Mormonisme et judaïsme

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Les membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours se disent de la Maison d'Israël soit descendants directs, soit par adoption. En tant que tel, le judaïsme est à la base de l'histoire du mormonisme. Les Juifs sont considérés comme un peuple de l'alliance de Dieu, tenu en haute estime et respectés dans la foi mormone. L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est par conséquent très philosémite dans sa doctrine.

Du point de vue de la communauté juive, les croyances mormones concernant leur appartenance à la Maison d'Israël sont généralement rejetées tant du point de vue théologique que culturel.

Le concept de revendication d’appartenance à la Maison d'Israël produit divers problèmes interconfessionnels. Bien que des conflits existent, les relations atteignent rarement, voire jamais l'antisémitisme ou l’anti-mormonisme.

Origine[modifier | modifier le code]

Le mormonisme se considère comme une religion chrétienne dans laquelle Jésus est le Messie promis et le fils de Dieu. Les saints des derniers jours croient en la nécessité d’un prosélytisme auprès des non croyants par le biais d'un programme missionnaire actif. Le judaïsme ne reconnaît pas Jésus de Nazareth comme le Messie et le processus actif de prosélytisme parmi le peuple juif est rejeté.

Il y a des similitudes entre les deux groupes incluant, sans limitation :

  • l'accent mis sur la famille et l'utilisation de l'unité familiale en tant que fondement de la vie religieuse et la transmission des valeurs,
  • les deux groupes insistent sur le fait que la religion fait partie de la vie quotidienne,
  • les deux groupes ont opposé dans le passé le mariage en dehors de leur communauté de foi respectives,
  • les deux ont des règles et des restrictions alimentaires, bien que chaque source dans les idéologies et les traditions diffèrent
  • les deux soulignent l'importance du jour de Sabbat et de son observance.

Revendication mormone comme descendance de la Maison d'Israël[modifier | modifier le code]

Les mormons se considèrent comme descendants des patriarches bibliques Abraham, Isaac et Jacob (également connu sous le nom de «Israël») ou adoptés dans la Maison d'Israël, et les mormons contemporains utilisent les termes "Maison d'Israël" et « Maison de Joseph » pour faire référence à eux-mêmes.

Le Livre de Mormon raconte l'histoire d'une famille de la tribu de Manassé qui a émigré de Jérusalem vers un endroit inconnu en Amérique. Selon la doctrine mormone, cette migration accomplit la prophétie de Jacob à son fils, Joseph: «Joseph est le rejeton d’un arbre fertile ; le rejeton d’un arbre fertile, près d’une source ; les branches s’élèvent au-dessus de la muraille» : Genèse 49:22. Il parle également d’un groupe de la tribu de Juda qui est également parti vers les Amériques, après la capture à Babylone vers 600 ans avant JC.

La position officielle des saints des derniers jours est que ceux qui ont accepté le mormonisme sont originaires de la Maison de Joseph. Les membres de l’Église croient qu'ils sont membres de l'une des tribus d’Israël, soit par la lignée de sang ou par adoption lorsqu’il n'est pas un descendant littéral de Jacob, aussi nommée ‘Israël’. Les saints des derniers jours estiment que toutes les tribus existent au sein de leur groupe, mais pas toutes les tribus dans chaque pays. Éphraïm et Manassé sont de loin les deux plus grandes tribus de l'Église LDS. Certains patriarches saints des derniers jours croient que le seul pays où la plupart des tribus, hormis la tribu de Zabulon, coexistent est la Mongolie[1].

L’affiliation tribale n’est pas sujet abordé couramment dans la vie quotidienne des saints des derniers jours. Elle est partagée uniquement avec la famille immédiate.

Dans la culture juive moderne, en revanche, il est généralement admis que la connaissance de l'appartenance tribale individuelle a été perdue dans l'antiquité (bien que les mormons prétendent le contraire), sauf dans le cas des Lévites et les Cohens où cette connaissance est utile à la pratique religieuse. Quelques familles juives, cependant, conservent des traditions familiales provenant de certaines tribus. Le Grand Rabbin séfarade d'Israël a reconnu le Beta Israël d'Éthiopie comme tribu de Dan, et le Bene Menashe d'Inde comme tribu de Manassé. Le Bene Israël d'Inde et la tribu Lemba d'Afrique se réclament de Cohanim - selon un rapport gouvernemental, ces revendications sont soutenues par des analyses ADN[2].

La position des Juifs à l'égard de mormons est similaire aux sentiments des Juifs envers les chrétiens. Alors qu’une coexistence pacifique est vivement souhaitée, les tentatives de conversion sont considérées comme inappropriées et indésirables[3]. Les Juifs, en général, n’acceptent pas les revendications des mormons en ce qui concerne l'ascendance ou l'appartenance des mormons à la tribu de l’Israël ancienne.

Symboles juifs dans le mormonisme[modifier | modifier le code]

Détail de l’Assembly Hall à Salt Lake

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours compte parmi ses symboles traditionnels, l’étoile de David qui a été en usage chez les Juifs au moins depuis le XIIIe siècle[4]. Pour l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, elle représente, entre autres, l’alliance divine Israélite, le rassemblement d’Israël, les affinités avec les juifs, et est représentée dans le vitrail de fronton du Salt Lake Assembly Hall.

Les mormons et les juifs[modifier | modifier le code]

Les saints des derniers jours font valoir une coexistence pacifique avec le peuple juif qu’ils reconnaissent tout simplement comme des Israélites qui n'ont jamais perdu la connaissance qu’ils sont Israélites. L'Église est par conséquent très philosémite par doctrine et le peuple juif est généralement tenu en haute estime, considérés comme un peuple de l'alliance de Dieu.

Les lieux de culte des saints des derniers jours sont fréquemment offerts aux Juifs pour des rites religieux ou fêtes ((Fact | date = Février 2007)). Cependant, selon l'interprétation orthodoxe de la loi juive, il est interdit à un Juif d’entrer dans le lieu de culte d’une autre religion[5].

Juifs en Utah[modifier | modifier le code]

Le premier cimetière juif de Salt Lake City se trouve sur un terrain offert par l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et le premier temple réformé à Salt Lake a été financé par l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Le quatrième gouverneur d'Utah, Simon Bamberger est Juif. Les publications antisémites dénonçant Bamberger et exagérant son nez ont été dénoncées par les dirigeants de l'Église à l'époque. B. H. Roberts, homme politique et dirigeant mormon, appuya sans réserve la campagne de Bamberger.

Baptême pour les morts[modifier | modifier le code]

Une longue pratique de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours est de baptiser par procuration leurs ancêtres, de lignée directe ou collatérale. Cela résulte de la conviction des saints des derniers jours que tous les individus doivent recevoir toutes les ordonnances (sacrements) pour atteindre l'exaltation. En vertu de la théologie mormone, une personne ne devient pas automatiquement membre de l’Église par l’accomplissement de l’ordonnance du baptême pour les morts et autres ordonnances du temple, mais donne le choix à cette personne (ayant une vie après la vie) d'accepter ou de rejeter les ordonnances accomplies en son nom. Les mormons croient qu'ils n’ont ni le droit ni le pouvoir de contraindre une personne décédée à accepter les ordonnances ou de changer d'appartenance religieuse contre son gré. De temps en temps, et contrairement aux principes de l'Église, des généalogistes saints des derniers jours zélés ont soumis les noms de personnalités éminentes, y compris des victimes juives de l’Holocauste. Les principes officiels de l’Église prévoient que les membres de l’Église soumettent les noms de leur propre famille pour ces ordonnances et obtiennent l’autorisation des plus proches parents pour ‘’tout’’ baptême accompli pour les personnes décédées depuis moins de 95 ans[6].

Cependant, certains baptêmes ont été accomplis pour des victimes de l'Holocauste sans approbation ou autorisation. Lorsque cette information est devenue publique, s’en sont suivies des critiques de groupes juifs envers l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, estimant ce rituel insultant et insensé (tenter de communiquer avec les morts est interdit en vertu de la loi juive, comme l'un des 613 commandements de base). En 1995, en partie à cause de la pression publique, les dirigeants de l'Église ont promis de mettre en place de nouvelles méthodes permettant d’y mettre fin, sauf si l’ordonnance est expressément demandée ou approuvée par les parents des victimes[7].

