Morêtel-de-Mailles

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Morêtel-de-Mailles
Image illustrative de l'article Morêtel-de-Mailles
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
(Grenoble)
Arrondissement Arrondissement de Grenoble
Canton Haut-Grésivaudan
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Grésivaudan
Code postal 38570
Code commune 38262
Démographie
Gentilé Moretelins
Population 448 hab. (2013)
Densité 67 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 21′ 41″ Nord 6° 00′ 01″ Est / 45.3614, 6.0003
Altitude Min. 250 m – Max. 1 178 m
Superficie 6,7 km2
Historique
Commune(s) d’intégration Crêts-en-Belledonne
Localisation

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Morêtel-de-Mailles est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Crêts-en-Belledonne. Ses habitants sont appelés les Moretelins.

Dans le cadre de la loi n° 2015-292 du 16 mars 2015 relative à l'amélioration du régime de la commune nouvelle, Morêtel-de-Mailles et la commune limitrophe de Saint-Pierre-d'Allevard ont décidé de fusionner à partir du sous le nom de Crêts-en-Belledonne. L'arrêté préfectoral a été signé le [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les seigneurs de Morêtel[modifier | modifier le code]

La première trace de l'existence de Morêtel date du XIe siècle. Un Pierre et un Guillaume de Morêtel sont répertoriés en 1009. Une chapelle (capella de Morestello) est mentionnée dans les cartulaires (1080-1132) de saint Hugues. Le lieu est appelé Maurestellum aux siècles suivants. Au XIVe siècle, la paroisse (Parrochia Morestelli) compte 50 feux, une église, Saint-Michel-de Morestello, qui dépend du prieuré de Saint-Pierre-d'Allevard[2]. En 1260, le mandement de Morêtel recouvrait les paroisses de Morêtel, Goncelin et Le Cheylas (Saillaz). En 1339, la Parrochia Morestelli comportait quatre hameaux : Malliis (Mailles), Boteiras (Bouthière), Fontanil et Preiram (peut-être Les Perrins)[3]. En 1393, le hameau des Fontaines (Fontana) existe aussi. À cette époque, il y a 24 maisons fortes dans le « mandement de Moretel ». Au recensement de 1367, 294 personnes habitaient Morêtel[4].

Les familles nobles du mandement ont régulièrement prêté hommage au Dauphin. Chabert de Moretel cède la terre et le château delphinal de Morêtel (un « donjon de forme circulaire dans lequel se trouve un bâtiment à deux étages ») au dauphin Humbert II en 1341, en échange du château de Montfort et de la terre de Bellegarde[5]. La famille s'éteint en 1482.

Entre Royaume de France et duché de Savoie[modifier | modifier le code]

Après la cession du Dauphiné au Royaume de France en 1349, la châtellerie de Morêtel est confiée au comte Amédée de Genève par Charles, premier dauphin de la maison de France.

Lorsque le soulèvement protestant éclate dans le Dauphiné, Morêtel, position stratégique « au-dessus de la gorge du Fay, dans un défilé étroit dominé par les pentes rapides de la montagne des Cinq Crêts, commandant l'entrée du Pays d'Allevard »[6], est impliqué dans les conflits entre catholiques et huguenots. En décembre 1590, le chef protestant Lesdiguières, partisan du roi de Navarre conquiert Grenoble puis se dirige vers le « Graisivaudan », occupé par l'armée du duc de Savoie que soutient la Ligue qui l'a nommé comte de Provence. Commandée par son frère, Don Amédée, dit le Bâtard de Savoie, et renforcée de contingents espagnols, napolitains et milanais, elle fait le siège de Morêtel au printemps 1591, mais se retire vers Pontcharra où elle est battue le au plan de Villard Noir. Cependant le Fort de Morêtel, mal défendu, est investi au début de 1593 par les Savoyards du Marquis de Trefford qui utilise sa position pour ravager la vallée. Le Fort ne fut repris que le 1er août 1595 par Lesdiguières, qui fit entreprendre sa démolition dès le 11, sous la direction de Monsieur de Marcieu[7].

