Mont dominant Marchienne (-au-Pont)[4]. Le mot Marchienne signifie soit domaine de Marcius (nom gallo-romain), soit terres aux limites (du latin marca, via le germain marka et l'ancien français marche).
Au cours du IXesiècle, la localité aujourd’hui connue sous le nom de Mont‑sur‑Marchienne portait également l’appellation Hurmont, interprétée comme « le mont situé près de l’Eau d’Heure ». Cette forme ancienne, signalée par Guy Weyn dans son étude consacrée à l’histoire du village, a perduré durant plusieurs siècles et subsisté dans divers usages jusqu’au XVIIIesiècle[5]. Les obituaires médiévaux et modernes conservent en effet plusieurs variantes du toponyme, notamment Heurimont et, dans certains cas, une forme altérée Henrimont. Ces dénominations étaient associées à un secteur correspondant aux abords de l’actuelle rue de l’Industrie, ce qui permet de situer l’ancien noyau mentionné dans les sources. L’analyse linguistique et topographique proposée par Guy Weyn souligne ainsi la continuité de ce nom ancien dans la mémoire locale et dans les documents ecclésiastiques[5].
Au fil des siècles, le nom de Mont‑sur‑Marchienne a connu de nombreuses variations, témoignant de l’évolution linguistique et administrative du toponyme. Dès le IXesiècle, la localité apparaît sous les formes anciennes Mons ou Monz, désignations relevées dans les sources médiévales et rappelées par André Sevrin dans son étude[6]. Au milieu du XVesiècle, le registre de l’archevêché mentionne la forme latinisée Mons supra Marchinez, qui situe explicitement le village par rapport à Marchienne. Les documents de la fin du XVIIIesiècle, notamment ceux de l’année 1793, emploient les variantes Mons desseur Marchienne ou Marchienne avec un « s », témoignant d’une orthographe encore fluctuante[6].
D’autres attestations, comme celle de 1590 figurant sur le calice de Jean Jacques, utilisent la forme Mons sur Marchienne, tandis qu’au début du XVIIIesiècle, en 1707, les sources oscillent entre Mons sur Marchienne et Marcienne. Selon André Sevrin[6], ces variations reflètent autant les usages locaux que les pratiques scripturaires des autorités religieuses et civiles. À partir du XIXesiècle, l’orthographe se stabilise progressivement pour aboutir à la forme moderne Mont‑sur‑Marchienne, qui demeure en usage aux XXeetXXIesiècles[6].
Le paysage de Mont-sur-Marchienne est assez vallonné, son altitude se situant entre 100 m et 178 m. L'ouest de la commune est bordé par l'Eau d'Heure qui marque la limite avec Montigny-le-Tilleul et Marchienne-au-Pont. L'on trouve le long de l'Eau d'Heure d'anciennes carrières de calcaire clair ou gris foncé avec des falaises de plus de trente mètres de hauteur ainsi qu'un lac d'une grande superficie au bord du ring R3.
Mont-sur-Marchienne se situe à la limite au nord-ouest de la «Faille du midi» qui court du nord de la France à Liège presque à l'horizontale. Le sous-sol de Mont-sur-Marchienne est donc constitué d'un massif charrié composé d'une variété de composants géologiques tels des gisements de fer et de houille grasse, du grès, du schiste et des calcaires de la deuxième moitié de l’ère primaire (il y a +/- 350 millions d’années). En bord d'Eau d'Heure, le plissement hercynien a dressé les couches de roches calcaires, déposées au fond de la mer tropicale du Carbonifère qui occupait le territoire à cette époque[7].
Les Haies, hameau méridional au nord de Bomerée (Montigny-le-Tilleul) et à l'ouest de Jamioulx. Ce hameau semi-rural possède quelques fermes;
Les Marlières (le Gadin et les carrières le long de l'Eau-d'Heure): selon Guy Weyn le nom du quartier vient du latin margilariamarne[8]. Elles constituaient une vaste étendue boisée;
Le Gadin, ce lieu-dit doit son nom à une enseigne d'une boutique ou d'une taverne au XVIIIesiècle du nom de Vertugadin[9]. Selon André Sevrin et Franz Bondroit, l’étymologie du mot vient de « vertugadin » désignait, autrefois, le panier porté par les élégantes pour donner du volume à leur jupe[10];
Airemont, selon Guy Weyn, il porte le nom d'un bois qui couvrait une colline qui surplombe Bomerée et la plaine avoisinante. Aujourd'hui ce bois est réduit à quelques buissons. Selon Weyn, au XIVesiècle, la limite de Mont-sur-Marchienne et Montigny-le-Tilleul y passait. Ce bois s'étendait de par et autre de l'Eau d'Heure sur le territoire de cette dernière localité[11];
Larbisart (à côté de Bomerée)[8], viendrait selon Guy Weyn du germanique hlaeri: terrain boisé et marécageux, et baki: ruisseau. Weyn rapporte qu'à l'époque romaine, on ajouta le suffixe sart, qui signifie bois dérodé[12];
Lûtia, au XVIIesiècle selon Weyn, on y trouvait quelques maisons. Le nom Luteau, Lutia qui en wallon vient du latin: luteum évoque un bourbier. Une mare d'environ 400 mètres carrés se trouvait à l'intersection de la rue du Lutia et de Bomerée au XIXesiècle[13];
La Tombe, doit son nom à un tumulus gallo-romain qui se trouve sur Marcinelle;
Les Gonceries, il se situe à l'est du centre de Mont-sur-Marchienne et du quartier du XII à Marcinelle. Selon Guy Weyn, le mot Gonseries ou Gonceries vient d’un nom de personne, Gonce ou Gonse, associé à une désinence qui signifie «les terres de Gonce». Ce toponyme remonte au haut Moyen Âge: Gunz-hardiacas, signifiant «les biens de Gunza»[14];
Le Beau Site, situé au nord avec Marcinelle;
Try du Scouf, il désigne selon Guy Weyn, un quartier qui se trouve au sud-est de la localité et qui est parcouru par la rue du même nom qui relie les rues du Point du Jour et du Fonterbois[15];Une façade d'un logement dans la cité Mon Logis réalisé par Victor Bourgeois dans les années 1950.
