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Mort d'Émile Zola

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La mort d'Émile Zola est survenue le , au domicile de Zola dans le 9e arrondissement de Paris, au 21 bis, rue de Bruxelles, à la suite d'une asphyxie par un gaz. Cette mort, issue d'émanations toxiques produites par sa cheminée, a été immédiatement qualifiée d'accident ; elle n'a toutefois cessé de soulever questions et controverses. Zola avait 62 ans.

Circonstances

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Fin de l'été 1902 et retour à Paris

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Émile Zola sur son lit de mort au lendemain de son décès.
Tombe de Zola au cimetière de Montmartre, où le romancier fut enterré jusqu'en 1908 : monument en porphyre rouge de Frantz Jourdain surmonté d'un buste en bronze de Philippe Solari, inauguré le [1].

En 1902, Zola est un auteur connu et célébré, quoique très critiqué à l'extrême droite pour sa défense d'Alfred Dreyfus[2]. Émile et Alexandrine Zola, sa femme, sont ainsi violemment critiqués et font l'objet de menaces[2].

Émile Zola passe l'été de l'année 1902 dans sa maison de Médan. L'été est calme et paisible. Sans les amis habituellement invités, occupés à d'autres tâches, les Zola ont eu six semaines de solitude, à propos desquelles le romancier écrit : « […] et cela ne m'est pas désagréable, je passe de délicieuses après-midi dans mon jardin, à regarder tout vivre autour de moi. Avec l'âge, je sens tout s'en aller et j'aime tout plus passionnément[3] ».

L'été s'achevant, les Zola décident de retourner à Paris. Le dimanche , Zola prend le train à la gare de Villennes[2]. Il gagne son logement parisien, rue de Bruxelles (Paris 9e)[2]. Il s'endort dans sa chambre à coucher le soir[2].

Intoxication et mort

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Émile et Alexandrine Zola sont intoxiqués dans la nuit du 29 au 30 septembre, par la combustion lente et résiduelle d'un feu couvert, produit par la cheminée de leur chambre à coucher[4]. Une flambée, faite avec de petits boulets de charbon (par souci d'économie des « boulets Bernot » moins efficaces que des bûches[5]), avait été prévue pour réchauffer la chambre à coucher pour la soirée, du fait du rafraîchissement des températures de ce début d'automne. Comme la cheminée présentait un problème de semi-obstruction, ayant enfumé la pièce, le valet de chambre, Jules Delahalle, avait laissé le feu s'éteindre dans l'après-midi et refermé la trappe de la cheminée[6]. Dans la nuit, Alexandrine, incommodée par les émanations toxiques, parvient à s'extraire de la chambre un moment, puis revient. Elle a dit avoir proposé à l'écrivain de réveiller les domestiques, mais Zola, qui semble avoir cru à une intoxication d'ordre alimentaire, lui demande de ne pas le faire, pour ne pas les déranger pour rien. « Demain, nous serons guéris[7]. » lui dit-il en guise d'ultimes paroles. Alexandrine se rappelle l'avoir vu, affaissé sur une chaise, puis plus rien.

Découverte du corps

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L'après-midi du 30 septembre, les domestiques, inquiets de n'avoir aucun signe de vie des Zola, enfoncent la porte de la chambre à coucher. Ils trouvent Zola au sol, mort, et Alexandrine allongée sur le lit, respirant encore[2].

Le docteur Rabion, mandé en hâte, et le docteur Lenormand, médecin du commissariat de police, ne purent que constater la mort de l'écrivain. Ils tentent de le ranimer par respiration artificielle et traction de la langue, mais il est trop tard[8]. Il aurait ainsi absorbé une plus forte dose de « gaz carbonique et d'acide carbonique »[9] que son épouse, ce gaz étant plus lourd que l'air, stagnant au ras du sol. Émile Zola décède officiellement vers h du matin[10]. En revanche, son épouse, après avoir reçu quelques soins, survit et est dirigée vers la clinique du docteur Deffaut[11].

Publication de la nouvelle de la mort

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« La mort du lion », hommage de David Widhopff (L'Assiette au beurre, ).

