Formation en ligne ouverte à tous

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Schéma présentant huit concepts-clé d'un MOOC connectiviste, concernant la relation pédagogique (en beige) et le cadre techno-organisationnels et éthiques (en bleu). La dimension collaborative s'appuiera par exemple sur des wikis permettant aux apprenants et enseignants d'améliorer chaque année les ressources et supports pédagogiques à disposition de tous, par exemple sur les grands wikis de la Wikimedia Foundation.
Poster anglophone titré « MOOC, every letter is negotiable », (« MOOC, chaque lettre est négociable »), explorant le sens de chaque lettre de l'acronyme MOOC.

Une formation en ligne ouverte à tous (FLOT), aussi appelée cours en ligne ouvert et massif[1],[2] (CLOM[3]), cours en ligne ouvert à tous, cours en ligne (termes officiels recommandés par la Commission générale de terminologie[3]) ou cours en ligne ouvert aux masses[4] (en anglais : massive open online course, MOOC), constitue un exemple de formation ouverte et à distance. L'appellation MOOC a été reconnue en entrant dans le Larousse 2016[5].

Les participants aux cours, enseignants et élèves, sont dispersés géographiquement et communiquent uniquement par Internet. Des ressources éducatives libres sont souvent utilisées. Le qualificatif « massif » quant à lui, est lié au grand nombre de participants : dans le monde anglophone, il peut arriver que plus de 100 000 personnes soient réunies pour un cours[6].

Éléments de définition[modifier | modifier le code]

Il existe deux grands types[7] de cours en ligne ouverts et massifs : les xMOOC qui visent à valider les compétences acquises en délivrant un certificat de réussite et les cMOOC dont les objectifs d’apprentissage sont ouverts et dont les participants créent dans une large mesure le contenu[8]. Ces cMOOC sont fondés sur la théorie de la connectivité et sur une pédagogie ouverte, qui s'appuient sur des réseaux de contenus et d'individus[9].

Types[modifier | modifier le code]

En juillet 2012, une typologie des MOOC a été proposée par Stephen Downes[10] reprise par George Siemens dans un papier[11].

Tableau comparatif issu de la classification de Stephen Downes[12]
xMOOC : issu des cours traditionnels cMOOC : issu de l'approche connectiviste
Modèle pédagogique Classique : Cours - exercices – contrôle des connaissances acquises Connectivisme
Connaissance Préparée avant le cours – déclarée Distribuée – générée
Cohérence Donnée par l'enseignant Construite par les participants
Objectifs d'apprentissage Défini par l'enseignant et le programme Défini par chaque participant pour lui-même
Apprendre Suivre le cours Navigation, établir des connexions
Ressources Définies dans le cours Agrégées par les participants, abondance
Importance de l'échange entre pairs Faible à moyenne Fondamentale
Interactions Forum sur le site du cours Distribué, partant d'un portail, chaque participant peut utiliser Twitter, son blog
Synchronisation par Déroulé du cours et instructeur Interactions entre participants, thème de la semaine, point de rencontres (vidéoconférence en direct)
Résonance Entre pairs
Encourager autonomie et auto régulation Maîtrise de e-compétences
Domaine d'apprentissage Disciplinaire, lié à un cours universitaire Thématique centrale, mais ouvert et interdisciplinaire
Évaluation du succès Délivrance d'un certificat de réussite Auto-évaluation de l'apprentissage

D'autres typologies ont été proposées, par exemple pour ajouter un troisième type de MOOC tourné vers un projet par équipes et par projet[13]. On a alors trois catégories de MOOC, selon qu'ils mettent en avant : le réseau des apprenants (Network-based), le travail d'équipe (Task-based) ou le contenu (Content-based).

Les fondements des Mooc[modifier | modifier le code]

Ressources éducatives libres[modifier | modifier le code]

La notion de ressources éducatives libres est une initiative de l'Unesco. Les technologies de l'information et de la communication sont intégrées dans les programmes pédagogiques pour démocratiser l'accès aux savoirs dans une société de la connaissance[14]. Le Mooc est une ressource ouverte. La formation est en ligne, accessible gratuitement et sans discrimination via le Web. Le critère massif traduit l'accès à un éventail large de cours ainsi que la mobilisation d'un public très large[15].

