Mosquée Hassan Bek

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Mosquée Hassan Bek
Image illustrative de l’article Mosquée Hassan Bek
Présentation
Nom local مسجد حسن بك
Culte Islam
Type Mosquée
Fin des travaux 1916
Style dominant Architecture islamique
Géographie
Pays Israël
Ville Jaffa
Coordonnées 32° 03′ 59″ nord, 34° 45′ 49″ est

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Mosquée Hassan Bek

La mosquée Hassan Bek (arabe : مسجد حسن بك, hébreu : מסגד חסן בק), aussi connue sous le nom de mosquée Hasan Bey, est une des mosquées les plus connues de Jaffa. La ville de Jaffa fait maintenant partie de la municipalité de Tel Aviv-Jaffa en Israël.

L'histoire de cette mosquée est étroitement liée aux différentes étapes du conflit israélo-palestinien, en commençant par des conflits inter-communautaires sous les empires ottomans et britanniques pour continuer de nos jours. La mosquée occupe une place symbolique et émotionnelle particulière pour la population arabe de Jaffa. Le style architectural ottomane de la mosquée contraste avec les gratte-ciels modernes construits à proximité. Elle se situe entre le quartier de Neve Tzedek et la mer Méditerranée.

Histoire[modifier | modifier le code]

La mosquée Hassan Bek Mosque a été construite en 1916, par le gouverneur arabe-turc de Jaffa du même nom. À cette époque, les villes de Jaffa (arabe) et Tel-Aviv (juive) cherchaient à s'étendre vers le nord en se bloquant mutuellement. La mosquée faisait partie de Manshiye, le quartier nord de Jaffa le long du littoral méditerranéen. La mosquée a été utilisée par des snipers arabes pour tuer des civils juifs pendant les mois précédant le retrait britannique[1]. D'après Yosef Nahmias, membre de l'unité de l'Irgoun qui a conquis la région en avril 1948, ses hommes ont placé des charges de démolition dès sa capture et s'apprêtaient à la faire exploser. Son commandant, Menachem Begin (futur premier ministre israélien) y a mis son veto.

Les habitations arabes ont été rasées et remplacées par des gratte-ciel et un parc ainsi que le Dolphinarium (utilisée au début pour des spectacles de dauphins qui ont été arrêtés à la suite des protestations des groupes de protection des animaux, puis transformée en boîte de nuit – devenue tristement célèbre en 2001). La mosquée Hassan Bek – épargnée à la suite des hésitations des autorités municipales et étatiques qui ne voulaient pas être liées à la désécration d'un site sacré musulman – est le seul témoin du passé d'avant 1948.

Scandale immobilier de 1979[modifier | modifier le code]

Hotel intercontinental David et la mosquée Hassan Bek

La mosquée Hassan Bek a été laissée à l'abandon pendant de nombreuses années, et sa coquille vide utilisée par les sans-abris et trafiquants de drogue[2]. En 1979, l'annonce est faite que le Jaffa Islamic Properties' Trustees avaient vendu la mosquée et ses terrains au magnat immobilier Gershon Peres (frère de Shimon Peres, alors chef du parti travailliste israélien), et que la mosquée allait être transformée en centre commercial[2].

Cette nouvelle provoqua une vague de protestation des arabes de Jaffa, soutenus par des groupes israéliens de défense des droits humains, et qui prétendaient que les trutees ont été désignés par le gouvernement d'Israël, qu'ils ne représentaient pas la communauté musulmane de Jaffa et que l'argent a été détourné pour finir dans leurs poches. Le projet immobilier a été abandonné et la mosquée est retournée sous le contrôle de la communauté musulmane de Jaffa[2].

Écroulement et reconstruction[modifier | modifier le code]

Le minaret de la mosquée s'écroula peu après le transfert de propriété aux musulmans de Jaffa. Cet événement est officiellement décrit comme étant un « accident » mais les arabes de Jaffa et les israéliens de gauche considèrent qu'il s'agit d'un acte de sabotage commis par des groupes d'extrême droite et/ou des vétérans de 1948.

Aucune enquête n'a été menée à la suite de ces rumeurs mais les autorités ont permis la reconstruction du minaret en utilisant du travail bénévole et des fonds fournis par la Jordanie et l'Arabie Saoudite. La communauté musulmane de Jaffa maintient une présence active dans la mosquée malgré la distance considérable entre celle-ci et le quartier où réside la population arabe post-1948 de Jaffa.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Another Tack: The lesson of April 26, The Jerusalem Post, 25 avril 2013
  2. a b et c Nimrod Luz, The Politics of Sacred Places. Palestinian Identity, collective memory, and resistance in the Hassan Bek mosque conflict, Environment and Planning D: Society and Space, 2008

Articles connexes[modifier | modifier le code]