Mouvement de résistance nordique

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Mouvement de résistance nordique
Image illustrative de l’article Mouvement de résistance nordique
Logotype officiel.
Présentation
Leader Simon Lindberg (Suède)
Haakon Forwald (en) (Norvège)
Antti Niemi (Finlande)
Jacob Villum Andersen (Danemark)
Fondation 1997 (Suède)
1998 (Norvège)
2006 ou 2007 (Finlande)
2016 (Islande)
2017 (Danemark)
Disparition 2019 (Finlande)[Note 1]
Fondateurs Klas Lund (en) (Suède)
Haakon Forwald (en) (Norvège)
Esa Henrik Holappa (Finlande)
Alliés Division Atomwaffen
Régiment Azov
Blood and Honour
Vrais Finlandais (factions)
CasaPound
Der III. Weg
Junge Nationalisten
National Action
Ordre des neuf angles
Mouvement impérial russe (en)
Positionnement Extrême droite
Idéologie Néonazisme[1],[2]
Scandinavisme[3]
Ultranationalisme
Homophobie[4]
Euroscepticisme dur[5]
Troisième position[6]
Irrédentisme finnois[7],[8]
Hitlérisme ésotérique (en) (factions)[9]
Accélérationnisme (factions)[9]
Site web nordicresistancemovement.org
Drapeau du Mouvement de résistance nordique.

Le Mouvement de résistance nordique (suédois : Nordiska motståndsrörelsen, norvégien : Nordiske motstandsbevegelsen, finnois : Pohjoismainen Vastarintaliike, danois : Den nordiske modstandsbevægelse, islandais : Norræna mótstöðuhreyfingin) est une organisation néonazie pan-nordique suédoise fondée en 1997[10].

Formation et structure[modifier | modifier le code]

En , Klas Lund (en) et d'autres anciens membres de la Résistance blanche aryenne (en) (suédois: Vitt Ariskt Motstånd, également connu sous le nom de VAM) - un réseau militant néo-nazi actif de 1991 à 1993 - ont été libérés de prison après avoir été condamnés pour des vols et un homicide involontaire[11], ont formé le Mouvement de résistance suédois (Svenska Motståndsrörelsen ou SMR) avec des collaborateurs du magazine néo-nazi Folktribunen et des membres de Nationell Ungdom, une organisation ouvertement raciste.

En 2016, le Mouvement de résistance nordique a été formé, avec des filiales distinctes en Suède, en Finlande et en Norvège; une filiale danoise a brièvement été formée avant de se dissoudre. Le Mouvement de résistance nordique réclame un arrêt immédiat de ce qu'il considère être une immigration massive dans les pays scandinaves, ainsi que l'expulsion des personnes d'ascendance non-scandinave. Il préconise également l'autosuffisance des pays nordiques et le retrait de l'Union européenne[12].

L’idéologie pan-scandinave du MRN a aussi ses limites : certaines branches du mouvement suédois ne considèrent pas les militants finlandais comme des « aryens » égaux, mais comme des « hybrides ethniques » sans appartenance à la culture scandinave. Si Adolf Hitler reste une référence pour l'organisation, il est néanmoins considéré comme un perdant et suscite moins de ferveur qu'Corneliu Zelea Codreanu, le chef du parti fasciste roumain de la Garde de fer[13].

Sur le plan international, le MRN entretient des liens notamment avec les partis d’extrême droite Aube dorée (Grèce) et CasaPound (Italie), ainsi qu'avec le groupe terroriste National Action (désormais interdit au Royaume-Uni) et avec l'organisation paramilitaire ukrainienne Azov[13].

D’innombrables actes de violence racistes et homophobes, des attaques et même quelques meurtres d’opposants politiques présumés peuvent être attribués à ce mouvement[13].

Le , The Verge signalait que Discord avait fermé un certain nombre de serveurs néo-nazis et de droite radicale, y compris celui du Mouvement de résistance nordique, depuis leur plate-forme de discussion privée, pour non-respect des conditions d'utilisation[14].

La branche finlandaise de l'organisation a été officiellement dissoute en 2019 par la Cour suprême sans toutefois que cela n'affecte particulièrement ses activités, seuls ses emblèmes étant réellement interdits. Elle compte un noyau dur fort de 200 à 400 militants et d'un réseau plus étendu de sympathisants. Sa marche nationaliste annuelle à Helsinki, le jour de l’indépendance finlandaise, dont le parcours se termine devant un monument en l’honneur du bataillon de volontaires finlandais de la Waffen-SS, rassemble jusqu’à 3 000 participants[13].

Suède[modifier | modifier le code]

Manifestation du Mouvement de résistance nordique.