Une communauté collaborative[modifier | modifier le code]

La dimension de partage, d'échange et d'interaction est assurée par des outils du Web 2.0. Le Mooc combine un ensemble de médias sociaux pour impliquer le participant aux activités pédagogiques. Il s'agit d'agréger la collaboration d'un public hétérogène et géographiquement distribué autour d'un sujet commun et inhérent au Mooc. Le forum est le dispositif conversationnel présent dans la majorité des Mooc[16]. Il permet de se présenter à l'équipe pédagogique et aux autres bénéficiaires du cours. Néanmoins, les initiatives qui intègrent des outils libres, orientés contenus, des réseaux sociaux dits affinitaires se multiplient. Le Mooc s'oriente vers une plate-forme collaborative de construction contextualisée des savoirs[17].

La scénarisation des activités pédagogiques[modifier | modifier le code]

Un Mooc est une session de formation qui a une durée et une temporalité. Les équipes pédagogiques organisent des activités d'apprentissages pour fixer les objectifs de la formation. Des thématiques d'enseignements hebdomadaires sont proposées aux participants. En amont, ce pilotage permet de baliser le parcours d'apprentissage du bénéficiaire. Différents outils sont exploités pour harmoniser les enseignements et le numérique. D'une manière générale, les vidéos sont combinées à des contenus en ligne et un quizz valide chaque module hebdomadaire[18].

Plates-formes logicielles[modifier | modifier le code]

Début 2013, trois catégories de plates-formes logicielles hébergeant des MOOC existent :

  1. celles qui ont directement été conçues pour être des MOOC et sont portées par des entreprises ou des fondations Coursera, Udacity (en), edX, FutureLearn (en)[19]. Ces plates-formes sont réservées aux universités les plus connues ;
  2. celles qui sont portées par des entreprises proposant au départ des LMS aux institutions d'enseignement, comme Canvas Network et CourseSites by Blackboard et qui les ont adaptées pour passer au « massif ». Au contraire des précédentes, leur stratégie est de mettre les MOOC à la portée de toutes les universités, afin de permettre l'émergence d'une offre plus large et ainsi aux meilleurs cours d'émerger sur la base du mérite[20] ;
  3. les plates-formes de logiciels libres, qu'il faut installer soi-même : Chamilo LMS, Moodle[21], Course Builder de Google, qui utilise Google Apps, Sakai CLE, développée par la fondation Apereo et utilisée par les MOOC UvA[22] et Edulib[23], OpenMooc[24] animé par UNED Abierta (en), l'université ouverte espagnole, Class2Go[25] ou la version open source de Canvas. Le code-source d'EdX a également été libéré en juin 2013[26]. Claroline Connect[27] dont l'originalité est de fournir aux enseignants comme aux apprenants les mêmes outils, permettant de développer des Mooc sur tout le spectre connu, du xMooc au cMooc.

Historique[modifier | modifier le code]

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En septembre 2012, le premier MOOC francophone est un cMOOC « Internet, tout y est Pour Apprendre » (ITyPA)[28]. Recrutant à partir de début janvier 2013, le MOOC « ABC de la gestion de projet » de l'École centrale de Lille est le premier xMOOC en France : il délivre un certificat en cas de réussite et inaugure de nombreuses innovations : trois parcours individuels ou par équipe, modules de spécialisation, recherche sur l'évaluation par les pairs[29].

En France[modifier | modifier le code]

Certains sites, tels que netprof.fr, proposent depuis plusieurs années des tutoriels en vidéos. Acteur historique de la formation en ligne aux nouvelles technologies, le Site du Zéro (depuis renommé OpenClassrooms) propose de son côté plus de 1 000 tutoriels[30] rédigés par une communauté de membres.

Les premiers MOOC français apparaissent en 2012 avec le MOOC ITyPA de Télécom Bretagne et Centrale Nantes ainsi que le premier MOOC certificatif de gestion de projet de Centrale Lille. Depuis on constate une augmentation régulière du nombre de formations proposées. Trois profils se distinguent : ceux qui proposent leurs cours sur Coursera, ceux qui vont vers France Université Numérique et les indépendants. À noter que dans les indépendants, on trouve notamment HEC Paris, qui est la première école de commerce française à avoir lancé son programme de formation en ligne (dont le programme ICCF @ HEC Paris en partenariat avec le centre de formation First Finance Institute).

