Mouvement national lycéen

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Mouvement National Lycéen
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Défense du droit à l'éducation
Fondation
Fondation 2016
Scission de UNL
Identité
Siège Paris, France
Co-Secrétaires généraux Charlotte MOISAN, Nathan WEBER[1]
Zone d'activité Drapeau de la France France, et certains lycées français à l'étranger
Affiliation Aucune (apartisan)[2]
Affiliation européenne Organising Bureau of European School Student Unions
Méthode syndicalisme de transformation sociale et syndicalisme de lutte
Financement subventions publiques, cotisations, dons
Membres 3500[3]
Représentativité Élus au CSE :
0  /  4
Slogan La Force Lycéenne !
Site web https://mnl-syndicat.fr/

Le Mouvement national lycéen (MNL) anciennement Union nationale lycéenne syndicale et démocratique (UNL-SD) est un syndicat lycéen français créé en 2016, scission de l'Union nationale lycéenne[4]. Sa création est officialisée en 2017 en tant qu'association loi de 1901. Avec ses listes « Le progrès lycéen », avec près de 22 % des voix, elle se place deuxième organisation lycéenne représentative aux élections lycéennes du Conseil supérieur de l'éducation[5] en 2018. En 2021, elle obtient 17 % des suffrages au CSE, et se place ainsi à la 3e place des organisations lycéennes en termes de voix[6].

Origine[modifier | modifier le code]

En 2016, l'Union nationale lycéenne syndicale et démocratique (UNL-SD), alors plateforme interne de l'Union nationale lycéenne (UNL), réclame la convocation d'un congrès statutaire pour modifier les statuts de l'UNL. Face au refus de la présidence, les membres de l'équipe nationale et certaines fédérations ont convoqué ce congrès. Par une majorité des voix, les adhérents ont élu une nouvelle équipe nationale et acté le changement de nom de l'UNL par Union nationale lycéenne syndicale et démocratique[7].

Début 2019, l'UNL-SD change de nom et devient le Mouvement national lycéen (MNL).

Revendications[modifier | modifier le code]

Le MNL revendique et mène des actions dans trois domaines principaux :

  • L’amélioration des conditions d’étude des lycéens. Ils demandent pour cela une augmentation des moyens pour agir sur la situation matérielle (diminution des effectifs par classe, rénovation des établissements vétustes, etc.) Ils demandent également une transformation des méthodes pédagogiques (sortir du modèle des cours magistraux)[8] ;
  • La défense des droits lycéens. Le MNL estime qu'ils sont souvent méconnus mais qu'ils sont incontournables. Le MNL veut les faire connaître, et estime que les défendre est utile au quotidien pour vivre pleinement sa scolarité (demandes de bourses, droit d’association, etc.) et se prémunir de potentiels abus de pouvoir[8] ;
  • L’amélioration des conditions de vie des lycéens impliquant la lutte contre la précarité de la jeunesse, mais aussi, en favorisant son aspiration à l’émancipation, est incontournable selon l'UNL-SD (volonté d'un droit de vote dès 16 ans, lutte contre la loi travail considéré comme précarisante[8].

Organisation[modifier | modifier le code]

Fonctionnement national[modifier | modifier le code]

Les Secrétaires Généraux (SG) sont chargés du bon fonctionnement de l'organisation et en sont les premiers représentants. Ils coordonnent une Équipe Nationale (EN) composée de Secrétaires Nationaux (SN) qui sont affectés à différentes sphères thématiques et responsabilités[9].

Le MNL fonctionne en sphères : il en existe trois, à savoir Éducation, Sociale et Internationale, dans lesquelles sont organisées régulièrement des actions avec les adhérents afin de débattre sur des sujets respectifs et propres à ces sphères[9].

Le syndicat insiste également beaucoup sur la démocratie interne, élément indéfectible du MNL, qui tient à consulter régulièrement ses adhérents, et à leur donner la parole le plus possible. Aucune personne n'est par ailleurs nommée, toutes les personnes sont élues au scrutin anonyme[9].

