Moustapha Kamel Pacha

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Moustafa Kamel Pacha, également orthographié Moustapha Kamel Pacha, né le 14 août 1874 et décédé en 1908, est un homme politique égyptien. Il est le leader du Parti nationaliste égyptien.

En 1891, il s’inscrit à la faculté de droit du Caire puis de Paris en 1893. Tribun célèbre pour ses contreparties, il commence ses activités politiques en 1891 alors qu’il est encore étudiant et qu’il écrit pour plusieurs journaux dont Al-Moua'ed et Al-Ahram.

Il crée en 1900 le journal Al-Lewa'a qui devient le porte-parole du Parti national qu'il fonde sous la devise « pleine évacuation ». Il y dénonce violemment la domination anglaise, réclamant l'autonomie immédiate et le régime parlementaire. En 1907, il crée deux autres journaux, l'un francophone appelé L'étendard égyptien et l'autre anglophone appelé La norme égyptienne, en vue d’atteindre les communautés étrangères. Il lutte alors contre l’occupation anglaise représentée en Égypte par le haut-commissaire Lord Cromer. Ce dernier est finalement écarté le 11 avril 1907 et des détenus égyptiens libérés le 7 janvier 1908.

Dans L’islam et la psychologie du musulman (1923), André Servier, historien français du début du XXe siècle, écrit que le Parti nationaliste égyptien « vise au rétablissement de la puissance islamique et à l'expulsion de l'étranger. C'est une forme nouvelle du panislamisme mais une forme plus dangereuse parce qu'elle a des tendances réalistes, qu'elle vise un but pratique, immédiatement réalisable. Ce mouvement d'émancipation est né en Égypte par réaction contre la domination anglaise. Son inspirateur fut Moustafa Kamel Pacha qui, le 22 octobre 1907, fit acclamer à Alexandrie le programme du Parti national dont il était le chef : « Les Égyptiens pour l'Égypte, l'Égypte pour les Égyptiens. » Moustapha Kamel ajoutait : « Nous sommes des spoliés et les Anglais des spoliateurs. Nous voulons notre pays libre sous la domination spirituelle du Commandeur des Croyants. » Or, il est admis que Moustapha Kamel Pacha était un ferveur défenseur de la laïcité.

Il s’installe en France à partir de 1895 auprès de Juliette Lambert Adam et collabore au Figaro. Il y publie son célèbre article, « La nation britannique et le monde civilisé », qui est rapidement distribué par les journaux britanniques et qui touche l’opinion publique européenne. Le 4 juin, Moustafa Kamel adresse un appel véhément à la Chambre des communes pour créer un mouvement d’opinion. Servier ajoute que les Jeunes Égyptiens, tout en proclamant « leur mépris et leur haine pour l'Angleterre, prétendaient considérer la France comme leur patrie intellectuelle. » En 1896, Moustafa Kamel visite le Royaume-Uni puis l’Allemagne, l'Autriche et la Turquie, essayant d’élargir son auditoire. Il y revendique l’instruction et l’éducation pour la communauté égyptienne. Son éloquence et sa plume restent célèbres.

Décédé à l’âge de 34 ans, il aura sillonné l’Europe pour plaider la cause égyptienne et demeure à ce titre l’un des pères de la révolution égyptienne de 1919 menée par Saad Zaghloul. Moustafa Kamel représente en fait la nouvelle approche de la lutte nationale égyptienne car il a sensibilisé l'Europe à la question égyptienne. Il croyait par conséquent en la possibilité de réaliser la libération par la pression populaire de la part des masses égyptiennes d'une part et par la pression internationale de la part des peuples européens civilisés d'autre part.

Parmi ses publications figurent :

  • Message franco-égyptien
  • Le soleil brillant
  • La question orientale
  • L'Égypte et l’occupation britannique
  • La lutte du Japon contre la Russie

Moustafa Kamel Pacha a également publié un roman : La conquête de l’Andalousie.

Les jeunes nationalistes égyptiens, syriens et turcs formaient une micro-société. Nous connaissons ainsi les correspondances de Mustapha Kamel Pacha avec Mohamed Abduh, Abdeljelil Zaouche et des intellectuels français comme Pierre Loti et Charles Géniaux. Mustapha Kamel Pacha et a été le guide de Pierre Loti au Caire, séjour durant lequel l’écrivain français a écrit La mort de Philae.

Sources[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]