Mouvement des droits civiques aux États-Unis depuis 1954

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Le Mouvement des droits civiques aux États-Unis depuis 1954 hérite des luttes précédentes. 1954 est l'année de l'adoption de l'arrêt Brown v. Board of Education, qui déclare anti-constitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. Les années suivantes seront consacrées à étendre la déségrégation à tous les États du pays et à intensifier la lutte pour les droits civiques.

Certains universitaires parlent de « Seconde Reconstruction », en référence à la Reconstruction qui a suivi la Guerre de Sécession, et pendant laquelle l'esclavage a été aboli, bien que la législation raciste ait été en dernière instance légitimée par la Cour suprême (arrêt Plessy v. Ferguson, 1896). Le mouvement des droits civiques, qui revendiquait d'abord des droits égaux pour les Afro-Américains, visait aussi, à plus grande échelle, l'égalité des droits pour toute personne vivant aux États-Unis. Ainsi, les Amérindiens se constituent en American Indian Movement et obtiennent en 1968 le vote de l'Indian Civil Rights Act ; le Chicano Movement se forme ; de même que le Gay Liberation Front qui se constitue à la suite des émeutes de Stonewall en 1969.

À la suite du vote du Civil Rights Act en , signé par le président Lyndon B. Johnson, aux émeutes raciales (hot summers) et à l'émergence du Black Power, qui radicalise la lutte pour les droits civiques en prônant le « nationalisme noir », Martin Luther King et l'équipe du Southern Christian Leadership Conference (SCLC) lance en 1967 la Poor People's Campaign (Campagne des pauvres), qui lutte pour les droits sociaux et contre la pauvreté, sans distinction de race ; King parle alors de « seconde phase » dans le mouvement des droits civiques, mais son assassinat en affaiblit la campagne.

L'arrêt Brown et la déségrégation[modifier | modifier le code]

En 1954, l'arrêt de la Cour suprême dans Brown v. Board of Education déclare anti-constitutionnelle la ségrégation raciale dans les écoles publiques. L'année suivante, le boycott des bus de Montgomery, dirigé par Martin Luther King, est déclenché à la suite de l'arrestation de Rosa Parks, qui refusait de laisser son siège, dans un bus, à un Blanc. En 1956, la Cour suprême déclare la ségrégation raciale dans les bus, en Alabama, anti-constitutionnelle.

Little Rock, 1957 et le Civil Rights Act de 1964[modifier | modifier le code]

La réalisation effective de la déségrégation fut lente et dramatique. Le président Eisenhower fit appel à la troupe fédérale, en 1957, pour imposer la déségrégation à Little Rock, Arkansas, où le gouverneur Orval Faubus résistait aux réformes, tandis que des émeutes anti-déségrégationnistes avaient fait rage pendant trois semaines, avec l'appui de la garde nationale.

Lyndon Johnson signe aussi le Civil Rights Act de 1964, auquel s'opposa en particulier Strom Thurmond, alors membre du Parti démocrate (Thurmond participera ensuite à la campagne de Barry Goldwater contre Lyndon B. Johnson). Si la loi sur les droits civiques de 1957 reste largement inopérante, elle crée néanmoins le United States Department of Justice Civil Rights Division et se prononce aussi en faveur de la création d'une Commission sur les droits civiques.

Les sit-ins de Greensboro et les freedom rides (1960)[modifier | modifier le code]

En , quatre étudiants noirs innovent tactiquement, en faisant des sit-ins à Greensboro, pour protester contre la ségrégation en œuvre dans les magasins Woolworth's. Au bout de quelques jours, ils sont mille à faire des sit-in à Greensboro, avant d'être imités à travers tous les États-Unis, y compris au Nevada, en Ohio ou en Illinois[1]. Bien que le Congress of Racial Equality avait déjà organisé des sit-in (Chicago, 1942; St Louis, 1949; Baltimore, 1952), les sit-ins de Greensboro ont donné une nouvelle impulsion au mouvement des droits civiques.

Nombre d'étudiants ayant participé à ce mouvement fondent, en , le Student Nonviolent Coordinating Committee (Comité de coordination non violent des étudiants), à l'occasion d'assemblées étudiantes menées par Ella Baker à l'université Shaw de Raleigh, en Caroline du Nord. Le Comité, qui comprenait Stokely Carmichael, participa largement aux freedom rides, qui utilisaient des bus inter-états afin de tester l'arrêt de la Cour suprême Boynton v. Virginia (1960) qui rendait illégale la ségrégation dans les transports. À Birmingham, le Ku Klux Klan (KKK), soutenu par la police locale (qui était dirigée par Bull Connor, membre du KKK), les accueillit violemment, en blessant gravement plusieurs d'entre eux. Le procureur général des États-Unis, Robert Francis Kennedy, envoya alors John Seigenthaler négocier avec le gouverneur de l'Alabama, John Malcolm Patterson (prédécesseur de George Wallace).