Fin 2002, il s’avéra que des membres de l'Église n'avaient pas cessé cette pratique en dépit des directives des dirigeants de l'Église à ses membres et les critiques de la part de groupes juifs ont recommencé. Le Centre Simon-Wiesenthal de Los Angeles s’est opposé au baptême pour les morts des victimes de l'Holocauste. Rabbi Marvin Hier du Centre, a déclaré: "Si ces personnes ne contactent pas les mormons par eux-mêmes, l’adage devraient être : ‘Ne m’appelez pas, je vous appellerai’. Avec le plus grand respect pour eux, nous ne pensons pas qu’ils sont les arbitres exclusifs du salut. Récemment, les dirigeants de l’Église ont récemment convenu de se réunir avec les dirigeants de la World Gathering of Jewish Holocaust Survivors.

En décembre 2002, une universitaire indépendante Helen Radkey a publié un rapport montrant que la promesse faite par l'Église de 1995 de retirer les victimes juives des nazis de son ‘International Genealogical Index’ n'était pas suffisante. Sa recherche dans la base de donnée de l'Église a fait apparaître environ 19.000 noms ayant 40 à 50 % de chance d'être «potentiellement victimes de l'Holocauste ... en Russie, Pologne, France et Autriche ».

Le généalogiste Bernard Kouchel a mené une recherche dans l'International Genealogical Index et a découvert que beaucoup de juifs connus ont été baptisés par procuration, y compris Rachi, Maïmonide, Albert Einstein, Menahem Begin, Irving Berlin, Marc Chagall et Gilda Radner. Certaines autorisations ont pu être obtenues mais il n'existe actuellement aucun système en place permettant de vérifier que ces autorisations ont été obtenues, ce qui a mécontenté plusieurs communautés religieuses et culturelles.

En 2004, Schelly Talalay Dardashti, chroniqueur pour la généalogie juive au Jerusalem Post a noté que des Juifs, même ceux qui n'ont pas de descendants mormons, ont été rebaptisés après avoir été retiré des listes. Dans une interview, D. Todd Christoffersen, un officiel de l’Église, a déclaré au New York Times qu'il n'est pas possible pour l'Église de suivre en permanence les archives et de veiller à ce qu'aucun nouveau nom juif n’y figure. L'accord mentionné ci-dessus n’inclut pas ce type de responsabilité de la part de la direction de l’Église.

Le 11 avril 2005, juifs et mormons se sont rencontrés et ont créé un comité mixte juifs/mormons dans le but de prévenir de futurs problèmes. Le comité s'est réuni en juin 2005. Lors de la réunion, les représentants mormons rappelèrent la pratique de l’Église disant que toute personne mormone pourrait baptiser de façon posthume tout parent, quel que soit le lien de parenté y compris des parents juifs. Les représentants juifs rappelèrent que l'accord de 1995 limite le baptême posthume de Juifs aux ancêtres directs. Les représentants mormons ont déclaré qu'ils ne changeraient pas la politique de l’Église. Cette position a été confirmée par la suite par les dirigeants de l'Église[8],[9].

Cependant, les règles pour la préparation de noms d’ancêtres décédés pour les ordonnances du temple et concernant les victimes de l’Holocauste juif, sont : « les membres ne peuvent pas accomplir les ordonnances pour ces personnes sauf dans les conditions suivantes :

  • ils sont membres de la famille immédiate du décédé (parents, conjoint ou enfants) ou,
  • ils ont l’autorisation de tous les membres de la famille immédiate ou,
  • ils ont l’autorisation du parent le plus proche si aucun membre de la famille immédiate n’est en vie. » [10]

Les mormons et l’État d’Israël[modifier | modifier le code]

Les mormons, généralement, mais pas exclusivement, sont en grande partie pro-Israël. Les mormons, ainsi que de nombreux Juifs, sont également en faveur de la coexistence pacifique entre Juifs et non-Juifs (musulmans et/ou chrétiens) arabes en Terre Sainte. Les saints des derniers jours considèrent que les Arabes non-juifs sont des enfants d’Abraham.

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a deux congrégations en Israël : la branche de Galilée Tibériade et la branche Jérusalem à Jérusalem. Les saints des derniers jours en Israël tiennent leurs réunions de culte le samedi, jour de sabbat juif[11].

Les mormons ne font pas de prosélytisme dans la région. Il existe des restrictions légales en Israël sur cette question.

Les descendants des Israélites pouvant prétendre à cette descendance (génétiquement ou religieusement, y compris, dans certains cas de juifs qui ne sont pas eux-mêmes juifs) sont autorisés par le gouvernement israélien à immigrer en Israël en vertu de la Loi du Retour. Les revendications théologiques mormones de descendance ne sont pas considérées comme base suffisantes pour l’immigration en vertu de la Loi du Retour (Voir Opération Moïse, Lemba)

L’Université Brigham Young a un centre d'études à Jérusalem. Sa création a été initialement contestée par les Haredims, groupes de juifs qui protesta, en dépit des affirmations mormones, que ce serait un centre d’activités de prosélytisme, affirmation rapidement délaissée. Les cours au centre, attirant les étudiants de BYU aux États-Unis, ont été (au moins temporairement) suspendus en raison de la situation sécuritaire[12].

Mentions de Juifs dans la littérature mormone[modifier | modifier le code]

Enseignements scripturaux sur les Juifs et la Maison d’Israël[modifier | modifier le code]

Le Livre de Mormon, Écritures des Saints des Derniers Jours, dans sa page de titre indique que son but est de "convaincre les Juifs et les Gentils que Jésus est le Christ." Toutefois, il contient une condamnation de l'antisémitisme: ’’Oui, et vous n’aurez plus lieu de siffler, ni de traiter avec mépris, ni de tourner en dérision les Juifs, ni personne parmi le reste de la maison d’Israël ; car voici, le Seigneur se souvient de son alliance avec eux, et il leur fera selon ce qu’il a juré’’[13] Doctrine et Alliances, ouvrage canonique de Joseph Smith et d'autres dirigeants mormons, contient des prophéties concernant le retour des Juifs en terre d'Israël:’’et que les enfants de Juda commencent à retourner dans les terres que tu as données à Abraham, leur père’’ [14] En outre, il précise : ’’Et que ceux qui sont de Juda s’enfuient à Jérusalem, à la montagne de la maison du Seigneur. Sortez d’entre les nations, oui, de Babylone, qui est la Babylone spirituelle’’[15].

Le Livre de Mormon invite également les Juifs au repentir et a accepter Jésus-Christ, mais il souligne aussi que les Juifs restent le peuple choisi par le Seigneur avec qui il a fait une alliance

Autre littérature mormone[modifier | modifier le code]

En 1982, l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a publié un livre intitulé Le Messie millénaire par Bruce R. McConkie. Le livre consacre un chapitre entier aux "Juifs et la Seconde Venue". Il déclare: "Laissez ce fait être gravé dans les registres éternels avec une plume d'acier : les Juifs sont maudits, et frappés, et maudits de nouveau car ils ont rejeté l'Evangile, chassé leur Messie et crucifié leur Roi."

McConkie poursuit en indiquant :

"Laissez les ignorants spirituels supposer ce qu’ils peuvent, ce fut le refus et le rejet par les Juifs du Saint d'Israël, dont leurs pères adoraient la beauté et la sainteté, qui a fait d’eux un synonyme de mépris dans toutes les nations et qui a pris des millions de leur fils et filles justes dans d’inopportunes tombes". (une référence à l'Holocauste)[16].

McConkie cite les Écritures mormones à l'appui de ses déclarations: « Que dit la parole sainte ?  : « Quant à ceux qui sont à Jérusalem, dit le prophète, ils seront flagellés par tous les peuples, parce qu’ils crucifient le Dieu d’Israël et détournent leur cœur, rejetant les signes et les prodiges, et la puissance et la gloire du Dieu d’Israël. Et parce qu’ils détournent leur cœur, dit le prophète, et ont méprisé le Saint d’Israël, ils erreront dans la chair et périront, et deviendront un sujet de fable et de risée, et seront haïs parmi toutes les nations’ (1 Ne. 19:13-14; 2 Ne. 6:9-11.) . Telle est la parole prophétique de Néphi »

Comparaison entre mormonisme et judaïsme[modifier | modifier le code]

Nature de Dieu[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Bien que le monothéisme soit un principe fondamental du judaïsme, la religion juive est née et a été codifiée à une époque où le polythéisme et l'idolâtrie étaient la norme. Dans les religions polythéistes, on attribue généralement aux dieux des corps humain ou humain/animal (notamment le sexe et la race), des relations familiales, des défaillances humaines (y compris de luttes familiales, de jalousie, de vengeance, et tout un ensemble de traits négatifs de l'homme). Ce fut le rejet de cette croyance, ainsi que du rejet de l'idolâtrie qui sépara le judaïsme de ses voisins du monde antique. Une conviction de base du judaïsme, comme le rappelle la prière quotidienne Chema Israël est que Dieu est unique. En outre, le judaïsme n’admet pas que la divinité a une forme humaine - Dieu n'a jamais été et ne sera pas, un être humain[17].

