Morta (matériau)

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Le morta (bois mort) est un mot briéron désignant un bois en cours de fossilisation que l'on trouve sous terre dans le parc naturel régional de Brière. En effet, une forêt de chênes présente il y a plus de 5000 ans a été avalée et protégée par la tourbe ce qui a permis aux troncs de se minéraliser pendant toutes ces années. Deux sortes de Morta se trouvent en Brière, le rouge (Bouleau) et le noir (Chêne). Ce dernier étant utilisé pour la fabrication de couteaux à Saint-André-des-eaux.

Formation[modifier | modifier le code]

La formation de morta est liée à la conservation partielle d'un bois dans un milieu anoxique. Privé d'oxygène, ce bois s'est lentement minéralisé.

Dans le cas du morta noir de Brière , il s'agit d'une forêt de chênes qui s'est trouvée submergée il y a 5 000 ans. Le bois est en cours de minéralisation, se chargeant en silice[1]. Le morta rouge de Brière provient lui d'une forêt de bouleaux, submergée il y a 3 700 ans[2].

Exploitation[modifier | modifier le code]

G. Lenôtre écrit que « deux jours par année seulement les Briérons (...) sont autorisés à fouiller la vase pour en retirer ces troncs d'arbres, douze ou quinze fois centenaires, aussi durs et noirs que l'ébène »[3].

Usages[modifier | modifier le code]

Pipe en morta.

Ce bois, devenu imputrescible, présente un aspect fort esthétique une fois poli. Il peut présenter l'aspect de l'ébène pour le morta noir. Il a été utilisé pour faire des lambris ou des meubles ou servir de bois de charpente en Brière.

Aujourd'hui, il est utilisé pour produire des manches de couteaux[4],[1], des pipes[5] ou des objets d'art comme des sculptures[2]. Seuls 10 à 20 % du matériau récupéré sont exploitables : des craquelures apparaissent en effet lors du séchage[1],[6]. Le morta fait aussi un bon matériau pour les sillets de tête en lutherie, grâce à ses propriétés auto-lubrifiantes proches du graphite qui laissent la corde libre de glisser dans la gorge, et par sa bonne transmission du son.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Le morta, chêne fossile de Brière », sur www.couteaux-morta.com (consulté le )
  2. a et b « Dominique Gaudel sculpte le morta rouge », Ouest-France - en ligne,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. G. Lenôtre, « Mémoires et souvenirs sur la Révolution et l'Empire. Edition 4. », sur Gallica, 1907-1912 (consulté le ).
  4. « Jean-Henri Pagnon et son couteau Morta », Parcs, Magazine de la fédération des parcs naturels régionaux de France, no 66,‎ , p. 20 (lire en ligne [PDF], consulté le )
  5. « Le Morta », sur www.fumeursdepipe.net (consulté le )
  6. AFP, « En Brière, des couteaux ressuscitent un bois rare », 20 minutes - en ligne,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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