Mont (Hautes-Pyrénées)

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Mont
Mont (Hautes-Pyrénées)
Vue du village.
Blason de Mont
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Hautes-Pyrénées
Arrondissement Arrondissement de Bagnères-de-Bigorre
Canton Neste, Aure et Louron
Intercommunalité Communauté de communes Aure Louron
Maire
Mandat
Dominique Toucouère
2014-2020
Code postal 65240
Code commune 65317
Démographie
Gentilé Montois
Population
municipale
46 hab. (2016 en augmentation de 27,78 % par rapport à 2011)
Densité 5,5 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 49′ 03″ nord, 0° 25′ 45″ est
Altitude Min. 1 157 m
Max. 2 064 m
Superficie 8,41 km2
Localisation

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Mont

Mont est une commune française située dans le département des Hautes-Pyrénées en région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

65 HP 00 8371.jpg
Vue en hiver.

Mont se situe en Bigorre, dans le Pays des Nestes en vallée du Louron.

Elle est limitrophe du département de la Haute-Garonne.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de cinq autres communes :

Communes limitrophes de Mont[1]
Cazaux-Fréchet-Anéran-Camors Jurvielle
(Haute-Garonne)
Estarvielle Mont[1] Portet-de-Luchon
(Haute-Garonne)
Loudervielle

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le moulin.

Les ruisseaux de Poudaque, de Coume Longue, de la Coste, de Pouyabé, de Coume, de Quasques, de Mouscadé, affluents de rive droite de la Neste du Louron, traversent la commune d’est en ouest.

Le ruisseau de la Coumette de la Cau forme une partie de la limite sud-ouest avec la commune de Loudervielle.

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat des Hautes-Pyrénées.

La commune jouit d'un climat montagnard caractérisé par des étés doux (température moyenne de 25 °C) et des périodes de beaux temps. Parfois des orages éclatent sous formes de fortes averses, imprévues et violentes. Quant aux hivers, ils sont frais ou froids avec des températures de 3 °C en moyenne, et souvent humides avec de fréquentes dépressions en provenance de l'Océan Atlantique amenant soit de la pluie, soit de la neige.

Exposition[modifier | modifier le code]

Le village est bâti entre 1 280 et 1 320 mètres d'altitude, sur le flanc sud du pic de Cassay, sur l'avancée horizontale d'une moraine. Cette position en balcon sud, l'abrite efficacement des vents froids et son altitude lui procure une durée d'ensoleillement exceptionnelle en vallée du Louron.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le sol du territoire est constitué d'un calcaire recouvert d'un placage de moraine.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Cette commune est desservie, au 14e kilomètre du col de Peyresourde partant d'Arreau, par l'embranchement D130 sur la route départementale route départementale D 618 (qui est l'ancienne route nationale 618, encore appelée « la route thermale des Pyrénées »). D'une longueur de 600 mètres, la route départementale 130 porte aujourd'hui le nom de « chemin du Peyresourde ». C'est l'unique voie d'accès au village. Au XIXe siècle cet embranchement était identifié comme « le chemin de Mont à Loudervielle » ou « le chemin des Moules » (le chemin des moulins).

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie rurale[modifier | modifier le code]

Plan cadastral de Mont en 1832.

L'habitat type est la « cour fermée ». Une analyse du plan cadastral de 1832 montre une organisation de bâtiments autour de la cour (plus précisément identifié sur les références cadastrales 396, 327, 374, 226, 357, 339.)

Cet aménagement original regroupe autour d'une cour centrale pavée, l'habitation à la façade orientée vers le sud et les nombreuses dépendances : on peut y découvrir les hangars abritant le bois de chauffage et autrefois les chars pour le transport du foin, les remises et leur galerie avec des greniers à outeaux pour le séchage des récoltes et les orifices du pigeonnier, la grange, parfois la bergerie, l'étable, la soue, le poulailler et toujours une fontaine et son abreuvoir. Elle est fermée par des murs et une porte monumentale avec couverture d'ardoise, appelée « emban ». Cette organisation architecturale permet de vivre à l'abri des regards. Elle rend possible une totale autarcie, nécessaire durant les périodes de fortes précipitations de neige. Contrairement à la ferme forteresse de la fin du moyen âge, elle ne semble pas avoir de rôle défensif si ce n'est contre les animaux sauvages (les renards, les loups, les chiens errants, les oiseaux de proie et vraisemblablement les ours). Elle délimite le cœur de la propriété, le sanctuaire de la famille. Elle prend le nom du maître, du bâtisseur et elle le conserve, même quand la famille s'est éteinte. Ainsi, on parle toujours de chez Bazerque ou de chez Carrère qui n'habitent plus au village.

