Mouton islandais

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Mouton islandais
Mouton islandais
Mouton islandais
Région d’origine
Région Drapeau de l'Islande Islande
Caractéristiques
Taille Moyenne
Autre
Diffusion Nationale
Utilisation Laine, Viande

Le mouton islandais, officiellement francisé au Canada sous le nom de mouton icelandic[1] (islandais : íslenska sauðkindin), est une race de mouton d'Europe du Nord à queue courte. Il est trapu, de taille moyenne, et possède des pattes courtes. Sa tête et ses pattes sont dépourvues de laine. Sa toison peut être blanche, brune, grise ou noire. Il peut être acère ou à cornes tant chez le mâle que la femelle.

Les moutons islandais proviennent de la lignée des Spælsau norvégiens. Ils ont été amenés en Islande par les premiers colons, et élevés depuis plus d'un millénaire dans un environnement très rude.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Icelandic-Sheep-20030608.JPG

Les béliers peuvent se reproduire dès l'âge de cinq mois, mais la pleine maturité ne sera pas atteinte avant l'âge de 3 ans. Les brebis peuvent également s'accoupler dès cinq à sept mois, mais de nombreux fermiers préfèrent attendre le second hiver de la brebis avant de lui permettre la reproduction. Les moutons islandais débutent leurs chaleurs vers la mi-octobre. La saison de reproduction peut durer jusqu'à quatre mois.

Les naissances multiples sont très courantes chez les brebis islandaises, bien que la prolificité se situe en moyenne entre 180 à 200%. La présence du gène Þoka, spécifique à cette race, favorisera les naissances de triplés et la double présence du gêne celle de quadruplés, quintuplés et même parfois sextuplés chez les brebis qui le portent.

Élevage[modifier | modifier le code]

Icelandic sheep summer 06.jpg

En Islande, la race est aujourd'hui presque exclusivement élevée pour sa viande[2]. Les agneaux peuvent être abattus à partir de quatre ou cinq mois, quand ils pèsent 30 à 40 kilos.

Laine[modifier | modifier le code]

La toison du mouton est double. Le manteau externe est appelé tog et le sous-manteau, plus fin, est le þel. Quand ils sont séparés, ils servent à fabriquer des produits différents. Le tog est une laine moyenne de 27 micromètres de diamètre, bonne pour le tissage et les produits durables. Le þel est une laine fine d'environ 20 micromètres de diamètre, utilisée pour des vêtements en contact avec la peau. Quand ils sont mélangés, les deux types de laine servent à produire du lopi, une laine à tricoter particulière qui provient exclusivement des moutons islandais.

Lait[modifier | modifier le code]

IcelandicSheep.jpg

Historiquement, les moutons islandais étaient élevés pour leur lait. Les brebis produisent du lait durant une période de huit semaines. Les agneaux sont enlevés à leur mère après deux semaines, puis allaités quotidiennement. La plupart des brebis fournissent un litre de lait par jour, et certaines 2 à 3 litres, pour une production totale d'environ 150 litres. Le lait était traditionnellement utilisé pour faire du beurre, du fromage, du yaourt ou cette variante islandaise du yaourt qu'est le skyr. Les brebis ne sont plus traites aujourd'hui en Islande, et les agneaux peuvent continuer à téter.

Couleur[modifier | modifier le code]

La couleur des moutons islandais se transmet de la même manière que chez les autres moutons, mais leur toison offre plus de variété de teintes et de patrons que la plupart des autres races. Chaque mouton possède trois gènes qui affectent la couleur de la toison, chacun pouvant présenter un allèle dominant ou récessif[3][4].

Locus Nom du gène Allèle dominant Allèles codominants Allèle récessif
B (base) Couleur de base Noir brun (moorit)
A (agouti) Patron Blanc Gris, Blaireau, Mouflon Uni
S (spotting) Pie Absentes Présentes
Le mouton de gauche porte au moins un allèle "noir" en couleur de base, deux allèles "uni" sur le gène agouti et deux allèles "panachures présentes". Le mouton de droite a au moins un allèle "blanc" en gène agouti qui recouvre sa couleur et éventuelles panachures.
Couleur de base

La couleur de base de tous les moutons islandais est noire ou brun, dit moorit (un mot scots). Chacune peut se présenter dans une variété de nuances et de tons. L'allèle dominant est le noir. La couleur de base est ensuite altérée par des patrons et des panachures.

Patron

Il y a six possibilités d'allèles agoutis chez les moutons islandais. Le plus dominant est :

  • Blanc : il recouvre tous les autres patrons, couleurs ou panachures qui pourraient être présents. Un mouton porteur de l'allèle blanc est forcément blanc uni.

Ensuite, trois autres allèles – "gris", "blaireau", "mouflon" – sont d'une dominance équivalente et intermédiaire (ils sont codominants).

