Mémorial du martyr (Alger)

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Mémorial du martyr
مقام الشهيد
Alger Memorial-du-Martyr IMG 1160.JPG
Présentation
Type
Architecte
Bachir Yellès (conception artistique)
Sociétés Fitzpatrick et Lavalin (construction)
Matériau
Construction
Géographie
Pays
Ville
Localisation
Coordonnées
Localisation sur la carte d’Alger
voir sur la carte d’Alger
Red pog.svg

Le Mémorial du martyr, Sanctuaire du martyr ou Maqam E’chahid (en arabe : مقام الشهيد) est un monument aux morts surplombant la ville d'Alger, érigé en 1982 à l'occasion du 20e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie (5 juillet 1962), en mémoire des chahids, les combattants de la guerre d'indépendance algérienne morts pour la libération du pays.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le Mémorial du martyr est situé sur les hauteurs d'Alger, dans la commune d'El Madania, à l'ouest du Bois des arcades, à l'est de la cité Diar el Mahçoul et au nord de l'esplanade du centre commercial Riadh El Feth. Il surplombe le quartier du Hamma (commune de Belouizdad) et le Jardin d'essai au nord.

Le monument a été élevé sur l'emplacement d'un ancien fort militaire[1].

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Description[modifier | modifier le code]

Le monument, d'une hauteur de 92 mètres[2],[3], construit selon une maquette de l’artiste peintre Bachir Yellès qui a imaginé trois palmes stylisées représentant les trois « révolutions culturelle, agraire et industrielle »[2], ou devant symboliser trois périodes de l'histoire de l'Algérie : la résistance à l'occupation et la colonisation, la guerre de libération nationale, le présent et le futur du pays[4], est composé de trois feuilles de palmier qui se rejoignent à mi-hauteur (47 mètres), d'une tourelle de style islamique d'un diamètre de 10 mètres, d'une hauteur de 25 mètres et surmontée d'un dôme de mosquée de 6 mètres[5]

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Une grande statue monte la garde à la base de chaque feuille de palmier : la première représente un moudjahid (maquisard) de l'ALN de l'intérieur, la deuxième représente un soldat de l'ALN des frontières, et la troisième représente un soldat de l’ANP, l'armée algérienne actuelle[6].

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Construction[modifier | modifier le code]

Le projet de construire un mémorial en mémoire des chahids de la guerre d'indépendance algérienne est à l'origine une idée du président Houari Boumédiène. Sa réalisation se fera cependant sous la présidence de Chadli Bendjedid, son successeur, à Alger.

Ce monument en béton a été construit par la société canadienne Fitzpatrick et conçu par son homologue Lavalin[7], d'après une maquette réalisée à l'École des beaux-arts d'Alger sous la direction de l'artiste algérien Bachir Yellès. Le chantier n'a duré que 9 mois durant l'année 1982.

La société Lavalin est chargée des études et de la construction du monument. Y participent également le peintre Bachir Yellès, le calligraphe Abdelhamid Skander et le sculpteur polonais Marian Konieczny[4].

La réalisation de l'ouvrage est un véritable défi technologique en raison des contraintes inhérentes à la géométrie de l'ensemble, en particulier la courbure des palmes, à la situation du site au bord d'une falaise abrupte et à la forte sismicité de la région. Pierre Lamarre, directeur de l'ingénierie et de la conception structurale, Claude Naud, expert en planification et en méthodes de construction, de concert avec Bachir Yellès, imaginent une solution qui se révèle décisive et innovante. On fait reposer les palmes sur des rotules, et le bétonnage est réalisé à la verticale jusqu'à une hauteur de 50 mètres. Dans un second temps, on les fait basculer jusqu'à se rejoindre, pour enfin continuer le bétonnage jusqu'au sommet.

Neuf mois (du au ) auront été nécessaires à l'édification de cette œuvre architecturale. Le monument est inauguré par le président de l'époque, Chadli Bendjedid, en .

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Représentation[modifier | modifier le code]

Le Mémorial du martyr est représenté sur le recto du premier billet de 200 dinars algériens.

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Transports[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Alcaraz, « la mise en scène de la mémoire officielle de la guerre d’indépendance algérienne au maqam-al-chahîd à Alger »; dans l'ouvrage collectif Les morts de guerre (sous la direction de Nadine Picaudou, Pierre Vermeren, Raphaëlle Branche), Paris, publications de la Sorbonne, 2013, p. 21-47 (ISBN 978-2-85944-722-9) (Présentation en ligne)

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Labourdette et Marie-Hélène Martin, Le Petit Futé Algérie 2009-2010, Nouvelles éditions de l'université, p. 237.
  2. a et b « Makam Ecchahid, histoire d’un monument », sur le site internet du magazine Bab Edd'Art (consulté le 12 novembre 2016).
  3. Emmanuel Alcaraz, Autour des morts de guerre : Maghreb - Moyen-Orient, Paris, Publications de la Sorbonne, (ISBN 9782859447229, lire en ligne), « La mise en scène de la mémoire nationale (De la guerre d’indépendance algérienne au maqam al-chahid d’Alger) », p. 21-45.
  4. a et b Bachir Yelles, « Ancrage d'une mémoire », Musée national des Beaux-Arts d'Alger, juin 2009 (extrait en ligne).
  5. [PDF] Giry Florence, « L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie », sur le site de l'académie d'Orléans-Tours (consulté le 12 novembre 2016), p. 24.
  6. Pierre Vermeren, Autour des morts de guerre: Maghreb - Moyen-Orient, Publications de la Sorbonne, 2014 [1]
  7. « Importante réalisation à Alger », Lavalin Magazine, août-septembre 1982.