Montirat (Tarn)

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Montirat
Montirat (Tarn)
Montirat : le bourg.
Blason de Montirat
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Tarn
Arrondissement Albi
Intercommunalité Communauté de communes Carmausin-Ségala
Maire
Mandat
Xavier Ichard
2020-2026
Code postal 81190
Code commune 81180
Démographie
Population
municipale
249 hab. (2017 en diminution de 7,09 % par rapport à 2012)
Densité hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 09′ 36″ nord, 2° 06′ 12″ est
Altitude 380 m
Min. 170 m
Max. 516 m
Superficie 27,78 km2
Élections
Départementales Canton de Carmaux-2 Vallée du Cérou
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Montirat

Montirat est une commune française située dans le département du Tarn, en région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune se situe dans le nord du département du Tarn, à 23 km au sud de Villefranche-de-Rouergue et à 24 km au nord d'Albi. Elle est limitrophe du département de l'Aveyron.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Des cathares aux guerres de religion[modifier | modifier le code]

Lagarde-Viaur dans son décor théâtral à mi-flanc des pentes du Viaur a toujours été le village le plus peuplé de la commune de Montirat[2]. Dans cette commune, deux passages permettaient autrefois de traverser le Viaur et de communiquer avec le Rouergue voisin : la Vicasse dans la paroisse de Canezac et la Nicouse, près de Lagarde-Viaur. C’est ce rôle de poste-frontière à la limite de deux provinces qui explique sans doute le développement relativement important du village de Lagarde. Au XVIIIe siècle, il n'existait pas encore de pont et la traversée s’y faisait au moyen d'un bac. Après une passerelle de bois en 1860, un pont de pierre y sera construit en 1875.

La croisade des Albigeois au XIIIe siècle n'a pas épargné la région qui était atteinte en profondeur par le catharisme comme le montrent les registres de l'Inquisition qui sévit après le traité de Paris contre les Parfaits ou les sympathisants cathares de la région de Cordes et de Najac. Montirat et Lagarde subirent les conséquences de la croisade : le , une sentence arbitrale terminait un différend existant entre l'évêque d'Albi et le comte Raymond VII de Toulouse, au sujet de leurs droits respectifs sur les châteaux de Montirat, Monestiès et Virac. En échange de la renonciation de l'évêque à ses droits sur Virac, le comte lui cédait sous réserve de l'hommage le château et la terre de Montirat. Saure et Béatrix, les deux filles de Géraud de Cadoule qui possédait Lagarde-Viaur, avaient épousé respectivement vers 1230 Ozil de Morlhon et Pons de Saint-Privat. Ozil de Morlhon, déjà dépouillé de ses biens en 1214 par Simon de Montfort, les avait recouvrés après les victoires de Raymond VII mais, suspect d'hérésie, il dut se dessaisir d'une partie importante de ses terres en Rouergue au profit de l'évêque de Rodez et vit ses possessions de l'Albigeois, dont Lagarde-Viaur qui lui venait de son épouse, confisquées par l'évêque d'Albi pour crime d'hérésie. À la suite de l'échange de 1232 et de cette confiscation, quasiment toute la communauté de Montirat se trouva relever du point de vue temporel de l'évêque d'Albi. Un accord intervint en 1282 entre ce dernier et le roi de France Philippe III le Hardi, confirmant pour l'évêque la possession de Montirat et de Lagarde-Viaur.

À partir de 1348, la terrible épidémie de peste noire fit plus que décimer la vallée du Viaur.

En 1360, le traité de Brétigny donnait le Rouergue au roi d'Angleterre, l'Albigeois restant au roi de France. La vallée du Viaur devenait la frontière des possessions des deux souverains. Elle se couvrit alors de châteaux et de lieux fortifiés : Thuriès, Mirandol, Lagarde-Viaur, Laguépie entre autres.

