Mony Elkaïm

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Mony Elkaïm
Image dans Infobox.
Mony Elkaïm en 2014
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour

Mony Elkaïm, né à Marrakech le et mort à Bruxelles le , est un psychiatre et psychothérapeute. Il est l’une des principales figures de la thérapie familiale. Il a été l'un des fers de lance du mouvement de l'antipsychiatrie en Europe dans les années 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mony Elkaïm nait dans une famille juive marocaine[1]. Il fait ses études de médecine à l'université libre de Bruxelles, et se forme en neuropsychiatrie. Il participe en tant qu'enseignant aux événements de mai 1968 à Bruxelles[2], puis il fait un postdoctorat en psychiatrie sociale et communautaire à l'Albert Einstein College of Medicine. En 1993, il est nommé professeur à l’Université libre de Bruxelles[3]. De 1989 à 2014, Mony Elkaïm est consultant au département de psychiatrie de l’Hôpital Érasme et responsable médical de la consultation de psychothérapie de couple et de famille dans ce cadre.

Il meurt à Bruxelles le [4],[5],[6].

Activités professionnelles et institutionnelles[modifier | modifier le code]

Interventions en ghetto urbain[modifier | modifier le code]

Il a dirigé un centre de santé mentale dans le Bronx, à New-York, centre dépendant de l’Albert Einstein College of Medicine[7]. Il a fondé en 1973 le Lincoln Family Therapy Training Program. Cette école de thérapie familiale préparait les professionnels de la santé mentale l'intervention dans le contexte du ghetto urbain. Cet enseignement donnait droit à un certain nombre de crédits décernés par la New-York University et était sanctionné par un diplôme décerné par l’Albert Einstein College of Medicine, department of Psychiatry[7]. En , il organise à New-York une conférence nationale sur le thème Training family therapists for the urban ghetto[7].

Engagement anti-psychiatrique[modifier | modifier le code]

Mony Elkaïm organise, avec l’aide des membres de la Gerbe, en , à Bruxelles, une rencontre internationale sur le thème « l’Alternative au secteur psychiatrique », à laquelle participent notamment Giovanni Jervis, Félix Guattari et Robert Castel, avec lesquels il coordonne un réseau tentant des solutions alternatives dans le champ de la santé mentale[8],[7], s'inscrivant dans la mouvance antipsychiatrique[9]. Les rencontres de ce réseau, que rejoindront David Cooper et Ronald Laing, se tiendront les années suivantes à Paris, à Cuernavaca, à Trieste et à San-Francisco[10],[11]. Les travaux des membres de ce réseau auront un impact sur les pratiques en santé mentale[7].

Thérapie familiale[modifier | modifier le code]

En , il participe à la création et prend la direction de l'Institut d’études de la famille et des systèmes humains (IEFSH) à Bruxelles[12],[13]. En , il fonde les Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, publiée par les éditions De Boeck Université[7].

Activités institutionnelles[modifier | modifier le code]