La maison traditionnelle est bâtie avec une pierre calcaire ocre provenant des carrières du vallon de Coume Longue. Le mur sud de l'habitation est enduit d'un mélange de chaux et de sable grossier dans un souci de finition et de décoration. Les autres murs sont laissés en pierres apparentes. Le plan de la maison est très simple, on relève au centre l'entrée, pavée de grandes dalles jointives, à droite et à gauche, deux grandes pièces avec cheminée et en face de l'entrée, l'escalier conduisant à l'étage. Les fenêtres sont peu nombreuses, une par pièce, et relativement étroites. Le dernier niveau est occupé par le grenier éclairé par de toutes petites ouvertures appelées « outeaux ». La robuste charpente est recouverte d'ardoises brutes et claires, cloutées, provenant des carrières de Génos, à 3 kilomètres. Deux cheminées émergent des pignons est et ouest, à travers des pans de toit inclinés, en forme de trapèze, appelés croupes qui protègent les façades latérales des intempéries.

En contournant l'église par la droite, partant du pied d'une fontaine décorée d'une sculpture d'ours, le très ancien chemin pavé, appelé « Carrère dessus », monte à l'assaut du village dans la direction des granges de Bayet et des estives.

Logement[modifier | modifier le code]

En 2012, le nombre total de logements dans la commune est de 45[2].

Parmi ces logements, 38,2 % sont des résidences principales, 52,6 % des résidences secondaires et 9,2 % des logements vacants.

Risques naturels et technologiques[modifier | modifier le code]

Avalanche/enneigement[modifier | modifier le code]

Aucun risque d'avalanche n'a été identifié même si l'enneigement est parfois abondant entre 1157 et 2064 mètres. Une plaque à vent se forme, chaque hiver, sur la crête de Coulantigue, rendant difficile son franchissement. Lors de chaque épisode neigeux, entre janvier et mars, il n'est pas rare d'observer au village une épaisseur de la couche de l'ordre de 50 centimètres. Les toits sont pentus pour favoriser l'évacuation de la neige, les efforts sur les charpentes sont importants.

Feux de forêt/incendie[modifier | modifier le code]

Jusque dans un passé [Quoi ?] récent, la tradition de l'écobuage ravageait périodiquement les estives et menaçait la forêt. Du côté du bâti traditionnel, la forte proportion de bois favorise dramatiquement la propagation des feux de cheminée.

Glissements de terrain[modifier | modifier le code]

Les terrains versants, pentus, instables en zone de moraines, sont particulièrement sensibles aux effets dévastateurs des fortes précipitations appelées autrefois lavasses. Les écrits des anciens et des stigmates toujours présents, témoignent d'importants glissements de terrain.

Inondations
le risque est faible. Le village, ses granges et le moulin sont bâtis bien à l'abri des crues des cours d'eau. Toutefois, les chemins sont ravinés, certains ponts sont parfois menacés lors de la fonte brutale des neiges ou lors des pluies torrentielles (crue du 26, 27, 28 octobre 1937)[3]. Un aménagement toujours visible au niveau de la Coume d'Angoust (près du parc de contention), contenait les trop grands volumes d'eau du ruisseau de la "Caumette de la Cau" ce qui épargnait le pont en contrebas.

Sécheresse[modifier | modifier le code]

Sur le chemin de Bayet, un oratoire du XVIIe siècle, Notre Dame des Victoires, ainsi qu'une statuette étaient consacrés à la prière pour la pluie. Ils témoignent d'une sensibilité ancienne de l'agriculture et de l'élevage, à la sécheresse (dont le souvenir de l'année catastrophique de 1660 est parvenu jusqu'à nous). Des rigoles d'irrigation avaient été aménagés dont les traces subsistent encore autour du village, en particulier le long du ruisseau de Coume Longue. Dans les archives de la commune, on retrouve la convention du tour de l'eau. Et ces dernières années, on observe, au début de l'automne, que les estives prennent une teinte très ocre-jaune, signe apparent d'un manque d'eau.