Le , Eisenhower signe le Civil Rights Act de 1960, qui prévoit l'inspection fédérale des registres électoraux locaux. Un groupe de dix-huit démocrates sudistes s'organisa afin de retarder l'adoption de la loi, prenant la parole au Congrès pendant 43 heures de suite.

La discrimination positive[modifier | modifier le code]

En 1961, le président John Fitzgerald Kennedy lance un programme d'affirmative action (discrimination positive) en décrétant l'ordre exécutif no 10925[2], qui oblige les programmes financés par le gouvernement fédéral de « prendre une action affirmative » (take affirmative action) afin de s'assurer que l'emploi ne soit pas soumis aux discriminations raciales.

Ce programme fut ensuite élargi sous Johnson, via l'ordre exécutif 11 246 du , qui lance le mot d'ordre d'« égalité des chances dans l'emploi » (Equal Opportunity Employment (en)). L'Office of Federal Contract Compliance Programs, aujourd'hui dirigée par Elaine Chao, fut plus tard chargée de la supervision de ce programme.

Birmingham, 1963 et les hot summers[modifier | modifier le code]

À Birmingham (Alabama), où un tiers de la population était noire[3], le président John Fitzgerald Kennedy mit la Garde nationale de l'État sous autorité fédérale, tandis que les cours fédérales ordonnèrent au gouverneur George Wallace, rival de Kennedy aux primaires de 1964 et pro-ségrégationniste, d'obtempérer à la nouvelle législation[3]. La déségrégation effective de quatre écoles, en , fut suivie d'attentats commis contre l'Église baptiste de la 16e rue (quatre jeunes filles noires tuées[3]) et de manifestations anti-déségrégationnistes, ainsi que d'émeutes raciales (deux garçons noirs tués[3]). Depuis la Seconde Guerre mondiale, cinquante attentats contre des propriétés noires avaient été commis à Birmingham, aucun d'entre eux n'ayant été élucidé par la police locale[3]. La tension provoque plusieurs émeutes raciales à travers le pays, connues sous le nom de hot summers (émeutes de Watts en 1965, etc.).

La Marche sur Washington (1963)[modifier | modifier le code]

En , la grande Marche sur Washington réunit entre 200 000 et 300 000 personnes. La Marche était organisée par Asa Philip Randolph, fondateur du premier syndicat noir, James L. Farmer, Jr. (président du Congress of Racial Equality), John Lewis (président du Student Nonviolent Coordinating Committee), Martin Luther King (président du Southern Christian Leadership Conference), Roy Wilkins (président de la NAACP), Whitney Young (président de la National Urban League) et Bayard Rustin, qui avait déjà organisé la Journée de la réconciliation de 1947. Luther King y fait son discours « I have a dream », où il se prononce en faveur de la tolérance et d'une nation multiraciale.

La politique de Johnson en 1964[modifier | modifier le code]

Le président Lyndon B. Johnson lance un programme visant à renforcer la protection sociale, dans le cadre de la guerre contre la pauvreté déclarée lors de son discours sur l'état de l'Union (). L'opposition ultérieure de Luther King à la guerre du Viêt Nam était en partie justifiée par le fait que celle-ci détournait l'effort financier des États-Unis vers une cause injuste (discours Beyond Vietnam du ). L'Office of Economic Opportunity (en) créé par Johnson finance des programmes d'aide juridictionnelle, visant à donner accès à la justice aux populations défavorisées. En 1963, la Cour suprême reconnaît un droit à l'aide juridictionnelle dans les affaires criminelles, en s'appuyant sur le Sixième Amendement de la Constitution (Gideon v. Wainwright (en)). La décision mène à la création des public defenders (en), équivalent des avocats commis d'office, au détail près qu'ils travaillent à plein temps pour le gouvernement. Un certain nombre des avocats et des juristes engagés dans ce secteur, dit du public interest law (droit de l'intérêt public) s'engageront dans le combat des droits civiques (ainsi la Legal Defense Team du NAACP), incluant parfois la lutte contre la peine de mort.

Enfin, en , Johnson signe le Civil Rights Act, qui interdit toute forme de discrimination.

Freedom Summer, juin 1964[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Freedom Summer.