Plaine du Pige, situé au nord du grand ring de Charleroi (R3) près du cimetière de Mont-sur-Marchienne;
Jehansart ou Jansart (limite avec Jamioulx). Guy Weyn dit qu'il désigne un bois qui a été défricher par une personne du nom de Jean et connu aujourd'hui sous la forme de Champsart, qui est voisin du Trieu Maillard[16];
Le Moria, du germanique mari qui signifie la mare[12];
Pont-à-Nôle-Les Ruons;
Cité Renchon, qui se situe à l'est de rue de Bomeré (N54);
Cité Europe qui se situe à l'ouest de l'échangeur de l'A503;
Cité Mon Logis, qui se situe dans le quartier du Moria;
Les Hayettes, situé dans le quartier du Brun Chêne. Suite à la création du chemin fer de l'Entre-Sambre-et-Meuse et l'édification de la gare de Zone-Etat du début du XXesiècle a modifier le tracé du chemin des Hayettes. Selon Weyn, les hayette qui longeait ce chemin à pente raide, sont à l'origine de son nom[13];
Bois du Curé, à l'origine selon Guy Weyn, un bois du nom bois des Ruons, qui couvrait les coteaux surplombant l'Eau d'Heure à l'ouest de la localité. Ce bois appartenait à un curé la paroisse au XVIIesiècle[18];
Le Brun Chêne, il s'écrit en multiple façon depuis des siècles selon Guy Weyn: brunchenne en 1610, breuchesne en 1753, breuchêne en 1766. Selon le même auteur, au XVIIesiècle, les bois de Falises et du Curé furent dérodés[19];
Haies des Tiennes, il est situé à l'ouest. Selon Guy Weyn, avant la fin du XVIIIesiècle, le hameau n'aurait avoir été peuplé. Selon l'auteur, ce quartier fut bâti sur les coteaux abrupt dominant les Petites Pâtures, en bordure du chemin relient le château de la Torre jusqu'à Zone et à Marchienne-au-Pont aujourd'hui porte le nom de rue de l'Industrie[13];
Le Mayeuri, situé au nord de l'avenue Paul Pastur. Selon Guy Weyn, ll porte le nom d'un ruisseau qui se jette dans la Sambre. Une rue porte aussi ce nom[20];
Les Sablières, lieu-dit situé entre la chaussée de Thuin et le grand ring de Charleroi.
Le ruisseau du Trobay aussi appelé ruisseau Fonterbois prend sa source à Marcinelle selon Guy Weyn et se jette dans l'Eau d'Heure à Montigny-le-Tilleul. Le nom est d'origine germanique selon Weyn: beck signifie ruisseau, cours d'eau[22];
Le ruisseau du Ry Mariou, qui prend sa source dans le quartier des Haies et qui se jette dans l'Eau d'Heure[23];
Le ruisseau du Ry de la Goulette, qui prend sa source selon Guy Weyn au lieu-dit Bois Philippe et qui se jette dans l'Eau d'Heure[24]’[25];
Le ruisseau du Ry de Mayeury, qui prend sa source dans le quartier du même nom et qui se jette dans la Sambre à Marcinelle[20];
Le ruisseau du Pachy du Try, qui prend sa source au lieu-dit Grand Champ[26] et qui se jette dans l'égout de la rue de Bomerée puis il rejaillit dans l'Eau d'Heure[27];
Le ruisseau de la Doise, qui prend sa source près de l'ancien château de la Torre est qui se jette dans l'Eau d'Heure à Marchienne-au-Pont[24].
Des fouilles le long de l'Eau d'Heure, non loin du Trou Lombot (maintenant disparu), selon Guy Weyn attestent de l'occupation humaine de Mont-sur-Marchienne depuis la Préhistoire[31]. Selon le même auteur, on y a retrouvé des grattoirs du mésolithique et une petite hache polie en grès du néolithique[31]. Weyn dit que dans le Trou Lombot lui-même, on a découvert des ossements d'hyènes, de renards et de rennes y indiquant une présence humaine et/ou animale[21]. Dans le bois des Marlières, l’historiographie locale signale l’existence d’un ancien lieu‑dit aujourd’hui disparu, connu sous le nom de Trou Grand‑Mère[32]. Cette cavité, dont il ne subsiste plus aucune trace visible, est décrite par S. Thibaut comme un espace de rassemblement traditionnel pour les crécelleurs. Selon les témoignages rapportés, ceux‑ci s’y réunissaient la veille du Jeudi saint afin de « chasser carême » en actionnant leurs crécelles, une pratique dont les origines pourraient remonter à des rites antérieurs à la christianisation. André Sevrin, dans son étude consacrée à l’histoire de Mont‑sur‑Marchienne, souligne que ce type de coutume illustre la persistance de traditions populaires profondément enracinées dans la culture locale[32].
La toponymie ancienne du secteur laisse également supposer la présence d’un menhir sur le territoire de Mont‑sur‑Marchienne. Cette hypothèse, évoquée dans les travaux de André Sevrin, s’appuie sur des dénominations anciennes et sur la mémoire collective, qui conserve le souvenir d’un élément mégalithique aujourd’hui disparu. L’ensemble de ces indications contribue à documenter un paysage historique où se mêlaient pratiques rituelles, croyances populaires et traces possibles d’occupations préhistoriques[32]. Le lieu‑dit connu sous le nom de Large Caillou, situé à l’est des Hayes entre les actuelles rues Séraphin Antoine, Point du Jour et la chaussée de Thuin, constitue l’un des indices les plus significatifs d’une occupation ancienne du secteur[21]. Selon Guy Weyn, cet emplacement correspond aujourd’hui à une petite fermette restaurée, accessible par la rue de Marcinelle. Un testament daté de 1713 confirme que cette propriété appartenait alors à Ernest Sotteau et Elisabeth Lejeune, et qu’elle se trouvait précisément au lieu‑dit Large Caillou, ce qui permet de situer avec précision la continuité du toponyme dans les sources modernes. L’époque préceltique n’a laissé que peu de traces dans la région de Mont‑sur‑Marchienne, hormis un hydronyme ancien, celui de l’Eau d’Heure[21]. Cette rivière, dont la source se trouve à Cerfontaine, marque la limite occidentale du territoire avant de rejoindre la Sambre à Marchienne‑au‑Pont. Les documents du IXesiècle la mentionnent sous la forme Ur, terme que Guy Weyn interprète comme un mot signifiant simplement « eau ». Cette survivance linguistique constitue l’un des rares témoignages de la période antérieure aux implantations celtiques, révélant la profondeur historique des dénominations naturelles dans la région[21].
