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Mont Limbara

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Mont Limbara
Localisation du mont Limbara en Sardaigne.
Géographie
Altitude 1 362 m, Punta Berritta
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région à statut spécial Sardaigne
Province Sassari
Géologie
Roches Granite

Le mont Limbara (en gallurais Monti di Limbara ; en sarde Monte 'e Limbara) est un massif de montagnes d'Italie situé dans le Nord-Est de la Sardaigne et culminant à 1 362 mètres d'altitude[1].

Situé sur les territoires des communes de Tempio Pausania, Calangianus, Oschiri et Berchidda, de nature granitique, il constitue la limite traditionnelle entre les régions historiques et géographiques de la Gallura au nord et du Logudoro au sud. Ses sommets aux formes singulières accueillaient autrefois une base radio de l’US Air Force[2].

Le nom du massif pourrait provenir de l’expression latine limes Balares (« frontière des Balari »), donnée par les Romains, car il constituait la limite interne de la Sardaigne entre la Gallura, peuplée au nord par les Corsi, et le territoire des Balari (le Monteacuto) et la partie orientale du Logudoro)[3].

Géographie

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Les principaux sommets du massif sont[4],[5] :

  • Punta Bandiera : 1 345 m ;
  • Punta Berritta : 1 362 m ;
  • Punta Balistreri : 1 359 m — son nom est lié à une légende locale sur un cordonnier devenu bandit, qui inspira le roman Picco Balistreri de Carlo Brundo ;
  • Punta Giugantinu : 1 333 m ;
  • Monte Niddòri : 1 237 m ;
  • Monte Lu Scioccu : 1 215 m ;
  • Monte Biancu : 1 150 m ;
  • Monte Cano : 1 115 m.

Par temps clair, la Punta Berritta et la Punta Balistreri sont visibles depuis le mont Amiata en Toscane[6].

Du point de vue géologique, le massif est constitué de roches granitiques datant du Paléozoïque, façonnées par l’érosion en formes spectaculaires. Sa formation est liée au soulèvement du socle granitique de la Gallura durant le Cénozoïque[7].

Le climat est de type méditerranéen, caractérisé par des précipitations concentrées en automne et en hiver, et des chutes de neige fréquentes. La température moyenne annuelle est de 10,3 °C, avec une moyenne de °C en janvier et de 20 °C en juillet, soit une amplitude thermique annuelle de 16,8 °C[5].

Environnement

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La végétation est dominée par le maquis méditerranéen : bruyère (Erica arborea et Erica scoparia), arbousier, lentisque et fillirea. Lorsque les conditions pédologiques le permettent, apparaissent aussi le chêne vert, le frêne à fleurs, l’houx, l’érable de Montpellier et l’if. Les bois de chêne-liège sont d’origine anthropique. Sur les zones plus arides, on trouve Cistes, genévriers nains, prunelliers et genêt épineux.

Le massif compte 56 espèces espèces endémiques, dont certaines rares : le ribes du Limbara (Ribes sandalioticum), la violette de Corse (Viola corsica), le thym du Limbara (Thymus herba-barona), la carline sardo-corse (Carlina macrocephala) et la fougère royale (Osmunda regalis).

La végétation riparienne comprend saules, aulnes, tamaris et lauriers-roses.

On y trouve des mammifères comme le sanglier sarde, le renard, la martre, la belette, le chat sauvage, le lièvre sarde et le lapin de garenne. Le daim européen et le mouflon ont été réintroduits[8].

Parmi les oiseaux : l’aigle royal, la buse variable, l’épervier, le faucon crécerelle, le faucon pèlerin, l’autour des palombes, la chevêche d’Athéna, le hibou petit-duc, le grand corbeau, la corneille mantelée, la geai des chênes, la choucas des tours et le monticole merle-bleu. Sont également présents la perdrix sarde, la bécasse, l’alouette des champs, la grive musicienne, le rouge-gorge, la mésange charbonnière, le pic épeiche et la fauvette sarde.

