Morand de Cluny

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Morand de Cluny
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Saint Morand (1890)
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Ordre religieux
Étape de canonisation
Eglise Notre-Dame
Eglise Notre-Dame

Morand, du latin Morandus ou Moderamnus (né vers 1050 ou 1075, mort le ), originaire de Rhénanie, fut un moine clunisien, surnommé l'« apôtre du Sundgau ». Il joua un rôle important, au cours du Moyen Âge, comme saint protecteur de la vigne et du vin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Selon les différentes traditions rapportées par ses premiers hagiographes et les Acta Sanctorum[1], Morandus, né dans une famille de nobles germaniques vers 1050 ou 1075 dans le Comté de Wormsgau (en) ou dans la région de Belfort-Héricourt, fut élevé dans l'école épiscopale de Worms. Après s'être rendu en pélerinage à Compostelle, il devint moine bénédictin de Cluny, recevant l'habit de saint Hugues. Il fut abbé à Mozat en Auvergne où il établit la règle bénédictine avant d'être envoyé fonder vers 1106 un prieuré près d'Altkirch dans le comté de Sundgau où il fut nommé prieur du monastère Saint-Christophe. Il décéda le dans sa cellule[2] donnant sur le cloître de son monastère. Il fut inhumé dans le chœur de l'église du prieuré qui prit son nom, son caveau étant recouvert d'une dalle funéraire et d'un gisant[3].

Culte[modifier | modifier le code]

Canonisé en 1181 à la demande de l'évêque de Bâle, il reçut le nom d'« apôtre du Sundgau »[3], son tombeau devenant un lieu de pèlerinage très fréquenté. Le ministère de Morand fut en effet accompagné de miracles[4] et ses reliques étaient vénérées. Les pèlerins qui souffraient de la tête ou des membres mettaient ceux-ci dans les deux évidements de la dalle funéraire[5].

Fêté le 3 juin, les vignerons le considérèrent comme leur saint protecteur en Bourgogne, en Champagne, en Lorraine, en Alsace, en Rhénanie et en Franconie car selon la tradition il se serait nourri d'une simple grappe de raisin pendant tout un carême. On raconte de plus qu'un jour, le prieuré manquait de vin pour ses convives de qualité, Morand fit le signe de croix sur le tonneau vide qui se remplit alors du meilleur vin. Enfin une autre tradition lui attribue l'introduction de la vigne en Alsace. Ses attributs sont fréquemment une grappe de raisin dans une main et un bâton de pèlerin dans l’autre[6].

L’église du prieuré, jugée trop petite, fut reconstruite en 1887 selon le style néoroman[7]. Elle abrite notamment le gisant de Saint Morand et un chef-reliquaire contenant une partie de son crâne offert en 1428 par l’archiduc Frédéric du Tyrol, l’autre partie du crâne étant donné à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne par le duc Rodolphe IV d'Autriche en 1360[3].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acta sanctorum, tome I, 1643, p. 339-359
  2. Cette cellule sert de chapelle oratoire à l'hôpital que la ville y a fondé en 1828 et est décorée de fresques d'Andrea Appiani ornant les murs et le plafond et qui représentent ses principaux miracles.
  3. a b et c Jacques Baudoin, Grand livre des saints : culte et iconographie en Occident, Éditions Créer, , p. 369
  4. Notamment jour, lorsqu'il se rendit à la chapelle St Blaise de Walheim pour y célébrer une messe, un orage s'annonça. Il s'abrita alors sous un rocher qui surplombait son chemin. À l'endroit où sa tête appuya contre la roche, celle-ci ramollit et épousa la forme de son crâne afin de lui faire plus de place. Dans la chapelle « Repos de Saint Morand », rénovée en 1987, la cavité résultant de ce miracle est toujours visible.
  5. Paul Bernard Munch , Saint Morand, le Patron du Sundgau, 14 avril 1993
  6. Pierre Androuet, op. cit., p. 141.
  7. Église et prieuré Saint Morand, Site de la ville d'Altkirch

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Androuet, Le vin dans la religion in Charles Quittanson et François des Aulnoyes, L'élite des vins de France, no 2, Éd. Centre National de coordination, Paris, 1969.
  • RR. PP. Bénédictins de Paris, Vie des Saints et Bienheureux, Paris, 1948
  • Jean Zimmermann, Saint Morand du Sundgau, le saint - son sanctuaire, imprimerie Martin Altkirch, 2000

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]