Séisme[modifier | modifier le code]

vignetteSismicité (sources BRGM). La commune est classée en zone de sismicité moyenne. Toutefois, on ne retrouve pas les traces habituelles des tremblements de terre du passé (pas de tirants ni de renforts métalliques, pas de fissures apparentes dans l'habitat, pas de chaos de pierre visible sur les pentes autour du village). La faille nord pyrénéenne passe plus au nord, sur une ligne Saint Beat - Bagnères de Bigorre, une étude a mis en évidence, un grumeau, une résistance particulière de l'écorce terrestre entre Arreau et Luchon.

Tempêtes[modifier | modifier le code]

Les vents les plus violents viennent du sud. Lors de la tempête Xynthia en 2010, une rafale de 140km/h a été enregistrée, tout près de là, à Peyragudes[4], bien inférieure cependant à celle enregistrée au Pic du Midi de Bigorre à 238 km/h[5].

Volcanisme
l'ancien volcan du Pic du Midi d'Ossau se trouve à une centaine de kilomètres à l'ouest, les sources d'eaux chaudes de Bagnères de Luchon et de Cadeac sont relativement proches, à moins de 15 kilomètres. Et, à moins de 4 kilomètres du village, la source de Saousas, alimente le centre Balnea de Loudenvielle[6] d'une eau entre 30 et 33 degrés, à partir de deux captages effectués à 170 et 600 mètres de profondeur.

Risque technologique[modifier | modifier le code]

Le risque technologique est faible, cependant, la centrale nucléaire de Golfech se trouve à 147 km, au nord ouest, sous le vent dominant.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Extrait de la carte de Cassini (entre 1756 et 1789).

Le Dictionnaire toponymique des communes des Hautes-Pyrénées de Michel Grosclaude et Jean-François Le Nail[7] rapporte les dénominations historiques du village :

  • Mont en Loron, (milieu XIIIe siècle, actes Bonnefont) ;
  • De Monte, latin (1387, pouillé du Comminges).

Le nom provient du gascon mont, du latin mons.

Toponymie locale[modifier | modifier le code]

Le village a conservé les noms anciens du début du XIXe siècle, alors usités dans le plan cadastral de 1832. Bosc Grand est le grand bois de feuillus au nord du village, à sa droite Coume longue est le long vallon qui garde à sa gauche des prairies d'Erabat puis de Sidère. Il jouxte toujours à sa gauche les rochers du Marquirau et remonte en direction de la crête de Peyrehicade en mettant à sa droite les prairies d'Auroude autrefois irriguées. Le chemin de Coume Longue permet de rejoindre Ballancous en passant par la borne de Coulantigues (la limite avec Cazeaux-Fréchet). Céoube et son chemin se trouve au nord Est du village, on l'identifie par son ruisseau et son embranchement à droite au tiers du chemin Coume Longue puis plus haut, à sa grande sapinière. Au delà, dans la même direction, on trouve le cap de Hount Nere (la fontaine noire) qui permet de rejoindre Portet de Luchon. Serre est la moraine à l'est, bien visible du village. Derrière on trouve le Cap de Mattas (appelé aussi Turoun), puis Culeyes, Lampet et Matas et au delà, le pic Arrouy (le pic rouge, prononcer arrouille). Au sud, en limite de commune, se trouve la Coume d'Angoust, la Coumette de Caou avec son ruisseau frontière de Loudervieille. Autour du village, se trouve Camp Arrou, entre le parking et Bayet, puis Debat (au dessous) du village. Sous le chemin de Cazeaux-Frechet, au sud ouest du village, on trouve les lieu-dits Monsetirou, puis Travessères et Escalère. Au dessus du chemin de Cazeaux-Frechet, on passe par Gentrescades, Bernet et Brédia. Au dessus du chemin de Gentrescades, on parvient aux tènements de Plagnet, Caum et Pé du Bosc.[réf. nécessaire]