Dans l'Antiquité, les Romains établissent dans le quartier d'Airemont (le long de l'Eau d'Heure) un petit cimetière contenant 18 urnes funéraires. La rue de la Tombe, à cheval avec Marcinelle conduit quant à elle à un tumulusgallo-romain du IIesiècle apr. J.-C.[33] Selon Guy Weyn, des fouilles ont révélé qu'il y avait une villa romaine à proximité du tumulus. On y a mis au jour des vases et des monnaies des Iersiècle et IIesiècle[34]. Le centre de l'emplacement de la localité actuelle a été défriché de longue date. Selon Guy Weyne, cet espace central constituait le mont proprement dit. Le sud était entièrement recouvert par les bois des Hayes que les documents des XVIIe – XVIIIesiècles nomment selon leurs situations: Bois de Fanuée (aujourd'hui Bois Madame), Bois de Magneroule, Bois Brûlée, Bois du Long Trieu, Bois del Goulette, Bois Boulogne ou Philippe, Bois Long-Haie, Bois de Seureu et Buisson al Cory[35]. Guy Wayn indique que tout l'ouest était occupé par les Bois d'Airemont, des Marlières, des Falises et des Ruons. Au nord, au-dessus du chemin reliant la villa et la Tombe de Marcinelle à Marchienne-au-Pont via Zône, s'étendait le toponyme Forest et Berthobus, ce dernier confinant à Marcinelle[35].
Moyen Âge (fin Vesiècle ap. J.-C. - fin XVesiècle)
On retrouve trace de Mont-sur-Marchienne dès le Moyen Âge où la paroisse était desservie par l'abbaye de Lobbes. Mont-sur-Marchienne passe sous le giron de la principauté de Liège en 889 même si les moines de l'abbaye de Lobbes y conservent des privilèges, tels que le paiement de la dîme. Mont-sur-Marchienne, mentionné dès le IXesiècle sous le nom d’Hurmont («Mont sur l’Eau d’Heure»), appartenait alors au monastère de Lobbes. Cette appellation ancienne, encore attestée sous les formes Heurimont ou Henrimont jusqu’au XVIIIesiècle, se localisait dans le secteur de l’actuelle rue de l’Industrie. La toponymie et plusieurs documents médiévaux suggèrent l’existence, au centre du village, d’une exploitation agricole domaniale (villa médiévale), voire d’une villa romaine plus ancienne. Les mentions récurrentes de la Ville et du puits delle Ville rebouché en 1939 situent ce noyau primitif à l’intersection des rues de l’Église et du Château. En 889, le roi de Germanie transféra à l’Église de Liège une partie des domaines du monastère de Lobbes, dont Mont-sur-Marchienne. Les moines conservèrent toutefois le droit de percevoir la dîme sur plusieurs localités, dont Mont-sur-Marchienne, Marchienne-au-Pont et Montigny-le-Tilleul, privilège attesté encore en 1262 et maintenu jusqu’à la fin de l’Ancien Régime[5].
En 973, l’empereur Otton II accorda à Lobbes un droit d’immunité limité à un territoire appelé praecinctus (ou pourchainte). Ce périmètre correspondait largement à la future châtellenie et avouerie de Thuin, regroupant quinze villages, dont Montigny-le-Tilleul, Fontaine-Valmont, Gozée ou encore Thuin. À la fin du Xesiècle, l’évêque Notger fit reconstruire la forteresse de Thuin et y installa un châtelain, qui devint progressivement l’avoué héréditaire de Lobbes. L’abbaye perdit alors une partie de ses domaines au profit de cette nouvelle autorité militaire et administrative. Au XIIIesiècle, le châtelain Jean II de Thuin réunit sous son autorité les seigneuries de Marchienne-au-Pont, Mont-sur-Marchienne et Montigny-le-Tilleul, formant une entité seigneuriale cohérente. Il acquit également la seigneurie de Rianwez-lez-Courcelles. Après sa mort, la seigneurie de Marchienne fut administrée par une succession d’avoués jusqu’au début du XVesiècle[36]. À la suite de la bataille d’Othée en 1408, qui se solda par la défaite des Liégeois insurgés contre leur prince-évêqueJean de Bavière, l’avouerie de Thuin fut réintégrée dans le domaine épiscopal. L’évêque de Liège mit alors un terme définitif à la pratique consistant à nommer un châtelain pour Thuin, confiant désormais la représentation de son autorité locale au seul bailli. La seigneurie de Marchienne fut, dans un premier temps, attribuée à Jean de Jeumont, l’un des vainqueurs d’Othée. Vers 1415, elle fut toutefois rattachée à la mense épiscopale. Dès lors, et pour une durée d’environ deux siècles, les princes-évêques de Liège demeurèrent les seigneurs exclusifs de Marchienne-au-Pont, Mont-sur-Marchienne et Montigny-le-Tilleul[37].
D'après les archives communales, des procès en sorcellerie se succèdent de 1617 à 1626. On relève ainsi 13 condamnations à mort et deux banissements[38]. En 1616, le prince-évêque Ferdinand de Bavière procéda au démembrement partiel de l’ancienne seigneurie de Marchienne. Il engagea Montigny au profit de Guillaume de Celles, moyennant un versement de 1 000 florins à la Chambre des Comptes. Le , Mont-sur-Marchienne et Marchienne-au-Pont furent à leur tour engagés à Guillaume Bilquin, industriel et bailli de l’Entre-Sambre-et-Meuse, pour la somme de 6 000 florins. Selon Guy Weyn et André Sevrin, ils indiquent qu'en 1726, l’ensemble de cette nouvelle seigneurie passa par héritage à la famille de Cartier, qui en conserva la possession jusqu’à l’abolition de l’Ancien Régime[37]’[39]. Aux XVIeetXVIIesiècles, la seigneurie appartient aux Hamal, seigneurs de Monceau. Jusqu'au début du XIXesiècle, la famille de Cartier, maîtres de forges, dispose d'un vaste patrimoine immobilier et industriel à Mont-sur-Marchienne qu'elle revend en 1837[40].