Mormonisme[modifier | modifier le code]

La théologie mormone affirme que Dieu le Père (le Père céleste), Jésus-Christ (son Fils), et le Saint-Esprit sont trois personnages distincts, formant ensemble la Divinité, unis de cœur dans un but unique (Jean 17:21-23). Dieu le Père et Jésus-Christ ont des corps de chair et d’os tangibles et parfaits. Les hommes sont littéralement les enfants d'un Père qui est dans les cieux et, grâce à l’expiation de Jésus-Christ, peuvent retourner à lui et être cohéritiers avec le Christ de tout ce que le Père possède (Romains 8:17).

Jésus[modifier | modifier le code]

Nature de Jésus[modifier | modifier le code]

Jésus de Nazareth n'est pas mentionné dans les annales juives de l'époque et aucune pratique religieuse juive ne connaît ou reconnaît Jésus comme personnage divin. De nos jours, la responsa dans le judaïsme à propos de Jésus a deux thèmes : la question de la divinité et la question de la Moshiach (mot juif pour Messie). En ce qui concerne la divinité de Jésus, un principe fondamental du judaïsme, c'est que Dieu est unique, donc une trinité de personnes, même prétendument divine, n'a pas sa place dans la croyance juive. Les Juifs ne croient pas non plus que Dieu puisse avoir une manifestation physique. Par conséquent, Dieu ne peut pas avoir les aspects d'un corps physique, comme la race ou le sexe, l'idée que Dieu pourrait avoir un corps physique, "engendrant" des enfants est donc absurde pour eux. En outre, les juifs croient que Dieu doit être approché directement, sans intermédiaire. Agir autrement est considéré comme hérétique[18]..

En ce qui concerne la question de Jésus en tant que Messie, il y a eu beaucoup de prétendants au titre dans l'histoire juive et aucun n'est considéré comme ayant rempli les exigences de ce rôle. Jésus, dont certains remettent même en cause l'existence[19], n’est pas considéré différemment des autres. Ce qu’un juif pense de Jésus va de : "n’a jamais existé", "inopportun", "vraiment Mithra," à "Jésus n'a jamais prétendu être un messie ou un prophète." [20],[21]

Selon la croyance mormone, Jésus-Christ est le seul Fils engendré de Dieu le Père. Les saints des derniers jours identifient Jésus au Jéhovah de l’Ancien Testament (non pas Dieu le Père), ce qui implique que l’alliance éternelle des Juifs avec Jéhovah était en fait avec Jésus. En raison de la souffrance du Christ, de sa mort et sa résurrection, l'ensemble de l'humanité est sauvée de la mort, ressuscitera et recevra un corps physique. En outre, l’expiation satisfait aux exigences de la justice. La grâce, le pardon et la miséricorde (c'est-à-dire le salut) sont étendus à tous ceux qui acceptent le Christ comme leur Sauveur personnel et deviennent ses disciples toute leur vie. Un disciple du Christ suit ses enseignements dans l'humilité, la foi, l'espérance, l'amour, la charité et la reconnaissance.

Il est à noter que dans les croyances des saints des derniers jours, l’expiation bénéficie à tous ceux qui font de leur mieux pour être bons (y compris les juifs, les bouddhistes, etc), voire de sauver les esprits des maux de l'enfer. Le type de récompense qu'ils reçoivent, cependant, dépend de leur niveau d'acceptation et d'obéissance.

Jésus-Christ, fondement de la différence irréductible[modifier | modifier le code]

Les chrétiens, malgré de grandes différences entre les uns et les autres, vénèrent Jésus et les mormons ne font pas exception à cette règle. De leur côté, les juifs n’accordent à Jésus aucun rôle dans leur religion (contrairement aux musulmans qui respectent Jésus comme Prophète mais pas comme Fils de Dieu). (Les Juifs messianiques se disent eux-mêmes Juifs qui vénèrent Jésus comme Dieu mais ne sont pas acceptés par tous les juifs en tant que confession juive.)

En effet, la reconnaissance du rôle de Jésus a été l'un des principaux points de scission entre christianisme et judaïsme, et la non-reconnaissance de Jésus comme messie par les juifs a été réaffirmée au cours des siècles où les communautés juives vivant dans des sociétés chrétiennes subirent une forte pression sociale pour les amener à le reconnaître avec, trop souvent, recours à la force brutale.

Du point de vue des juifs, l’exhortation en page d’introduction du Livre de Mormon affirmant que son objectif est de "convaincre le Juif et le Gentil que Jésus est le Christ" est interprété comme un appel aux Juifs de cesser d'être Juifs et d'abandonner leur identité, bien que ce point de vue soit éloigné de la façon dont les mormons (ou chrétiens d’autres confessions) considèrent la question.

La plupart des Juifs considèrent la judéité et la reconnaissance de Jésus comme totalement incompatibles et le nom du groupe "Juifs pour Jésus" est pour l'écrasante majorité des juifs un oxymore. Bien que de tels groupes soient actifs en Israël, la Cour suprême de ce pays a rejeté la reconnaissance de leurs membres en tant que Juifs. Le tribunal a statué qu'une personne qui accorde un rôle à Jésus dans sa croyance religieuse doit être in facto considérée comme chrétienne plutôt que juive. Il n’en reste pas moins qu’une telle personne est née juive et pratique tous les commandements religieux du judaïsme sans exception et considère Jésus comme le Messie sans lui attribuer aucune forme de divinité.

Ce point fondamental semble être une différence irréductible entre les Juifs et les mormons (entre les juifs et les chrétiens en général) qui sont cependant bien disposés les uns envers les autres et n’exclut pas la possibilité de bonnes et harmonieuses relations entre les deux communautés. Cela est évident, par exemple, dans le dialogue entre Juifs et catholiques au cours des dernières décennies. Ce dialogue, réussi dans une large mesure, nécessite de surmonter l'héritage amer de nombreuses persécutions des Juifs par les catholiques, par exemple lors des croisades et de l’Inquisition. Un tel héritage est bien sûr totalement absent dans le cas des relations judéo-mormones.

Idoles[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Le judaïsme interdit expressément l’idolâtrie sous aucune forme, considérant qu'il s'agit d'une violation du premier des Dix Commandements. Parmi les juifs pratiquants, cela va jusqu’à l'interdiction de toute représentation du corps humain, en particulier dans un contexte religieux.

Mormonisme[modifier | modifier le code]

Comme dans le judaïsme, les saints des derniers jours n’ont pas de crucifix et ne permettent pas d’idoles ou de statues dans leurs lieux de cultes. Une exception est faite pour les statues d'un ange soufflant de la trompette, communément identifiés comme l’ange Moroni, placées sur la plus haute tour d'un grand nombre de temples de l'Église de Jésus-Christ des Derniers Saints jours, face à l'est. Les saints des derniers jours sont convaincus que dans la nuit du 21 septembre 1823, Moroni est apparu à Joseph Smith, qui deviendra plus tard le fondateur du mormonisme, et lui parla des plaques d’or enterrées dans la colline située à quelques miles de la maison des Smith.

Un profil de la même statue (Moroni) apparaît sur la couverture de certaines éditions du Livre de Mormon parce que l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours identifie l'ange Moroni à l’ange du Livre de l'Apocalypse 14:6, qui dit "Et je vis un autre ange qui volait au milieu du ciel, il avait un Évangile éternel pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toutes nations, tribus, langues, et peuples. "Le symbole de l’ange Moroni ou d'une étoile de David, portés sur soi sont également considérés comme acceptables. Des colliers, pins et bijoux sont disponibles à Deseret Book, une librairie appartenant à l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. En outre, des centres de visiteurs appartenant à l'Église, non utilisés pour le culte, possèdent également des statues du Christ.

Prophéties et Messies[modifier | modifier le code]

Le temple de Laie Hawaï est le cinquième plus ancien temple mormon dans le monde. Il est aussi l’un des trois temples conçus pour ressembler au Temple de Salomon dans les Écritures

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Le judaïsme considère que les prophéties ont temporairement cessé après la mort de Malachie[22], et seront restaurées avec l'ère messianique.

