Monument La Barre

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Monument La Barre
La Barre.jpg

Monument La Barre à Abbeville

Présentation
Type
monument commémoratif
Construction
Destination initiale
Commémoration du supplice du chevalier de La Barre
Destination actuelle
Commémoration du supplice du chevalier de La Barre
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Localisation
Coordonnées

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Le monument La Barre est un monument laïque qui se situe à Abbeville (Somme), près de la gare, à côté du pont sur le canal de la Somme. Érigé en 1907, par souscription publique, en commémoration du supplice du chevalier de La Barre, condamné et exécuté à Abbeville, en 1766, pour ne pas avoir salué une procession religieuse. Le monument La Barre est encore aujourd'hui un point de ralliement annuel des défenseurs de la laïcité et des libres-penseurs.

Le Chevalier de La Barre[modifier | modifier le code]

Le supplice[modifier | modifier le code]

1er juillet 1766, à Abbeville, un jeune homme de 18 ans, le chevalier de La Barre était décapité pour avoir manqué de respect envers la religion. En application de la loi, la justice le condamne à avoir les os broyés jusqu'à ce qu'il avoue son crime et dénonce ses complices, la main droite et la langue arrachées, la tête coupée et les cendres jetés au vent.

Les trois principaux "attendus" du jugement disaient qu'il avait été "atteint et convaincu d'avoir passé à vingt-cinq pas d'une procession sans ôter son chapeau qu'il avait sur sa tête, sans se mettre à genoux, d'avoir chanté une chanson impie, d'avoir rendu le respect à des livres infâmes au nombre desquels se trouvait le dictionnaire philosophique du sieur Voltaire".

Un symbole[modifier | modifier le code]

Après la chute de la monarchie, la Convention nationale du 25 Brumaire an II (15 novembre 1793) réhabilitait la mémoire du chevalier en tant que "victime de la superstition".

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe s., avec le combat pour l'école publique et la laïcité des institutions, qui aboutit en 1905 à la Loi de Séparation des Églises et de l'État, le chevalier de La Barre est devenu le symbole du combat contre le cléricalisme.

En 1904, le Conseil Municipal de Paris récupère 5000 m² de terrain détenus indûment par l'Archevêché et décide d'ériger à cet endroit, dans l'axe du grand portail du Sacré-Cœur, une statue de La Barre. Cette statue, sculptée par Armand Bloch, est inaugurée le 3 septembre 1905 par 25 000 manifestants. Elle fut enlevée et fondue en 1941 par Vichy. Il faudra attendre soixante ans pour qu'une nouvelle statue soit érigée en remplacement, non loin de l'emplacement initial, square Nadar.

Le Monument La Barre[modifier | modifier le code]

En 1902, deux professeurs et deux élèves du lycée d'Abbeville fondent le Groupe La Barre et décident de faire revivre la mémoire du chevalier. Ils déposent le 14 juillet un bouquet à l'endroit du supplice. La Municipalité le fait enlever aussitôt

Cette initiative sera poursuivie les années suivantes et culminera le 7 juillet 1907 avec l'inauguration du Monument La Barre, par 15 000 manifestants venus à Abbeville par trains entiers, monument financé par une souscription volontaire de 100 000 billets de tombola à 25 centimes. Le monument a la forme d'une colonne biseautée, sur laquelle est gravée l'inscription suivante : "Monument élevé par le Prolétariat à l'Émancipation intégrale de la Pensée humaine".

Une plaque de bronze y est insérée et représente les tortures infligées au chevalier. Sous cette plaque, on peut lire "En commémoration du Martyre du Chevalier de La Barre supplicié à Abbeville le 1er Juillet 1766 à l'âge de 19 ans pour avoir omis de saluer une procession." À la base est inscrite la date de l'inauguration : « 7 Juillet 1907 »

.Pendant la Première Guerre mondiale, la plaque de bronze fut enlevée, chargée dans un train pour être fondue. Mais un cheminot la cacha dans un ruisseau, où elle fut récupérée après la guerre.

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La « manifestation La Barre »[modifier | modifier le code]

En juillet 1903, pour poursuivre le geste de 1902, une cinquantaine de personnes déposent une gerbe, qui est elle aussi ôtée immédiatement par la municipalité.

En 1904, pour la première fois, les organisations ouvrières du Vimeu, musique en tête, s'associent à la Manifestation. Un millier de personnes rendent hommage à la victime de l'intolérance religieuse. Le cadre de la « Manifestation La Barre » est désormais fixé et perdure jusqu'à aujourd'hui. À partir de 1907, le point de départ de la Manifestation se fait du Monument La Barre et rallie la place du supplice, près de l'hôtel de ville. Pendant une soixantaine d'années, elle sera à la fois un rendez-vous annuel de libres-penseurs, parfois venus de très loin, et la manifestation départementale du mouvement ouvrier organisé et des associations laïques : en 1963 une vingtaine d'organisations - partis politiques et syndicats ouvriers - prennent part à la Manifestation.

En 1986, la Libre pensée décide de donner de l'importance à la commémoration du 220e anniversaire du supplice de La Barre. Grâce à cette impulsion, la Manifestation La Barre est redevenu un rassemblement laïque exemplaire.

Vandalisme[modifier | modifier le code]

Le Monument La Barre a été vandalisé à plusieurs reprises. Le dernier acte de vandalisme date du 22 juin 2013[1]. Deux croix et un cœur surmonté d'une croix, emblème de l'institut Civitas, ont été dessinées à la peinture noire.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]