Au début du XVe siècle, ce sont les compagnies de routiers qui dévastent la région, attirées par un conflit mettant aux prises deux candidats à l'évêché d'Albi : Robert Dauphin et Bernard de Casilhac, ce dernier soutenu par les seigneurs locaux qui s'emparent en 1436 de Montirat et y placent comme capitaine Flotard de Bar. Robert Dauphin avait pris à son service le mercenaire Rodrigue de Villandrando qui, à titre de représailles, met à feu et à sang la terre de Bar et Guillaume dit Guillot d'Estaing, sénéchal de Rouergue assiège Montirat et l'emporte d'assaut le après 3 jours de siège[3].

Dès le début du XVIe siècle, la vallée est à nouveau entièrement repeuplée et c’est sans doute de cette époque de prospérité entre 1500 et 1550 que date la construction de l’église de Lagarde-Viaur.

Mais la deuxième moitié du siècle voit à nouveau s'abattre les épreuves avec les guerres religieuses entre catholiques et protestants. Hormis quelques seigneurs locaux comme celui de Laguépie, la quasi-totalité de la vallée du Viaur reste catholique mais ceci ne l'empêche pas de servir de champ de bataille aux affrontements entre les bandes armées des deux camps.

En 1570, Lagarde-Viaur possède une garnison de trente hommes d'armes commandée par le capitaine de Roquefeuil seigneur de la Salle. En 1581, les protestants s'emparent de la ville et le capitaine catholique La Valette de Cornusson vient y mettre le siège, la reprenant et passant au fil de l'épée tous ses défenseurs. En 1595, Montirat et Lagarde sont détachées de la Ligue et reçoivent une garnison royaliste. C’est l’Édit de Nantes en 1598 qui ramène la paix dans la vallée du Viaur comme dans le reste du pays.

La baronnie de Montirat[modifier | modifier le code]

Les guerres religieuses avaient mis à forte contribution l'évêque d'Albi contraint d'entretenir une nombreuse armée pour combattre les protestants de son diocèse. Pour se procurer les ressources nécessaires à leur entretien, il dut vendre une partie de ces domaines. Et c'est ainsi qu'en 1565 et 1572 le cardinal Strozzi avait cédé - avec cependant une clause de rachat - les seigneuries de Lagarde-Viaur et de Montirat à un riche marchand du lieu, Guillaume Ginestel.