Selon le judaïsme, le Messie est un membre de la Maison de David qui reconstruira le Temple juif et apportera une longue période de paix, la moralité et la prospérité pour toutes les nations. Cette période conduirait à la résurrection des morts à la "fin des jours".

Mormonisme[modifier | modifier le code]

Les saints des derniers jours croient que Joseph Smith a restauré les prophéties sur la terre après la grande apostasie. Ainsi, ils estiment que Joseph Smith était un prophète.

Les mormons croient que, lors de la dédicace du temple de Kirtland (le dimanche de Pâques du 3 avril 1836), Jésus, Moïse, Élie, et Elias sont apparus à Joseph Smith et Oliver Cowdery et ont rétabli l'Evangile. Ils concédèrent à Joseph et Oliver les clés du rassemblement d'Israël des quatre coins de la terre, la direction des dix tribus du nord, les clefs du ministère de la dispensation d'Abraham et les clés du pouvoir de scellement (D&A 110:3,4,7)

Temples[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Le Temple de Salomon contenait l’Arche de l’Alliance dans une salle du temple dénommée le Saint des Saints. Le Grand Prêtre entrait une fois par an (pour le Yom Kippour) dans cette salle où se trouverait le Shekhina (la présence de Dieu).

Mormonisme[modifier | modifier le code]

Le Temple de Salt Lake de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours contient un Saint des Saints dans lequel le Président de l’Église, agissant en tant que Président des Grands Prêtres, entre pour établir une relation entre la Haute Prêtrise d'Israël et Dieu le Père, conformément à leur l'interprétation du Livre de l'Exode (Exode 5:22, version du Roi Jacques)[23] Par conséquent, ce Saint des Saints est une version moderne du sanctuaire intérieur du Tabernacle et du Temple de Jérusalem.

Sur les 128 temples de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours utilisés aujourd’hui, seul le Temple de Salt Lake possède un Saint des Saints. Avant l'achèvement du Temple de Salt Lake en 1893, le Temple de Manti, en Utah, abritait un Saint des Saints à l’usage du Président de l'Église. Cette salle existe toujours dans le Temple de Manti mais elle est maintenant utilisée comme salle de scellement des mariages éternels.

Les saints des derniers jours croient que les Juifs reconstruiront un jour un temple de Jérusalem et qu’ils restaureront la pratique des rituels de la loi de Moïse à l'intérieur de ce temple[24].

Prêtrise et clergé[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Voir aussi en:Y-chromosomal Aaron

Le Judaïsme estime que les descendants littéraux d’Aaron de sexe masculin sont Kohanim ou prêtres. En outre, d'autres descendants mâles littéraux de Levi sont Leviim, membres de la tribu des hébreux de Lévi qui forment un autre ordre de la prêtrise. Les Kohanim et les Leviim ont des droits et des obligations religieuses, et (dans le cas des Kohanim) des restrictions. La fille d'un Kohen (une bat-Kohen) a aussi des droits et des restrictions spécifiques, mais ne transmets pas son statut de Kohen à sa descendance (à moins que leur père soit aussi un Kohen). Le judaïsme ne reconnaît pas d'autres formes de prêtrise.

Les rabbins ne sont pas (nécessairement) Kohanim ; ils sont plutôt des Juifs qui ont étudié le droit et la pratique juive. Bien que pas nécessaire, il est typique pour une congrégation d'avoir au moins un rabbin. Il est caractéristique pour les rabbins d'agir comme le font les chefs spirituels dans les autres religions, donnant un sermon hebdomadaire, officiant à l'occasion de mariages et autres événements de la vie, en visitant les malades, etc. Cependant, la fonction la plus importante d’un rabbin dans la congrégation est l'interprétation et l'enseignement de la loi juive.

La formation pour devenir rabbin inclut une solide éducation dans la loi et la pratique juive et peut également inclure l'étude de l'histoire et la philosophie juive. En général, une congrégation recrutera un rabbin après avoir examiné les demandes et en ayant des entretiens avec plusieurs candidats. Il n'y a pas de corps central qui assigne un rabbin à une congrégation. Le judaïsme orthodoxe n’accepte que des hommes comme rabbins. Le Judaïsme réformé a ordonné sa première femme rabbin en 1972, le judaisme reconstructionniste en 1974 et le Judaisme conservateur en 1985. Les mouvements de réforme et de reconstructionnisme acceptent ouvertement les rabbins homosexuels et les lesbiennes[25],[26],[27],[28].

En décembre 2006, le judaisme conservateur (généralement plus conservateur que les mouvements réformé ou reconstructionniste) évolua en autorisant les congrégations de choisir elles-mêmes d'accepter ou non des rabbins gais et lesbiennes et des cérémonies d'engagement de personnes de même sexe[29]. Il n'y a pas de restrictions dans aucune des branches du judaïsme à l'égard de la race ou l'ascendance[30].

Mormonisme[modifier | modifier le code]

Voir aussi Prêtrise d’Aaron, Prêtrise de Melchisédek, Bénédiction patriarcale
Rencontre d’Abraham et de Melchizedek — par Dieric Bouts, 1464–67

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours accorde le droit de Cohanim pour constituer l’Épiscopat Président sous la direction de la Première Présidence (Doctrine et Alliances 68). Lorsque les saints des derniers jours Kohanim ne sont pas disponibles, la prêtrise de Melchisédek s’y substitue. À ce jour, tous les hommes ayant servi en tant qu’Évêque Président détenaient la prêtrise de Melchisédek et aucun n'a été officiellement identifié comme Kohenim.

Les ordonnances de la Prêtrise sont la Prêtrise d’Aaron ou Lévitique (Cohanim), selon le modèle de la Prêtrise d’Aaron le Lévite, premier grand prêtre des Hébreux, et ses descendants Cohen, et la prêtrise de Melchisédek selon le modèle de l'autorité du prophète Melchizedek. L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours ne reconnaît pas un ordre patriarcale de prêtrise distinct de la prêtrise de Melchisédek et estime que le Patriarche et la Prêtrise d’Aaron sont des sous-ensembles de la Prêtrise de Melchisédek.

Les membres de la tribu de Levi sont censés détenir la Prêtrise lévitique par droit de naissance avant Jésus, bien qu’après Jésus, les détenteurs de la Prêtrise d’Aaron l’aient reçue ‘par prophétie et par imposition des mains’’[31]. Elle est en principe reçue à l’âge de douze ans[32].

Tout comme la lignée de prêtres et de grands prêtres ont été des sous-ensembles de la tribu de Lévi, les saints des derniers jours ont parfois des parallèles entre les niveaux d’autorité au sein de l’office à la Prêtrise d’Aaron et d’offices sous la Loi : les diacres correspondant aux Lévites, les instructeurs correspondant aux Kohathites, les prêtres correspondant à la lignée de prêtrise, les évêques correspondant aux descendants des grands prêtres d’Aaron (à ne pas confondre avec les grands-prêtres de Melchisédek).

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours octroie la prêtrise à tous les hommes jugés dignes. Les saints des derniers jours dignes sont généralement ordonnés prêtres à vers seize ans. Vers 18 ans, les prêtres dignes sont habituellement ordonnés ‘anciens’ dans la Prêtrise de Melchisédek. Selon les besoins d'une paroise, un ‘ancien’ peut-être ordonné grand-prêtre.

Les hommes d'ascendance africaine (pas tous les "Noirs" comme l’affirment certains) n’ont pas été autorisés à recevoir la prêtrise jusqu'en 1978, date à laquelle l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a annoncé avoir reçu une nouvelle révélation permettant à tous les hommes dignes de recevoir la Prêtrise.

Jeûne[modifier | modifier le code]

Mormonisme et judaïsme ont en commun un régime alimentaire strict. Le respect de ces règles varie en fonction de la pratique religieuse et la foi personnelle.

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Les lois de la cacherouth (plus exactement cacherouth de la table et des aliments) sont les lois alimentaires juives. L'alimentation en accord avec la loi juive est appelé kascher et la nourriture qui n’est pas en accord avec la loi juive est appelé tarèf. Les lois Kascher indiquent quel types d'animaux peuvent être consommés, et exigent que le lait et viande soient séparés, que les légumes soient soigneusement inspectés à cause des insectes, que les animaux soient abattus sans douleur par des personnes habilitées, et que de nombreux produits alimentaires soient produits sous surveillance rabbinique. Les produits de la terre d’Israël ont d'autres restrictions

Alors que la consommation d'alcool est interdite par l'Église mormone, les Juifs sont invités ou doivent boire du vin à certaines occasions. Le vin est généralement consommé au repas du soir du sabbat, après une bénédiction spéciale. En outre, l'alcool de vin est une partie importante de l'observation de deux grandes fêtes juives : Pâques (bien que lors de ce jour férié le jus de raisin est accepté) et Pourim.