Le château de la Torre en 1902.
Le château-ferme de la Torre, maintenant disparu, constituait le principal édifice de Mont-sur-Marchienne. La construction de ce château remonte à la seconde moitié du XVIesiècle comme l'attestent des pierres datées provenant du château. Il formait un quadrilatère fortifié entouré de quatre tours d'angle, d'un corps de logis, d'étables et des murs. Selon Guy Weyn, son premier châtelain s'appelait Jean Jacques, bailli de Marchienne-au-Pont. Il passe ensuite à diverses familles nobles dont celle de la Torre dont la dernière descendante vend le château en 1924. Le château est détruit dans les années 1940 pour laisser la place à la rue Cardinal Mercier et à ses maisons avoisinantes. Seules subsistent deux tours d'angle fortifiées[31],[41]. Dès la fin du XVIesiècle, la sidérurgie fait son apparition avec les usines de Zône qui ont été la propriété des familles Polchet et de Bilquin au XVIIesiècle. Dès la fin du XVIIIesiècle, l'industrie charbonnière s'implante à Mont-sur-Marchienne. La carte de Ferraris datant de 1780 mentionne ainsi la présence d'un charbonnage dans le quartier du Gadin.
Au XIXesiècle, des sociétés charbonnières sont créées sur le territoire de Mont-Sur-Marchienne: les Charbonnages de la Réunion, fondés le , et les Charbonnages de Saint-Martin disposant d'une vaste concession accordée à la veuve de Cartier de Marchienne en 1824. La famille de Cartier fait également partie des fondateurs de la concession Houllière de la Réunion à Mont-sur-Marchienne. Au cours du XIXesiècle, des carrières s'installent et des fours à chaux sont également construits et exploités dans les Marlières au bord de l'Eau d'Heure par la famille Durant-Jennar. Celles-ci font disparaître du paysage le trou Lombot et sa falaise. La sidérurgie prend un nouveau départ. La Société des Forges et Laminoirs de l'Heure, constituée à Zône en 1842 ferme ses portes en 1878; dix ans plus tard, elle avait été remplacée par la Clouterie du Globe qui est rachetée en 1909 par les Usines Allard, créées en 1905. Ces usines étaient gérées par Joseph Allard, bourgmestre de Mont-sur-Marchienne de 1927 à 1933 qui a dû faire face à une grève en 1925.
Plan cadastral primitif, Section A, Parcelle = 231 à 606, «Dite Du Village» extrait avec le village et le château et son domaine vers 1830.
En prélude à la bataille de Waterloo, a lieu le , un combat entre l'avant-garde française de l'armée de Napoléon constituée par le 4echasseurs à cheval et l'arrière-garde prussienne constituée de 200 à 300 fantassins. Ces combats ont lieu à la ferme de la tombe où les Prussiens se sont retranchés. Les cavaliers français ayant été repoussés, c'est le tir d'un obusier qui obligera les Prussiens à se rendre[42].
Au matin du , le secteur des Marlières, à Mont‑sur‑Marchienne, est le théâtre d’un bref affrontement lié aux premières phases de l’invasion allemande. Une unité française, identifiée comme le 3e bataillon du 119e régiment d’infanterie, reçoit pour mission de ralentir la progression des troupes impériales. Selon les analyses d’André Sevrin, les soldats français, nettement moins nombreux et dépourvus de soutien d’artillerie, se retrouvent rapidement en position défavorable. La résistance qu’ils opposent entraîne de lourdes pertes: une vingtaine d’hommes sont tués et de nombreux autres grièvement blessés[43]. Franz Bondroit souligne que les combats, bien que limités dans le temps, ont touché les deux armées. Des militaires allemands figurent également parmi les blessés. Dans l’urgence, la maison communale de Mont‑sur‑Marchienne est réquisitionnée et transformée en poste sanitaire improvisé, qualifié de Lazaret. Cet édifice, habituellement dédié à l’administration locale, devient alors un lieu de soins où sont accueillis indistinctement les soldats des deux camps, témoignant de la désorganisation et de la précipitation qui marquent les premiers jours du conflit dans la région[43].
À Mont‑sur‑Marchienne, plusieurs événements liés à la Seconde Guerre mondiale ont marqué la localité. De 1942 à 1944, Mont-sur-Marchienne a été annexée au Grand Charleroi. La commune appartenait alors au District 1, aussi appelé District de Charleroi, mais disposait de son propre district, le District 7, également connu sous le nom de district de Mont-sur-Marchienne, qui n’a toutefois existé que trois semaines. Dès le début du conflit, plusieurs accidents aériens surviennent dans les environs. Le , un bombardier allemand Dornier Do 17 appartenant à l’unité 2.(H)/14 est abattu à proximité du lieu‑dit du Moulin au Noir, provoquant la mort des trois aviateurs qui le composaient[44]. Franz Bondroit souligne que cet épisode constitue l’un des premiers drames liés à l’aviation militaire dans la localité. Un autre événement tragique se produit le , lorsqu’un Wellington du 458e Squadron de la RAAF, touché par la défense antiaérienne, s’écrase dans le secteur du Pont‑à‑Nôle. Les cinq membres de l’équipage périssent dans l’impact, un fait régulièrement mentionné dans les travaux de Sevrin et Bondroit. Le , un second Wellington britannique, engagé dans un raid contre Cologne, est abattu au‑dessus de l’agglomération carolorégienne. Trois aviateurs y trouvent la mort, tandis que deux survivants sont retrouvés respectivement à Montigny‑le‑Tilleul et à Mont‑sur‑Marchienne[45].