À Bayet, à la traversée du ruisseau :

  • le chemin des Marrets monte directement vers les estives, s'incline vers Ceoube et longe à gauche Trembernex puis Sarrat, Mayou et Careplaz, et, à droite Traouèsserie, Escot et Serre de Coume, Pouyabé et Courtalet de la Nobie ;
  • à droite, derrière la grande Bergerie, le chemin de la Coume d'Angoust arrive sur la moraine au chemin de Serres ;
  • soit on laisse à droite le chemin de la Coume d'Angoust et à gauche le chemin des Marrets, on emprunte alors le chemin de Hailla qui mène à droite à Conques puis à Pla et à gauche à Esboudigues[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

En 1873, Chaplain-Duparc découvrit dans le Haout-Arrouy, montagne séparant la vallée d'Oô de celle de Larboust et du Louron, plusieurs objets de l'âge du bronze: un poignard, des chainettes, une vingtaine de vases dans des cellas, au centre de cromlechs[9].

Une hache préhistorique en cuivre de forme triangulaire (94 mm x 48 mm) a été découverte prés du port de Peyresourde, sur le territoire de Portet de Luchon frontalier de la commune de Mont[10].

Le cap de Peyrehicade tout au nord de la commune présente une belle pierre dressée.

Antiquité[modifier | modifier le code]

A proximité du village, en fond de vallée du Louron, on a retrouvé quelques traces de l'occupation romaine. Ainsi une stèle gallo-romaine est insérée dans les murs de l'église d'Aneran, une autre à Armenteule. On peut voir une auge cinéraire à Génos et deux autels votifs à Loudenvielle.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'église romane a été édifiée au XIIe siècle. Sur le tympan, ainsi que toujours sur la façade sud, à hauteur des pieds du diable fourchu, on peut observer deux chrismes datant de la période de construction de l'église. À l'origine, le chrisme était constitué des deux premières lettres grecques du mot Christ (le X et le P=Rhô grec). Constantin, le premier empereur chrétien avait adopté ce sigle, un X et P superposé, car juste avant la bataille du pont Milvius contre Maxence, il avait vu en songe que « Par ce signe (le X et le P superposés), tu vaincras ». Au Ve siècle, à ce monogramme, ont été rajoutés l'Alpha α et l'Omega ω (les lettres du début et de la fin de l'alphabet grec et aussi de toute chose). Ainsi, à l'église de Mont, on retrouve le X et P grec ainsi que de manière très stylisé, à gauche l'alpha et à droite l'oméga. A la suite de la latinisation du Chrisme, on remarque dans la partie haute, le ρ grec, redessiné en p, plus petit, latin, pour l'initiale de Pater, la croix ajoutée en partie haute, instrument de la passion, symbolisant le christ, et la lettre S aussi ajoutée (ici dans la partie basse et à l'envers) symbolisant le Saint Esprit. Sur le chrisme du tympan, ont été accosté à gauche un personnage en buste portant un livre et à droite trois triangles rassemblés en cercle par leur pointe formant une roue solaire. Une frise de dents d'engrenage agrémente la base du tympan[11].

Un bénitier du moyen âge, à droite de l'entrée, accueille le visiteur. Il s'agit d'un monolithe de granite, en demi-relief, en ornementation de boules, taillé dans la masse.

La transition entre les styles roman et gothique est illustrée par la statue-colonne de Mont. Cette statue du XIIIe siècle} de 1,30 m de hauteur, sculptée en ronde-bosse, représente un personnage vêtu d'une tunique et d'un manteau, les pieds posés sur un animal qu'il terrasse avec une lance aujourd'hui disparue. Il s'agit probablement d'un Christ triomphant des forces du Mal. On notera la qualité[non neutre] du visage du christ avec son modelé très travaillé, son expression énergique et sa coiffure soigneusement partagée retombant en mèches symétriques[12].