Le retentissement de la mort d'Émile Zola est immense. Tout d'abord chez les proches, qui se précipitent au domicile pour tenter de comprendre ce malheur inattendu. Fernand Desmoulin, Fasquelle, Charpentier, Maurice Le Blond, Octave Mirbeau, Théodore Duret, ainsi qu'Alfred Dreyfus et Georges Picquart viennent rendre un dernier hommage à l'écrivain.

La presse se fait l'écho de l'émotion qui gagne la population entière en rendant un hommage quasi unanime à l'auteur de « J'accuse…! ». L'Aurore, journal dans lequel paraît au même moment le nouveau roman de Zola en feuilleton, Vérité, arbore un liseré noir en signe de deuil. Le Figaro, en première page[12], affirme la fin des grands auteurs après les disparitions de Gustave Flaubert et d'Alphonse Daudet.

La presse nationaliste et antisémite exulte. La Libre Parole, journal antisémite de Drumont, titre « Un fait divers naturaliste : Zola asphyxié »[2]. Le journal La Croix publie un article insidieux qui laisse entendre que Zola s'est peut-être suicidé[13].

Couverture internationale

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L'émotion gagne l'étranger. La presse étrangère, russe, allemande, britannique, américaine, se fait largement l'écho du drame et célèbre l'écrivain français disparu. De nombreuses cérémonies ont lieu en mémoire du romancier. L'hommage international est unanime.

Dès l'annonce de la mort de Zola, des rumeurs et théories du complot sont diffusées dans des journaux au sujet de la cause du décès. Henri Rochefort, dans l'L'Intransigeant, écrit le 1er octobre que « Ce qui est d'abord et avant tout certain, c'est que nous ne saurons jamais la vérité sur la mort de Zola. Quand les imposteurs du dreyfusisme se sont emparés de quelqu'un, ils le maquillent, le transforment et le dénaturent tellement qu'il est impossible de le reconnaître »[2]. Aucune preuve n'est toutefois avancée[2].

Les obsèques sont repoussées du fait de l'hospitalisation d'Alexandrine Zola, et on décide d'embaumer le corps du défunt afin de le préserver. Alfred Dreyfus accourt immédiatement au domicile de Zola dès l'annonce de la mort de l'écrivain, bouleversé. Alexandrine lui demande de ne pas assister aux obsèques, mais revient sur sa décision, alors que Dreyfus intervient de manière décisive afin qu'Anatole France prononce une oraison funèbre[14]. Au cours des obsèques au cimetière de Montmartre, une délégation de mineurs de Denain, une cité du Nord, défile devant la tombe en scandant « Germinal ».

Anatole France, qui avait insisté pour évoquer toutes les facettes de l'écrivain, y compris ses combats pour la justice, lit sa célèbre oraison à l'auteur de « J'accuse…! » :

Portrait d'Anatole France, ami de l'écrivain, lisant son oraison funèbre à Émile Zola.

« Devant rappeler la lutte entreprise par Zola pour la justice et la vérité, m'est-il possible de garder le silence sur ces hommes acharnés à la ruine d'un innocent et qui, se sentant perdus s'il était sauvé, l'accablaient avec l'audace désespérée de la peur ?
Comment les écarter de votre vue, alors que je dois vous montrer Zola se dressant, faible et désarmé devant eux ?
Puis-je taire leurs mensonges ? Ce serait taire sa droiture héroïque.
Puis-je taire leurs crimes ? Ce serait taire sa vertu.
Puis-je taire les outrages et les calomnies dont ils l'ont poursuivi ? Ce serait taire sa récompense et ses honneurs.
Puis-je taire leur honte ? Ce serait taire sa gloire.
Non, je parlerai.
Envions-le : il a honoré sa patrie et le monde par une œuvre immense et un grand acte.
Envions-le, sa destinée et son cœur lui firent le sort le plus grand.
Il fut un moment de la conscience humaine. »

Ouverture de l'instruction et autopsie (29 septembre au 1er octobre 1902)

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Dès le , jour de la mort d'Émile Zola, une instruction est ouverte par le juge Joseph Bourrouillou, avec la nomination d'un groupe d'experts. Le docteur Charles Vibert effectue l'autopsie de l'écrivain[15]. Effectuée le , elle conclut à « une asphyxie par le gaz oxyde de carbone, ainsi que le prouve l'analyse spectroscopique du sang de l'écrivain[16] ». Les autres hypothèses évoquées dès le , comme le suicide du romancier[17] ou une intoxication alimentaire, sont donc totalement écartées.

