Montfort (Québec)
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Montfort est un village compris dans le territoire de la municipalité de Wentworth-Nord dans Les Pays-d'en-Haut au Québec (Canada).
D'abord colonisé par les Sulpiciens qui y ouvrent un orphelinat vers la fin du xixe siècle, le lieu arrosé de plusieurs lacs est prisé par les villégiateurs.
Toponymie
[modifier | modifier le code]Le nom rappelle Louis-Marie Grignion de Montfort, fondateur de la Compagnie de Marie. Les membres de la congrégation, appelés « Montfortains », sont responsables de la paroisse à ses débuts[1].
Géographie
[modifier | modifier le code]Situation
[modifier | modifier le code]Montfort est situé dans la municipalité de Wentworth-Nord, dans Les Pays-d'en-Haut, à environ 15 kilomètres à l'ouest de Saint-Sauveur[1].
Hydrographie
[modifier | modifier le code]Le village est entouré de plusieurs lacs, dont le lac Saint-François-Xavier, au bord duquel s'est développé le village. Ce lac est sis à 396 mètres d'altitude[1].
La municipalité de Wentworth-Nord est traversée par la ligne de partage des eaux du bassin versant de la rivière Rouge et du bassin versant de la rivière du Nord. À Montfort, une ligne de crête délimite l'écoulement des eaux des lacs Wheeler, Notre-Dame et Saint-Victor en direction de la rivière Rouge[2], tandis que les eaux du lac Saint-François-Xavier sont dirigées vers la rivière du Nord [3].
Démographie
[modifier | modifier le code]Historique
[modifier | modifier le code]En 1880, dans le contexte des efforts de colonisation des Laurentides (surnommés Les pays d'en Haut), encouragés par l'influent curé de Saint-Jérôme, François-Xavier-Antoine Labelle, des lots étaient acquis au pourtour du lac Saint-François-Xavier. Des installations apparurent en 1881 : quelques maisons et un moulin à scie hydraulique.
En 1882, le sulpicien Benjamin-Victor Rousselot, curé de la paroisse Notre-Dame de Montréal, conçut le projet d'un orphelinat en milieu rural[1]; avec le support de Mgr Joseph Thomas Duhamel, archevêque d'Ottawa, il convainquit les Pères missionnaires Montfortains de la Compagnie de Marie, en France, d'en être les maîtres d'œuvre. Les Monfortains arrivèrent dès l'été 1883 en ce qui s'appelait alors Notre-Dame-des-Lacs. Le site choisi pour ériger l'institution se trouvait à l'extrémité nord du lac Saint-François-Xavier, sur sa rive ouest, tout près de la décharge du lac dont les eaux s'écoulent en direction du lac Chevreuil. Le , la petite communauté de deux Pères et six Frères Montfortains accueillait ses premiers orphelins. C'est le que Mgr J. Thomas Duhamel inaugura officiellement L'Orphelinat agricole de Notre-Dame de Monfort[4].

Le village fut constitué officiellement en 1884 et renommé Montfort en mémoire du saint fondateur de la Compagnie de Marie, Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), canonisé en 1947 par le pape Pie XII.
La présence de l'orphelinat joua un rôle majeur dans l'essor de Montfort, avec le soutien moral et financier de nombreux bienfaiteurs ( MM. François Froidevaux, François-Xavier Montmarquette, Eusèbe Sénécal, George Laurent, Jean-Claude Auger, L.A. Grenier, Joseph Brunet, etc.).
Le Père Pierre Fleurance, premier supérieur de l'institution (de 1883 à 1887), s'assura de la collaboration des religieuses de la Congrégation des Filles de la Sagesse qui se joignirent à l'œuvre dès . La contribution du Père Armand L. Bouchet (supérieur de 1887 à 1907) et du Frère Hugolin fut pour beaucoup dans le succès de l'établissement.
L'Orphelinat agricole de Notre-Dame de Montfort se voulait une œuvre patriotique visant à former des agriculteurs modèles et des artisans habiles et industrieux, développés en vue du service domestique, à la vie industrielle ou à la vie dans les champs. C'est dans cette optique que l'on créa une division parallèle, l'École Industrielle de Notre-Dame de Montfort. Ainsi, en plus du métier d'agriculteur, furent favorisés les métiers dans la boulangerie, la peinture, la cordonnerie, la menuiserie, la couture, la forge, la briqueterie, la reliure et l'imprimerie. Par la suite, on enseigna aussi la tenue de livres, la sténographie, la dactylographie et le dessin.
En 1887,sur les conseils du Curé Labelle, et avec le soutien d'un bienfaiteur l'abbé Gédéon-Ubalde Huberdeau, les Montfortains acquirent une ferme dans la vallée de la rivière Rouge dans le canton d'Arundel, un site plus propice pour l'agriculture. On y établit une succursale de l'Orphelinat agricole de Notre-Dame de Montfort, voué à la formation à l'agriculture pour les orphelins atteignant l'âge de 15 à 21 ans. Ce secteur du canton d'Arundel, où se trouvait déjà la mission de Notre-Dame-de-la-Merci (fondée en 1881) et plusieurs pionniers installés vers 1883, allait ultérieurement devenir le village de Huberdeau[5].