Grâce à cet achat, les Ginestel devinrent durant quelques années seigneurs de Montirat et Lagarde-Viaur, s'intitulant « barons de Montirat et vicomtes de Lagarde-Viaur ». Guillaume Ginestel s'attribua même la particule et devint Guillaume de Ginestel. Très riche, il possédait une dizaine de métairies dans la communauté de Montirat et dans celle voisine de Saint-André en Rouergue. Cependant, lorsque la situation financière de l'évêque d'Albi se fut rétablie, celui-ci voulut faire jouer la clause de rachat associée à l'acte de vente mais Guillaume de Ginestel fit des difficultés pour se dessaisir de ses acquisitions. En 1580, Jean Bories, procureur de l'évêque Julien de Médicis requiert Guillaume de remettre à l'évêque les deux seigneuries. Guillaume étant absent, son fils Bernard répond qu'il a toujours vu jouir son père de ces terres depuis sept ou huit ans. En 1581, les seigneuries sont officiellement réincorporées au domaine temporel de l'évêché d'Albi mais les Ginestel poursuivent la procédure et obtiennent un arrêt du Grand Conseil à Paris en leur faveur. L'affaire se complique par l'entrée en lice d'une autre famille, les du Maine, barons quercinois, qui en raison de dettes des Ginestel à leur égard se retrouvent possesseurs de droits sur ces seigneuries. En 1644, lors de l'établissement du nouveau cadastre de Montirat, François du Maine sera encore le propriétaire du moulin de Lagarde-Viaur. Les Ginestel semblent avoir définitivement renoncé à leurs prétentions sur Lagarde en 1609/1610. Il faut dire qu’avec le partage de la fortune de Guillaume de Ginestel à sa mort en 1589 entre ses six fils, la puissance de la famille s'était bien amoindrie. Les Ginestel continueront de porter des titres d’apparence nobiliaire, mais ce sera désormais du nom de leurs diverses métairies : pour la branche aînée sieurs de Granouillet, Narthoux et la Combarie, pour les branches cadettes sieurs de Caylusset, Laval, Brésil, Rougeyres ou Bournens. Au cours du XVIIe siècle, les seigneuries de Montirat et Lagarde-Viaur seront une nouvelle fois vendues sans doute vers 1645, cette fois au seigneur de Trévien, Bernard de Castelpers. Mais une nouvelle fois cette aliénation à un seigneur laïc fut éphémère : le fils de l'acquéreur, Charles de Castelpers, revendit le à l'évêque d'Albi Gaspard de Daillon du Lude les deux seigneuries. En 1688, un accord intervint entre Isabeau de Maran, veuve de Charles de Castelpers et Henri de Daillon du Lude, neveu et héritier de l'évêque, concernant les rentes qui grevaient les seigneuries vendues. À la suite des péripéties judiciaires consécutives au testament de l'évêque Gaspard de Daillon du Lude qui avait fait héritier son neveu Henri, les seigneuries de Montirat et Lagarde-Viaur restèrent unies au domaine temporel de l'archevêché d'Albi mais les fiefs de niveau inférieur demeurèrent entre les mains de l'héritier désigné, Henri de Daillon du Lude. De celui-ci grand-maître de l'Artillerie de France, ces fiefs passèrent à son légataire Gaspard Ducrot puis à l'héritière de ce dernier, Louise de Salvan, qui épousa Antoine de Montserrat, conseiller au Parlement de Toulouse. Sans enfant de son mariage, Louise de Salvan fit héritière sa cousine Catherine de Fonvieille en faveur de qui ces différents fiefs, furent reconnus en 1743 et 1744 devant Jean Ayme, notaire de Lagarde-Viaur.

La viguerie de Lagarde-Viaur[modifier | modifier le code]

Sur le plan judiciaire, le village de Lagarde-Viaur était le siège d'une viguerie et la résidence d'un viguier qui y rendait la justice au nom de l’évêque d’Albi, seigneur du lieu. La juridiction associée s'étendait sur l'ensemble de la communauté de Montirat, mais débordait également en Rouergue, car elle comprenait les hameaux de la Marsalarie, de la Nicouse et de la Capélanie situés dans la paroisse de Saint-André-de-Najac. Il s'agissait d'une justice créée par l'évêque d'Albi pour ces territoires excentrés à une époque que nous ignorons, bien avant la fin du XVIe siècle. Cette viguerie fit vivre dans le village de Lagarde-Viaur jusqu’à la fin du XVIIIe siècle un ensemble de professionnels de la justice : en dehors du viguier lui-même, appelé aussi parfois juge, on rencontrait un procureur juridictionnel, un greffier, un ou plusieurs avocats, un sergent, deux ou trois huissiers. Quelles étaient les principales affaires traitées devant le viguier de Lagarde-Viaur ? On relève dans les registres judiciaires conservés seulement à partir de 1771 : des injures parfois accompagnées de coups, des bruits nocturnes avec violences, des vols de châtaignes, de pommes de terre ou de fruits, des rébellions à des séquestres, des diffamations, des passages sur des propriétés privées, un incendie volontaire, une destruction de porte, un vol de pierres et enfin à plusieurs reprises le délit pour lequel fut poursuivi et emprisonné à Lagarde en 1766 Bernard-François Balssa, le père d’Honoré de Balzac, délit appelé gravidation, ingravidation ou défloration, c’est-à-dire la séduction d’une jeune fille devenue par la suite enceinte.