Le commissaire Cornette rend un rapport sur la mort de Zola au préfet de police de Paris dès le 1er octobre. Il conclut à une asphyxie due à un fonctionnement défectueux du conduit de cheminée[2].

Complément d'enquête (octobre 1902)

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Le juge Joseph Bourrouillou ordonne un complément d'enquête afin de s'assurer du caractère accidentel de l'asphyxie. Deux experts en toxicologie, Charles Girard et Jules Ogier, sont mandatés. Il demande également à deux architectes, Henry Bunel et Georges Debrie, une mission d'examen de l'appartement des Zola[2].

Girard et Ogier organisent une reconstitution dans l'appartement, le 8 octobre ; Jules Delahalle doit allumer un feu dans la chambre à coucher, afin de vérifier le fonctionnement de la cheminée ; or, le feu ne prend pas, et la fumée générée est très insuffisante pour provoquer une quelconque asphyxie[2]. Des expériences sont réalisées par les experts dans la chambre, dans le but de reproduire les conditions physico-chimiques ayant provoqué le décès du romancier, mais sans résultat. Les cobayes laissés dans la chambre les et sont retrouvés encore vivants (sauf deux oiseaux) le lendemain matin[5]. Les experts notent qu'un feu avait été allumé en juin, sans que des problèmes ne soient survenus, du fait de l'obstruction éventuelle du conduit de la cheminée. Des expérimentations sont à nouveau réalisées le 11 et le 12 octobre[2].

Dès le 14 octobre, les architectes mandatés mènent leur enquête dans la chambre. Se concentrant sur la cheminée, ils montrent que le conduit est obstrué. Comme un feu avait été allumé en juin, ils déduisent que, pendant l'été, les conditions météorologiques ont conduit à boucher la cheminée[2]. La cheminée se serait bouchée à cause des trépidations de la rue pavée en bois dues aux hippomobiles[18], ou encore du fait de la pluie et du vent[2].

Conclusion de l'enquête (janvier 1903)

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Les experts mandatés par le juge Bourrouillou lui rendent leur rapport. Le juge valide la thèse de l'accident le [19].

Théorie de l'assassinat

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Rumeurs immédiates et manque de volonté des autorités (1902-1921)

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Des théories sur la mort de Zola circulent dès l'annonce de son décès, sans qu'aucune preuve ne soit avancée. En 1921, le commissaire Cornette dit à l'un de ses admis que « Si on avait cherché davantage, on aurait découvert qu'il ne s'agissait peut-être pas tellement d'un accident, mais à ce moment-là, la France sortait à peine de l'affaire Dreyfus » ; or, « l'autorité supérieure ne tenait pas à avoir un autre sujet d'agitation »[2].

Rumeur sur un secret au sujet de la mort de Zola (1940)

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Le 9 avril 1940, L'Action française publie un article de Léon Daudet intitulé « Zola et Céard », dans lequel Daudet indique qu'Henry Céard, ami de Zola, lui avait indiqué durant les années 1920 être seul détenteur d'un secret au sujet de la mort de l'écrivain[2].

Enquêtes journalistiques sur la mort de Zola (1953-1978)

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En , le journal Libération fait paraître une série d'articles à l'occasion du cinquantenaire de la disparition de l'écrivain, titrés « Zola a-t-il été assassiné ? »[20]. Ils sont rédigés par le journaliste Jean Bedel, dont la source est un retraité, Pierre Hacquin, ancien militant de droite qui affirme avoir connu le responsable de la mort de Zola[5]. Hacquin aurait fait la connaissance, dans les années 1920, d'un gérant d'entreprise de fumisterie, dont il ne donne pas le nom ; ce dernier lui aurait confié avoir bouché la cheminée de l'appartement de Zola à l'occasion de travaux de cheminée dans un immeuble voisin. Il aurait affirmé être monté sur le toit le lendemain matin pour déboucher la cheminée et ainsi faire croire à un accident[2]. Le nom de la source de Hacquin n'est pas révélée[2].