Mormonisme[modifier | modifier le code]

Les mormons croient que la Parole de Sagesse, révélation moderne, est semblable aux lois de cacherouth. La révélation qui se retrouve dans Doctrine et Alliances 89 contient trois parties: (1) une liste de substances interdites telles que le vin, les boissons fortes et le tabac, qui ne doivent pas être utilisé[33], , (2) une liste des aliments qui doivent être utilisés, parfois avec certaines limites[34], et (3) une promesse à ceux qui suivent ces directives[35].

Parmi les substances qui, selon la révélation ne doivent pas être utilisées, la première est vin ou les boissons fortes, exception faite si le vin est pur et fait soi-même ou par d'autres saints. La révélation met également en garde contre la consommation de tabac et de boissons brûlantes (interprété par Joseph Smith et ses successeurs comme étant le café et thé).

L'ingestion de tabac est interdite. Les restrictions sur l'usage du tabac l’indiquent comme «ni pour le corps, ni pour le ventre, et il n'est pas bon pour l'homme, mais est une herbe pour les meurtrissures et les bovins malades, destinée à être utilisée avec discernement et compétence ».

La liste des aliments et substances dont la révélation encourage la consommation comprend les herbes, les fruits et la chair et le grain, mais la viande doit être consommée avec modération, voire pas du tout et, idéalement, uniquement en hiver ou en temps de famine. D’autres références, 1 Timothée 4 : 1-4 et Doctrine et Alliances 49 :18,19,21)) développent le thème de l’utilisation de la viande et la chair. La révélation encourage également l'usage de céréales (grains), notamment blé ou l’orge pour les "boissons douces".

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a fait disparaître toute utilisation du vin. L'eau remplace le vin dans le sacrement de la Sainte-Cène, selon une révélation figurant dans la section 27 de Doctrine et Alliances et les membres ne doivent pas boire de boissons alcoolisées.

Sabbat[modifier | modifier le code]

Shabbat juif[modifier | modifier le code]

Le Shabbat, durant du coucher du soleil le vendredi soir à l'apparition de trois étoiles le samedi soir, célèbre la création de Dieu et un jour de repos de Dieu à la fin de la création. Il joue un rôle important dans la pratique juive et est une part importante de la loi religieuse. Certains estiment que c'est la plus importante fête juive.

La loi la plus notable en ce qui concerne l'observation du sabbat juif est l'obligation de s'abstenir de tous travaux créatifs (le plus connu étant l'interdiction d'allumer du feu). Les Juifs pratiquants préparent leur nourriture à l'avance pour éviter d'avoir à la faire cuire le jour du Sabbat et les Juifs orthodoxes pratiquants évitent d'allumer l'éclairage électrique (ce qui « crée » un circuit électrique) ou de conduire.

Alors que presque tous les travaux sont interdits le jour du Sabbat, les loisirs et distractions sont appropriés tant qu'ils ne violent pas l'interdiction à l'égard de ce travail. Un repas est consommé (y compris le vin et la viande, si possible, même si le ménage ne peut pas se permettre ce luxe le reste de la semaine).

Sabbat mormon[modifier | modifier le code]

Le Sabbat des saints des derniers jours est le dimanche. Selon le Guide des Écritures[36]) : « Après la résurrection du Christ, les membres de l’Église observaient comme sabbat le dernier jour de la semaine, comme le faisaient les Juifs. Après la résurrection, les membres de l’Église, Juifs aussi bien que païens, observèrent le premier jour de la semaine (jour du Seigneur) pour se souvenir de la résurrection du Seigneur ». (Actes 20:7; 1 Corinthiens.16: 2; Apocalypse 1:10). L’Église d’aujourd’hui continue à observer un jour par semaine (le dimanche) comme jour de sabbat au cours duquel on adore Dieu et se repose des labeurs du monde." Il existe certaines exceptions où les saints des derniers jours célèbrent le jour du Sabbat soit un vendredi ou un samedi comme en Israël et certains pays arabes[37].

L'objectif du Sabbat des saints des derniers jours est aussi un jour de repos, hors des préoccupations du monde où l’on se concentre sur les questions spirituelles, telles que la participation à l'église, l’étude des Écritures, la visite aux malades et infirmes, et les activités familiales. Les membres sont également encouragés à ne pas faire d’achats le jour du Sabbat, sauf en cas d'urgence. De plus, les membres jeûnent le premier Sabbat du mois à partir du soir avant le Sabbat jusqu'au soir du Sabbat. Cette période de jeûne est utilisée pour jeûner, prier et réfléchir sur leur propre relation avec Dieu. L'argent qui aurait été consacré à deux repas est généralement donné en don de jeûne à l'Église. Ces dons de jeûne sont consacrés à nourrir les pauvres et les nécessiteux, qu'ils soient ou non membres de l'Église.

Ecritures saintes[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Le plus saint des livres du judaïsme est la Torah. Pratiquement toutes les congrégations juives possèdent au moins un "sefer Torah" (copie de la Torah, parchemin calligraphié à la main) dont une partie est lue à haute voix chaque semaine. La Torah (les cinq livres de Moïse, ou Pentateuque), les Nevi'im (les prophètes) et Ketouvim (les écrits), forment le Tanakh (avec quelques réaménagements dans l’ordre des livres, c'est le même que l’Ancien Testament chrétien.).

Le Tanakh est complété par le Talmud, qui est composé de deux parties: la Mishna (à l'origine, la loi orale (c'est-à-dire, transmis oralement de génération en génération), et désormais codifiés dans le droit écrit), et le Guemara (commentaires rabbiniques et analyse). Des travaux plus récents pour expliquer la loi juive comprend le Shulchan Aruch écrit au XVIe siècle.

Traditionnellement, les juifs croient que la Torah a été donnée à Moïse au Mont Sinaï, pour être transmise au peuple juif. Les rouleaux de la Torah sont copiés à la main par les scribes spécialement formés. Un système élaboré de contrôle et de contre-vérification est utilisé pour s'assurer que les erreurs ne soient introduites dans le processus de copie, et d'anciennes copies de la Torah ou de fragments qui ont été trouvés (dont les plus célèbres sont les Manuscrits de la mer Morte) montrent une remarquable cohérence avec copies modernes[38],[39].

Mormonisme[modifier | modifier le code]

Canon d’Écritures de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours en un volume

Joseph Smith a dit, "J'ai dit aux frères que le Livre de Mormon est le plus correct de tous les livres sur la terre et la clé de voûte de notre religion et qu’un homme se rapprocherait davantage de Dieu en en suivant les préceptes que par n’importe quel autre livre.(introduction du Livre de Mormon) " Ainsi l'étude du Livre de Mormon est soulignée par les dirigeants et les instructeurs saints des derniers jours, mais l'étude de l'Ancien et du Nouveau Testament de la Bible est également encouragée. Les saints des derniers jours croient en l'accomplissement littéral des prophéties bibliques et des alliances, dont l’alliance Abrahamique. Le huitième article de foi déclare: «Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu dans la mesure où elle est traduite correctement, nous croyons aussi que le Livre de Mormon est la parole de Dieu ». En plus de ces deux livres, et conformément au neuvième article de la foi, les Doctrine et Alliances et la Perle de grand prix sont également considérés comme canon d’Écritures.

Selon la doctrine mormone, le Livre de Mormon a été écrit en "égyptien réformé" par un groupe de la Maison d'Israël ayant émigré de la région de Jérusalem. Le livre aurait été traduit par Joseph Smith "par le don et la puissance de Dieu» (voir l'introduction du Livre de Mormon). Le Livre de Mormon est dans une langue qui ressemble à l’anglais de la Bible du roi Jacques (la langue de la version de la Bible du roi Jacques). Il existe toutefois certaines variations de grammaire, en particulier en ce qui concerne les temps des verbes.