À l'intérieur de l'église, dans la chapelle latérale de Saint Jean, on observe une vierge à l'enfant d'un modèle similaire à la plupart des vierges d'Aure et du Louron: une Vierge assise tenant l'Enfant genoux gauche, bras droit levé avec une pomme dans la main et le corps enveloppé d'un grand manteau replié sur les genoux. Le visage plein, le menton arrondi, une petite bouche, des cheveux rangés en mèches ondulantes sous le voile et une position de l'Enfant légèrement désaxée permettent une datation de la fin du XIVe siècle[13].

Une statue, vraisemblablement du XIVe siècle, en mauvais état, en bois polychrome est identifié comme « le christ sacerdotal de Mont». Il était situé dans la nef prés de l'entrée. Il représente le christ assis, avec un calice fermé par une chappe.

Les archives départementales des Hautes-Pyrénées possèdent un parchemin de 1482 (dimension) 41 x 21 cm, le Testament de Pierre Raymond de Lerm habitant du lieu de Mont[14].

L'instituteur Pene, dans sa monographie de 1887, indique en page 9 que la chapelle Sainte-Catherine serait la chapelle d'un ancien château dont la grosse tour moyenâgeuse aurait été transformée en le clocher actuel.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Barthélemy présente une surface peinte impressionnante sur les murs tant extérieurs qu'intérieurs, ainsi que dans le petit oratoire Sainte Catherine, du cimetière. Les peintures de la nef, réalisées en 1564, sont dues à Melchior Rodigis, peintre de Saint-Bertrand-de-Comminges. L'église a été surnommée « la chapelle Sixtine des Pyrénées[15] » en raison de l'étendue des fresques qui recouvre intégralement les murs et les voutes et de sa période de réalisation qui est contemporaine du Jugement dernier de Michel-Ange (de 24 ans postérieure).

Sur la première travée de la voute, l'artiste a associé l'Ancien et le Nouveau testament en représentant le prophète Isaïe face à Saint Paul, identifiés par des phylactères ou le peintre a mêlé la langue d'oc au latin. Ce tableau central se rapportant aux souffrances du Christ rédempteur est entouré des scènes de la passion relatant la comparution devant Pilate et la Montée au calvaire ou un héraut sonne du corps pour annoncer le Christ. Les costumes des personnages sont pittoresques, certains étant vêtus à l'orientale.

Sur la seconde travée, les évangélistes, accompagnés de leur symbole, entourent le tableau central où est figuré le Christ bénissant. Les animaux du Tétramorphe sont représentés tenant un encrier dans leur gueule.

Sur la travée du Cœur récemment mise au jour, on découvre une mise en croix, l'assomption, un arbre de Jessé.

Sur les murs on aperçoit plusieurs petites scènes comme celle du prophète Elie réconfortés par l'ange. Les bordures des scènes composées de plusieurs bandes de motifs variés sont d'influence italienne. On y découvre la signature du peintre "Rodigis de Saint-Bertrand" grâce au cartouche RODI GIS*DSA NT*BER TAN ainsi que "la peinture a été faite par Merchior" avec LA*FEITA MEL'CHIOR.

Un grand Christ en croix a été monté en élément central d'un calvaire, dans le retable du XVIIe siècle. En bois polychrome, du XVe siècle, très longiligne, il porte un périzonium peint à rayures. On mesure bien le contraste de style entre l'embonpoint, la richesse des vêtements, l'incompréhension et l'attitude démonstrative, toute baroque, des personnages du retable et la maigreur, le dénuement, l'immobilité et la sérénité du christ représenté dans l'agonie, à la fin du moyen âge.

La Prédication de Saint Jean Baptiste, le baptême du Christ et les épisodes de son martyre décorent des deux travées de la chapelle latérale, appelée chapelle de la Vierge ou aussi chapelle des Gays. Les personnages sont vêtus à la mode Henry II[13].

À l'extérieur, au dessus de l'entrée, se trouvent une crucifixion et un jugement dernier. Sur le haut du mur, le Christ-juge assiste à la résurrection des âmes qui après avoir été pesées par saint Michel, séjournent dans le purgatoire enflammé. Saint Pierre avec sa gigantesque clé symbolise le paradis, tandis que l'enfer est évoqué par la gueule du Léviathan et des monstres ailés difformes.

