Mosquitos

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Famille miskito aux abords de la rivière Prinzapolka (1957-1961)

Les Mosquitos (ou Miskito) sont une ethnie américaine autochtone d'Amérique centrale. Leur territoire s'étend le long de la côte des Mosquitos, du cap Camarón au Honduras jusqu'au Río Grande de Matagalpa au Nicaragua. Ils parlent le mosquito (Mískitu en langue mosquito), une langue de la famille des langues misumalpanes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'arrivée des Européens, la région était divisée en une demi-douzaine de groupes distincts. La colonisation espagnole se concentre sur la côte Pacifique, laissant la côte caraïbe du Nicaragua et du nord-Honduras libre de toute occupation espagnole et permettant les incursions fréquentes des corsaires anglais et hollandais au cours du XVIIe siècle.

Des Africains, naufragés de navires négriers ou échappés des îles de la Providence, se réfugient autour du Cabo Gracias a Dios et se mêlent aux peuples autochtones, produisant un métissage identifié par les Espagnols comme les Mosquitos Zambos. À l'inverse les populations vivant plus au sud, étrangères à cette mixité, sont surnommées les Miskitos Tawiras. Les rivalités entre ces deux groupes d'indiens conduisent à des guerres tribales.

Les corsaires anglais travaillant pour le compte de la compagnie des îles de la Providence firent alliance avec les Miskitos. Par la suite, les Anglais organisèrent un Royaume Mosquito, mais conservèrent le pouvoir de nommer leurs rois. Le royaume était constitué d'un certain nombres de sites, le long de la côte, tout en réservant une liberté d'implantation pour les établissements des commerçants anglais. Les sources historiques sont imprécises et la liste de la dynaste n'est pas totalement fiable.

Fin du XVIIe siècle et début du XVIIIe siècle, les Miskitos Zambos procèdent à une série de raids contre les possessions espagnoles et les groupes autochtones restés indépendants. Ils atteignent aussi bien la péninsule du Yucatan au nord, que la côte du Costa Rica au sud. Nombreux sont les autochtones capturés qui furent vendus comme esclaves aux marchands anglais et déportés à la Jamaïque. Un traité d'amitié et d'alliance est conclu en 1740 entre les Britanniques et le roi Mosquito, faisant du royaume un protectorat de la Couronne.

Les Mosquitos ont soutenu la Grande-Bretagne pendant la guerre d'Indépendance américaine en attaquant les colonies espagnoles. Toutefois, à la conclusion de la paix en 1783, la Grande-Bretagne dut renoncer au contrôle direct de la côte. Le retrait des colons britanniques a été achevé à la fin de juin 1787. En fin de compte, 2 214 habitants (537 personnes libres et 1 677 esclaves) ont été rapatriés dans Colony Bay, l'actuel Belize). Malgré ce retrait, la Grande-Bretagne continue ensuite à intervenir sur la côte des Mosquitos pour défendre ses intérêts et ceux de ses alliés contre les empiétements espagnols.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Bataillon, Enquête sur une guérilla : Nicaragua, 1982-2007, le Félin-Kiron, Paris, 2009, 330 p. (ISBN 978-2-86645-682-5)
  • (en) Eduard Conzemius, Ethnographical survey of the Miskito and Sumu Indians of Honduras and Nicaragua, Government Printing Office, Washington, 1932, 191 p. + pl., disponible sur Gallica
  • (en) Claudia García, The making of the Miskitu People of Nicaragua : the social construction of ethnic identity, Uppsala University, Uppsala, 1996, 175 p. (ISBN 91-554-3684-6)
  • (en) Charles R. Hale, Resistance and contradiction : miskitu indians and the Nicaraguan state, 1894-1987, Stanford University Press, Stanford (Calif.), 1994, 296 p. (ISBN 0-8047-2255-2)
  • (es) Pedro Ibarra, Conflicto y negociación en Centroamérica (apéndice sobre el conflicto miskito Iñaki Bárcena), los Libros de la Catarata, Madrid, 1991, 188 p. (ISBN 84-87567-08-8)
  • (en) Bernard Nietschmann, Between land and water : the subsistence ecology of the Miskito Indians, Eastern Nicaragua, Seminar Press, New York, London, 1973, 279 p. (ISBN 0-12-880250-2)
  • (en) Eleonore von Oertzen, Lioba Rossbach, Volker Wünderich (dir.), The Nicaraguan Mosquitia in historical documents, 1844-1927 : the dynamics of ethnic and regional history, D. Reimer, Berlin, 1990, 486 p. (ISBN 3-496-00476-2)
  • (es) Isabel Perez Chiriboga, Espiritus de vida y muerte : los miskitu hondurenos en época de guerra, Guaymuras, Tegucigalpa, 2002, 336 p. (ISBN 99926-28-17-0)
  • (en) Christian P. Scherrer, Autonomous governance in Yapti Tasba : the authentic voice of ethno-nationalists, insurgents and the indigenous peoples Institut zur Förderung der Ethnizitätsforschung und Konfliktbearbeitung, Moers, Allemagne, 1997, 307 p. (ISBN 3-932446-05-4)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 8 500 Misquitos, reportage de Philippe de Dieuleveult et Marc Gurnaud, État d'urgence production, Paris, 1982 ?, 9 min (cass. vidéo)
  • (de) Ballade vom kleinen Soldaten, film de Werner Herzog, Werner Herzog Filmproduktion, Süddeutscher Rundfunk, 1984, 44 min (inclus dans le DVD 7 Werner Herzog film edition : documentaries, 2010)
  • Le dernier des Miskitos, film documentaire d'Yves Billon et Agnès Guérin, Direction du livre et de la lecture, Paris, 2005, 56 min 50 s (cass. vidéo)

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