L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a publié le Livre de Mormon dans plus de 100 langues, mais ne propose actuellement pas d’édition en hébreu. L’Église a publié une édition en hébreu dans les années 1920, mais cette édition n’est pas imprimée et n'est même pas disponible chez les revendeurs de livres rares. En outre, un Livre de Mormon hébreu a été publié par Hebrew Translations, Inc., Independence, Missouri, 1988, mais cette édition n'a pas été approuvée par l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Après la vie[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Les croyances juives à l'égard d'une vie après la mort sont très variables. La résurrection physique des morts au moment de la Mashiach est une croyance traditionnelle (quelques Juifs d'Europe sont enterrés face à Jérusalem afin d'être prêts pour ce jour). D’autres sages juifs émettent l'idée d'une résurrection purement spirituelle. Les adeptes du judaïsme réformé et du judaïsme reconstructionniste sont plus susceptibles de croire en une ère messianique que dans un état physique Moshiach, avec ou sans la résurrection (ce qui ne devrait en aucun cas être confondu avec le judaïsme messianique). Il y a aussi la possibilité d’une croyance en la réincarnation dans certains cas. (Voir aussi eschatologie juive) [40].

En général, les religieux juifs croient que l'âme est soumise à une période de réflexion et de pénitence après la mort, avant de passer à ce qui vient après. Cette période ne doit pas excéder 12 mois et les cortèges funèbres juifs diront des prières pour les morts, pendant ce temps pour faciliter le passage de l'âme défunte. (Voir Kaddish). Tenter de contacter les morts, à tout moment, est interdit en vertu de la loi juive.

Il n'y a pas d'équivalent juif de paradis et d’enfer tels qu'ils sont compris dans la théologie chrétienne. Les Juifs ne croient pas (en général) que des récompenses dans l'au-delà, quelles que soient leurs formes, sont exclusives aux Juifs.

Mormonisme[modifier | modifier le code]

Le mormonisme enseigne une résurrection physique au moment de la Seconde Venue du Christ. L'église mormone soutient également que, entre le moment de la mort d'un individu et la Seconde Venue (lorsque la personne sera ressuscitée), l'individu vit après la mort dans un monde des esprits intermédiaire, correspondant à She’ol. La nature de cette vie après la mort dépend de l'individu. Les personnes décédées ayant vécu une bonne vie et se sont repentis pendant leur vie de tous les grands péchés qu'ils ont commis sont censés vivre au Paradis. Cependant, les esprits étant dans le paradis peuvent également effectuer du «travail missionnaire» auprès des âmes étant dans la «prison des esprits », condition dans laquelle les mormons croient que les esprits «rebelles et impies» se trouvent. Le terme «esprit de prison" est parfois utilisé pour décrire l'état de tout esprit qui est en attente de recevoir les enseignements de l'Évangile ou d'avoir la possibilité d'accepter les ordonnances qui leur permettent de progresser dans l'obtention de nouvelles connaissances au cours de leur temps dans le monde des esprits. Les mormons affirment que l'oeuvre missionnaire dans le monde des esprits a été organisé par le Christ au cours des jours entre sa mort et sa résurrection. (1 Pierre 3:18-20) Comme les écrits personnels de Joseph Smith le Prophète l’indiquent, il est également possible, si l'on suit les commandements parfaitement (le baptême autorisé, le mariage éternel au temple, etc.), de se qualifier pour être rendu semblable à Dieu.

« Nous nous souvenons des nombreux textes qui, résumés en une seule ligne, ont été dit par un ancien prophète, Lorenzo Snow : 'Ce que l'homme est, Dieu l'a été et ce que Dieu est, l’homme peut le devenir.' Ceci est le pouvoir dont nous disposons d’atteindre la perfection, d’acquérir de l'expérience et le pouvoir de créer, d'organiser, de contrôler des éléments. Combien nous sommes actuellement limités ! Nous n'avons pas le pouvoir d'obliger l'herbe à croître, les plantes à émerger, les graines se développer. » (Spencer W. Kimball, Conférence générale d’avril 1977)

Le mormonisme enseigne également l'existence des trois degrés de gloire, comme mentionné par Paul, ainsi que des ténèbres extérieures, un ‘’royaume sans gloire". Les ténèbres extérieures sont considérées comme la seconde mort spirituelle pour les rares âmes qui ont connu une plénitude de vérité et se sont rebellées et ont lutté ouvertement contre Dieu. Les autres niveaux sont appelés le Royaume téleste, le Royaume terrestre et le Royaume céleste, ce dernier comprenant trois niveaux. " (Voir Doctrine et Alliances 131 ; certains estiment que le terme « gloire céleste » utilisé dans cette section se réfère à tous les « royaumes de gloire ", pas spécifiquement le royaume céleste, mais l'interprétation traditionnelle est qu'il se réfère spécifiquement au royaume céleste). Cette attribution à un degré de gloire intervient, selon la croyance mormone, après la résurrection universelle et le jugement dernier.

Selon la foi mormone, les trois royaumes, céleste, terrestre et téleste, sont les royaumes des cieux. Ils sont les lieux de gloire adaptés aux personnes qui y résident, selon les désirs de leur cœur.

Le mormonisme enseigne que le baptême et d'autres alliances effectuées par l'autorité appropriée sont nécessaires pour entrer dans le Royaume céleste en raison de la nature sacrée de ce royaume de gloire.

Conversion et prosélytisme[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

En règle générale, les Juifs s'abstiennent de prosélytisme actif, et quelques confessions découragent la conversion. Devenir un "Juif par choix" est une affaire sérieuse. Si une personne souhaite vraiment se convertir, elle cherchera une communauté et un rabbin avec qui elle se sent à l'aise et commencera ensuite le processus.

La conversion au judaïsme implique une instruction dans la loi juive (pouvant durer plusieurs années) en renonçant à d'autres appartenances religieuses, l'immersion dans un Mikveh et, pour les hommes, la circoncision. (Si le converti potentiel est déjà circoncis, une procédure connue sous le nom de hatafat dam brit est effectué, dans lequel le sang est tiré de la cicatrice de circoncision). Le judaïsme orthodoxe exige également l'acceptation de l'ensemble du code de la loi juive.

Dans de nombreuses cérémonies religieuses juives (mariages, par exemple), les parents et la lignée (Kohen, Levite, ou Israël) de la personne participant sont nommés. Les convertis sont considérés comme les enfants d'Abraham et Sarah et de la lignée d'Israël (c'est-à-dire, n'ayant pas d'ascendance sacerdotale).

Mormonisme[modifier | modifier le code]

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a un vaste programme de prosélytisme et est probablement mieux connue pour cette activité que pour d’autres.

Toute personne âgée de huit ans et plus désirant se joindre à l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours sera enseignée par les missionnaires avant le baptême. Une fois que cette personne a été suffisamment instruite, elle sera interrogée par un autre missionnaire, afin de garantir sa bonne préparation à l'adhésion dans l'église. Dans certaines situations, une entrevue avec le président de la zone de mission peut être nécessaire avant que l'église n’accepte de baptiser cette personne. Le baptême, porte en lui non seulement l'appartenance à l'église, mais aussi, selon la croyance des mormons, d’être membres de la Maison d'Israël. Les personnes s’engagent à vivre la Parole de sagesse (ne pas consommer d'alcool, de tabac, de café ou de thé), à vivre la loi de chasteté, à respecter le jour de sabbat, s'engagent à payer la dîme et déclarent qu'ils ont repenti de tous péchés. Les personnes trouvées dignes sont baptisées par immersion par un détenteur de la prêtrise digne. Après le baptême a lieu une bénédiction par l'imposition des mains où les détenteurs de la Prêtrise de Melchisédek conférer le Saint-Esprit à la personne baptisée. Plus tard, une Bénédiction patriarcale indiquera le nom de la tribu d'Israël de laquelle la personne est originaire soit par le sang soit par adoption. Les personnes de moins de huit ans, et les personnes qui ne sont pas responsables de leurs actes (comme les déficients mentaux), n’ont pas à être baptisés et la gloire céleste, leur est accordée par l'expiation du Christ.

Comme la plupart des églises chrétiennes, les Saints des derniers jours ne pratiquent pas la circoncision, niant sa nécessité comme un pacte ou une alliance symbolique[41].

Purification par l’eau[modifier | modifier le code]

Mikvé dans le Judaïsme[modifier | modifier le code]

Pour achever une purification rituelle, les Juifs pratiquants s’immergent dans une Mikvé. Certains types d'ustensiles et autres objets sont également immergés (cette pratique ne doit pas être confondue avec le nettoyage physique nécessaire au kashrut).

L'usage le plus courant du Mikvé est la pratique de l'immersion, après menstruation, fausse couche ou naissance. Cette immersion marque la fin d'une période de séparation sexuelle, et la femme revient vers son mari. Il est également nécessaire que la femme s’immerge avant son mariage. Certains hommes utilisent le Mikvah régulièrement soit de façon quotidienne, hebdomadaire ou avant le Yom Kippour. Cela est particulièrement vrai dans les milieux judaïsme hassidique. Il est également nécessaire pour la conversion au judaïsme orthodoxe pour les deux sexes.