Le viguier de Lagarde-Viaur au début du XVIIIe siècle était Simon Tranier (1658-1728) d'abord avocat, marié deux fois dans la noblesse, avec la quercinoise Jeanne de Laborie de Bosredon d'abord, avec Anne de Bouzat, de Pampelonne ensuite. Il fut le grand-père d'un autre Simon Tranier, dit de Candour (1705-1786) qui, de son épouse Jeanne Balard, eut deux fils et deux filles. L'aîné des garçons, Jean-Louis Candour (1743-1816), sera un des premiers maires de la commune de Saint-André-de-Najac, durant la Révolution, sous le seul nom de Candour. Un fils de ce Jean-Louis Candour, Gabriel Marie Bernard Candour (1777-1860), jouera un rôle important dans l’affaire Balssa, affaire qui conduira à la guillotine en 1819 un oncle d’Honoré de Balzac sans doute innocent.

Le rôle judiciaire important de Lagarde-Viaur y favorisa sans doute l’installation d’études notariales. Nous connaissons depuis le XVIe siècle le nom de plusieurs de ces notaires, certains ayant instrumenté simultanément : Cabady, Desever, Blanc, Tranier, Miquel, Malier, Degua (avec trois notaires de ce nom : François à partir de 1630 environ, son fils Nicolas et son petit-fils Pierre, mort en 1731), Massotier, Ayme et à partir de 1770 environ et jusqu’à la fin du XIXe siècle la dynastie de notaires Gardès.

L’organisation religieuse[modifier | modifier le code]

Au niveau religieux, la communauté de Montirat englobait le siège de six paroisses : Saint-Martin de Canezac, Saint-Jacques de Montirat, Saint-Michel-de-Darnis, Saint-Thomas de Lagarde-Viaur, Saint-Christophe et Saint-Dalmaze mais les limites de ces paroisses ne correspondaient pas exactement à celles de la communauté. Par exemple le village de la Borie de Lézan bien que rattaché à la communauté de Montirat dépendait de la paroisse de Notre-Dame des Infournats, dans la communauté de Jouqueviel. L'église de Saint-Martin de Canezac était l'église matrice et jouissait de la primauté vis-à-vis des trois paroisses de Saint-Michel, Montirat et Lagarde-Viaur. Ceci témoigne de l'antériorité du village de Canezac, fondation de l'époque gallo-romaine, sur ceux de Montirat et de Lagarde, datant de l'époque féodale. Le recteur des quatre paroisses était habituellement le même ecclésiastique, nommé par l'évêque d'Albi, le service étant assuré dans les paroisses annexes par un ou plusieurs vicaires. La dédicace à Saint-Thomas de Canterbury (Thomas Becket) de l’église de Lagarde pourrait peut-être s’expliquer par le fait que ce saint fut la victime du roi Henri II d'Angleterre (1152-1190), le mari d’Alienor d’Aquitaine, et que Lagarde était devenue après le traité de Bretigny en 1360 une place forte du roi de France face au Rouergue devenu la possession du roi d’Angleterre. Il reste encore des témoignages de ce rôle défensif de Lagarde avec les vestiges des portes et des tours des anciennes fortifications ainsi qu’avec les meurtrières et les ouvertures pour arquebuses du clocher de l’église et les consoles permettant d’y placer des ouvrages de défense provisoires.

Au XVIIIe siècle, la cure de Canezac faisait partie du district de Pampelonne et comprenait trois annexes : Saint-Jacques de Montirat, Saint-Thomas de Lagarde-Viaur et Saint-Michel-de-Darnis. Le collateur de la cure de Canezac était l'archevêque d'Albi; c'est lui qui en désignait le prêtre bénéficiaire. Pour la plupart des églises du district de Pampelonne, l'archevêque était aussi le décimateur : c'est lui qui percevait les revenus de la dîme, impôt qui frappait toutes les terres. Le revenu annuel de la dîme de la cure de Canezac était en 1775 de 1200 livres.

