Morris Engel

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Morris Engel
Naissance
New York, État de New York
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 86 ans)
New York, État de New York
Profession Photographe
Réalisateur
Films notables Le Petit Fugitif

Morris Engel est un photographe et un réalisateur américain né le à New York (État de New York) et mort le également à New York.

Engel est un pionnier dans l'utilisation de la caméra à l'épaule et d'acteurs non professionnels.

Son naturalisme a influencé de nombreux réalisateurs, et notamment ceux de la Nouvelle Vague[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Morris Engel naît à New York en 1918. Il rejoint la Photo League en 1936, et expose pour la première fois en 1939 à la New School for Social Research[2]. Il travaille un temps comme photographe pour le quotidien PM (en)[2] avant de rejoindre la Navy comme photographe de guerre de 1941 à 1946[2]. Après la guerre, il retourne à New York où il redevient un membre actif de la Photo League.

En 1953, avec son amie la photographe Ruth Orkin et son ancien collègue de PM Raymond Abrashkin, il écrit et réalise Le Petit Fugitif pour 30 000 dollars, en tournant en milieu naturel avec une petite caméra 35 mm. Le film, une des premiers films indépendants américains à voir du succès, est nommé pour l'Oscar de la meilleure histoire originale et reçoit le Lion d'argent à la Mostra de Venise.

Malgré ce succès critique, Engel et Orkin, désormais mariés[3], eurent beaucoup de mal à trouver le financement de leur film suivant, Lovers and Lollipops (en)[4].

Contrairement aux films précédents dont le son avait dû être réenregistré, leur troisième film, Weddings and Babies (en), sera le premier film de fiction fait avec une caméra 35 mm portable équipée pour un son synchronisé[5].

Dans les années 1960, Engel réalise un certain nombre de publicités pour la télévision[3]. Il réalise un dernier film, I Need a Ride to California, à propos d'un groupe de hippies à Greenwich Village, qui ne sera pas distribué[3]

Influences[modifier | modifier le code]

Engel et Orkin occupent une place particulière dans le cinéma indépendant des années 1950. Leur travail a influencé John Cassavetes, Martin Scorsese et François Truffaut[1],[4],[6].

Dans son ouvrage Cassavetes on Cassavetes[7], le biographe Raymond Carney indique que Cassavetes connaissait le travail des réalisateurs indépendants basés à New York et aimait particulièrement les trois films d'Engel.

Truffaut s'est inspiré du style particulier du Petit Fugitif pour Les Quatre Cents Coups, il l'a d'ailleurs indiqué dans une interview au magazine The New Yorker[8] : « Notre Nouvelle Vague n’aurait jamais eu lieu si le jeune Américain Morris Engel ne nous avait pas montré la voie de la production indépendante avec son beau film, Le Petit Fugitif. »

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Geoff King, American independent cinema, I.B.Tauris, (ISBN 9781850439387), PP. 108-109.
  2. a, b et c (en) « In Remembrance: Morris Engel » (consulté le 24 septembre 2015).
  3. a, b et c (en) « Biography: Morris Engel (1918 – 2005) » (consulté le 24 septembre 2015).
  4. a et b (en) Gary Morris, « Poets of Everyday Life: Morris Engel and Ruth Orkin », (consulté le 24 septembre 2015).
  5. (en) Jack C. Ellis et Betsy A. McLane, A New History of Documentary Film, Continuum International Publishing Group, (ISBN 9780826417503), pp. 209-210.
  6. (en) Dave Kehr, « Morris Engel, 86, a Pioneer in Independent Film, Dies », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  7. (en) Raymond Carney, Cassavetes on Cassavetes, Londres, Faber, (ISBN 9780571201570), pp. 59-60.
  8. citée par Olivier Bailly, dans Cinéma : « Le Petit fugitif », grand frère américain de la Nouvelle vague, consulté le 24 septembre 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]