  • Gris : produit un sous-poil plus clair. Les poils extérieurs restent de la couleur de base, noire ou moorit.
  • Blaireau : éclaircit (voire blanchit) la couleur du dos, des flancs et du dessus de la tête. La couleur sombre de base reste sur le ventre, le menton et le cou, le dessous de la queue, mais aussi autour des yeux, sur le museau et les oreilles, donnant au visage du mouton un air de ressemblance avec un blaireau. Le mouton sera donc globalement de couleur crème. Selon sa couleur de base, il est qualifié de "noir blaireau" ou "moorit blaireau".
  • Mouflon : c'est l'inverse du "blaireau". Il éclaircit ou blanchit le ventre, le menton et le cou, le dessous de la queue, la face interne des oreilles et certaines parties du visage. le contour des yeux. Il assombrit la couleur du dos, des flanc, du cou, des oreilles et de la tête. La couleur sombre de base reste sur le dos et les flancs, principalement. Le mouton est donc globalement sombre. Selon sa couleur de base, le mouton est donc qualifié de "noir mouflon" ou "moorit mouflon".

Chez un mouton porteur de deux allèles parmi ces trois, les deux caractères s'expriment simultanément. Ainsi, un mouton peut avoir un patron gris blaireau, gris mouflon ou blaireau mouflon.

Enfin, l'allèle le moins dominant est :

  • Uni : il se traduit par l'absence de motifs. Les moutons à patron uni présentent simplement leur couleur de base. Un mouton ne peut être uni que s'il hérite d'un allèle récessif "uni" de la part de ses deux parents.
Gène Pie ou Panachures (spotting)

Ce gène produit des marques blanches sur les pattes, la tête ou d'autres endroits du corps. Les zones non marquées sont d'une couleur définie par les gènes de base et agouti, précédemment décrits. Il présente deux allèles : avec ou sans panachures. L'allèle "sans panachures" est dominant. Un mouton à marques blanches porte donc obligatoirement deux allèles récessifs "avec panachures".

Présence en Amérique du nord[modifier | modifier le code]

Le mouton Icelandic fur introduite Amérique du Nord, en 1985 par Stefania Sveinbjarnardóttir[5]- Dignum, une Canadienne d’origine Islandaise. En Amérique, le mouton est enregistré auprès de la Société canadienne d'enregistrement des animaux et doit répondre aux standards suivant:

Apparence générale:

  • Mouton de taille moyenne
  • Os raffinés avec visage et jambes ouvertes
  • Poids à la maturité: Béliers 90-100 kg Brebis 60-65 kg

Tête:

  • Courte mais large du front aux narines
  • Les narines grandes ouvertes, les lèvres épaisses et la mâchoire forte
  • Les yeux brillants ou alertes
  • À cornes et sans cornes acceptables dans les deux sexes
  • Les cornes qui poussent trop près du visage ne sont pas souhaitables

Cou:

  • Court, rond et s'élargissant aux épaules
  • Le point d'attache doit être remarquable
  • Le cou du bélier doit être plus prononcé que le cou de la brebis

Épaules:

  • Larges et se joignant doucement au corps
  • Bien rondes et charnues

Poitrine et côtes:

  • Poitrine large et s'étendant bien au devant des membres antérieurs
  • Cavité de la poitrine large
  • Côtes prononcées et bien définies

Dos, reins et croupe:

  • Long et bien musclé, charnu
  • Reins larges, ronds et puissants
  • Croupe large, bien musclée, assez longue mais peut rétrécir un peu vers l' arrière

Pieds et jambes:

  • Jambes bien musclées et épaisses, les muscles s'étendent jusqu'aux jarrets
  • Pieds courts, épais, droits et carrément placés
  • Paturons puissants avec un angle d'environ 45º au sol

Toison: 

  • La laine devrait être abondante
  • Toison : peut être d’une variété de couleurs naturels
  • Laine double: sous poils raffinés et onduleux, appelé thel; le dessus est long, épais et vrillé, appelé tog
  • Jarre dans la laine non souhaitable

Peau:

  • De couleur variable, dépendant de la couleur de la laine.

Queue:

  • La queue est naturellement court, en forme de queue de baleine, recouvert de poils, 15 à 20 cm de long. Si la queue d’un mouton Islandais est coupée, celui-ci n’est pas éligible à l’enregistrement.

Défauts sérieux:

  • Cornes trop proche du visage
  • Jambes terriblement tordues

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en-ca) « Icelandic », sur Canadian Sheep Breeders' Association (consulté le 22 novembre 2016)
  2. « Breeds of livestock : Icelandic sheep », Université d'État de l'Oklahoma, Dept. of Animal Science (consulté le 19 août 2016)
  3. (en) Saldaña-Muñoz V R, Torres-Hernández G, González-Camacho J M, Díaz-Rivera P, González-Garduño R and Rubio-Rubio M, « An attempt to determine the pattern of inheritance of coat colors in hair sheep, in Livestock Research for Rural Development, Vol. 16, Art. #6. », (consulté le 19 août 2016)
  4. (en) Susan Briggs, « Color Genetics in Icelandic Sheep » (consulté le 19 août 2016)
  5. « Le mouton Icelandic », sur www.lebiscornu.com (consulté le 22 novembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]