Depuis le début du XVIe siècle au moins, les cures de Canezac et Lagarde-Viaur étaient quasiment le domaine réservé de la famille Ciron, famille de notaires originaire de Carmaux devenus conseillers au parlement de Toulouse et seigneurs de Carmaux. En 1599, les revenus de la cure de Canezac furent arrentés par le procureur de Jean de Ciron, chanoine de Sainte-Cécile d'Albi et recteur de Canezac à Jean Ciron, prêtre de Lagarde-Viaur. Il s'agissait d'un cousin, une branche cadette des Ciron de Carmaux s'étant établie dans la juridiction de Lagarde-Viaur vers 1570, au moulin de la Marsalarie, de l'autre côté du Viaur, dans la paroisse de Saint-André-de-Najac. Quant à la branche aînée des Ciron, seigneurs de Carmaux, elle s'éteignit dans la première moitié du XVIIIe siècle et ses biens passèrent à la famille de Solages, par le double mariage de Francois Paul de Solages avec Marie de Ciron en 1724 et d'Antoine-Paulin de Solages avec une fille de Charlotte de Ciron en 1737. Les Ciron puis les Solages de Carmaux demeurèrent les « patrons » de plusieurs chapellenies créées par leurs ancêtres dans la communauté de Montirat, en particulier celle du Saint-Sépulcre établie en 1504 par Pierre de Ciron dans l'église de Lagarde-Viaur et celle de Saint-Eutrope dans l'église de Canezac fondée par Guillaume de Ciron vers 1530.

L’église de Lagarde-Viaur[modifier | modifier le code]

L’église de Lagarde est en majeure partie gothique et date sans doute de la première moitié du XVIe siècle. Elle comprend une nef à trois travées voûtées en croisées d’ogives, un chevet plat et six chapelles. Le clocher rustique s’élève à vingt-cinq mètres : très massif, il s’en dégage, comme l’a écrit Victor Allègre « un aspect à la fois sévère et fruste par son appareil de schiste irrégulier, ses rares et simples baies en plein cintre sous le toit (deux par face), ses pierres de bourdage, ses meurtrières et ses orifices pour arquebuses ». Les peintures du retable sont du XIXe siècle. À signaler également une croix de pierre sculptée mais endommagée avec une Piéta et un Christ en croix. Un bail à prix fait pour l’horloge de la Garde-Viaur fut conclu le avec Matthieu Négrier, armurier de Lédergues devant Moulis, notaire du Ségur.

L’église de Lagarde-Viaur renferme une croix processionnelle du XVe siècle constituée par des lames d’argent repoussé recouvrant une croix de bois, haute de 75 cm, large de 44. Les extrémités en sont décorées de fleurs de lys précédées de quatre lobes au milieu desquels s’inscrit une croix. Au XVIIIe siècle ont été apposées deux effigies : l’une du Christ et l’autre de la Vierge à l’Enfant.

Une maison religieuse rattachée au couvent de Bor fut créée à Lagarde en 1858 grâce au soutien de Mlle Victoire Tranier qui prêta un local à deux religieuses de Bor (commune de Bor-et-Bar) permettant d’y ouvrir une école de jeunes filles. Ce fut là que mourut la sœur Ste Marie Hournarette, supérieure de ce vicariat. Cette institution subsista jusqu’à la séparation de l’église et de l’état. Plus tard, l’école devint communale. Après la mort de Victoire Tranier, l’école libre avait été installée dans une maison du village léguée par testament par l’abbé Cathala, curé de Mirandol-Bourgnounac. À la paroisse de Lagarde-Viaur, était rattaché avant la Révolution un couvent de moines capucins appelé l'Ermitage Saint-Joseph de la forêt, cité dès 1660 avec deux frères ermites: Michel-Emmanuel de Nantilly et Alexis Guittard. Il fut supprimé en 1790.

Les faits marquants de l’histoire de Montirat et Lagarde-Viaur[modifier | modifier le code]

En 1709, la population de la communauté de Montirat était de 1400 habitants; en 1790 elle s'élevait à 1785 habitants. Dans la communauté elle-même, les villages ou hameaux les plus peuplés d'après le cadastre de 1644 étaient celui de Lagarde-Viaur (64 propriétaires pour le village et 21 pour les faubourgs) suivi de celui de Montirat (34 propriétaires).