Les lois juives en ce qui concerne le Mikvé sont importantes. L'aspect le plus remarquable de ces lois est un Mikvé qui doit être accompli avec de «l'eau vive», à savoir, l'eau qui vient directement de la terre sous forme d'eau de pluie ou de source d'eau (l’eau qui coule dans une rivière ou un ruisseau est également acceptable dans certains cas). Une fois l'eau transportée par bateau ou par un tuyau, elle n'est plus considérée comme "vivante". En outre, l'immersion doit être complète (y compris la tête et les cheveux), et il ne doit rien y avoir entre l'eau et l'immersion de la personne. Non seulement vêtements mais aussi maquillage et bijoux sont enlevés. La pratique courante est de se laver soigneusement avant l'immersion (pour enlever toute saleté ou peaux mortes sur le corps), et avant d'entrer dans le Mikvé encore mouillé (pour éviter les bulles d'air qui pourraient être pris au piège sur la peau ou dans les cheveux).

Contrairement au baptême, l'immersion est un événement privé, sauf en cas de handicap physique qui rendrait impossible l’immersion de la personne seule dans le Mikvé, et dire toutes les prières elles-mêmes. Lorsqu’il est réalisé dans le cadre de la conversion au judaïsme orthodoxe, l'acte d'immersion doit être assisté par un Beth-Din de trois Rabbins, mais la personne s’immerge elle-même.

Les immersions "symboliques" où seules des gouttes d'eau sont appliquées, où de l’eau "transportée" est utilisée, ou lorsque toutes sortes de vêtements ou de sous-vêtements sont immergés, ne sont pas considérées comme valables en vertu de la loi juive concernant les immersions. Les Juifs ne pratiquent pas ou ne reconnaissent pas toutes formes d’immersion par procuration, où l'on plonge la personne au nom d'une autre personne (vivante ou morte).

Baptême dans le mormonisme[modifier | modifier le code]

Le Baptême est un rituel de purification par l'eau dans laquelle on est immergé. La purification par immersion se pratique dans de nombreuses cultures. Le mot ‘’baptiser’’ découle du mot grec βάπτειν (infinitif) (ou βαπτίζω) à la 1ère personne du singulier de l’indicatif présent) qui signifie "plonger, se baigner, ou se laver".

Le rituel du baptême chrétien remonte au baptême de Jésus par Jean le Baptiste, dont la Bible dit qu’il a baptisé Jésus dans le Jourdain. Les saints des derniers jours affirment que Jésus a été baptisé en l’an 29, au moment ou aux environs de la fête juive de Yom Kippour (selon le calendrier historique affiché au Mémorial de Joseph Smith au sud de Royalton, Vermont). Il convient de noter que les mormons ne croient pas que Jésus a institué le baptême mais simplement qu'il l’a commandé à ses disciples et en a montré l’exemple. La conviction des mormons est que le premier baptême eu lieu lorsque Dieu baptisa Adam[42].

Aujourd'hui, le baptême est une ordonnance et un rituel nécessaire à l'entrée dans l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours et est considéré comme un processus de purification dans la conversion pour devenir un Israélite. En cas d’excommunication ou d'adoption d'une autre foi, les personnes sont tenues d'être rebaptisés pour revenir à l'Église[43].

La personne devant être baptisée et celle effectuant le baptême sont vêtus de vêtements blancs, symbolisant la purification du baptême. Les mormons croient que les membres de la prêtrise d'Aaron ou Prêtrise Lévitique ayant la fonction de prêtre ou bien détenant la prêtrise la plus élevée, la prêtrise de Melchisédek doit effectuer l’ordonnance du baptême. Les enfants mormons sont baptisés à partir de huit ans, considéré comme l'âge de la responsabilité. Tous les membres baptisés dans la foi mormone sont considérés par les mormons comme Juifs, Israélites ou Gentils convertis.

Lavage et onction[modifier | modifier le code]

Dans l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, le lavage et l'onction (également appelés pré ordonnances) sont un rite symbolique réalisé dans un temple. L'ordonnance de lavage et d'onction symbolise le rituel de purification des prêtres qui avait lieu dans le Tabernacle (Bible) d'Israël, le Temple de Salomon et, plus tard, les temples de Jérusalem (voir Exode 28:40-42, 29:4-9, 29:20-21 , 29:29-30, 30:18-21) afin de devenir roi ou reine dans le royaume céleste. Comme son nom l'indique, cette ordonnance est en deux parties, de lavage puis l’onction.

Polygamie[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Le Tanach (Bible Hébreu) cite plusieurs cas de polygamie chez les anciens Hébreux. Une origine de la polygamie est la pratique du mariage lévirate, par lequel un homme doit épouser et soutenir la veuve de son frère (source du très incompris péché d’Onan).

L’Ashkénaze juive n'a pas pratiqué la polygamie depuis l'interdiction de Rabbenu Gershom au XIe siècle. [44])

Certains groupes séfarades et mizrahi, en particulier ceux du Yémen et l'Iran (où la polygamie est la norme culturelle), ont abandonné la polygamie beaucoup plus récemment, pour des raisons non-religieuses. Lorsque ces groupes ont immigré dans l’État d'Israël après sa création 1948, les familles polygames existantes ont été confirmées. Cependant, le mariage polygame étant interdit dans l'État d'Israël, aucun nouveau mariage polygame n’a été permis parmi ces groupes[45].

Mormonisme[modifier | modifier le code]

Tôt dans son histoire, l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours a pratiqué la polygamie aux États-Unis décrit comme le mariage plural. Il a été annoncé publiquement par l'Église en 1852 et la cérémonie du mariage (accomplie par dirigeant de prêtrise autorisé) a été considérée comme une ordonnance éternelle et sacrée. Seuls quelques membres de l'Église, dont plusieurs dirigeants de l'Église, ont pratiqué la polygamie. Cette pratique a été introduite par Joseph Smith, fondateur de l'Église.

La pratique de la polygamie a rapidement mené à la critique de l'Église et à la promulgation des lois anti-polygamie (le Congrès des États-Unis en rendit la pratique illégale dans les territoires des États-Unis en 1862). De nombreux membres de l'Église ont fui au Canada pour tenter d’installer des communautés libres de pratiquer la polygamie. Par exemple, Cyril Ogston fonda Seven Persons à Alberta. Bien que les saints des derniers jours estimèrent que la pratique du mariage plural était protégée par la Constitution des États-Unis, celle-ci retarda l’indépendance de l’État d’Utah jusqu'en 1896. La législation anti-polygamie conduisit à des arrestations et à la saisie des biens de l'Église jusqu'à ce que l'Église ordonne la fin de la pratique en 1890.

L'attention aux États-Unis se porta de nouveau sur les possibilités de polygamie dans l'Église au début du XXe siècle lors de la Chambre des audiences par le représentant élu B.H. Roberts et des audiences du Sénat par le sénateur élu Rééd.Smoot (sénateur américain). De ce fait, le président de l'Église Joseph F. Smith publia en 1904 le Second Manifeste contre la polygamie. Depuis cette période, l’Église excommunie tout membre pratiquant ou ouvertement favorable à la pratique de la polygamie.

Pluralité dans les religions[modifier | modifier le code]

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Le judaïsme englobe un éventail d’observances, avec plusieurs branches. Par ordre dans la stricte observance viennent le Judaïsme hassidique ou Haredi (souvent dénommé "ultra-orthodoxe»), le judaïsme orthodoxe, le Judaïsme Masorti (rare aux États-Unis), le judaïsme conservateur, le judaïsme réformé, le judaïsme reconstructionniste et le judaïsme humaniste. De plus, il existe des divisions au sein des divisions, avec des congrégations se référant à elles-mêmes, comme par exemple «orthodoxe traditionnel», «orthodoxe moderne», ou «Conserva-dox".

Mormonisme[modifier | modifier le code]

De façon similaire, le mormonisme est divisé en l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mormonisme orthodoxe), la Communauté du Christ (mormonisme reconstructionniste) et le mormonisme fondamentaliste.