La population, essentiellement agricole, croît lentement au cours de l'Ancien Régime, jusqu'à attendre 400 habitants en 1776, puis 450 en 1810[8]. Au milieu du XIXe siècle elle commence lentement à décroître, du fait de l'exode rural, jusqu'en 1975, où il n'y a plus que 126 habitants, avant de remonter à 285 habitants en 1995. Il y en avait 327 au dernier recensement de la population (2004) et 433 en 2013[9].

Depuis le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La construction d'une route carrossable entre Goncelin et Allevard n'est envisagée qu'en 1783. Jusque-là, seuls des chemins muletiers, souvent impraticables en hiver, traversaient les abruptes et dangereuses gorges du Fay pour acheminer, à dos de mules, les produits manufacturés fabriqués dans la vallée du Salin. Goncelin et Morêtel n'en voient pas l'utilité, l'autorité militaire craint en 1784 qu'elle ne devienne une route d'invasion, avant de la considérer en 1793 comme stratégique. Le tronçon Morêtel-Allevard est achevé en 1804. Les travaux reprennent après l'invasion autrichienne de 1814-1815, mais la « route neuve » devant se raccorder à la route départementale en évitant les rues étroites de Goncelin, la municipalité ne met pas beaucoup d'enthousiasme à prendre sa part des travaux et la route départementale No 17 n'est officiellement achevée que le 15 juin 1846[10].

La commune décide alors, malgré de faibles ressources et un fort endettement, de construire une maison d'école et une mairie le long de cette route, au lieu dit Le Champ du Pont, ou Pont de Sailles[Note 1]. Les travaux sont achevés en 1857. En 1859 la maison commune est agrandie pour accueillir aussi des filles. Elle accueille en outre les enfants des hameaux de Saint-Pierre-d'Allevard les plus proches (Sailles-le-bas, Le Paquelet). Elle sera définitivement fermée le 6 juin 1971[12] et les enfants désormais scolarisés à Saint-Pierre d'Allevard. Objet de conflits sévères concernant son lieu d'implantation, une église est construite entre 1868 et 1870 en face de la mairie-école, pour remplacer l'église ancienne située près du château de Morêtel, en très mauvais état, les réparations étant jugées trop coûteuses.

La commune prend le nom de Morêtel-de-Mailles en 1932, pour mettre fin aux confusions avec Morestel. Le décret est daté du 30 décembre[13]. Comme dans les autres communes de moyenne montagne, la déprise agricole est importante à partir des années 1970 et les vignes disparaissent peu à peu des coteaux. Au début du XXIe siècle les hameaux de Morêtel se transforment peu ou prou en villages-dortoirs, la pression foncière se faisant trop forte dans la vallée du Grésivaudan.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune rurale de montagne située dans le Massif des Alpes, Morêtel-de-Mailles, qui appartenait au canton de Goncelin avant le redécoupage de 2014, appartient depuis au canton du Haut-Grésivaudan. Incorporée (sous forme de « commune déléguée ») dans la nouvelle commune de Crêts-en-Belledonne depuis le 1er janvier 2016, elle est située sur la départementale 525 qui relie Goncelin à Allevard. Son altitude varie entre un minimum de 250 mètres et un maximum de 1 178 m (sommet du Saint-Genis) pour une altitude moyenne de 714 mètres. Les hameaux les plus bas sont à 366 m (hameaux des Teppes et de Consignère), le plus haut à 850 m (hameau du Verney). Sa superficie est de 671 hectares, ce qui en fait une des plus petites communes du canton[9]. Largement tournée vers la vallée du Grésivaudan, elle s'étale à l'est sur les pentes de Brame Farine (qui culmine à 1 192 m) et au sud sur celles du Saint-Genis.

Elle est traversée par le ruisseau de Chavannes et par le Salin, grossi, au niveau du Champ du Pont, par les ruisseaux du Catus (sur Bramefarine) et du Taillou (venant du Saint-Genis), frontière naturelles avec la commune de Saint-Pierre-d'Allevard, et qui rejoint l'Isère par les gorges du Fay.

Une de ses particularités est la dispersion des habitations en de nombreux hameaux. Il y en a 31 recensés, mais certains ne sont plus habités[14]. Les deux agglomérations principales sont Les Fontaines, sur un large faux plat au sud, en aval des gorges du Fay (rive gauche du Salin), et Mailles sur un piton dominant les gorges au nord. La mairie (construite en 1856) et l'église (construite en 1868) se trouvent à mi-chemin de ces deux gros hameaux, à la sortie amont des gorges du Fay, au lieu-dit le Champ du Pont. Une zone de loisirs est aménagée autour du « lac » des Fontaines.