Fonctionnement local[modifier | modifier le code]

Au niveau local, le MNL fonctionne via des fédérations départementales. Chaque fédération dispose d'un bureau composé à minima d'un responsable fédéral (RF), un secrétaire fédéral (SF) et un trésorier fédéral (TF). Ces fédérations agissent au niveau local dans diverses actions et relayent l'activité nationale. Les fédérations gardent un contact permanent avec l'équipe nationale qui les coordonne[9].

Actions et prises de position[modifier | modifier le code]

Réforme du bac et Sélection à l'université[modifier | modifier le code]

Dès l'élection d'Emmanuel Macron, l'UNL-SD annonce sa vigilance quant aux mesures que veut prendre le nouveau Président de la République Française élu le . Celui-ci annonce vouloir réformer le bac en réduisant le nombre d'épreuves et en impliquant davantage le contrôle continu dans la note finale. Dès le mois de novembre, le Gouvernement, notamment Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation Nationale, annonce la présentation future de la nouvelle réforme du Baccalauréat, qui sera présenté en janvier 2018 sous la forme du « Rapport Mathiot ». L'UNL-SD y voit alors notamment une inégalité dans la valeur du bac selon les lycées via l'intégration du contrôle continu, et un danger dans la perte d'anonymat au bac. Le lycée modulaire est lui aussi contesté. Dans le même temps, c'est Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement Supérieur, qui présente sa loi « Orientation et Réussite des Étudiants » (ORE)[10]. L'UNL-SD et d'autres organisations lycéennes y voient alors une sélection déguisée à l'entrée à l'université et un affaiblissement des classes populaires et ouvrières. En décembre est officialisée la plateforme d'admission dans le supérieur Parcoursup, qui succède à APB, son aînée déjà bien contestée. Cette plateforme apparaît en même temps que l'officialisation du Plan Étudiants[11]. L'UNL-SD conteste l'algorithme sélectif de la plateforme et d'autres failles telles que le non-classement des vœux ou la réduction drastique du nombre de vœux. Face à toutes ces réformes, l'UNL-SD réagit, conteste et appelle à une première mobilisation le , date d'ouverture de la plateforme Parcoursup.

Mobilisations contre les réformes gouvernementales en 2018[modifier | modifier le code]

Le a lieu la première mobilisation lycéenne concernant les réformes, appelée par l'UNL-SD et le syndicat Solidaires Étudiant-e-s. Elle mobilise de manière importante, principalement dans les villes de Paris, Marseille et Caen. Le mouvement conteste la sélection à l'Université, la plateforme Parcoursup et la réforme du bac arrivant. D'autres organisations et partis politiques suivent la mobilisation, telles que le Parti communiste français, le Mouvement des Jeunes Socialistes, Mouvement jeunes communistes de France, Génération-s, La France Insoumise, Union syndicale Solidaires ou la FSU. Plusieurs dizaines de lycées sont bloqués et des manifestations sont organisées. Du fait de la date symbolique, puisque date d'ouverture de Parcoursup, le mouvement fait un bruit médiatique important.

Le a lieu la seconde mobilisation, appelée par la Coordination Nationale de l'Éducation. Elle mobilise davantage que la première, avec un front plus large, rejoint par les syndicats travailleurs et étudiants. En effet, lors de cette mobilisation, l'UNEF rejoint massivement les lycéens dans les actions de blocages et dans les cortèges de manifestation. Encore une fois, ce sont plusieurs dizaines de lycées qui sont bloqués dans toute la France, à Paris, Marseille, Caen ou Auxerre, et de grandes manifestations lycéennes et étudiantes organisées dans les grandes villes.

Le a lieu la troisième mobilisation lycéenne, mobilisant encore une fois des milliers de lycéen-ne-s dans toute la France.

Le a lieu une grande journée de convergence des luttes. Plusieurs intersyndicales, de l'éducation, de la fonction publique, des cheminots, des salariés du privé et des étudiants et lycéens appellent à une grève générale et une forte mobilisation. De grands cortèges ont lieu partout en France, à Paris, Marseille, Caen ou Mont-de-Marsan. L'UNL-SD mobilisera environ 200 lycées dans toute la France, à travers des blocages, assemblées et actions de communication (tractage par exemple). Elle initiera des cortèges lycéens dans les grandes manifestations.