Jean Bedel publie un article complémentaire, dans le Quotidien de Paris, le 12 mai 1978, après la mort de Hacquin en 1968, afin de révéler l'identité de celui qui aurait conduit à la mort de Zola[2]. Le gérant de l'entreprise de fumisterie serait Henri Buronfosse, né en 1874, et ramoneur de profession. Hacquin aurait connu Buronfosse dans le cadre d'actions militantes nationalistes. Buronfosse avait été cadre de la Ligue des patriotes, mouvement fondé par Paul Déroulède et inscrit dans la mouvance ayant condamné l'engagement d'Émile Zola dans l'affaire Dreyfus[21].

Alain Pagès, qui a mené une enquête sur Henri Buronfosse, considère que les informations connues à son sujet « rendent vraisemblable le contenu de la confession » de ce dernier. Son nom apparaît en effet dans des publications antidreyfusards et nationalistes ; son parcours professionnel et politique correspondent aux informations relatées par Hacquin, qui, de plus, n'a donné aucun signe de duplicité[2]. Pagès souligne que cette théorie est compatible avec un élément relaté en 2000 par le commissaire Marcel Le Clère dans son livre Enquêtes criminelles : il aurait obtenu d'un marbrier parisien, Paul Jouvensel, des informations sur la mort de Zola[2]. Jouvensel lui aurait indiqué qu'« [a]u début de ce mois de septembre [1902], un locataire de l'immeuble mitoyen aurait demandé l'obturation de sa cheminée dont il ne se servait jamais. Le patron et l'ouvrier qui effectuèrent ce travail se seraient trompés de souche et ne s'en sont jamais vantés »[2]. Jouvensel aurait obtenu ses informations de ses parents, qui vivaient dans l'immeuble jouxtant celui des Zola à l'époque[2].

Zola au Panthéon

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Débats parlementaires

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Dessin sur la une de L'Assiette au beurre du .
Arrestation du journaliste Grégori, qui vient de tirer sur Alfred Dreyfus au Panthéon.

Les cendres de Zola sont transférées au Panthéon le , après une longue et homérique bataille politique[22].

C'est le , peu après l'annulation de la condamnation de Dreyfus par la Cour de cassation, qu'est votée, par 316 voix contre 165 au terme d'une courte discussion, la loi demandant la translation des cendres de Zola au Panthéon. Des sénateurs nationalistes ont en revanche tenté de s'y opposer en obtenant d'abord le report du débat prévu le au puis en tentant de faire rejeter cette loi adoptée grâce à l'autorité de Georges Clemenceau par 155 voix contre 105 le . Dans le contexte encore extrêmement passionnel lié à l'affaire Dreyfus, le débat rebondit en ardeur le quand il s'agit d'accorder les crédits nécessaires au transfert des cendres[23]. Le débat parlementaire est marqué par une violente charge de Maurice Barrès à laquelle répond Jean Jaurès.

Barrès attaque d'entrée : « Messieurs, on nous demande 35 000 francs pour porter Zola au Panthéon. Je crois que nous n'aurons jamais une meilleure occasion de faire des économies. »[24], provoque les radicaux avec « L'homme que vous allez canoniser […] », enchaîne avec son approbation des propos du sénateur René Bérenger qui stigmatisait « un auteur qui a avili son talent par de honteuses et habituelles obscénités » et attaque son œuvre « […] j'ai le droit de constater, ce qui est de toute évidence, qu'il y avait chez M. Zola une préoccupation basse et pornographique. » Pour s'en prendre à l'auteur de J'accuse…!, il taxe Zola d'opportunisme : « Rassasié de succès de librairie, il rêvait de plus vastes triomphes. Il vit, dans une affaire qui se présentait devant lui et qui satisfaisait évidemment ses convictions, l'occasion d'entrer dans la vie active. Il disait : « Je vois la voiture, j'y monte ! », et il engageait ses amis de lettres à y monter avec lui. » De manière surprenante, il fait l'éloge d'Hugo dont la panthéonisation en est encore dans les mémoires, en déclarant que « […] son œuvre immense est un vaste foyer d'enthousiasme. »

Cérémonie de transfert au Panthéon.

