Moussa Djalil

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Moussa Djalil
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Biographie
Naissance
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Moustafino (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Nom dans la langue maternelle
Муса ҖәлилVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Domiciles
Orsk (-), rue Nikolai Ershov, 2/1 (d) (-), rue Gorki 17 (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Faculté d'ethnologie de l'université d'État de Moscou (d) (jusqu'en )
Q112076879 (jusqu'au )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Religion
Parti politique
Conflit
Genres artistiques
Distinctions

Moussa Djalil (prononcé [muˈsɑ ʑæˈlil] ; en cyrillique Муса Җәлил), de son nom complet Moussa Moustafovitch Zalilov[1]), né le et mort le , est un poète soviétique tatar, combattant de la résistance[2].

Il est le seul poète de l'Union Soviétique à avoir reçu à la fois le titre d'Héros de l'Union Soviétique pour sa résistance au combat, et le Prix Lénine pour les Cahiers de Moabit[3]. L'ouvrage est classé en 2012 dans la liste des 100 livres pour les élèves en fédération de Russie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Mustafino dans l'oblast d'Orenbourg, Musa est le sixième enfant de Mustafa et Rakhima Zalilov.

Il écrit son premier poème Bahet à l'âge de 13 ans. En 1919, il rejoint le Komsomol et poursuit ses études à l'Institut tatar d'instruction publique. Vétéran de la guerre civile russe.

En 1927, il entre au département littéraire de la faculté d'ethnologie de l'Université d'État de Moscou dont il sort diplômé en 1931. Son colocataire de l'époque fut Varlam Chalamov. Chalamov le décrit dans son récit Etudiant Moussa Zalilov publié en 1972 dans le journal Iounost[4].

En 1931-1932, il est rédacteur en chef des magazines pour enfants tatars, publiés sous l'égide du Comité central du Komsomol. Depuis 1933, il dirige le département de littérature et d'art du journal tatar Kommunist publié à Moscou. Là, il rencontre les poètes soviétiques Alexandre Bezymenski et Mikhaïl Svetlov.

En 1932, il vit et travaille dans la ville de Nadezhdinsk. En 1934, deux de ses recueils sont publiés : Les Millions de décorés sur le thème du Komsomol et Poésie et Poèmes. En 1939-1941, il fut secrétaire exécutif de l'Union des écrivains de l'République socialiste soviétique autonome tatare et chef de la partie littéraire de l'Opéra Tatar de Kazan qui sera renommé en son nom en 1956.

En 1941, il est enrôlé dans l'Armée rouge. Au rang d'officier politique supérieur, il combat sur le front de Leningrad et le front de Volkhov, et s'illustre comme correspondant du journal Otvaga.

Le 26 juin 1942, lors de la bataille de Liouban, près du village de Myasnoy Bor, Musa Jalil est grièvement blessé à la poitrine et capturé par l'ennemi. Il est incorporé dans l'Idel Ural Legion de la Wehrmacht. Il rejoint un groupe clandestin créé parmi les légionnaires qui organise des évasions de prisonniers de guerre. Dénoncé en août 1943, il est arrêté et emprisonné dans la prison moabite. Il sera exécuté par guillotine le 25 août 1944 dans la prison de Plötzensee à Berlin. Peu de temps avant son exécution, Musa a remis ses poèmes à son compagnon de cellule.

Quelques semaines après la mort de Staline, Konstantin Simonov qui dirige l'hebdomadaire Literatournaïa gazeta fait traduire les écrits de Moussa Djalil injustement accusé de traitrise par le pouvoir et les publie avec un avant-propos ce qui a pour effet de transformer Djalil en héro national[5].

Hommages[modifier | modifier le code]

Monument de Moussa Djalil à Kazan.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Françoise Daucé, « Les compositions mémorielles autour de la Guerre patriotique. L’exemple du souvenir de Moussa Djalil, Tatar, stalinien, poète et patriote », The Journal of Power Institutions in Post-Soviet Societies sur OpenEdition Journals,‎ (ISSN 1769-7069, lire en ligne, consulté le )
  2. Marie-Christine Autant-Mathieu, L' Étranger dans la littérature et les arts soviétiques, Presses Universitaires du Septentrion, (ISBN 978-2-7574-0892-6, lire en ligne), p. 149
  3. Danièle Sallenave, Sibir. Moscou-Vladivostok (mai-juin 2010), Editions Gallimard, , 368 p. (ISBN 978-2-07-259943-9, lire en ligne)
  4. Luba Jurgenson, Le Semeur d'yeux: Sentiers de Varlam Chalamov, Verdier, , 336 p. (lire en ligne)
  5. (en)Marie-Janine Calic, Dietmar Neutatz, Julia Obertreis, The Crisis of Socialist Modernity: The Soviet Union and Yugoslavia in the, Vandenhoeck & Ruprech, (ISBN 9783525310427, lire en ligne), p. 157

Liens externes[modifier | modifier le code]