À partir de , le Council of Federated Organizations (en), une coalition d'associations formée en 1962 (regroupant, derrière le Student Nonviolent Coordinating Committee, la NAACP, le Congress of Racial Equality et la Southern Christian Leadership Conference) lancent au Mississippi une campagne d'inscription électorale pour les Afro-Américains, le Freedom Summer. La plupart des volontaires sont de jeunes étudiants blancs du Nord, souvent juifs. Le Mississippi avait été choisi parce que c'était un des États doté du plus faible taux d'inscription électorale: seuls 6,7 % des électeurs potentiels noirs étaient inscrits[4]. Les responsables blancs les excluaient des listes via un cens électoral élevé, des tests d'alphabétisation difficiles, des menaces de sanctions économiques et des actions violentes (incendies, lynchages, etc.[5].

Marches de Selma à Montgomery (mars 1965)[modifier | modifier le code]

Les Marches de Selma à Montgomery (Alabama) furent organisées en . Une militante blanche, Viola Liuzzo, y est assassinée par le KKK. L'une des quatre personnes à bord de la voiture ayant tiré sur Liuzzo se révéla par la suite être un informateur du FBI, travaillant pour le programme COINTELPRO de surveillance des mouvements progressistes aux États-Unis[6].

La nouvelle législation votée sous Johnson (1965)[modifier | modifier le code]

Quelques semaines après, le président Lyndon B. Johnson signe le Voting Rights Act (6 août 1965).

En 1966, Edward Brooke est le premier Afro-Américain élu au Sénat américain au suffrage universel direct, au Massachusetts, État situé dans le nord-est des États-Unis peuplé à 90% de Blancs à l'époque. Le Massachusetts avait également été le premier État à abolir l'esclavage aux États-Unis. (Avant 1913, des Afro-Américains avaient été élus au Sénat au suffrage indirect.)[7].

En 1967, la Cour suprême décide, lors de l'affaire Loving v. Virginia, de déclarer anti-constitutionnelle l'interdiction des mariages mixtes.

L'émergence du Black Power[modifier | modifier le code]

La violence de la réaction de la communauté WASP du Sud des États-Unis, opposée à la déségrégation, explique largement les débats au sein du mouvement des droits civiques concernant d'une part l'usage de la violence, d'autre part la place respective des Noirs et des autres militants dans le mouvement.

Ainsi, l'émergence du mouvement Black Power, globalement actif de 1966 à 1975, radicalise la lutte pour les droits civiques, en critiquant les positions non-violentes et multiraciales de Martin Luther King, assassiné le 4 avril 1968. Principalement derrière la figure de Malcolm X, le Black Power revendique le nationalisme noir (Black nationalism), luttant pour la « dignité raciale », l'autonomie politique et économique, et l'émancipation de la tutelle des blancs. Un temps porte-parole de la Nation of Islam, qu'il quitta en mars 1964, Malcolm X invente le néologisme d'Afro-Américains pour remplacer l'expression, raciste selon lui, de Noir américain (alors qu'on désigne les autres Américains en fonction de leurs origines nationales).

Derrière l'influence de dirigeants comme Stokely Carmichael, le Student Nonviolent Coordinating Committee, qui avait joué un rôle central dans les mobilisations précédentes, se tourne vers le Black Power et la lutte contre la Guerre du Viêt Nam. L'opposition contre la guerre est fédérée, au niveau étudiant, par la Students for a Democratic Society (SDS), codirigée au départ par Tom Hayden (en). Avant de se dissoudre, la SDS participe à l'élaboration de la Deuxième gauche, née de l'expérience plurielle et hétérogène de ces années de lutte. Toutes ces organisations, des Black Panthers au SDS, en passant par l'American Indian Movement et Martin Luther King, faisaient alors l'objet de la surveillance du FBI, dans le cadre du programme COINTELPRO. Les Black Panthers attirent, notamment par l'intermédiaire d'Eldridge Cleaver, divers membres de la Deuxième Gauche, marquant une jonction effective entre le mouvement pour les droits civiques et la contestation contre la guerre du Viêt Nam et le capitalisme. L'avocat de gauche Charles Garry (en) et David Horowitz, alors rédacteur à Ramparts Magazine (en), conseillaient ainsi souvent l'organisation révolutionnaire.

À côté du mouvement des Black muslims (Musulmans noirs), les Hébreux noirs se réclament de la terre d'Israël. L'association African Hebrew Israelites of Jerusalem organise un exil, à partir de 1967, vers le Liberia, fondé par d'anciens esclaves américains au XIXe siècle, puis vers Israël.