Parmi les évènements associés à l’histoire de Montirat et Lagarde-Viaur et qui méritent d’être signalés, il faut noter l’emprisonnement au « château » de Lagarde (sans doute la grande maison à quatre étages au cœur du village) en 1766 de Bernard-François Balssa pour avoir séduit et mise enceinte une jeune fille de la paroisse de Canezac, Marianne Mouychoux qu’il refusa d’épouser ; ce fut cet événement qui entraîna son départ définitif de la terre natale vers Albi et Toulouse puis Paris où il se maria en 1797 à l’âge de 51 ans. Il deviendra en 1799 le père du romancier Honoré de Balzac qui a situé l’action d’un de ses romans de jeunesse Clotilde de Lusignan dans un village provençal nommé Montyrat !

La tradition orale a conservé aussi le souvenir du passage à Lagarde-Viaur de Jean Jaurès durant ses campagnes électorales dans la circonscription de Carmaux où il affrontait le marquis de Solages. Le célèbre tribun socialiste y avait à plusieurs reprises prononcé un discours depuis le balcon d’une des maisons du centre du village.

De la famille Ginestel, la plus riche du village au XVIe siècle descendent le célèbre navigateur albigeois Lapérouse et Émilie de Rodat, la sainte du Rouergue. À noter que les familles paternelles de Lapérouse et de Sainte Emilie de Rodat, les Galaup et les Rodat, étaient elles aussi originaires de la vallée du Viaur, entre Mirandol et Tanus.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules chaussé d'argent.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1971 mai 1998[4] Louis Blanc    
mai 1998 janvier 2015[5] Francis Bosc    
février 2015 En cours Xavier Ichard[6]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[8]. En 2017, la commune comptait 249 habitants[Note 1], en diminution de 7,09 % par rapport à 2012 (Tarn : +2,36 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 9801 8391 8421 9332 0262 2302 2392 2272 370
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 5262 5022 5352 3841 8311 7871 6991 5921 569
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 5551 4251 1341 018955906856757709
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
649555462386336319265261250
2017 - - - - - - - -
249--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le hameau de Lagarde-Viaur et son église.
  • Hommage aux ancêtres d'Honoré de Balzac
    Au lieu-dit Canezac, stèle édifiée le 17 novembre 1936[11] conformément au vœu du conseil général du Tarn en date du , dédiée « aux ancêtres d'Honoré de Balzac ». À proximité, à La Nougayrié, se trouve en effet la maison natale de Bernard-François Balssa, père de l'écrivain.
  • Église Saint-Thomas de Canterbery de Lagarde-Viaur : croix processionnelle du XVe siècle et retable[12].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Baqué, Les origines tarnaises de Balzac, in Revue du Tarn, n° 94, été 1979, pp. 245-260
  • Edmond Cabié, Les Gorges du Viaur, Albi, 1890, réédition Vent Terral, 2002
  • Jean-Louis Dega, La vie prodigieuse de Bernard-François Balssa. Aux sources historiques de "La Comédie humaine", éditions Subervie, Rodez, 1998

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. Notes pour servir à l'histoire de Montirat et de Lagarde-Viaur, par Jean-Louis Dega (inédit)
  3. Études historiques et documents inédits sur l'Albigeois, le Castrais, et l'ancien diocèse de Lavaur Par Clément Compayré (1841)
  4. Décès en cours de mandat
  5. Démission en cours de mandat (ladepeche.fr 20 janvier 2015)
  6. Blog municipal Montirat infos
  7. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  11. Bernicat, Jean-Marie, 1939-2001., De Balssa à Balzac ou Le génie créateur du Tarn à Passy : 1842-1992, cent cinquantième anniversaire de "La comédie Humaine, Société CEPS, (OCLC 464076989, lire en ligne)
  12. La Dépêche du Midi, 17 juillet 2009
  13. Voir La vie prodigieuse de Bernard-François Balssa. Aux sources historiques de « La Comédie humaine », par Jean-Louis Dega, éditions Subervie, Rodez, 1998