L'oratoire sainte Catherine présente au dessus de l'autel, Dieu le père associé aux apôtres Pierre et Paul. Sur les murs, en quatre tableaux, se déroule la légende de Sainte Catherine d'Alexandrie revêtue à la mode Henry II d'une robe avec des manches à bourrelets et une guimpe, pièce de toile blanche encadrant le visage et terminée par une petite fraise autour du cou.

Les guerres de religions n'ont pas atteint la vallée du Louron : l'église et les oratoires de Mont ont été préservés des destructions liées aux conflits protestants-catholiques de la seconde moitié du XVIe siècle.

Révolution française et Empire[modifier | modifier le code]

Dans cette zone de montagne, des accords avec la noblesse et le clergé avaient été obtenus bien avant la période révolutionnaire. Ainsi, l'instituteur Pene, dans sa monographie de 1887, indique en page 8, que l'émancipation communale a eu lieu en 1307 puis en 1317, grâce à des actes authentiques rédigés par le notaire Couy, représentant de Bernard, comte de Labarthe, par lesquels il est concédé aux habitants de Mont une grande étendue de terres, des bois et le droit de dépaissance.

Ainsi la révolution française n'a pas fondamentalement modifié les usages au village. Et son patrimoine n'a pas eu à souffrir des destructions liées à cette période.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Les moulins en 1832

La carte de Cassini indique que cinq moulins à aubes étaient bâtis sur le ruisseau de Poudaque à proximité du village. On les retrouve sur le plan cadastral de 1832. Des cinq, il n'en reste plus qu'un, celui en amont, cependant en très bon état de conservation. Le chenal, les meules ainsi que les entonnoirs de bois et le mécanisme peuvent être observés, seules les aubes et l'axe vertical sont manquants. Il fonctionnait encore lors de la seconde guerre mondiale.

Sur les terrains primaires, à l'est du village, de part et d'autre du cap de Matas (aussi appelé à Mont "Le Turoun"), des poches de manganèse ont été exploitées au XIXe siècle. La galerie la plus remarquable se trouve une vingtaine de mètres au dessus du refuge de berger de Culeyés.

En 1887, l'instituteur Pène rédige une monographie communale de Mont[16]. Il fait référence à la carrière de pierre de Coume Longue en exploitation "dont les bancs superposés donnent une pierre de taille de premier ordre".

Reprenant les anciens chemins reliant le village aux communes limitrophes de Germ, Cazeau-Frechet, Loudervieille, Saint Calixte ainsi que pour le tour nord des estives, un réseau de sentiers pédestres a été tracé, avec de petits panneaux indicateurs imprimés en noir sur fond jaune.

Cadastre napoléonien de Mont[modifier | modifier le code]

Le plan cadastral napoléonien de Mont est consultable sur le site des archives départementales des Hautes-Pyrénées[17].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant inférieur à 100, le nombre de membres du conseil municipal est de 7[18].

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives de 2017, le nombre d'inscrits était de 45 : 6 ne se sont pas exprimés (13,33 % d'abstention), 18 ont voté pour la candidate « France Insoumise » (56,25 %) et 14 pour le candidat « République en Marche » (43,75 %)[19].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1971 1989 Bertrand Cazassus    
mars 1989 1995 ...    
mars 1995 2001 Claude Arne    
mars 2001 En cours
(au 10 décembre 2016[20].)
Dominique Toucouere DVG[21] Administrateur de la SA d'économie mixte locale Promodev[22]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Historique administratif[modifier | modifier le code]

Sénéchaussée d'Auch, élection de Rivière-Verdun ou de Comminges, vallée du Louron, canton de Bordères-Louron (1790-2014)[23],[24].

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Mont appartient à la communauté de communes Aure Louron créée au et qui réunit 46 communes[25].

Rattachements judiciaires[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[27]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[28]. En 2016, la commune comptait 46 habitants[Note 1], en augmentation de 27,78 % par rapport à 2011 (Hautes-Pyrénées : -0,61 %, France hors Mayotte : +2,44 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
144152155129217169196175176
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
180165187165170176180137121
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
11010086766162675234
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008 2013
301811213634343345
2016 - - - - - - - -
46--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[29] puis Insee à partir de 2006[30].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Aucune école n'est située sur le territoire de la commune[31].