Ron Karenga fonde l'US Organization (en), rival du Black Panther Party. Les deux organisations absorbent plusieurs gangs en les politisant.

La Poor People's Campaign (1967-1968) et les droits sociaux : la « seconde phase » du mouvement?[modifier | modifier le code]

À partir de novembre 1967, King et l'équipe du Southern Christian Leadership Conference (SCLC) se réunirent pour discuter de la nouvelle législation, des émeutes raciales (hot summers) et de l'apparition du Black Power[8]. Ils décidèrent alors d'organiser la Poor People's Campaign (en) afin de lutter pour la justice sociale, ce qui l'exposa à des critiques de la part de Life et du Washington Post. Qualifiée par le pasteur de « seconde phase dans le mouvement des droits civiques[8] », celle-ci visait à lutter contre la pauvreté, d'où qu'elle vienne, et ne se restreignait donc pas à la défense des Afro-américains. King affirmait alors: « Ce ne doit pas être seulement les gens noirs, mais tous les pauvres. Nous devons inclure les Amérindiens, les Porto Ricains, les Mexicains, et même les Blancs pauvres. »[8] Mais l'assassinat de Luther King en avril 1968 affecta lourdement la campagne, celle-ci fut tout de même lancée en mai, sans réussir à atteindre ses objectifs[8].

Le rapport de la Commission Kerner sur les émeutes de 1967[modifier | modifier le code]

Le président Lyndon B. Johnson ordonna après les émeutes de Newark et de émeutes de Détroit de juillet 1967 la création d'une commission d'enquête sur les causes des émeutes raciales ayant lieu tous les été depuis 1964, dirigée par le gouverneur de l'Illinois Otto Kerner, Jr.[9].

La Commission Kerner publia son rapport en mars 1968, stigmatisant le « racisme blanc » et mettant en garde la Maison-Blanche contre une fracture sociale et raciale grandissante, ainsi que contre le risque de la mise en place d'un « système d'apartheid » dans les grandes villes[9]. Elle affirmait ainsi: « Our nation is moving toward two societies, one black, one white—separate and unequal. »[9] Pour lutter contre ce danger, la commission Kerner appelait à approfondir les programmes de protection sociale et d'aider les bidonvilles[9]. Un mois après la publication du rapport, l'assassinat de Luther King provoqua des émeutes dans plus de cent villes[9].

Les recommandations de la Commission Kerner furent cependant rejetées par Johnson[9].

L'occupation de l'île d'Alcatraz (novembre 1969) et l'American Indian Movement[modifier | modifier le code]

Voir aussi Politique indienne du gouvernement américain.

En 1962, la Commission des revendications indiennes (Indian Claims Commission (en)) doit verser près de quatre millions de dollars aux descendants des Creeks spoliés en 1814[10]. Un Conseil national est institué en 1968 pour coordonner les aides financières.

Avec l'occupation de l'île d'Alcatraz, en novembre 1969, l'American Indian Movement (AIM), soutenu par le Black Panther Party et créé l'année précédente, émerge sur la scène nationale[11]. Le mouvement occupa ensuite le quartier général du BIA (Bureau of Indian Affairs) à Washington D.C., en 1972 et 1973 avec l'occupation de Wounded Knee (Dakota du Sud) dans la réserve indienne de Pine Ridge, lieu symbolique de la défaite de Big Foot et du massacre de 300 Indiens Sioux. Après l'incident de Wounded Knee, Leonard Peltier sera inculpé, en 1976, pour l'assassinat de deux agents du FBI. Amnesty International exige aujourd'hui la grâce présidentielle, en raison de motivations politiques possible derrière son inculpation[12]

La mobilisation du « Pouvoir rouge » (Red Power) conduit au vote de l' Indian Self-Determination and Education Assistance Act of 1975 (en), qui réaffirme la souveraineté du conseil tribal. Un Secrétariat aux Affaires indiennes est créé en 1977, longtemps dirigé par un Black Feet, Forrest Gerard (en). L' American Indian Religious Freedom Act (en) (1978) complète les droits obtenus en offrant la garantie de la liberté de culte pour les Amérindiens.

Chicano Movement[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Chicano Movement et Young Lords.