La commune est également touchée par les opérations stratégiques menées en 1944. Le , un bombardement américain visant la gare de formation de Monceau‑Marchienne, dans le cadre du Transportation Plan, entraîne la chute de projectiles sur le hameau des Haies. Plusieurs habitations des rues du Longtry et Séraphin Anthoine sont détruites, causant une vingtaine de victimes civiles. Bondroit insiste sur l’ampleur de ce bombardement, qui illustre les conséquences indirectes des opérations alliées sur les zones habitées[46]. Le , un parachutage allié destiné à soutenir l’Armée Secrète permet l’acheminement d’armes et d’explosifs. Sous la coordination de Raymond Remy et Georges Gosseye, ces matériels sont dissimulés par Georges Deboth dans deux caveaux du cimetière communal, une opération clandestine qui témoigne de l’activité résistante dans la région. Plusieurs autres crashs aériens se produisent encore dans les mois qui suivent, confirmant la position de Mont‑sur‑Marchienne dans une zone de survol militaire intense[46]. La localité est finalement libérée par les troupes américaines en septembre 1944, mettant fin à une période marquée par les bombardements, les pertes humaines et les actions de résistance, dont les historiens André Sevrin et Franz Bondroit ont largement documenté les traces[47].
En 1977, Mont-sur-Marchienne est fusionnée avec 15 autres communes pour former l'entité de Charleroi. En 1987, le Musée de la photographie, Centre d’art contemporain de la Fédération Wallonie-Bruxelles, est inauguré dans l'ancien Carmel[48]. En 2014, le recyparc Tibi de Montigny-le-Tilleul, à Landelies est déplacé et agrandi. Ce parc est considéré comme un modèle du genre à l'échelle de la Wallonie.
Blasonnement:D'argent au lion de sable, armé et lampassé de gueules, tenant de la patte dextre une épée d'or, au chef d'azur chargé d'un château d'or crénelé, maçonné de sable.
Source du blasonnement: Le dessin du blason est repris de la couverture de la plaquette André Sevrin, Mont-sur-Marchienne: Ses Bourgmestres, Charleroi, [a].
Liste des bourgmestres (avant la fusion des communes en 1977)
François Clément Jennar: maire/bourgmestre, agronome et administrateur-gérant de société (1810-1843);
Désiré Joseph Nicaise: bourgmestre (1844-1847);
Alexandre Piret: bourgmestre (1848-1856) et directeur du pensionnat de Mont-sur-Marchienne;
Adolphe Dulait (libéral): bourgmestre (1856-1874), président de l'Association Charbonnière du bassin de Charleroi (1871-1874), directeur du Charbonnage de la Réunion et conseiller provincial;
Vincent Bruyr: bourgmestre (1874-1879 et 1885-1890);
Henri Darras: bourgmestre (1879-1884);
Sylvain Caisse (libéral): bourgmestre (1891-1911) et docteur en médecine;
Camille Desy (libéral): bourgmestre faisant fonction (1914-1919);
Napoléon Lejong (libéral): bourgmestre faisant fonction (1919-1921) et président de la Société des maisons à bon marché;
Edmond Ramboux (socialiste): bourgmestre (1921-1922) et chef-comptable;
Arthur Gailly (socialiste): bourgmestre faisant fonction (1921), bourgmestre (1923-1926 et 1933-1934) et député de Charleroi;
Joseph Allard (catholique): bourgmestre (1927-1933), ingénieur et administrateur-gérant des Usines et Aciéries Allard;
Émile Dutilleul (socialiste): bourgmestre (1934-1973), directeur du service social de la Société générale coopérative et professeur à l'École ouvrière supérieure;
Jean-Pol Demacq (socialiste): bourgmestre (1973-1977) et assistant social[49].
L'église de la Conversion de Saint-Paul. L’église mentionnée existait déjà au Moyen Âge, mais seule la tour subsiste de l’édifice primitif. Selon Guy Weyn, entre le XVIeet leXIXesiècle, elle fit l’objet de nombreux travaux: réparations de la charpente, construction d’une chapelle Saint-Bernard (1721‑1723), agrandissements nécessitant l’achat de terrains voisins, restauration de la tour (1754), reconstruction du chœur (1771‑1772), puis selon l'auteur, diverses réparations importantes au XIXesiècle (toiture, sacristie, fenêtres, peinture). La tour fut rehaussée en 1896‑1897. Au XXesiècle, les orgues furent remplacées (1907), des dégâts causés par des ouragans entraînèrent un long litige (à partir de 1916), et deux cloches furent réquisitionnées par les autorités allemandes en 1943, dont une seule revint après la guerre[52]’[50].
Les tours de l'ancien château de la Torre. À la fin du XVIesiècle, Jean Jacques, bailli de Marchienne-au-Pont, fait probablement construire l’essentiel du château, comme l’indiquent plusieurs pierres datées entre 1566 et 1597. Selon Guy Weyn, le domaine, auparavant morcelé, est alors réuni en une seule propriété et devient un château-ferme fortifié. Après Jean Jacques, le château passe successivement entre les mains de plusieurs familles nobles: Les de Billehé (fin XVIe – XVIIesiècle), puis Jean de la Torre et ses descendants, qui y résident jusqu’au début du XVIIIesiècle. Toujours selon Guy Weyn, aux XVIIIeetXIXesiècles, le domaine continue de se transmettre par héritage, mais les propriétaires y vivent rarement. Le domaine est progressivement loué, puis morcelé. Au XIXesiècle, il ne reste qu’une partie des terres initiales. En 1924, le château, très dégradé, est acheté par les Usines et Aciéries Allard, qui entreprennent une restauration partielle. Mais en 1941, un nouveau propriétaire fait tracer une rue dans la cour et démolir la majorité des bâtiments pour construire des villas. Seules deux tours sont conservées[53]'[54]’[55]. Ces dernières sont finalement classées en 1989[56], devenant les derniers vestiges du château d’origine.
La maison blanche, à l'avenue Paul Pastur, construite en 1792 selon un cartouche de la façade triangulaire[57].