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Le saint patron du village est saint Barthélémy, l'apôtre. La fête du village a lieu, par tradition, le samedi précédant le jour où l'on fête saint Barthélémy, le [32].

Santé[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

L'actualité de la commune est publiée dans les journaux de la presse quotidienne régionale : La Nouvelle République des Pyrénées[33] et La Dépêche du Midi[34].

Cultes[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune dépend de l'ensemble paroissial d'Arreau au sein du diocèse de Tarbes et Lourdes][35]. La commune dispose d'une église paroissiale, l'église Saint-Barthélémy, mais le culte catholique n'y est plus célébré en 2019[36].

Économie[modifier | modifier le code]

La fromagerie Le diable de Mont[37] située à l'ouest du village, élabore, affine et propose à la vente plusieurs types de fromages à base de lait de brebis et de lait de vache. Yves Giry, le fromager, a obtenu en 2016, la médaille d'or du vache fermier de Castillon-en-Couserans[38]. Des randonnées à cheval sont proposées tout autour du village ainsi que dans la vallée du Louron.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Barthélemy.
L'oratoire Sainte-Catherine.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune compte un monument répertorié à l'inventaire des monuments historiques[39] et 7 lieux et monuments répertoriés à l'inventaire général du patrimoine culturel[40]. Par ailleurs, elle compte 20 objets répertoriés à l'inventaire des monuments historiques[41] et 28 objets répertoriés à l'inventaire général du patrimoine culturel[42].

Monument historique[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Barthélémy et ses annexes (tour-clocher et chapelle Sainte-Catherine) sont classées à l'inventaire des monuments historiques[43].

C'est dans cette église que se trouvent tous les objets de la commune, inscrits ou classés à l'inventaire des monuments historiques.

Autres monuments[modifier | modifier le code]

La commune comprend également l'oratoire Notre-Dame-des-Victoires (sur le chemin de Bayet), un moulin à l'entrée du village, la place du village avec table d'orientation.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Entre 1942 et 1945, les deux Montois Jacques et Geneviève Laporte ont permis l'évasion d'officiers supérieurs vers l'Angleterre grâce à l'organisation La filière du rail[44].

En hommage de leur bienfaisance pour la commune, le conseil municipal leur a rendu hommage en donnant le nom de « place Jacques-et-Geneviève-Laporte » à la voie où se situe la mairie[45].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Une fontaine à Mont
Blason Blasonnement :
D'argent aux trois fasces ondées d'azur

Ce blason représente les trois principaux ruisseaux irriguant la commune, aux cours parallèles d'est en ouest: le ruisseau de la Coste se jetant dans Coume Longue, le ruisseau du Puyaubée et de Quasquec se jetant aussi dans Coume longue et le ruisseau de la Coumette de la Cau plus au sud. Plus symboliquement, le blason rappelle l'omniprésence de l'eau au village car dans le secret des cours fermées ou bien visibles le long des rues et sur les places, on peut découvrir nombre de sources, de fontaines et d'abreuvoirs, un moment délaissés et récemment remis en fonction.[réf. nécessaire]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Brau, Pays des Nestes et de Comminges des origines à nos jours, Pau, MonHélios, , 1re éd., 352 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Mont sur le site de l'Insee
  • Mont sur le site de la communauté de communes