En octobre 2013, le gouvernement français a annoncé la mise en place de France Université Numérique (FUN)[31], une plate-forme encadrée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. En janvier 2014, les premiers MOOC sont disponibles (une vingtaine au lancement). Depuis, l'offre a triplé[32] avec une soixantaine de cours.

Depuis mars 2014, l'association SILLAGES.info, présidée par la Conférence des grandes écoles, s'est également lancée dans la production de FLOT (7 à ce jour) afin de contribuer à l'ouverture sociale et internationale de l'accès aux grandes écoles de toutes filières[33].

Cours français sur Coursera[modifier | modifier le code]

Dès septembre 2013, l'École polytechnique a mis en place plusieurs cours sur Coursera. Il y a un cours d'introduction aux probabilités[34], un sur la conception et mise en œuvre d'algorithmes[35], et un autre sur la théorie des distributions[36].

En janvier 2014, HEC Paris propose sur Coursera un MOOC sur l'Union européenne, permettant à chacun de connaître les fondements de l'UE en vue des élections européennes de 2014[37].

Intitulé « l’avenir de la décision : connaitre et agir en complexité », l'ESSEC a lancé son premier MOOC en septembre 2014 en collaboration avec le philosophe Edgar Morin[38].

Cours proposés sur OpenClassrooms[modifier | modifier le code]

OpenClassrooms propose depuis 2013 des MOOC sur le développement informatique, l'entrepreneuriat, la communication et le marketing. En septembre 2015, l'offre comportait 50 MOOC[39].

Tous les MOOC font l'objet d'une co-conception entre l'auteur et un ingénieur pédagogique d'OpenClassrooms. Les auteurs peuvent être selon les cas des passionnés, des professionnels (Google[40], IBM[41]), des formateurs de métier (Tamento[42]) et des professeurs d'écoles et universités (École Polytechnique[43], CentraleSupélec[44]...).

OpenClassrooms expérimente régulièrement de nouveaux formats de cours et exercices. Depuis 1999, sous son ancien nom de Site du Zéro, plus de 1 000 cours ont été publiés par sa communauté d'utilisateurs[30]. Activités corrigées entre pairs tout au long de l'année et rédaction ouverte à tous[45] font partie de ses spécificités.

OpenClassrooms a levé en tout plus de 2 millions d'euros (en 2012[46] puis en 2014[47]) pour financer la création de nouveaux cours et la mise en place d'un business model viable autour des MOOC.

En juin 2015, OpenClassrooms ouvre un titre professionnel de niveau II reconnu par l'État entièrement en ligne en partenariat avec l'IESA Multimédia, identique à une école traditionnelle[48].

Cours proposés sur FUN MOOC[modifier | modifier le code]

FUN est une plateforme numérique de formation à distance, mise en place par le ministère de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

En janvier 2014, Télécom Bretagne et l'Institut Mines-Télécom proposent leurs premiers MOOC sur FUN. Il y a un cours sur la fabrication numérique (impression 3D, Arduino)[49], un autre sur les réseaux de données[50], et un cours d'introduction aux réseaux cellulaires (réseaux mobiles GSM, 3G, LTE)[51]. Il est à noter que ce dernier cours avait été déjà présenté à deux reprises (avril et septembre 2013) sur une plateforme dédiée de Télécom Bretagne[52].

L'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a proposé plusieurs cours sur différents aspects du droit, notamment un sur le droit des entreprises.

En mars 2014, le Groupe INSA[53] a proposé son premier MOOC, une introduction à HTML5 (centrée sur l'animation et les jeux)[54]. Il était assuré principalement par Jean-Yves Plantec de l'INSA Toulouse.

Le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) a proposé plusieurs cours sur FUN. L'un d'eux, un cours de management de Cécile Dejoux, a été suivi par 36 000 personnes, ce qui en fait le deuxième MOOC français le plus suivi derrière le MOOC de l'AFPA sur les techniques de base de la cuisine ayant accueilli plus de 52 000 inscrits en 2016[55],[56],[57]. À la fin de la troisième édition (avril 2016) le total des inscrits est le suivant : il y a eu 37 699 participants c'est à dire plus que la saison 1 avec 36 615 et la saison 2 avec 28 600. On a donc 103 002  participants sur 3 saisons ce qui fait le 2ème MOOC universitaire de France en nombre d'inscriptions[58].