On note aussi la présence de reptiles et amphibiens sardes : le Lézard de Bédriaga (Archaeolacerta bedriagae), le gongyle ocellé (souvent appelé « gongilo » en Sardaigne), les couleuvres, l’euprocte de Sardaigne (Euproctus platycephalus), le Discoglosse sarde (Discoglossus sardus), la Rainette sarde (Hyla sarda), le Crapaud vert (Bufotes viridis) et la tortue marginée.

En 1936, un incendie détruisit les anciennes forêts de chênes et de chênes-lièges. La reforestation fit appel à des conifères à croissance rapide[9].

Durant la guerre froide, le sommet abritait une base de communications de l’OTAN, ainsi qu’un poste des Carabinieri. Aujourd’hui, on y trouve une base de télécommunications de l’armée de l’air italienne[10], un héliport de lutte contre les incendies et les principaux relais de télévision du nord de la Sardaigne (dont le centre émetteur RAI construit en 1956). Près de la Punta Balistreri se trouve la Chiesetta della Madonna della Neve (Notre-Dame-des-Neiges).

Protection environnementale

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Le parc du Limbara fait partie des huit parcs régionaux identifiés par la région autonome de Sardaigne (loi régionale du 7 juin 1989)[11], mais l’organisme gestionnaire n’a pas encore été institué.

Randonnée et escalade

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Une grande partie du massif (6 681 ha) est gérée par l’agence Forestas[5]. Plusieurs sentiers y ont été aménagés :

  • la voie des eaux (30 km, praticable en voiture, jalonnée de sources) ;
  • les tafoni (9 km, entre les roches granitiques érodées) ;
  • l’ascension sommitale (12 km, via le jardin botanique du Pavari, jusqu’à Punta Balistreri) ;
  • le parcours de liaison (à travers les bois et les lacs artificiels) ;
  • l’itinéraire sud (vers Berchidda, en terrain escarpé).

Le massif est aussi un site majeur d’escalade, classé en clean climbing (pas d’équipement fixe). Les premières voies furent ouvertes en 1921 par Guido Cibrario. De nombreux itinéraires classiques dépassent 200 m. Alessandro Gogna, Marco Marrosu et d’autres grimpeurs sardes y ont ouvert plusieurs voies. On y trouve aussi un site de bloc près de Calangianus et l'aiguille granitique Monti Longu di Calangianus (Torre Littaghjesu).

Notes et références

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  1. (it) [PDF] Itinerari. Le foreste demaniali del Monte Limbara
  2. « Base USAF del Monte Limbara », sur Sardegna Abbandonata, (consulté le )
  3. Salvatore Dedola, Sentiero Sardegna, sentiero Italia, sentiero Europa, Carlo Delfino,
  4. (it) Istituto Geografico Militare, Carte topographique 1:25 000 — Feuilles 443 II–III et 461 I–IV, Florence, IGM,
  5. a b et c Marco Marrosu, Itinerari sul Limbara. Arrampicate e escursioni, Sassari, Orizzonte Sardegna,
  6. « Panorama Punta Balistreri », sur PeakFinder
  7. Ignazio Camarda, Montagne di Sardegna, Carlo Delfino, , p. 33–46
  8. « Il muflone torna sul Limbara », sur Sardegna Ambiente,
  9. « Montelimbara.it »,
  10. « Compte rendu de la Chambre des députés, séance du 19 juillet 2007 »
  11. L.R. Sardaigne n°31/1989.

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Marco Marrosu, Itinerari sul Limbara, Orizzonte Sardegna, Sassari, 2006.
  • Maurizio Oviglia, Pietra di Luna, guida all’arrampicata in Sardegna, Fabula Editore, Sassari, 2011.
  • Istituto Geografico Militare, Carte 1:25 000, feuilles 443 II-III et 461 I-IV, IGM, 1994.
  • Ignazio Camarda, Montagne di Sardegna, Carlo Delfino, Sassari, 1993.
  • Ignazio Camarda, Sabina Falchi, Graziano Nudda, L’ambiente naturale in Sardegna, Carlo Delfino, Sassari, 1998.
  • Salvatore Dedola, Sentiero Sardegna, sentiero Italia, sentiero Europa, Carlo Delfino, Sassari, 2001.

Liens externes

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