Moritz Conradi

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Moritz Conradi
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 50 ans)
CoireVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Père
Moritz Conradi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflits
Distinction

Moritz Conradi, Suisse de Russie, a assassiné un diplomate soviétique en 1923, en marge de la Conférence de Lausanne (1922-1923).

Biographie[modifier | modifier le code]

Moritz Conradi est issu d'une famille suisse originaire des Grisons et établie à Saint-Pétersbourg. Se destinant comme son père à la chimie, il entreprend des études à l'École polytechnique de Saint-Pétersbourg, mais les interrompt après une année déjà pour entrer dans l'armée impériale russe et chez les gardes blancs afin de prendre part à la Première Guerre mondiale[1]. Rentré en Suisse en 1921, il fréquente les émigrés russes, nombreux dans ce pays. Le , en marge de la Conférence de Lausanne sur la question d'Orient, Conradi assassine d’un coup de pistolet le diplomate russe Vaclav Vorowsky ainsi que deux de ses collaborateurs au cours d’un dîner à l’hôtel Cecil[2]. Corradi est jugé par les tribunaux ordinaires vaudois et, sous l’influence de nombreux émigrés russes contribuant à un climat général anti-soviétique, le procès devient celui du bolchévisme et de la révolution russe. À la suite d'une brillante plaidoirie de l’avocat Théodore Aubert, Corradi est acquitté. Cette relaxe, juridiquement infondée, a fait grand tort à la réputation de la justice helvétique et a brouillé pour plusieurs années les relations diplomatiques entre la Suisse et l’Union soviétique[3].

L'avocat de Conradi, Théodore Aubert, très engagé, a fondé l'Entente internationale anticommuniste (EIA) pour lutter contre la Troisième Internationale (Komintern).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Fonds : Affaire Conradi-Vorowsky (1923) [1 enveloppe]. Cote : S 239/113. Archives cantonales vaudoises (présentation en ligne).
  • Fiche de police de Conradi au Musée historique de Lausanne[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'affaire Conradi : plaidoirie prononcée pour Arcadius Polounine devant le Tribunal criminel de Lausanne, les 14 et par Théodore Aubert, Genève : Ed. Sonor, 1924.
  • Annetta Gattiker, L'affaire Conradi, Berne : H. Lang ; Francfort/M. : P. Lang, 1975.
  • Alfred Erich Senn, 'Assassination in Switzerland : the murder of Vatslav Vorovsky Madison ; London : University of Wisconsin Press, 1981.
  • Marianne Dind [sous la dir. d'Elisabeth Salvi] 1923 : l’affaire Conradi : de l’instruction pénale au verdict politique [S.l. : chez l’auteur], 2009.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mon aveu, traduction des aveux de Moritz Conradi, 22 mai 1923, avec éléments biographiques (Documents diplomatiques suisses) [1]
  2. «Eclairage. Le Traité de Lausanne du 24 juillet 1923: jour de gloire pour les uns, jour de deuil pour les autres», Le Temps, 24 juillet 1998 [2]
  3. « Moritz Conradi » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  4. Laurent Golay, Sylvie Costa, Claude-Alain Künzi et Diana Le Dinh, Musée historique Lausanne 100 ans, Lausanne, Éditions Favre SA, , 255 p. (ISBN 978-2-8289-1701-2), p. 16