Le est une belle réussite lycéenne, avec un nombre plus important de lycéens mobilisés ce jour-ci à travers la France, dans des cortèges unitaires d'éducation avec les étudiants, les professeurs et personnels de l'éducation.

Le , un « Mardi Noir » est organisé à la suite de l'appel de l'UNL-SD à bloquer les lycées contre différentes réformes du gouvernement[12]. Cet évènement aura perturbé 450 lycées[13],[14].

Le « Contre Plan Étudiant »[modifier | modifier le code]

Dans l'optique de montrer que les lycéens ont aussi des solutions à proposer, l'UNL-SD présente officiellement le son alternative aux réformes, le "Contre Plan Étudiant"[15]. Celui-ci s'organise en 20 mesures réparties dans deux thématiques, la première "Lutter contre la précarité lycéenne et étudiante" et la deuxième "Permettre la réussite de tous".

Féminisme et combat contre les « oppressions »[modifier | modifier le code]

Le MNL, avec le SGL, la FIDL et l'UNL, participe à la Journée de la jupe[16], initiée en 2017. Le syndicat lutte pour les droits des femmes et contre les oppressions subies par les femmes et la communauté LGBT+[17], et se place comme une organisation anti-raciste.

Participation à la grève étudiante pour le climat[modifier | modifier le code]

Début 2019, à la suite de la venue de Greta Thunberg en France pour dénoncer l’inaction de la classe politique face au réchauffement climatique, le MNL (ainsi que d'autres organisations lycéennes et étudiantes telles que l'UNL ou l'UNEF ) décide de participer à la grève étudiante pour le climat[18] initiée et coordonnée entre autres par Youth for Climate France[19],[20].

Soutien à la grève de surveillance du baccalauréat[modifier | modifier le code]

En mai 2019, le MNL soutiendra la décision des syndicats d’enseignants d'organiser une grève de surveillance du baccalauréat pour montrer leur opposition à la réforme du bac. Le syndicat affirmera par voie de communiqué : « Les lycéen.ne.s ne sont pas pris.e.s en otage par les profs en grève mais par un ministère jusqu’au-boutiste. »[21].

Prise de position sur l'affaire Avenir Lycéen[modifier | modifier le code]

Après la sortie des articles de Mediapart et Libération, le MNL affirmera qu'Avenir Lycéen était « une entreprise politique » ayant pour finalité de « manipuler certains de [leur] jeunes camarades lycéens »[22]. Le MNL mettra en cause directement le ministre de l'éducation, Jean-Michel Blanquer[réf. nécessaire].

Prise de position en faveur du contrôle continu[modifier | modifier le code]

Le MNL apporte son soutien dès début avril au collectif « BTS en détresse »; Il prend alors position en faveur du contrôle continu et d'une épreuve de rattrapage[23]. À la suite de l'annonce du Ministre chargé de l'Enseignement supérieur de l'ouverture d'une session de rattrapage, le MNL estime cette avancé insuffisante et annonce le dépôt d'un recours auprès du Conseil d'État[24].

Le syndicat prend également position en faveur du contrôle continu pour le baccalauréat : « les élèves sont angoissés à l’idée de passer leurs examens alors qu’ils ont manqué de nombreux cours. Certains n’ont eu que quatre mois de présentiel »[25].

Selon Pablo Béjar, secrétaire national du MNL, « Les lycées privés, pour la plupart, sont restés en 100% présentiel très longtemps alors que les lycées généraux sont passés assez rapidement dans cette dimension de la demi-jauge, donc il y a une inégalité qui est totale »[26].