L'ancien carmel qui abrite aujourd'hui le musée de la photographie.L'ancien couvent du Carmel. Au milieu du XIXesiècle, les Carmélites de Tournai souhaitent fonder un monastère à Charleroi. Elles s’y installent en 1854 dans une maison de la rue de Montigny, bientôt jugée trop exiguë. Après l’achat de bâtiments voisins, un véritable Carmel est construit entre 1861 et 1865, permettant à la communauté de s’épanouir. Cependant, des dégâts miniers et la faillite du propriétaire forcent les Sœurs à quitter les lieux en 1886. Elles achètent alors l’ancien château de Charles Nice à Mont-sur-Marchienne, où un nouveau Carmel néogothique est édifié. Les travaux s’étalent jusqu’en 1901. La communauté vit paisiblement jusqu’au XXesiècle, malgré les dommages causés par les deux guerres mondiales. Dans les années 1970, faute de moyens et de vocations, les Carmélites vendent le monastère et construisent un Carmel plus modeste rue du Bois d’Airemont dans le quartier du Gadin. L’ancien Carmel devient propriété publique et accueille dès 1987 le musée de la Photographie, qui s’agrandit en 2008 pour devenir le plus grand musée européen consacré à la photographie. La communauté carmélite finit par disparaître en 2001. Le site du Bois d’Airemont au Gadin est ensuite reconverti en établissement d’accueil pour jeunes[58]’[59].
Villa Darville, construite par Alphonse Darville à la Route de Bomerée[60].Le château d'eau construit par Jacques Dupuis en 1973.La villa des Hirondelles (1903)[61], illustrative du quartier des villas. Chaussée de Charleroi (désormais Avenue Paul Pastur). Photographiée en 1913.La maison communale, rue de l'Eglise. À partir de 1888, plusieurs architectes, dont Pierre-François Houyoux, alertent la commune de Mont‑sur‑Marchienne sur le mauvais état de la maison communale, menacée d’effondrement. Malgré des rapports alarmants et l’intervention du Gouverneur de la Province, les autorités tardent à agir. Finalement, la commune décide de combiner la restauration de la maison communale avec la construction d’une école, afin de bénéficier de subsides plus importants. En 1897, le Conseil communal approuve les plans d’Houyoux. Les travaux, confiés à l’entrepreneur Joseph Charles, s’achèvent en 1899, année où le nouvel hôtel de ville est inauguré avec cérémonie et festivités. Le bâtiment, de style éclectique, présente une façade imposante, une partie centrale en avant-corps et deux ailes latérales. Il abrite à l’origine l’école des garçons, les services de police, les bureaux administratifs, la salle du Conseil et une grande salle des Fêtes. Au fil du temps, les affectations changent: l’école déménage, la police et la régie d’électricité s’installent au rez-de-chaussée, et des restaurations sont menées entre 1954 et 1962. Mais dès 1965, un nouveau rapport souligne la dégradation avancée du bâtiment, entraînant la fermeture de la salle des Fêtes et le démontage de certains éléments architecturaux. Dans les années 1970, la démolition est même envisagée au profit d’un transfert des services dans l’ancien Carmel, mais la fusion des communes met fin au projet. Ce bâtiment deviendra plus tard le Musée de la Photographie[62],[63]’[64].
La propriété Allard, avenue Paul Pastur. Il est daté de 1721[65]. En 1883, Édouard Henry, époux de Mathilde Thomas, fit édifier un château à l’emplacement de l’ancienne ferme Thomas. L’édifice, qui porta d’abord le nom de son constructeur, passa ensuite à la famille Halloint, à laquelle il doit sa dénomination actuelle de château Halloint, avant d’être acquis par la famille Allard. Selon André Sevrin et Franz Bondroit, le bâtiment conserve trois linteaux millésimés. Le plus récent, portant l’inscription H.T. 1883, commémore la construction réalisée par la famille Henry-Thomas. Ces éléments constituent des témoins matériels de l’évolution du site et de ses propriétaires successifs. Après avoir servi de résidence privée, le château a été reconverti en bibliothèque, lui conférant une nouvelle fonction publique tout en préservant son caractère patrimonial[65],[66]’[67].
Le château du Croisé, avenue Paul Pastur no121, vaste édifice construit en 1875 en style éclectique[68]’[69].
Le Casino, rue du Château près des tours de l'ancien château. Construit par le bourgmestre Allard en 1924[70]’[71] qui héberge aujourd'hui le Centre culturel de Mont-sur-Marchienne[72].
Les villas et châteaux urbains sur l'avenue Paul Pastur.
Le château d'eau, vigie moderniste construite par l'architecte Jacques Dupuis sur le point le plus élevé de la commune en 1973, visible à grande distance. Le château d'eau se compose de deux bassins superposés, celui du haut ayant une capacité de 1 500 m3 et celui du bas de 1 000 m3[74].
L'église du Sacré-Cœur située aux Haies, rue du Longtry. La paroisse des Haies de Mont-sur-Marchienne a été créée en 1903 à la demande de l’évêque de Tournai. Son territoire correspondait à la partie sud de Mont-sur-Marchienne, délimité précisément par des repères cadastraux. Un premier lieu de culte provisoire, installé dans une grange près de la place du Longtry, accueillait environ 250 fidèles. Selon Guy Weyn, l’abbé Ernest Noyon en devint le premier curé. La paroisse mère, Saint-Paul, contribua financièrement à la nouvelle paroisse du Sacré-Cœur. Face à l’exiguïté du bâtiment provisoire, la construction d’une véritable église fut décidée en 1908. Cependant, en raison de la guerre et du manque de moyens, l’édifice néo-roman conçu par l’architecte Hosdain ne fut finalement construit qu’en 1939-1940, avec un revêtement en pierres de la Gileppe[57],[75],[76].
La chapelle Saint-Antoine, située rue du Brun Chêne. Érigée sur un terrain acquis en 1890 par Camille Geur[77],[78].
La chapelle Notre-Dame de la Délivrance, située rue des Invalides. Érigée en 1886 par Louis Deulin comme le renseigne l'inscription sur la pierre de l'autel à l'intérieur[79].
Monument aux morts Franco-Belge œuvre d'Hector Brognon, inauguré en sur le mur de la maison communale. Ce monument qui se trouvait dans le mur du château est une première fois transféré place des Essarts puis déplacé près de l'église Saint-Paul[80]’[81].
Monument demi-cercle avec colonne et lion en pierre, œuvre de l'architecte J. Lejeune et du sculpteur Joseph Roger, «Aux héros de la Grande guerre», dans le cimetière communal.