Le rapporteur Louis Buyat répond à Barrès sur le prétendu antipatriotisme, expliquant son livre La Débâcle par les mots mêmes de l'auteur : « D'abord, dire la vérité sur l'effroyable catastrophe dont la France a failli mourir. […] Tout en ne cachant rien, j'ai voulu expliquer nos désastres » puis concluant par : « Je tenais à apporter cette citation ; c'est vraiment un moyen facile de venir dénoncer ici Émile Zola comme antipatriote, alors qu'au contraire cette lettre indique sa constante préoccupation d'éviter à son pays les retours de l'histoire. » Jean Jaurès reprend Hugo pour défendre l'unité de l'écrivain et de l'auteur de J'accuse…! : « je dois faire pour l'honneur de l'art lui-même la preuve que nous ne sommes pas des dilettantes et des virtuoses et que la vérité que nous voulions mettre dans notre œuvre, nous voulions la mettre dans notre vie. » Après avoir ironisé sur le surprenant hommage de Barrès à Hugo, maître du romantisme, courant honni par ses amis comme Maurras, Jaurès conclut : « La gloire de Zola, son honneur, de n'avoir pu concevoir l'art à la façon de M. Barrès, comme une sorte d'étang mélancolique et trouble, mais comme un grand fleuve qui emporte avec lui tous les mélanges de la vie, toutes les audaces de la réalité. » Le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, Gaston Doumergue, enfonce le clou et réplique de nouveau à Barrès sur le prétendu opportunisme de Zola en  : « D'après M. Barrès, Émile Zola a vu passer une voiture qui pouvait, croyait-il le conduire à cette popularité et il y est monté. A-t-on oublié — nos souvenirs sont plus précis — qu'à ce moment le nombre de ceux qui avaient pris place dans cette voiture était fort restreint et que celle-ci ne paraissait pas précisément conduire à la popularité ? A-t-il oublié le danger, les périls qu'il y avait à voyager ainsi ? ». Le vote donnera 356 voix pour ce projet de loi contre 164 (chiffre annoncé en séance), le résultat officiel après rectifications étant de 344 contre 144.

Maison Zola-Musée Dreyfus de Médan.

Un grave incident se produit tout à la fin de la cérémonie au Panthéon, puisqu'un journaliste[25] anti-dreyfusard, Louis Grégori, ouvre le feu sur Alfred Dreyfus avec un revolver. Il ne le blesse que légèrement au bras[26].

Aujourd’hui, Émile Zola est considéré comme la figure phare du naturalisme, et comme l’un des plus grands écrivains français de tous les temps avec Victor Hugo. Depuis , sa maison de Médan[27] est devenue un musée : la Maison Zola-Musée Dreyfus bénéficie des labels Musée de France et Maisons des Illustres. Tous les premiers dimanche d’octobre, un pèlerinage est organisé par la Société littéraire des amis d'Émile Zola jusque dans les jardins de la propriété, le premier en initié par le gendre d'Émile Zola, Maurice Le Blond.

