Un témoignage contemporain sur le chaykh Darqawi Arabica, T 39, 3 novembre 1992

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.dar-sirr.com/Moulay_alArabi_Darqawi.html
  2. La traduction française a été publiées en trois recueils : Lettres d’un maître soufi (traduit par Titus Burckhardt), Lettres sur la voie spirituelle (traduit par M. Chabry) et Lettres sur le Prophète et autres lettres sur la Voie spirituelle (traduit par Tayeb Chouiref)
  3. JL Michon "Un témoignage contemporain sur le chaikh Darqawi"
  4. Depont et Coppolani "Les confréries religieuses musulmanes." Paris, 1897

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