Colonne commémorative dans le parc du château Halloint, œuvre du sculpteur mont-sur-marchiennois Alphonse Darville: rend hommage aux Morts, Combattants, Résistants, Prisonniers de guerre, Prisonniers politiques, Travailleurs déportés et Victimes civiles tombés lors de la Seconde Guerre mondiale.
Deux plaques commémoratives «À nos morts», œuvres d'Alphonse Darville réalisées en 1926, apposées sur les maisons de gauche et droite à côté de la maison communale[82]’[83].
La statue représentant Hercule enfant, étouffant des serpents, autrefois érigée devant le Carmel en 1931. Cette œuvre est le fruit du talent du sculpteur Alphonse Darville[84]. Cette statue se dresse maintenant sur une petite place à la rue du Moria.
Le monument aux héros de la Grande Guerre, œuvre de Joseph Roger.
Le monument aux morts sur le mur à gauche de l'hôtel communal réalisé par Alphonse Darville en 1926.
Le monument aux morts sur le mur à droite de l'hôtel communal réalisé par Alphonse Darville en 1926.
Le musée de la photographie, Centre d’art contemporain de la Fédération Wallonie-Bruxelles, est installé depuis 1987 au 11 de l'avenue Paul Pastur (place des Essarts) dans l'ancien carmel de Mont-sur-Marchienne. Il est le plus vaste et un des plus importants musées de la photographie en Europe[48], avec une collection de 100 000 photographies dont plus de 800 en exposition permanente.
Le Centre Culturel de Mont-sur-Marchienne, à la rue du Château, organise des concerts, spectacles, pièces de théâtre et accueille le Cercle de théâtre wallon de Mont-sur-Marchienne. Le bâtiment qui héberge ce centre culturel est actuellement en rénovation.
La bibliothèque du Château - Mont-sur-Marchienne est située à côté du Centre Culturel de Mont-sur-Marchienne. Elle possède une réserve de livres à caractère général avec une priorité pour les tout-petits qui sont accueillis au sein d’un espace qui leur est réservé. Dans le cadre de ses missions culturelles, elle organise une fois par mois un atelier musical pour les 5 à 8 ans et consacre l’été aux animations jeux de société pour les petits de 3 à 6 ans.
Le Centre de l'histoire de la familleFamilySearch de Charleroi est situé rue de la Tombe. Il dessert la province de Hainaut et permet la recherche gratuite d'information en matière de généalogie familiale.
Parmi les écoles de Mont-sur-Marchienne, ont note notamment: l'école communale des Haies (enseignement maternel et primaire)[86], école fondamentale libre des Sœurs de la Providence (enseignement maternel et primaire)[87], l'école fondamentale libre Saint-Paul (enseignement maternel et primaire)[88], l'école fondamentale Roger Desaise Gonceries (enseignement maternel et primaire)[89], l'ECEPS de Mont-sur-Marchienne (Établissement Communal d'Enseignement de Promotion sociale)[90] et l'académie de Mont-sur-Marchienne[91].
Au nord de Mont-sur-Marchienne, des ateliers métallurgiques se sont installés dès la fin du XVIesiècle dans le quartier Zône au bord de l'Eau d'Heure à la limite de Marchienne-au-Pont. Ils utilisaient l'énergie hydraulique de cette rivière et étaient la propriété des Polchet et des Bilquin, maîtres de forges et seigneurs engagés de Mont-sur-Marchienne. En 1826, ils sont transformés en une installation plus moderne par Charles de Cartier. En 1842, ils sont constitués en Société des Forges et Laminoirs de l'Eau d'Heure qui disparaît en 1878 étant remplacée par une clouterie[92]. Dans ce même quartier est à présent implantée l'entreprise Thales Alenia Space. Il s’agit d’un fabricant de satellites, implanté dans dix pays, principalement en Europe, fournissant des solutions spatiales destinées aux domaines des télécommunications, de la navigation par satellite, de l’observation de la Terre, de l’exploration spatiale, de la science ainsi que des infrastructures orbitales.
L’exploitation charbonnière à Mont‑sur‑Marchienne apparaît dès le XVIIesiècle et se développe plus nettement au XVIIIesiècle, période où sont attestées plusieurs petites fosses artisanales. Ces premiers travaux, encore rudimentaires, se distinguaient par une profondeur réduite et une organisation limitée, comme le rappellent André Sevrin et Franz Bondroit dans leurs recherches sur l’évolution minière locale. Au début du XIXesiècle, dans le contexte précédant la formation de l’État belge, l’activité prit une dimension industrielle avec la mise en place de la « Concession houillère de La Réunion »[93]. Deux puits majeurs structurèrent alors l’exploitation: le puits no9 de La Conception, rue Saint‑Jacques, atteignant environ 500 m de profondeur, et le puits Saint‑Joseph, rue de la Bure, dont l’extraction descendait jusqu’à 845 m. Cette transition vers des installations plus ambitieuses illustre le passage d’une extraction locale à une véritable organisation minière, phénomène également souligné par André Sevrin dans ses travaux[93]. À partir de 1884‑1885, l’ensemble fut repris par la Société des Charbonnages de Marcinelle‑Nord, qui poursuivit l’exploitation dans un cadre modernisé. Les bureaux administratifs étaient établis au no88 de la rue Jules Ruhl, témoignant de l’intégration de Mont‑sur‑Marchienne dans le réseau industriel régional. Selon Franz Bondroit, cette période marque l’apogée de la structuration charbonnière locale avant son déclin[93]. L’activité cessa définitivement en 1902, clôturant plus de deux siècles d’exploitation du sous‑sol mont‑sur‑marchiennois et laissant une empreinte durable sur l’histoire industrielle de la commune[94].
Les usines Allard, traversées par l’Eau d’Heure, s’étendaient sur une vaste superficie, couvrant les localités de Mont-sur-Marchienne et de Marchienne-au-Pont. Héritière des Clouteries du Globe, la Clouterie Allard, fondée en 1909, employait 350 ouvriers[95]. En 1919, les usines et aciéries Allard, reliées à la station de Zône-État, employaient entre 1000 et 1200 ouvriers. L’ensemble industriel se composait de deux divisions, chacune alimentée par une turbine à vapeur développant environ 300 chevaux. Les aciéries fabriquaient une large gamme d’aciers, pour une production mensuelle avoisinant les 1 500 tonnes. Les clouteries, quant à elles, fournissaient des clous de tous calibres, allant des pointes fines aux pointes de Paris[96]’[95].