La lutte pour les droits civiques englobe, outre les droits des Afro-Américains et ceux des Amérindiens, les droits des immigrés latino-américains, un nombre important d'entre eux étant venus dans le cadre du programme Bracero, en vigueur de 1942 à 1964. Le Chicano Movement des années 1960 s'inscrit ainsi dans la continuité du « Mouvement des Mexicano-américains pour les droits civiques » des années 1940. La fin du Bracero Program est suivie de la création du United Farm Workers (en), un syndicat agricole non violent cofondé par César Chávez. Après des boycotts et des conflits violents, menant à la mort plusieurs syndicalistes, le United Farm Workers obtient le vote du California Agricultural Labor Relations Act (en) en 1975, qui autorise les conventions collectives pour les travailleurs agricoles. Au Texas, le syndicat obtint aussi, après une série de grèves une victoire à la Cour suprême (Medrano v. Allee, 1974[13]), qui limita le pouvoir d'arbitration en matière de droit du travail des Texas Ranger, une unité de police texane.

Un groupe portoricain, les Young Lords, atteint une notoriété nationale à la fin des années 1960 en organisant des activités de quartier sur le modèle du militantisme du Black Panther Party. Particulièrement actif à Chicago et à East Harlem, il est lui aussi victime des opérations de déstabilisation menées dans le cadre du programme COINTELPRO.

Le , des militants hispaniques investissent un lycée abandonné à Seattle, créant ainsi El Centro de la Raza (en). Ils suivent ainsi l'exemple des Amérindiens qui avaient investi, deux ans auparavant, Fort Lawton (en), une base militaire abandonnée, afin de créer le Daybreak Star Cultural Center (en), une « base urbaine pour les Amérindiens dans la région de Seattle ».

En 1973, une association locale de Phoenix créée en 1968, entre autres grâce à des fonds de la Fondation Ford, du National Council of Churches (en) et du syndicat automobile United Auto Workers, devient nationale, en se rebaptisant le National Council of La Raza (« Conseil National de La Race », terme dénotant les Latino-Américains en général, et en particulier les immigrés mexicains).

Un autre groupe, non lié, est créé au Texas en 1970 par des jeunes militants, José Ángel Gutiérrez (en) et Mario Compean, sous le nom de La Raza Unida, qui continue à exister aujourd'hui.

Le « Black Feminism »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Black feminism.

À la fin des années 1960 et au début des années 1970, un nouveau mouvement émerge, à l'intersection entre les luttes pour les droits civiques, le Black Power, le Chicano Movement, etc., et qui jouera un rôle pilote dans l'émergence de la Troisième vague féministe au début des années 1980. Dès le départ, le « Black feminism » n'est pas réservé aux seules femmes noires, qui considèrent que leur point de vue n'est pas pris suffisamment en compte ni chez les organisations féministes traditionnelles, dominées par les Blanches, ni dans le mouvement du Black Power, dominé par les hommes. Il intègre en effet des femmes chicanas, orientales, etc., et se caractérise plutôt par la volonté de lier ensemble les problématiques du sexisme, du racisme et de l'oppression de classe[14]. Ce courant montre, une nouvelle fois, l'hétérogénéité des problématiques et des sujets du mouvement pour les droits civiques.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michelle Norris, The Woolworth Sit-In That Launched a Movement, National Public Radio, 1er février 2008.
  2. Executive Order 10925.
  3. a, b, c, d et e (en) Birmingham Bomb Kills 4 Negro Girls In Church; Riots Flare; 2 Boys Slain, The New York Times, 15 septembre 1963 (lu via section On this day du quotidien). Consulté le 15 septembre 2008.
  4. Freedom Summer, Congress of Racial Equality, 2006 (en).
  5. Voting Rights par les Veterans of the Civil Rights Movement, 2003.
  6. Mary Stanton, From Selma to Sorrow. The Life and Death of Viola Liuzzo, University of Georgia Press, 2000 p.188 sq.
  7. Mort du premier sénateur noir élu aux États-Unis, dépêche Agence France-Presse, 4 janvier 2015
  8. a, b, c et d King Encyclopedia - Poor People's Campaign, site de l'université Stanford.
  9. a, b, c, d, e et f “Our Nation Is Moving Toward Two Societies, One Black, One White—Separate and Unequal”: Excerpts from the Kerner Report.
  10. Angie Debo, Histoire des Indiens des États-Unis, Paris, Albin Michel, 1994, p.134.
  11. « Le Guerrier du Verbe », interview avec le chanteur John Trudell, in L'Humanité, 31 juillet 1992.
  12. Amnesty International, APPEAL FOR THE RELEASE OF LEONARD PELTIER.
  13. Medrano v. Allee, Cour suprême des États-Unis, 1974.
  14. (fr) Elsa Dorlin, Introduction Black feminism Revolution ! La Révolution du féminisme Noir ! (L'Harmattan, 2007).

Voir aussi[modifier | modifier le code]