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sous Géoportail.
  2. Insee : Rapport statistique communal pour la commune de Mont.
  3. « BRGM aptitude à l'aménagement en Louron » [PDF], sur infoterre.brgm.fr, .
  4. Guillaume Atchouel, « Hautacam : " Le vent nous a projetés dans le ravin " », La Dépêche du midi,‎ (lire en ligne).
  5. « Tempête Xynthia : des dégâts au pic du Midi », La Dépêche du midi,‎ (lire en ligne).
  6. « Balnéa, centre thermo-ludique à Génos Loudenvielle », sur lacsdespyrenees.com.
  7. Michel Grosclaude et Jean-Francois Le Nail, intégrant les travaux de Jacques Boisgontier, Dictionnaire toponymique des communes des Hautes-Pyrénées, Tarbes, Conseil Général des Hautes-Pyrénées, , 348 p. (ISBN 2-9514810-1-2, notice BnF no FRBNF37213307)..
  8. « Plan cadastral 1832 », sur www.archivesenligne65.fr.
  9. Brau 2014, p. 74.
  10. Brau 2014, p. 58.
  11. Geneviève Calatayud, Chrismes du luchonnais et des Pyrénées centrales, L'imprimerie Châtelleraudaise, , p. 47.
  12. Pierre-Yves Corbel, Sculpture Médiévale Aure et Louron Hautes-Pyrénées, SIVOM de la vallée du Louron 1997, Inventaire général, 3eme trimestre 1997, 16 p. (ISBN 2-905564-46-6), page 2.
  13. a et b Brau 2014, p. 186.
  14. « Archives de la commune de Mont » [PDF], sur archivesenlignes65.fr.
  15. Jacques BRAU, La chapelle sixtine des Pyrénées, Monhélios, (ISBN 978-2-37895-004-0).
  16. http://www.archivesenligne65.fr/arkotheque/navigation_facette/fiche_detail.php?f=ad65&ref1=524&mde_present=&debut=0 Archives départementales 65 Monographie de Pêne
  17. Archives départementales des Hautes-Pyrénées : Plan cadastral de Mont en 1832.
  18. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  19. « Accueil Législatives 2017 > Hautes-Pyrénées (65) > Mont », sur le site du ministère de l'Intérieur (consulté le 6 mars 2019).
  20. « L'entrée du village rénovée », sur le site du quotidien La Nouvelle Rue des Pyrénées, (consulté le 6 mars 2019).
  21. Annuaire des Mairies des Hautes Pyrénées (65), [lire en ligne].
  22. « Présentation de Dominique Toucouere », sur le registre du commerce (consulté le 6 mars 2019).
  23. « Mont », sur Archives départementales des Hautes-Pyrénées.
  24. « Cantons et Communes des Hautes-Pyrénées en 2015 » [PDF], sur Archives départementales des Hautes-Pyrénées (consulté le 7 avril 2019).
  25. « Présentation », sur Communauté de communes Aure Louron.
  26. « Liste des juridictions compétentes pour Mont (Hautes-Pyrénées) », sur le site du ministère de la Justice (consulté le 17 décembre 2015)
  27. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  28. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  29. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  30. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  31. « Annuaire de l'Éducation nationale », sur le site du ministère de l’Éducation nationale (consulté le 6 avril 2019).
  32. « Mont », sur le site de la communauté de communes Aure Louron (consulté le 6 avril 2019) : « Fête communale : Le 24 Août ».
  33. « Actu - Mont », sur le site du quotidien La Nouvelle République des Pyrénées (consulté le 6 avril 2019).
  34. « Une nouvelle mairie pour le village », sur le site du quotidien La Dépêche du Midi (consulté le 6 avril 2019).
  35. « Arreau », sur le site du diocèse de Tarbes et Lourdes (consulté le 6 avril 2019).
  36. « Horaire des messes à Mont 65240 », sur le site de la Conférence des évêques de France (consulté le 6 avril 2019).
  37. C. T., « Mont fait tout un fromage », sur le site du quotidien La Dépêche du midi, (consulté le 6 avril 2019).
  38. « Castillon devient la capitale des Pyrénées pour deux jours », sur le site du quotidien La Dépêche du Midi, (consulté le 6 avril 2019).
  39. « Liste des monuments historiques de la commune de Mayrac », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  40. « Liste des lieux et monuments de la commune de Mayrac à l'inventaire général du patrimoine culturel », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  41. « Liste des objets historiques de la commune de Mayrac », base Palissy, ministère français de la Culture.
  42. « Liste des objets de la commune de Mayrac à l'inventaire général du patrimoine culturel », base Palissy, ministère français de la Culture.
  43. « Église Saint-Barthélemy et ses annexes (tour et chapelle) », notice no PA00095403, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  44. Gabriel Nahas, La filière du rail, Éditions François-Xavier de Guibert (ISBN 9782868393944), chap. VIII (« Chez Jacques et Geneviève Laporte »).
  45. « Mairie - Mont », sur le site de la Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), (consulté le 7 avril 2019).