Au XXesiècle, malgré la transformation progressive de Mont-sur-Marchienne en zone d'habitat, il existe encore quelques exploitations agricoles et quelques jardins partagés en particulier dans le quartier des Haies. En 2020, une centrale électrique photovoltaïque a été installée sur le site des anciennes usines Allard à la limite de Mont-sur-Marchienne et Marchienne-au-Pont, le long de l’Eau d’Heure. S’étendant sur 27 hectares, elle comprend 4 444 panneaux solaires délivrant une production de 2 MWc, suffisante pour alimenter 600 ménages[97],[98]. L’ASBL «Pôle Pastur»: association qui regroupe neuf commerçants de Mont-sur-Marchienne, ainsi que le musée de la photographie de Charleroi et organise des événements dans le centre de Mont-sur-Marchienne.
Le château Soupart, maintenant disparu, ainsi que d'anciens terrils s'élevaient dans cette zone verte au nord de Mont-sur-Marchienne dominant la vallée de la Sambre et les industries de Marchienne-au-pont. Le parc est constitué d'un petit bois, de prairies et de sentiers où l'on peut encore voir une grande haie de charmes centenaires et l'ancienne entrée carrossable du château qui mène à la rue du Mayeur. L'on note parmi les arbres remarquables un marronnier d’Inde. La faune et la flore y sont riches. Le contraste est, en particulier, frappant entre cette zone verte à proximité immédiate de la zone industrielle installée à ses pieds et du centre ville de Charleroi.
Trois anciennes carrières se situent le long de l'Eau d'Heure à l'ouest de l'entité de Mont-sur-Marchienne dont une dotée d'un grand lac à proximité du pont du viaduc de Montigny-le-Tilleul sur le Ring R3. Des itinéraires de promenade longent les carrières et le bord de l'Eau d'Heure.
L'ancienne carrière du Brun-Chêne, seule carrière dont l'accès est autorisé, abrite une réserve naturelle de 16 hectares. Elle a été créée en 2014 à l'initiative de l'ASBL Val d'Heure et cataloguée «Site de Grand Intérêt Biologique» par la Région Wallonne. La réserve est gérée par Natagora avec la contribution de Sagrex et le partenariat de la Ville de Charleroi. Les parois rocheuses et la roselière abritent des oiseaux remarquables et des espèces de batraciens menacées et d'anciens fours à chaux hébergent des rapaces[99],[100].
Mont-sur-Marchienne est traversée par deux routes nationales: la N53, reliant Charleroi à Chimay, en passant par les localités importantes: Gozée, Beaumont et Rance, et la N577, reliant Charleroi à Bomerée (Montigny-le-Tilleul). La localité est aussi desservie par le grand ring de Charleroi (R3) et par A503 et sont échangeur.
Mont-sur-Marchienne dispose d'un centre sportif (avenue Paul Pastur) et d'un hall polyvalent (rue Napoléon Lejong) qui proposent différents sports et disciplines en indoor.
Il existe un certain nombre de clubs sportifs à Mont-sur-Marchienne actifs dans différents championnats:
↑L'ouvrage indique en page 19 que le blason fut trouvé sur un carnet de mariage datant de 1969. Dans le même ouvrage, à la même page, l'auteur dit que le lion brandit un sabre d'or, tout en précisant en note qu'un sabre est recourbé, ce qui n'est pas le cas sur l'illustration de la couverture.
↑Jean Germain, Guide des gentilés: les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne).
↑Anne-Catherine Bioul, Vivre aujourd'hui dans un intérieur d'autrefois, à Charleroi, Namur, Ministère de la Région wallonne, coll.«Études et documents / Monuments et sites», , 245p. (ISBN2-87401-171-1), p.208-213.
↑Jean-Louis Delaet, Rina Margos et Chantal Lemal-Mengeot, Hôtels de Ville et Maisons communales de Charleroi, Ministère de la Région wallonne et Ville de Charleroi, coll.«Carnets du patrimoine» (no11), , 64p., p.25-27
↑Jean-Louis Delaet, Rina Margos et Chantal Lemal-Mengeot, Hôtels de Ville et Maisons communales de Charleroi, Ministère de la Région wallonne et Ville de Charleroi, coll.«Carnets du patrimoine» (no11), , 64p., p.28
↑Secrétariat général de l’enseignement catholique en communautés française et germanophone de Belgique, «Ecole fondamentale libre Saint-Paul», sur Enseignement Catholique (SeGEC) (consulté le ).
Emmanuel Brutsaert (Rédacteur en chef), Gilbert Menne (Secrétaire d'édition) et Johan De Meester (Mission photographique), Histoire et patrimoine des communes de Belgique: Province du Hainaut, Bruxelles, Éditions Racine, , 608p. (ISBN978-2-87386-599-3), p.161-162
André Sevrin et Frans Bondroit, Mont-sur-Marchienne, Tempus, coll.«Mémoire en images», , 128p. (ISBN2-84253-371-2).
André Sevrin et Frans Bondroit, Mont-sur-Marchienne, t.II, Tempus, coll.«Mémoire en images», , 128p. (ISBN90-76684-58-8).
André Sevrin, Mont-sur-Marchienne: Ses Bourgmestres, Charleroi, , 73p.
André Sevrin et Guy Weyn, Mont-sur-Marchienne en cartes postales anciennes, Zaltbommel, Bibliothèque Européenne, , 116p.
Sylvain Thibaut, Histoire et Souvenirs de Mont-sur-Marchienne, Couillet, Sogedi,
Guy Weyn, «Les avoués de Thuin: Contribution à l'histoire de l'abbaye de Lobbes et des seigneurs de Marchienne, Mont-sur-Marchienne et Montigny-le-Tilleul», Documents et rapports de la Société royale d'archéologie et de paléontologie de Charleroi, t.LVIII, 1979-1981, p.73-168
Guy Weyn, Mont-sur-Marchienne: Son histoire, sa paroisse, son château et son aspect d'antan, , 222p.