Le Mouvement de résistance suédois a été fondé par Klas Lund (en). Son dirigeant actuel est Simon Lindberg et son aile politique est dirigée par Pär Öberg. Il est connu pour son opposition à l'immigration non-blanche en Suède[15]. Le Svenska motståndsrörelsen est considéré comme un acteur central du mouvement suprémaciste blanc en Suède[16]. L’objectif du Mouvement de résistance nordique est d’établir un système autoritaire nordique par les élections ou par une révolution[16].Le , MRN a organisé une marche avec environ 500 participant à Göteborg[17], la deuxième ville de Suède, programmée pour coïncider avec la Foire du livre de Göteborg[18]. Des affrontements ont éclaté entre MRN et les contre-manifestants. Vingt-deux membres du MRN, dont le dirigeant de l'organisation, Simon Lindberg, ont été arrêtés pour suspicion de troubles publics violents et un contre-manifestant a été arrêté pour avoir attaqué un policier. Les Juifs suédois ont été scandalisés par la manifestation qui a eu lieu lors de la fête juive de Yom Kippour et devait à l'origine passer près d'une synagogue[19]. La marche a été réacheminée et raccourcie à la suite d'une décision de justice. Le , un feu d'artifice a été lancé contre l'ambassade américaine à Stockholm lors d'une manifestation contre le bombardement de la Syrie. Un membre du MNR a été arrêté[20]. Le , des membres du MRN ont attaqué deux militants pro-israéliens à Gotland[21],[22].

Le MRN s'est enregistré en 2015 en tant que parti politique et participe occasionnellement aux élections, ne réalisant toutefois que de très faibles scores. En 2014, deux membres du mouvement ont été élus sur la liste des Démocrates suédois, un parti d’extrême droite, dans les conseils municipaux de Ludvika et Borlänge[13]. Le MRN s'est présenté aux élections législatives de 2018 mais n'a recueilli que 0,03% des suffrages exprimés (soit 2 106 votes), largement insuffisant pour obtenir le moindre siège au Riksdag[23].

D'après Morgan Finnsiö, chercheur spécialiste de l’extrême droite, « de 2015 à 2019, le MRN a joué un rôle de premier plan dans l’extrême droite suédoise, Leur accent mis sur la violence, leur idéologie ouvertement nazie, leur organisation quasi bureaucratique et leur propagande prolifique font référence sur la scène de l’extrême droite[13]. »

Des tensions apparaissent, particulièrement en 2019 (conduisant au départ d'un certain nombre de militants), concernant la stratégie à suivre[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Originellement interdite en , mais l'interdiction n'est entrée en vigueur seulement en après que l'Hovrätt ait confirmé la décision, en vertu de la loi finlandaise.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nazister döms till fängelse för bombdåden i Göteborg, Aftonbladet, 7 July 2017, accessed 1 September 2017.
  2. Nazister vill frikännas efter bombdomarna, Göteborgs-Posten, 28 July 2017, accessed 1 September 2017.
  3. https://www.thesun.co.uk/news/2382438/white-supremacist-nordic-resistance-movement-unite-scandinavia-far-right/ "Inside the violent and rapid increasing white supremacist Nordic Resistance Movement which aims to unite Scandinavia with 'revolution' into a single far-right republic"
  4. « Neo-Nazi organization to march in Fredrikstad - Norway Today »,
  5. « How the expansion of the European Union has facilitated the rise of the New Right in Austria and the United Kingdom. »,
  6. https://www.nordfront.se/den-tredje-vagen.smr
  7. Modèle:Plainlist
  8. « Nordiska motståndsrörelsen delade ut 500 000 flygblad », sur Inblick.se (consulté le )
  9. a et b « The case against the Nordic Resistance Movement in Finland: an overview and some explanations », University of Oslo Center for Research on Extremism (consulté le ) : « It is notable however, that some NRM activists have reasoned that only radical measures will be effective post-ban, thus coming to support e.g. the accelerationist model of activity. Certain members of the group have also appeared as contributors to publications that promote esoteric forms of neo-Nazism. A corresponding shift towards a more “cultic” direction has also been observed in the United Kingdom after the banning of the National Action (NA). »
  10. Anne-Françoise Hivert, « En Suède, l’inquiétant regain d’activité des néonazis », Le Monde, 9 mai 2018.
  11. « Gun-Britts son blev offer för nazistvåldet - Nyheter - Expressen »
  12. « Information in English » (consulté le )
  13. a b c d e f et g Nicholas Potter, « Fascisme Ikea » : en Scandinavie, un mouvement néonazi veut créer un État nordique pour les « Blancs », sur Bastamag,
  14. Liao, Shannon (February 28, 2018) "Discord shuts down more neo-Nazi, alt-right servers" The Verge
  15. (sv) « Adaktusson fortsätter granskningen av nazisterna i Svenska motståndsrörelsen » (version du 28 septembre 2009 sur l'Internet Archive), TV8.
  16. a et b (sv) « Politiskt extremism - Grupper inom vit makt-miljön », sur web.archive.org, Säkerhetspolisen, (consulté le )
  17. "Dozens of neo-Nazis arrested after violent clashes in Sweden", RT News, 30 septembre 2017, vu le 14 Juillet 2019.
  18. "Sweden’s literati wrestle with the far right", Politico Europe, 29 septembre 2017, ouvert le 14 Juillet 2019.
  19. "NMR-ledaren Simon Lindberg anhållen efter nazimarschen", Aftonbladet, 1 octobre 2017, ouvert le 14 Juillet 2019.
  20. « Fireworks thrown at Stockholm US embassy during neo-Nazi protest », .
  21. « Neo-Nazis assault two pro-Israel activists in Sweden ».
  22. Nazi threat stalks bucolic swedish political fest, Bloomberg.com, 8 juillet 2018. Consulté le 15 août 2018.
  23. (sv) « Röster - Val 2018 », data.val.se (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

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