Notes et références

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  1. Pagès 2008, p. 325.
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w et x Collectif et Jean-Christian Petitfils, Les énigmes de l'histoire du monde, Place Des Editeurs, (ISBN 978-2-262-10078-0, lire en ligne)
  3. À Alfred Bruneau in Mitterand 2002, p. 785.
  4. Mitterand 2002, p. 795 sq..
  5. a b et c Frédéric Lewino et Gwendoline Dos Santos, « . Zola, son épouse et les chiens sont retrouvés asphyxiés. Accident ou meurtre ? », C'est arrivé aujourd'hui, Le Point, (version du sur Internet Archive).
  6. Mitterand 2002, p. 795. A-t-elle été relevée juste avant le coucher des époux comme le signale le Dr Vibert, repris in Pagès 2008, p. 254–255.
  7. Pagès 2008, p. 255.
  8. Lefebvre-Filleau 2005, p. 145.
  9. Rapport sur le décès d'Émile Zola, par expert chimiste auprès de la Préfecture de police de Paris.
  10. Acte de décès en ligne, archives de Paris, Paris 9e, acte du , no 1326, registre V4E8895, vue no 21.
  11. Alain Pagès et Owen Morgan, Guide Émile Zola, Paris, Ellipses, , 550 p.-16 p. de pl. (ISBN 2-7298-0885-X), p. 164.
  12. André Beaunier, « Émile Zola », Le Figaro, 48e année, 3e série, no 273,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  13. « Mort de M. Zola », La Croix, 23e année, no 5972,‎ (lire en ligne).
  14. Mitterand 2002, p. 803.
  15. Pagès 2008, p. 263.
  16. Extrait du rapport d'autopsie du Dr Vibert.
  17. Thèse reprise par l'ensemble de la presse nationaliste : L'Intransigeant, La Croix, Le Gaulois, La Patrie.
  18. D'après Pagès 2008, p. 265, ce fait est inexpliqué.
  19. Mitterand 2002, p. 801.
  20. Enquête de Jean Bedel dans Libération, 10e année,  :
    • « Zola a-t-il été assassiné ? », Libération, no 2816,‎ , p. 1 et 3 (lire en ligne).
    • « Zola a-t-il été assassiné ? : L'incroyable accident de la rue de Bruxelles », Libération, no 2817,‎ , p. 1 et 8 (lire en ligne).
    • « Zola a-t-il été assassiné ? : “Je connais l'assassin d'Émile Zola” affirme M. Pierre Hacquin qui recueillit l'étonnante confession », Libération, no 2818,‎ , p. 1 et 4 (lire en ligne).
    • « Zola a-t-il été assassiné ? : Un nouveau témoignage », Libération, no 2819,‎ , p. 1 et 4 (lire en ligne).
    • « Zola a-t-il été assassiné ? : “Ils l'ont assassiné !” s'est écriée ma mère en apprenant le décès de Zola, nous déclare le docteur Jacques-Émile Zola », Libération, no 2822,‎ , p. 1 et 6 (lire en ligne).
    • « Zola a-t-il été assassiné ? : L'auteur de “J'accuse” avait été condamné à mort par des fanatiques... en voici la preuve », Libération, no 2823,‎ , p. 4 (lire en ligne).
  21. Pagès 2008, p. 272.
  22. Le , une cérémonie a eu lieu au Panthéon de Paris, présidée par le ministre de la Justice, Élisabeth Guigou, pour le centenaire de la parution dans L'Aurore de la lettre ouverte au président de la République, J’accuse. Deux discours ont été prononcés, par le Premier ministre (discours consultable sur Wikisource) et par le premier président honoraire de la Cour de cassation, Pierre Drai, sur le thème du rôle de la Cour de cassation dans le dénouement de l'affaire Dreyfus. Émile Zola a été choisi comme nom de baptême par la promotion - de l'École nationale d'administration.
  23. Zola au Panthéon 2008, préface d'Alain Pagès, p. 13.
  24. Toutes les citations relatives au débat sur les crédits sont extraites de Zola au Panthéon 2008, « Discussion d'un projet de loi relatif à la translation des cendres d'Émile Zola au Panthéon », p. 19–59.
  25. Spécialiste des questions militaires au journal Le Gaulois.
  26. L'homme est inexplicablement acquitté par la cour d'assises, ce qui ajoute une nouvelle iniquité à l'affaire Dreyfus.
  27. Maison dédiée depuis 1984 au souvenir de l'écrivain : avec Site de la Maison Zola-Musée Dreyfus.

Médiagraphie

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Bibliographie

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Émission radiophonique

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Liens externes

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