Lors du jubilé des 25 ans, célébré en 1909 (donc en fait 26 ans), l'Orphelinat comptait alors sur le travail éducatif et de soutien de 6 pères, 20 frères et 68 religieuses. Il abritait 480 orphelins, enfants de 4 à 12 ans et adolescents jusqu'à l'âge possiblement de 21 ans (soit 300 à Montfort, 150 à Huberdeau, une trentaine en stage chez des particuliers). En 25 ans, déjà 2500 orphelins avaient été hébergés et éduqués.
Les Montfortains ont géré l'Orphelinat à Huberdeau jusqu'en 1923, cédant la gestion aux Frères de Notre Dame de Miséricorde ( Frères de la Miséricorde de Malines). Ils continuèrent d'œuvrer à l'Orphelinat de Montfort jusqu'en 1935. La Congrégation de Sainte-Croix a repris le site pour en faire une École des métiers. En 1960 les bâtiments, ne répondant plus à la norme, furent démolis, ce qui clôt une période des plus importantes dans l'histoire de Montfort[6],[7].
À Montfort fut également établi le Noviciat des Frères Montfortains, qui y demeurera jusque vers 1940[8].
Sport et nature
[modifier | modifier le code]À Montfort, le sport se retrouve facilement en connexion avec la nature. Outre la baignade, le canotage et autres sports aquatiques dans les nombreux lacs, la région regorge de sentiers propices à la randonnée pédestre, dont le plus connu est le Corridor aérobique. Ce dernier est un parc linéaire, situé sur un ancien tracé de voie ferrée, et constitué d'un sentier de 58 km reliant Morin-Heights à Saint-Rémi-d'Amherst, en passant par Montfort, Lac-des Seize-Îles, Montcalm (Weir), Arundel et Huberdeau. On y pratique le cyclisme et la randonnée pédestre l'été, de même que le ski nordique et la raquette l'hiver. Sur son trajet, le Pavillon récréatif et communautaire de Montfort, (aménagé dans les locaux de l'ancienne église de la paroisse Notre-Dame-des-Nations), offre l'occasion d'une pause et les commodités d'aisance. La section de 9 km entre Morin-Heights et Montfort est particulièrement appréciée par les cyclistes et les amateurs de ski nordique. Certaines sections du Corridor aérobique peuvent également accommoder les adeptes de motoneige.
De plus, l'hiver, hors du Corridor aérobique, des pourvoyeurs de Montfort offrent la possibilité de randonnées en traîneaux à chiens[9],[10]
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Commission de toponymie, « Montfort », Banque de noms de lieux du Québec, sur toponymie.gouv.qc.ca, gouvernement du Québec, (consulté le )
- ↑ )/ ROBVQ Organisme de bassin versant Rivière Rouge
- ↑ )/ ROBVQ Organisme de bassin versant Rivière du Nord
- ↑ https://archive.org/stream/cihm_02187#page/n5/mode/2up |Notice sur l'origine et les progrès de l'œuvre et de l'établissement des Orphelinats agricoles de Notre-Dame de Montfort, éd.Montréal, Eusèbe Sénécal 1883
- ↑ http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/fiche.aspx?no_seq=29158 | Commission de toponymie du Québec, Huberdeau
- ↑ http://www.ourroots.ca/quickLink.aspx?field=SUBJECT&key=Orphelinat+agricole+de+Notre-Dame+de+Montfort--Histoire&qryID=c14e5c23-8692-4da3-9236-f8b5b93e6aac | Orphelinat N.-D. de Montfort:souvenir des fêtes jubilaires, 1883-1909,Orphelinat agricole de Notre-Dame de Montfort, éd. J.-B. Rolland 1910
- ↑ https://archive.org/stream/cihm_11454#page/n5/mode/2up | L'œuvre patriotique des Orphelinats Agricoles de Notre-Dame de Montfort, Révérends Pères de la Société de Marie, ed. Montréal, Eusèbe Sénécal 1892
- ↑ http://www.smrdc.org/smrdc_shmc.php | Survol de l'histoire des Montfortains au Canada, Jean-Louis Courchesne, s.m.m., Sanctuaire Marie-Reine des Cœurs, Montréal, 1992.
- ↑ http://pistescyclables.ca/Laurentides/Corridor.htm | Le guide des pistes cyclables du Québec,Corridor aérobique.
- ↑ http://www.bonjourquebec.com/qc-fr/repertoire-attraits/centre-de-ski-de-fond/parc-du-corridor-aerobique_7978473_1.html | Québec original, Parc du Corridor Aérobique.