En 2015, l'institut international pour la francophonie propose un MOOC intitulé "La Francophonie : essence culturelle, nécessité politique"[59]

Cours proposés sur SILLAGES.info[modifier | modifier le code]

L'association SILLAGES.info a mis en ligne à ce jour 7 FLOT s'appuyant sur 1 000 ressources pédagogiques de niveau L0 à L2, l'ensemble totalisant à ce jour 1 000 000 de visites[60]. L’offre SILLAGES, publiée sous licence Creative Commons, s’articule autour de quatre plateformes interconnectées, libres d’accès :

  1. la première est un site de MOOC/FLOT, proposant 7 formations : bases de données relationnelles, programmation en Python pour débutants, grec ancien pour débutants, latin pour débutants, réviser l'algèbre, vers l'excellence professionnelle et enfin se former à l'égalité femmes-hommes, le premier MOOC/FLOT sur ce thème dans le monde, lancé début juin 2015 [61];
  2. la seconde est une plate-forme hébergée sur les serveurs de l’École polytechnique, offrant près de 1000 ressources pluridisciplinaires : cours, exercices, travaux pratiques, TIPE, contenu spécifique pour les candidats internationaux, conseils utiles aux étudiants ;
  3. SILLAGES.info s'appuie également sur un wiki hébergé sur les serveurs de l’ESSEC, comptant près de 200 articles pédagogiques pluridisciplinaires complémentaires ;
  4. il y a enfin une chaîne vidéo proposant notamment plus de 150 courtes vidéos d’expériences de physique-chimie ou de cours d’informatique.

Cours proposés par Pôle Emploi[modifier | modifier le code]

Depuis avril 2015, Pôle emploi propose quatre "MOOC pour l'emploi"[62] : "Construire son projet professionnel" ; "Organiser sa recherche d’emploi, trouver des offres qui me correspondent" ; "Réaliser un CV et une lettre de candidature" ; "Préparer un entretien d’embauche et ses relances employeurs"[63]. Au mois de mai, plus de 10 000 demandeurs d'emploi s'étaient inscrits sur ces MOOC[64] qui visent d'une part à faciliter la recherche d'emploi, en adéquation avec les offres du marché, d'autre part à faire gagner du temps pour l'échange entre le demandeur d'emploi et son conseiller, l'échange se faisant directement par internet. Des modules avec vidéos sont animés par Fabien Beltrame, responsable du département orientation professionnelle et formation à Pôle emploi[65].

Solutions indépendantes[modifier | modifier le code]

En septembre 2012, « Internet, tout y est Pour Apprendre » (ITyPA)[28] a été le tout premier MOOC français, sur l'apprentissage collaboratif. Il s'agit d'un MOOC connectiviste qui n'a pas délivré de certificat.

Le MOOC « ABC de la gestion de projet » de l'École centrale de Lille créé par Rémi Bachelet et une équipe de bénévoles est le premier MOOC en France à délivrer un certificat en cas de réussite. Il y a en fait trois MOOC avec des parcours et des certificats différents : classique, avancé, par équipe. Il regroupe 3 500 inscrits à son démarrage en avril 2013, pour des taux de réussite de 50 à 78 %, selon les certificats[66]. Deux sessions s'ouvrent chaque année depuis la première édition, de sorte qu'il reste le MOOC francophone en ayant proposé le plus, le MOOC GdP6 ouvrant en septembre 2015.

En mai et juin 2013, France Télévisions propose un MOOC sur la philosophie sur le site Francetv éducation. Il s'agit du premier MOOC français à destination des élèves du secondaire, pour réviser les notions au programme de philosophie du baccalauréat 2013[67],[68].

L'Université Lille 1 a proposé un MOOC Arithmétique : en route pour la cryptographie en octobre-novembre 2013 sur la plate-forme Canvas.

En novembre 2013, l'EMLYON a lancé la première édition de son MOOC sur l'effectuation, sur la plate-forme Unow.

En mai 2014, la France Business School a organisé son premier MOOC consacré à la pensée design (Design Thinking), hébergé sur une plate-forme dédiée : « MOOC Pensée Design »[69],[70].

De mai à juillet 2014, Grenoble École de management propose un MOOC intitulé «Penser Global»[71] sur le thème de la géopolitique, une des spécialités de l'école, sur la plate-forme Unow.