Le MNL participe, le 3 mai 2021, à l'organisation du « #BacNoir »[27], lequel mobilise entre 100[28],[29] et 200 lycées[30]. Le MNL reconduit l'appel à la mobilisation pour le 5 mai[29], lequel est soutenu par la FCPE[31]. Pour Antonin Nouvian, secrétaire général du MNL, il s'agit de « maintenir le bras de fer jusqu’à ce que le gouvernement revienne sur sa position »[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mouvement National Lycéen, « À propos », sur mnl-syndicat.fr, (consulté le )
  2. « MNL • À propos du MNL », sur mnl-syndicat.fr (consulté le )
  3. Mouvement National Lycéen, « Accueil », sur mnl-syndicat.fr, (consulté le )
  4. « L’UNL-SD », UNL-SD,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. « Résultats de recherche : », sur www.cafepedagogique.net (consulté le )
  6. « Elections au Conseil Supérieur de l'Education - 2021 », Académie de Toulouse,‎ (lire en ligne)
  7. « Wikiwix's cache », sur archive.wikiwix.com (consulté le )
  8. a b et c « L’UNL-SD – UNL-SD », sur webcache.googleusercontent.com (consulté le )
  9. a b c et d (en) « Statuts Vote CongreÌ€s Statutaire », sur Issuu (consulté le )
  10. ESR : enseignementsup-recherche.gouv.fr, « Examen du projet de loi Orientation et réussite des étudiants en séance publique : Intervention de Frédérique Vidal - ESR : enseignementsup-recherche.gouv.fr », sur www.enseignementsup-recherche.gouv.fr (consulté le ).
  11. Ministère de l'Éducation nationale, « Plan Étudiants : accompagner chacun vers la réussite », sur Ministère de l'Éducation nationale (consulté le ).
  12. BFMTV, « Mobilisation des lycéens: un syndicat appelle à un « mardi noir » », sur BFMTV (consulté le )
  13. « Les lycées appellent à un "mardi noir" », sur L'Obs (consulté le )
  14. « "Mardi noir" dans les lycées : le point région par région », sur Franceinfo, (consulté le )
  15. « Contre Plan Étudiants », UNL-SD,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. « Une « journée de la Jupe » dans les lycées pour dénoncer les inégalités hommes-femmes », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  17. « Laval. Un nouveau syndicat lycéen voit le jour », OUEST FRANCE,‎ (lire en ligne)
  18. « A quand en France des marches lycéennes pour le climat? », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  19. Le Point magazine, « L'égérie adolescente du climat à Paris pour inspirer la jeunesse française », sur Le Point, (consulté le )
  20. le figaro, « Qui sont ces étudiants qui organisent le mouvement des jeunes pour le climat? », sur Le Figaro Etudiant (consulté le )
  21. « Le Mouvement national lycéen soutient aussi la grève de surveillance du bac », sur Libération.fr (consulté le )
  22. « Tollé après de nouvelles accusations contre le syndicat pro-Blanquer « Avenir lycéen » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. « Les étudiants en BTS voulaient le contrôle continu, ils iront au rattrapage pour éviter un zéro à cause du Covid », sur L'Obs (consulté le )
  24. « BTS : En attente de la décision du Conseil d'Etat », sur www.cafepedagogique.net (consulté le )
  25. « Les élèves sont-ils égaux face à la préparation du bac ou du brevet 2021 ? », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  26. « Éducation : des étudiants refusent les examens en présentiel et portent plainte contre deux ministres », sur Franceinfo, (consulté le )
  27. « Des dizaines de lycées sont bloqués pour demander l'annulation des épreuves du bac prévues en présentiel », sur France Bleu, (consulté le )
  28. « Les appels au blocus ne perturbent pas le retour au lycée », sur LEFIGARO (consulté le )
  29. a et b Par Iris Péron et Gérald Moruzzi et Claire Hache Le 3 mai 2021 à 12h12, « Rentrée scolaire : des blocus dans quelques lycées et facs contre le maintien des examens en présentiel », sur leparisien.fr, (consulté le )
  30. « #BACNOIR : entre 100 et 200 lycées bloqués ce lundi matin, selon les syndicats », sur L'Etudant (consulté le )
  31. a et b Arnaud BÉLIER, « Bac. Pourquoi les lycéens sont-ils dans la rue ? », Ouest France,‎ (lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]