Moyen Empire égyptien

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Le Moyen Empire est une période de l'histoire de l'Égypte antique qui suit la Ire période intermédiaire, et précède la IIe période intermédiaire.

Le Moyen Empire couvre une période allant des environs de -2033 à -1786 et a connu deux dynasties :

  • XIe dynastie (-2106 à -1963), ce n'est que sous Montouhotep II, vers -2033, lorsque le pays est réunifié, qu'on considère que la première période intermédiaire prend fin et que débute le Moyen Empire.
  • XIIe dynastie (-1963 à -1786).

C'est une période prospère. La capitale principale est d'abord située à Thèbes, d'où sont originaires les rois de la XIe dynastie, puis à Itchtaouy au sud de Memphis.

Les dieux impériaux de l'époque sont Montou, le faucon belliqueux adoré à Erment, à Médamoud et à Thèbes, ainsi qu'Amon. La première construction thébaine a lieu sur la côte ouest de Thèbes, avec le temple funéraire de Montouhotep II, bâti dans le cirque rocheux de Deir el-Bahari.

C'est une période ouverte sur le Moyen-Orient, et de nombreuses expéditions y sont envoyées. Les principaux souverains qui la représentèrent sont les Sésostris et les Amenemhat.

À cette époque sont construites les fondations de Karnak, par Sésostris Ier ; les rois du Nouvel Empire les détruiront pour construire le Karnak actuel.

Économie du Moyen Empire[modifier | modifier le code]

Bien que contrôlant le Nil de son embouchure à la première cataracte, la monarchie ne parvient pas à contrôler les importants flux commerciaux entre l'Afrique via la Nubie et le Levant et eut donc des difficultés à en tirer profit. Ceux-ci transitaient en effet soit par la Mer Rouge soit par les oasis du désert occidental dont les gouverneurs locaux parvinrent à se préserver du pouvoir royal. Ainsi on retrouve peu de mentions de l'Égypte sur les sites archéologiques des villes commerçantes du Proche-Orient telles que Ebla ou Mari. Des villes tels que Tell el-Dab'a regardèrent ainsi de plus en plus vers l'étranger et de moins en moins vers le pouvoir central. Le pouvoir pharaonique tenta donc de percevoir des recettes via les impôts perçus au sein du royaume, mais la faiblesse de son administration centrale l'obligea à s'en remettre aux potentats locaux dont le pouvoir augmenta au détriment de celui du pharaon. Malgré une mise en valeur accrue de territoires tels que le Fayoum et une réorganisation de l'agriculture, les revenus tirés des récoltes ne furent pas suffisants pour permettre au régime de se maintenir[1].

Politique au Moyen Empire[modifier | modifier le code]

Certaines régions d'Égypte, en particulier les oasis et le Delta semblent avoir été relativement à l'écart du pouvoir pharaonique, contrairement à la Haute et à la Moyenne-Égypte. Celles-ci étaient gouvernées par des élites locales dont le soutien, en particulier celui des pouvoirs locaux de Moyenne-Égypte, était indispensable au pharaon. C'est vraisemblablement la raison qui a présidé au choix de déplacer la capitale royale de Thèbes à Itchtaouy, située à proximité des villes dirigées par ces élites. De plus la XIIe dynastie initiée par Amenemhat Ier ne peut se prévaloir d'aucune origine illustre pour asseoir sa légitimité. Pour y remédier, les pharaons adopte un système de corégence permettant d'éviter les crises de succession, le futur souverain commençant à régner du vivant de son prédécesseur. Va également se développer une cour royale au sein de laquelle les souverains vont tâcher de développer une culture monarchique par le biais de l'éducation des enfants des gouverneurs des diverses villes égyptiennes. Ces mesures permirent de maintenir l'assise du pouvoir royal durant plus de deux siècles, mais l'équilibre des pouvoirs bascula en faveur des potentats locaux au fur et à mesure de l'affaiblissement financier de la royauté. Cette relative stabilité politique a conduit l'égyptologue britannique Stephen Quirke (en) à considérer le Moyen-Empire comme une anomalie historique de la période comprise entre la fin de l'Ancien Empire et le début du Nouvel Empire[1].

L'art du Moyen Empire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Art du moyen empire.

Après une Première Période intermédiaire agitée, le Moyen Empire marque un retour au calme et un nouveau chapitre dans l'art égyptien. La pyramide a toujours cours pour les inhumations royales, et on connaît quelques exemples de temples non funéraires. Les modèles gagnent en hauteur et en diversité, et des bijoux, trouvés dans une tombe inviolée à Dahchour, sont de magnifiques témoins d'une orfèvrerie quasiment disparue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. a et b Damien Agut et Juan Carlos Moreno-Garcia, L'Égypte des pharaons - De Narmer à Dioclétien, Paris, éditions Belin, coll. « Mondes anciens », (ISBN 978-2-7011-6491-5), chap. 6 (« Dans le filet des oligarques : la monarchie d'Ititaouy (2004-1750) »)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux sur l’Égypte antique[modifier | modifier le code]

Ouvrages et articles généraux sur la période[modifier | modifier le code]

Autres études[modifier | modifier le code]

  • Sydney Hervé Aufrère, Jean-Claude Golvin et Jean-Claude Goyon, L’Égypte restituée, Tome 1 : Sites, temples et pyramides de Haute Égypte, Paris, Errances, (ISBN 2877720632)
  • Sydney Hervé Aufrère et Jean-Claude Golvin, L’Égypte restituée, Tome 3 : Sites, temples et pyramides de Moyenne et Basse Égypte, Paris, Errances, (ISBN 2877721485)
  • Annie Forgeau, « L’Égypte pharaonique, III. La restauration du Moyen-Empire », dans Bernard Holtzmann (dir.), L'Art de l'Antiquité, 2. l'Égypte et le Proche-Orient, Paris, Gallimard - Réunion des musées nationaux, coll. « Manuels d'histoire de l'art », (ISBN 2070743411), p. 58-79
  • (en) Richard Jasnow, « Middle Kingdom and Second Intermediate Period », dans Raymond Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law, vol. 1, Leyde, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik », (ISBN 9004129952), p. 256-288
  • Claude Obsomer, Sésostris Ier : Étude chronologique et historique du règne, Bruxelles, Safran, coll. « Connaissance de l’Égypte ancienne », (ISBN 2-87268-004-7)
  • (en) Stephen Quirke (dir.), Middle Kingdom Studies, New Malden, SIA Publishing, (ISBN 1-87256-102-0)
  • (en) Thomas Schneider, « The Relative Chronology of the Middle Kingdom and the Hyksos Period (dyns. 12-17) », dans Erik Hornung, Rolf Krauss et David A. Warburton (dir.), Ancient Egyptian Chronology, Leyde et Boston, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik », (ISBN 9004113851), p. 168-196
  • Pierre Tallet, Sésostris III et la fin de la XIIe dynastie, Paris, Pygmalion, coll. « Les grands pharaons », (ISBN 978-2857048510)
  • Harco Willems, Les textes des sarcophages et la démocratie : éléments d'une histoire culturelle du Moyen Empire égyptien, Paris, Éditions Cybele, (ISBN 9782915840063)