Au Québec[modifier | modifier le code]

En 2013, HEC Montréal lance la plate-forme EDUlib[23], créée pour mettre en place des CLOM en français. En mai 2013, le premier cours de cette plate-forme est lancé. Il s'agit de Problèmes et politiques économiques : les outils essentiels d'analyse, d'une durée de 6 semaines[72].

En 2014, la TÉLUQ a réalisé deux CLOM en français, sur la plateforme Open edX, l'un sur la conciliation travail-famille et l'autre sur l'Introduction à l'histoire politique du Québec. Les deux cours ont été diffusés du 24 octobre au 12 décembre 2014 et plus de 5000 étudiants s’y étaient inscrits[73].

En 2014, l'Université Laval annonce la création du MOOC « Développement Durable - Enjeux et trajectoire »[74], qui débutera en février 2015. Entièrement en ligne et gratuit, ce programme d'une durée de 7 semaines est le premier MOOC offert par l'Université Laval[75].

En 2015, l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a offert en mars un premier cours en ligne ouvert aux masses (CLOM) d'une durée de 5 semaines. Intitulé « La littératie financière et fiscale ouverte à tous », ce CLOM portant sur les finances personnelles et la fiscalité a été conçu par les professeurs Nicolas Boivin et Marc Bachand. Environ 6 400 personnes s'y sont inscrites. Outre ce premier cours, l’UQTR a lancé en novembre un deuxième CLOM portant sur la petite enfance. Intitulé « Jouer pour apprendre en petite enfance », le cours a été conçu par les professeurs Mathieu Point et Claude Dugas. À ce jour, plus de 7 500 personnes s’y sont inscrites provenant de plus de 60 pays[76].

En Suisse[modifier | modifier le code]

En octobre 2013 le MOOC Calvin - histoire et réception d'une Réforme est proposé par l'Université de Genève, Faculté autonome de théologie protestante sur Coursera, par Christophe Chalamet et plusieurs collaborateurs, et d'une durée de 5 semaines (cours en français, sous-titres anglais, 3 à 4 heures par semaine)[77].

Début 2013, l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) propose un cours intitulé Analyse Numérique pour Ingénieurs[78], d'une durée de 7 semaines. Le cours démarra le 18 février 2013 (4 à 6 heures par semaine). En septembre 2013, l'école proposa également le cours Introduction à la programmation orientée objet sur Coursera[79]. Les cinq premiers MOOC sont identiques pour les étudiants EPFL et l'audience en ligne. Il se conclut par un mini-projet d'algorithme imitant PageRank de Google.

En Israël[modifier | modifier le code]

En février 2014, le président de l'État d'Israël Shimon Peres a donné un cours en ligne ouvert et massif portant sur l'éducation civique avec une audience de 6 500 participants répartis dans 215 écoles, record homologué par le livre Guinness des records[80].

Au Maroc[modifier | modifier le code]

L'université Cadi Ayyad de Marrakech, début 2013, a mis en place un système de formation à distance en ligne et ouverte à tous, en filmant certains de ses cours et en les diffusant sur internet, afin d'en faire profiter le plus grand nombre d'étudiants en les diffusant sur les portails de l’université. Compte tenu de la difficulté liée à l’accès à l'éducation au Maroc, ceci répond à des besoins précis, notamment à améliorer la réussite des étudiants qui travaillent dans des classes bondées, et à optimiser la ressource professorale.[réf. nécessaire]

Plates-formes techniques[modifier | modifier le code]

Plates-formes issues des universités américaines[modifier | modifier le code]

OpenEdX est la plateforme de MOOC utilisée par le plus d'acteurs différents, dont le code est OpenSource

Alternatives[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, l'entreprise Instructure développe la plateforme Canvas, dont le code est OpenSource.

En Allemagne, la plate-forme Iversity est ouverte en octobre 2013 avec le soutien d'institutions fédérales et régionales, mais aussi de T-Venture, le fonds de capital-risque de la compagnie Deutsche Telekom et d'autres investisseurs. Elle dispense des cours en allemand et en anglais[81],[82].

La Commission européenne soutient le projet OpenUpEd porté par l’European Association of Distance Teaching Universities[83] avec l’Open University[84].