Il est nommé le président de l’European Family Therapy Association qu’il contribue à fonder. Il préside cette association jusqu’en 2001. Il devient en 1991 Approved Supervisor under the Founders Track de l’American Association for Marriage and Family Therapy. En 1994, il est reconnu Clinical Member under the Founders Method de l’American Association for Marriage and Family Therapy. En 2007, il devient président de l’European Association for Psychotherapy dont le siège se trouve à Vienne et fonde avec son fils Michaël, la S.A.R.L. Elkaïm Formations. En 2008, il est nommé membre d'honneur de l’Association psychiatrique polonaise. Il est directeur de l’Institut d’études de la famille et des systèmes humains (Bruxelles)[12],[13]. À partir de , il est consultant au département de psychiatrie de l'hôpital Érasme.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Réseau Alternative à la psychiatrie, textes recueillis par Mony Elkaïm, Paris, UGE, 1977.
  • Formations et pratiques en thérapie familiale, sous la direction de Mony Elkaïm, Paris, Éditions ESF, 1985.
  • Les pratiques de réseaux : santé mentale et contexte social, sous la direction de Mony Elkaïm, Paris, ESF, 1987.
  • Si tu m’aimes, ne m’aime pas. Approche systémique et psychothérapie, Paris, Le Seuil, 1989 (traduit en allemand, anglais, arabe, danois, espagnol, grec, italien, portugais, serbo-croate et suédois).
  • La thérapie familiale en changement, sous la direction de Mony Elkaïm, Paris, Les Empêcheurs de Penser en Rond, 1994.
  • Panorama des thérapies familiales, sous la direction de Mony Elkaïm, Paris, Le Seuil, Paris.
  • À quel psy se vouer ? Psychanalyses, psychothérapies : les principales approches, sous la direction de Mony Elkaïm, Paris, Le Seuil, 2003.
  • Comment survivre à sa propre famille ?, Mony Elkaïm avec le concours de Caroline Glorion, Paris, Le Seuil, 2006.
  • Comprendre et traiter la souffrance psychique, sous la direction de Mony Elkaïm, Paris, Le Seuil, 2007.
  • Entre résilience et résonance. À l’écoute des émotions, Boris Cyrulnik et Mony Elkaïm, sous la direction de Michel Maestre, Paris, Fabert, 2009.
  • Où es-tu quand je te parle?, Paris, Le Seuil, 2014.
  • Vivre en couple. Plaidoyer pour une stratégie du pire, Coll. Philo.Gener., Paris, Le Seuil, 2017.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2000 : membre d'honneur de l'Association of Psychology and Psychiatry for Adults and Children.
  • 2001 : Award for outstanding contribution to the field of family therapy, de l'European Family Therapy Association[14].
  • 2013 : Award for a Lifetime Achievement in the Field of Family Therapy[14] et Award for an outstanding contribution to the founding and development of EFTA[14]
  • 2017 : prix Sigmund Freud de psychothérapie de Vienne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Mony », sur CCLJ - Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind, (consulté le )
  2. "C'était au temps où Bruxelles contestait." de Serge Govaert De Boeck Supérieur, 1990
  3. « Mony Elkaïm », sur psychologies.com (consulté le ).
  4. [hommage] Edith Goldbeter, « Hommage à Mony Elkaïm, pionnier du champ des thérapies familiales », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. Institut de formation systémique Montpellier Bruxelles
  6. « Mony Elkaïm nous a quittés », sur CCLJ - Centre communautaire laïc juif David Susskind, (consulté le )
  7. a b c d e et f (en) Maria Borcsa et Peter Stratton, Origins and Originality in Family Therapy and Systemic Practice, Springer, , 82–92 p. (ISBN 978-3-319-39061-1, lire en ligne), « From Networks to Resonance: The Life Journey of a Family Therapist »
  8. « Pour une alternative au secteur », in Recherches, no 17, mars 1975, Paris
  9. "Réseau - Alternative à la Psychiatrie", Textes recueillis par Mony Elkaïm, Union générale d'Éditions, 1977, Paris
  10. En collaboration avec Robert Castel, "Exposé introductif à la troisième rencontre du réseau international « Alternative à la Psychiatrie »", Trieste 1977 "in" "Psychologie und Gesellschaftskritik", no 6/7, 1975, Göttingen. Traduction en italien parue dans "La regione degli altri" a cura di Luigi Onnis e Giudetta Lo Russo, Savelli, Roma, mai 1979
  11. "Antispychiatria y Politica, Basaglia, Cooper, Elkaïm, Guattari, Langer, Monsivais" sous la direction de Sylvia Marcos, Editorial Extemporaneos, Mexico, 1980
  12. a et b http://www.guidesocial.be/iefsh/page.php?page=3&ch=3
  13. a et b "Systèmes, éthique, perspectives en thérapie familiale" de Bernard Prieur, Esf Éditeur, 1991, p. 158
  14. a b et c Membership Directory of EFTA; February 2015, page 12, "EFTA Awards"

Liens externes[modifier | modifier le code]