Les hameaux[modifier | modifier le code]

Leurs noms gardent le souvenir d'anciennes familles, comme Chapelat, Mailles, le Trait, Perrot, Perrin[4], ou d'une activité (Maladière), d'un lieu fortifié (le Fort), ou signalent une particularité géographique (Beauregard, les Fontaines, le Fontanil, Freydure, Rossand).

Rive droite du Salin[modifier | modifier le code]

Mailles, vu depuis les gorges du Fay

Sur les pentes de Bramefarine (section de Mailles):

  • l'Arrolay
  • Beauregard
  • le Chapelat (ancienne famille recensée au XIVe siècle)
  • les Charrières
  • le Crey (600 m)
  • Essodey
  • le Fontanil (650 m)
  • Grangebert
  • les Granges
  • Mailles (500 m, autour de la maison forte des seigneurs de Mailles)
  • Marabet (ancien site de la gare du Tacot et démarrage du plan incliné vers le Cheylas
  • le Pitrolas
  • le Replat
  • Rossand (380 m, qui tire son nom de sa situation très bien exposée sur un coteau sud abrité)
  • le Trait (famille des seigneurs du Trait ou Dutrait)
  • le Vernay, 850 m
  • les Valloires

Rive gauche du Salin[modifier | modifier le code]

Le château de Bouthière
La base de loisirs des Fontaines

Sur les pentes du Saint-Genis (section de Morêtel):

  • Bouthière (ancienne maison forte des Guiffrey de Boutières)
  • Carrajat (ancienne famille recensée au XIVe siècle)
  • le Champ du Pont, 430 m
  • les Chavannes
  • Consignere, 366 m
  • le Fort (emplacement du château de la famille de Morêtel, éteinte en 1482. Il est démoli sur ordre de Lesdiguières à partir de 1595[15])
  • les Fontaines, dominées par le « château de Morêtel » (Maison de Belledonne)
  • Freydure
  • la Maladière (site d'une léproserie au Moyen Âge)
  • Mont Galland
  • les Peillots (ancienne famille)
  • les Perrins, 520 m (ancienne famille)
  • les Teppes, 366 m
  • le Truc

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2007 Jean-Claude Jolly    
2008 2014 Jean-Claude Jolly    
2014   Michel Crouteix    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 448 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
415 422 413 415 421 427 448 406 429
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
385 378 377 353 372 348 324 304 320
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
279 262 250 233 201 175 182 175 182
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2008 2009
155 151 126 189 260 304 327 370 388
2013 - - - - - - - -
448 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2004[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il semblerait que les trois commune voisines, Goncelin, Le Cheylas, Saint-Pierre-d'Allevard, auraient été « bien aise qu'on démembre à leur profit la commune de Morêtel », cherchant, en 1853, à profiter des retards dans l'adjudication pour la construction de la Mairie-école, et en 1866 des désaccords concernant l'implantation de la nouvelle église[11].
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Arrêté du 27 octobre 2015 portant création de la commune nouvelle de Crêts-en-Belledonne », Recueil des actes administratifs de l'Isère (page 155),‎ (lire en ligne [PDF])
  2. Marcel Fakhoury 1998, p. 14
  3. Marcel Fakhoury 1998, p. 19
  4. a et b Marcel Fakhoury 1998, p. 25
  5. Marcel Fakhoury 1998, p. 182
  6. Marcel Fakhoury 1998, p. 33, citant Modèle:Ouvrage=La Vallée du Graisivaudan, rive gauche de l'Isère et région d'Allevard.
  7. Marcel Fakhoury 1998, p. 33-37
  8. Marcel Fakhoury 1998, p. 42
  9. a et b « Présentation », sur annuaire-mairies.fr (consulté le 9 janvier 2015).
  10. Marcel Fakhoury 1998, p. 121-125.
  11. Marcel Fakhoury 1998, p. 145 et 161.
  12. Marcel Fakhoury 1998, p. 134-144
  13. Marcel Fakhoury 1998, p. 17
  14. Marcel Fakhoury 1998, p. 26
  15. Marcel Fakhoury 1998, p. 37
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2008, 2009, 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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