Plates-formes privées et cours en ligne payants[modifier | modifier le code]

Certification et problématiques économiques[modifier | modifier le code]

Certificats de complétion[modifier | modifier le code]

Le taux de réussite des (nombreux) étudiants inscrits est faible. Une autre étude réalisée par le MIT et Harvard indique que 5% seulement des inscrits vont jusqu'au bout de la formation et la valident ; 9% suivent plus de la moitié du cours, il y a donc un important décrochage qui survient surtout sur les deux premières semaines du cours et se stabilise par la suite[85]. Perte d'assiduité au cours, envie des participants de prendre connaissance du cours ou de certains modules spécifiques sans participer à son évaluation sont des raisons parmi d'autres pouvant expliquer le faible taux de réussite par rapport à un cursus classique en présentiel.

La reconnaissance des crédits universitaires entre en conflit avec le modèle économique de certaines plate-formes MOOC. Par exemple, le contrat utilisateur de Coursera interdit à l'étudiant d'utiliser son certificat dans le cadre des études dans une université, comme on l'a constaté dans une expérience à l'École Centrale de Lille[86], ce qui conduit à poser la question de la manière dont un MOOC peut être pris en compte dans un cursus : soit en payant Coursera, soit en intégrant le MOOC de manière indirecte.

Modèle économique des plates-formes[modifier | modifier le code]

Le freemium permet de conserver des cours en ligne gratuits mais monétiser l’obtention d’une certification, passée dans des centres d’examen agréés[87] ;

Critiques de ce type d'enseignement[modifier | modifier le code]

Les MOOC qui ont connu un grand essor en France en 2013 et dont le développement est fortement encouragé par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso[88] n'ont pas suscité uniquement une vague d'adhésion. Des critiques se font entendre dans les milieux universitaires et syndicaux. Les MOOC tiendraient plus du marketing académique que de la pédagogie numérique selon le sociologue Jérôme Valluy pour qui participer à un cours en ligne ouvert et massif d'une grande école ou université n'est qu'un « ersatz de prestations pédagogiques » et est loin d'avoir le même prestige qu'une formation en présentiel dans ces écoles : « Les certifications qu’elles délivrent ne valent pas, au regard des employeurs, les diplômes délivrés sur la base de formations principales ». L'objectif de réduction des coûts par la diffusion en ligne est également pointé et ne doit pas être le seul objectif au détriment de la qualité du contenu[89].

Certains craignent que le modèle économique des MOOC qui n'est pas encore abouti et rentable entraîne une privatisation partielle des cours et que la généralisation des cours en ligne (publics ou privés) aboutisse à une mise en concurrence exacerbée des facultés dans un contexte de restrictions budgétaires et d'autonomisation des universités[90]. L'accès différencié au numérique et à l'équipement informatique, l'appauvrissement de l'offre et de la qualité des cours, les problèmes pédagogiques ainsi que l'isolement des étudiants sont autant de sources d'inquiétudes souvent partagées par les détracteurs des MOOC[89],[91]. Ainsi, l’université de Cambridge estime qu’elle est très loin de considérer les MOOC comme des concurrents et pour l'université d'Oxford, les MOOC ne les poussent pas à changer quoi que ce soit, ajoutant que ces plateformes n’ont rien de révolutionnaire[92].

