Morphoscopie

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C'est en 1880 avec les travaux originaux du géologue britannique Henry Clifton Sorby, que les grains de sable commencent à livrer leurs secrets et se fonde la base de la morphoscopie.

Quarante ans plus tard, Lucien Cayeux (1864-1944) donne l'élan à la pétrographie sédimentaire et, en 1929, propose une classification des grains de sable en fonction de leur milieu de dépôt.

Mais ces méthodes demeurent imprécises, et il faut attendre 1942 pour que, grâce à André Cailleux, naisse la morphoscopie ; celle-ci peut être définie comme la détermination statistique des différents types de grains de quartz dans les dépôts sableux.

La morphoscopie, toujours en usage actuellement, consiste à trier par tamisage les principales fractions granulométriques d’un sédiment, puis à classer les grains par observation à la loupe binoculaire (grandissements de 5 fois à 80 fois) pour tenter de déterminer les milieux de dépôt de ceux-ci. Ce classement tient compte de deux critères :

  • la forme des grains ;
  • leur aspect de surface.

A. Cailleux aboutit ainsi à trois catégories principales de grains : les « Non-Usés » (dits « NU »), les « Emoussés-Luisants » (dits « EL ») et les « Ronds-Mats » (dits « RM »).

Les grains « Non-Usés »[modifier | modifier le code]

Ces grains n'ont subi aucun usure (dont les cassures sont fraîches).Leur aspect est toujours anguleux.Ils caractérisent les arènes, les transports dans des cours d’eau douce sur de très faibles distances, les dépôts glaciaires, etc.

Les grains « Emoussés-Luisants »[modifier | modifier le code]

Les « EL » présentent une dominance d’arêtes arrondies et peuvent parfois acquérir la forme de sphères presque parfaites. Leur aspect de surface est toujours très poli, brillant, luisant sous l’éclairage de la loupe binoculaire. Ils sont caractéristiques de longs transports en milieux aquatiques continentaux (rivières, fleuves), ou d’évolutions en milieux marins (plateau continental, plages, etc.).

Les grains « Ronds-Mats »[modifier | modifier le code]

Les « RM », comme leur nom l’indique, ont une morphologie générale sub-sphérique pouvant parfois atteindre celle d’une sphère parfaite. Leur aspect de surface est toujours dépoli et mat. Ils sont caractéristiques d’une évolution en milieu éolien (transport par le vent), et essentiellement trouvés sur les dunes littorales et dans certains environnements désertiques.

La morphoscopie fut durant trente ans la seule méthode pour les sédimentologues d’approcher la détermination de l’histoire sédimentaire des grains de quartz. Grâce à elle, on pouvait établir des comparaisons entre des échantillons, et d’avoir une idée de leur milieu de dépôt.

Mais, selon A. Cailleux lui-même, la morphoscopie ne permettait pas dans la majeure partie des cas de déterminer leur histoire ancienne en cas de reprise sédimentaire, et les NU ne pouvaient être interprétés avec précision.

La mise au point de l'exoscopie par Loic Le Ribault en 1973 permit de lever ces obstacles et d'approfondir la lecture de la « mémoire des grains de sable » grâce à l'utilisation du microscope électronique à balayage.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Cailleux, Les actions éoliennes périglaciaires en Europe, Mémoire de la société Géologique de France, XXI, 1942, fasc. 1-2, 176 pages.
  • André Cailleux, J. Tricart, Initiation à l’étude des sables et des galets, Centre Doc. Univers., 1959, 3 tomes, 376 pages.
  • Lucien Cayeux, Les roches sédimentaires en France. Roches siliceuses. Mém. Carte Géol. France, Imprimerie Nationale, Paris, 1929.