La vaste majorité des mormons sont membres de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours avec environ 97 % des personnes de foi mormone. Le deuxième plus grand groupe, la Communauté du Christ, n'a pas de liens officiels avec l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Il affirme en outre que le nom de ‘mormons’ ne s’appliquent pas à eux. Leur doctrine a changé depuis leur création par Joseph Smith III. Deux changements majeurs ont été l'acceptation du concept trinitaire de Dieu et l’ordination des femmes à la prêtrise. Il convient de noter que, bien que membres de la Communauté du Christ ne se considèrent pas mormons, ils continuent à utiliser le Livre de Mormon comme Écritures. Les mormons fondamentalistes, en revanche, prétendent adhérer à des croyances et pratiques traditionnelles rejetées par l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Covenant and Chosenness in Judaism and Mormonism, Fairleigh Dickinson University Press, November 2001, ISBN 0-8386-3927-5
  • Spiritual Vision: Hebrew Cryptograms — The Key to Unlocking Parallels Between Mormonism and Judaism, David B. Cohen and Irving Cohen, Deseret Books, SKU: 4702961
  • Mormons and Jews: Early Mormon Theologies of Israël, Signature Books, January 1993, ISBN 1-56085-006-X
  • My Burning Bush, The Spiritual Journey of Nancy Goldberg Hilton, An Autobiography. Hilton, Nancy Goldberg, ISBN 0-9776403-0-2, Library of Congress Registration Number TX 6-288-494 [1]
  • A Mormon's Guide to Judaism: Introduction to Jewish Religion and Culture for Latter-day Saints. Marlena Tanya Muchnick and Daniel Baker, ISBN 1-932280-58-8. Granite Publishing. [2]
  • Notes of a Jewish Convert to the LDS Church: Conversion of a Soul. Muchnick, Marlena Tanya, ISBN 0-89716-803-8 Dist by Granite Publishing [3]
  • Days of Awe: Jewish Holy Days, Symbols and Prophesies for Latter-day Saints by Gale Boyd, published by Millennial Press [4]

Livres sur le respect des mormons des fêtes Israélites[modifier | modifier le code]

  • Celebrating Passover: À Guide to Understanding the Jewish Passover for Latter-day Saints, Deseret Books, SKU: 4906193 information & Reviews
  • Passover for Latter Day Saints, David and Jennifer Asay, Books

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Beyond Arsareth: The Twelve Tribes of Israel Today
  2. Y Chromosomes Traveling South
  3. Jews for Judaism
  4. Star of David
  5. Becoming Jewish
  6. George D. Durrant, "Branching Out on Your Family Tree," Ensign, April 2007, p.45
  7. Agreement with the LDS Church
  8. Voice of Deseret: American Gathering Of Holocaust Survivors Dogging LDS Church Over Posthumous Baptisms Of Holocaust Jews Once Again
  9. To Broke to Laugh: Mormon Church Violates The Deceased
  10. Règles pour la préparation de noms d’ancêtres décédés pour les ordonnances du temple, Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours
  11. Resolving the Mormon Issue
  12. BYU Jerusalem Center
  13. http://scriptures.lds.org/en/3_ne/29/8#8 3 Nephi 29:8
  14. Doctrine and Covenants 109:64 (recorded in 1836)
  15. Doctrine and Covenants 133:12-13 (recorded in 1831)
  16. McConkey, Bruce R., The Millenial Messiah, pp. 224-225 Salt Lake City: Desert Book Company, 1982.
  17. The Nature of G-d
  18. ibid.
  19. AISH.com, A Crash Course in Jewish History Part 40 - Seeds of Christianity
  20. Why Don't Jews Believe in Jesus as the Messiah?
  21. Looking for Jesus?
  22. Babylonian Talmud, Sotah 48a
  23. Buerger, David John. The Mysteries of Godliness. Signature Books (November 2002). Last accessed 2006-11-16 (excerpts only online).
  24. Doctrine et Alliances 13 :1
  25. Conservative rabbis reach out to gay Jews
  26. New Conservative rabbis group welcomes gays
  27. Gay Marriage: Is it a fight for equal rights or the end of a moral society?
  28. At a Gay Synagogue, a Rabbi Isn't Fazed by Legalities
  29. Ordination of Gays and Lesbians and Same-Sex Commitment Ceremonies
  30. A black woman's journey to the rabbinate in North Carolina
  31. Perle de Grand Prix, 5e article de Foi
  32. For a detailed history and comparison between the Levitical and Aaronic Priesthood, see the LDS Bible Dictionary: Aaronic Priesthood
  33. Doctrines et alliances 89:1 versets 5 à 9
  34. Doctrines et alliances 89:1 versets 10 à 17
  35. Doctrine et Alliances 89 : 18 à 21
  36. Guide des Écritures
  37. Resolving the Mormon issue, ibid.
  38. Tools of Sofer
  39. Writing the Torah
  40. Olam Ha-Ba: The Afterlife
  41. "Circumcision." LDS Bible Dictionary
  42. Modèle:Lds
  43. Doctrine et alliances 22
  44. The Many Paths to Greatness
  45. I've heard polygamy is permissible among Sephardic and Yemenite Jews. Doesn't Judaism mandate monogamy?

Références[modifier | modifier le code]

Cette liste est la source originale d’information

  • The Book of Mormon, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, July 1981, ISBN 0-9676865-6-3
  • Pearl of Great Price, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, January 2003, ISBN 0-7661-3653-1
  • Doctrine and Covenants and Pearl of Great Price, The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints; Missionary édition, 1979, ASIN B00070RJYS
  • Hebrew-English Tanakh, Jewish Publication Society of America; Student édition, December 2000, ISBN 0-8276-0697-4
  • The Holy Bible, King James Version, National Publishing Company, January 2000, ISBN 0-8340-0346-5


The following references are based on previous Wikipedia research, and are also found in the supporting articles, where much of the information for producing this article was obtained.

  • Women and Jewish Law: An Exploration of Women's Issue's in Halakhic Sources, Rachel Biale, Shocken Books, 1984
  • On Women and Judaism: À View from Tradition Blu Greenberg, Jewish Publication Society
  • Rereading the Rabbis: À Woman's Voice Judith Hauptman, Westview Press, 1998
  • Women Who Would Be Rabbis Pamela S. Nadell, 1999 Beacon Press
  • Women and Prayer: An Attempt to Dispel Some Fallacies, Judith Hauptman, Judaism 42 (1993): 94-103.
  • Edward M. Cook, Solving the Mysteries of the Dead Sea Scrolls: New Light on the Bible, Grand Rapids, MI: Zondervan, 1994
  • Frank Moore Cross, The Ancient Library of Qumran, 3rd ed., Minneapolis: Fortress Press, 1995. ISBN 0-8006-2807-1
  • Norman Golb, Who Wrote the Dead Sea Scrolls? The Search for the Secret of Qumran, New York: Scribner, 1995
  • E. Qimron, The Hebrew of the Dead Sea Scrolls, Harvard Semitic Studies, 1986. (This is a serious discussion of the Hebrew langage of the scrolls.)
  • Barbara Thiering, Jesus and the Riddle of the Dead Sea Scrolls (ISBN 0-06-067782-1), New York: Harper Collins, 1992
  • Geza Vermes, The Complete Dead Sea Scrolls in English, London: Penguin, 1998. ISBN 0-14-024501-4 (good translation, but complete only in the sense that he includes translations of complete texts, but neglects fragmentary scrolls and more especially does not include biblical texts.)
  • Chaim Stern, ed., Central Conference of American Rabbis. Gates of Prayer - for Shabbat and Weekdays. À Gender-Sensitive Prayerbook 1994 ISBN 0-88123-063-4 LoC: BM674.34.C46 DDC: 296.4-dc20
  • Central Conference of American Rabbis, New York, and Union of Liberal and Progressive Synagogues, London. Gates of Prayer - The New Union Prayerbook for Shabbat, Weekdays and Festivals. Services and Prayers for Synagogue and Home. 1975 ISBN 0-916694-01-1 LC: 75-13752
  • Meyer, Michael A. Response to Modernity: À History of the Reform Movement in Judaism. Detroit: Wayne State University Press, 1995.
  • Kaplan, Dana Evan, American Reform Judaism: An Introduction. New Brunswick, New Jersey:Rutgers University Press, 2005.
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  • Exploring Judaism: À Reconstructionist Approach, Rebecca T. Alpert and Jacob J. Staub, The Reconstructionist Press, 1988
  • David Griffin's article in Jewish Theology and Process Thought, Ed. Sandra B. Lubarsky and David Ray Griffin, State University of New York Press, 1996
  • Louis Jacobs God, Torah, Israël: Traditionalism Without Fundamentalism Hebrew Union College Press, Cincinnati, 1990;
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  • Halakha For Our Time: À Conservative Approach To Jewish Law, David Golinkin, United Synagogue, 1991
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Liens externes[modifier | modifier le code]

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