Annie Vinokur, Professeur émérite de sciences économique à l'Université de Paris-Ouest-Nanterre, indique que le développement des MOOC dans les années 2010 est concomitant de la hausse des frais de scolarité dans les universités américaines qui perdent ainsi des étudiants, et par extension de l'argent, au profit des universités publiques (+ 53 % en 2011). Annie Vinokur précise par ailleurs à propos du modèle économique : « Le modèle financier est du type « à deux versants » : d’un côté la gratuité du produit d’appel et de l’autre la promesse de ressources qui proviendraient des premiums (comme la certification payante ou des services annexes), des contrats avec les fournisseurs de manuels en ligne, de la publicité, de la vente aux entreprises d'information sur les participants, du placement des étudiants, etc.). Pour les universités qui souhaitent confier leurs cours à une plate-forme le coût d’entrée est élevé (le coût moyen d’hébergement sur une plate-forme for profit américaine était en 2012 de 50 000 $ par cours), contre la promesse d’une fraction des revenus nets (20 % en moyenne chez Coursera à la même date). »[93].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Gilliot, « Les Cours en ligne ouverts et massifs, explication en français par Stephen Downes », blog: Techniques innovantes pour l'enseignement supérieur,‎ (consulté le 30 mars 2013).
  2. « Dossier : Universités en lignes - Des formations gratuites et en accès libre sur Internet », Pour la Science no 431, p. 34, septembre 2013.
  3. a et b CLOM est l'acronyme d'usage en français pour « Cours en Ligne Ouverts et Massifs » Journal officiel du 21 septembre 2013.
  4. « Dossier : Universités en lignes - Cours en ligne pour étudiants du monde entier », Pour la Science no 431, p. 42, septembre 2013.
  5. « Larousse, Robert: "selfie", "bolos", "crudivore", les nouveaux mots des dictionnaires 2016 », sur France Soir,‎ (consulté le 18 mai 2015)
  6. « France Université Numérique, enjeux et définition », sur France Université Numérique (consulté le 6 février 2014).
  7. Jean-Marie Gilliot, « différents types de MOOC », Blog : Techniques innovantes pour l'enseignement supérieur,‎ (consulté le 30 mars 2013).
  8. Matthieu Cisel, Éric Bruillard, « Chronique des MOOC », revue STICEF (consulté le 30 mars 2013).
  9. Kaplan Andreas M., Haenlein Michael (2016) Higher education and the digital revolution: About MOOCs, SPOCs, social media, and the Cookie Monster, Business Horizons, Volume 59. .
  10. (en) proposition.
  11. (en) MOOCs are really a platform.
  12. Tableau dérivé d'une synthèse de « What is the theory that underpins our moocs? » traduite dans le blog de Jean-Marie Gilliot.
  13. (en) Three Kinds of MOOCs  Lisa Online Teaching Blog.
  14. Michèle Drechsler, « Un CLOM autour des ressources libres », association CIIP,‎ (consulté le 28 novembre 2015)
  15. Tahiri.J; Bennani.S; Khalidi Idrissi.M, « MOOC... Un espace de travail collaboratif mature : Enjeux du taux de réussite », Laboratoire de Recherche en Informatique et Education, Ecole Mohammadia d’Ingénieurs (consulté le 28 novembre 2015)
  16. Roselle.M, [http:sticef.univ-lemans.fr/num/vol2012/15r-rosselle/sticef_2012_rosselle_15r.htm/ « Observation de deux MOOC (Gamification et Writing in the Sciences) et pistes de recherche »], Revue Sticef.org,‎ (consulté le 28 novembre 2015)
  17. Salaün.Jean-Michel, « Quelques leçons du Mooc #Archinfo 2015 (2. Open) », hypothèse.org,‎ 17juillet 2015 (consulté le 28 novembre 2015)
  18. Bachelet.Remy, « La scénarisation pédagogiques des Moocs », École Centrale de Lille,‎ (consulté le 28 novembre 2015)
  19. (en) Lindsey Smith, « 5 education providers offering MOOCs now or in the future », Education Dive,‎ (consulté le 30 mars 2013).
  20. « Une start-up américaine rend les MOOCs à la portée de toutes les universités », Les Bulletins électroniques des ambassades de France,‎ (consulté le 30 mars 2013).
  21. http://le-capital-humain.net/blog-moodle/2013/08/moodle-dans-les-starting-blocs-des-mooc/
  22. (en) UvA.
  23. a et b Edulib.
  24. (en) « site de OpenMOOC » (consulté le 30 mars 2013).
  25. (en) « Stanford Makes Open Source Platform, Class2Go, Available to All », openculture.com,‎ (consulté le 30 mars 2013).
  26. code-source d'EdX
  27. http://www.claroline.net/
  28. a et b Internet, tout y est Pour Apprendre (ITyPA)
  29. Rémi Bachelet, « D’une édition à l’autre - Innovations et chiffres des MOOC GdP successifs »,‎ (consulté le 18 octobre 2015)
  30. a et b « Nos cours », sur openclassrooms.com (consulté le 22 septembre 2015)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Oliveri, Apprendre en ligne. Quel avenir pour le phénomène MOOC ?, Paris, L'Harmattan, 2016.
  • Gilles Daïd et Pascal Nguyên, Guide pratique des Mooc, Eyrolles, novembre 2014, broché, 186 p. (ISBN 978-2-212-56040-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]