Montée Saint-Barthélémy

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Montée Saint-Barthélémy
Image illustrative de l'article Montée Saint-Barthélémy
Immeuble situé au bas de la montée Saint-Barthélémy.
Situation
Coordonnées 45° 45′ 41″ nord, 4° 49′ 26″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Ville Lyon
Quartier(s) Saint-Jean (5e arr.)
Tenant Place Saint-Paul
Aboutissant Rue de l'Antiquaille
Morphologie
Type Montée
Longueur 750 m
Histoire
Monuments ECAM
Protection Site du patrimoine mondial

Géolocalisation sur la carte : Lyon

(Voir situation sur carte : Lyon)
Montée Saint-Barthélémy

La montée Saint-Barthélémy est une rue du quartier du Vieux Lyon, dans le 5e arrondissement de Lyon. Elle est avec la montée du Chemin-Neuf une des deux voies principales de communication entre le Vieux-Lyon et la colline de Fourvière. Comme son nom l'indique, c'est une rue en forte pente : avec une altitude de départ à 175 m et une arrivée à 270 m, elle compte un dénivelé de 95 mètres, ce qui correspond à une pente de 12,6 %.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Le nom de « Saint-Barthélémy » lui vient d'une chapelle dédiée à l'apôtre construite par les Clercs réguliers de la Mère de Dieu (anciennement parfois appelés « congrégation des Lucquois »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La montée est d'origine gallo-romaine : elle était la principale voie permettant de relier les deux villes qu'a remplacées Lyon : la haute ville de Lugdunum (en particulier les théâtres antiques et le temple de Lug) et Condate[2], la ville commerciale, située sur le confluent d'alors, remblayé aujourd'hui. Ponce Pilate y serait né en 20 avant Jésus Christ[3].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, une des portes de la ville, nommée porte de Bourg-Neuf ou porte de Confort barrait le bas de la rue[4],[5].

Implantations de couvents de la Renaissance au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Entre le XVIe siècle et le XIXe siècle, de nombreuses congrégations religieuses établissent des maisons dans la montée Saint-Barthélémy[6].

Au sommet de la montée, Pierre Sala fait construire au début du XVIe siècle une maison dite de l'Antiquaille (que viendra notamment visiter François Ier. Plus tard, elle sera intégrée au couvent des Visitandines qui deviendra en 1872 l'Hôpital de l'Antiquaille.

En 1618, après la destruction de l'abbaye royale de Chazeaux par le baron des Adrets, les religieux restants vinrent s'établir dans une maison située dans la montée[7].

En 1623, l'ordre des Frères mineurs récollets fonde un couvent (transformé en 1988 en habitations) dans la maison de Belle-Grève acheté pour eux par Marie de Médicis[1].

En 1659, la communauté de la Propagation de la Foi (ou des Nouvelles Catholiques) crée une maison destinée à accueillir des femmes protestantes cherchant à devenir catholiques.

En 1673, les prêtres de Saint-Lazare établissent une maison et une chapelle dans ce qui deviendra le groupe scolaire des Lazaristes.

Maison de Pauline Jaricot

En 1822, Pauline Jaricot acheta au n°42 la maison appelée auparavant « de la Bréda », construite vers 1520 par Pierre Burbenon, riche propriétaire lyonnais[8]. Elle en fit la maison de la propagation de la foi. Cette maison appartient depuis 1975 à l’œuvre pontificale missionnaire qui poursuit l'action de Pauline Jaricot[6],[9].

Le 9 mai 1837 s'établit au bas de la voie l'école des pères maristes[10],dans la maison dite « Puylata », qui, après les aménagements nécessaires, devint la maison-mère de la congrégation. En 1870, elle servit d'hôpital pendant la guerre.

En 1940, les Frères des écoles chrétiennes implantent montée Saint-Barthélémy l'École catholique d'arts et métiers (ÉCAM), qui y est toujours située.

Accessibilité[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

La montée Saint-Barthélémy, en raison de sa forte déclivité, n'est desservie par aucun bus. Au pied de la montée est située la Gare Saint-Paul. Par ailleurs, même si, toujours en raison de la pente, aucune station de Vélo'v n'est située dans la montée même, plusieurs se trouvent à proximité de ses extrémités :

  • 5005 - Gare Saint-Paul
  • 5050 - Théâtres Romains - 50 rue de l'Antiquaille

Espaces verts[modifier | modifier le code]

Les jardins du Rosaire et de Saint Jean bordent la montée à droite et à gauche, ainsi que les jardins de l'ÉCAM.

Requalification[modifier | modifier le code]

Alors qu'à la fin du XIXe siècle encore, la montée Saint-Barthélémy était relativement valorisée[11], au cours du XXe siècle, la qualité de la rue et du bâti avoisinant est assez dégradée, ce que Paul-Jacques Bonzon a illustré dans une des aventures des Six Compagnons (Les six compagnons et le piano à queue), censée se dérouler au début des années 1960[12]. Cette situation dure jusque vers la fin du siècle et, notamment, l'inscription au patrimoine mondial de l'humanité de tout le secteur (la totalité de la rue est située dans le périmètre inscrit). De lourds travaux de réhabilitation sont menés depuis[13],[14],[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Aimé Guillon, Lyon tel qu'il étoit et tel qu'il est : Tableau Historique de sa Splendeur passée, Suivi de l'Histoire Pittoresque de ses malheurs et de ses Ruines, Lyon, Maire, , 195 p. (lire en ligne), p. 99-100.
  2. À ne pas confondre avec Condate Riedonum, ancienne ville de Rennes.
  3. « Rues de Lyon : Montée Saint Barthélemy », Rues de Lyon, (consulté le 17 octobre 2011)
  4. P. Mougin-Rusand, Annuaire administratif et commercial de Lyon et du département du Rhône, Lyon, , 175 p. (lire en ligne), p. 60.
  5. Claude-François Menestrier, Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon justifiée par chartes, titres, chroniques, Lyon, J. B. et N. de Ville, , 147 p. (lire en ligne), p. 37.
  6. a et b « Montée Saint-Barthélémy, Vieux-Lyon », Vieux Lyon, ? (consulté le 17 octobre 2011)
  7. « Abbaye des Chazeaux (Lyon) 1240-1788 », René Lacour, (consulté le 17 octobre 2011)
  8. « Cycle « maisons des champs » : dominant Lyon depuis les pentes de Fourvière, la maison de la Bréda », De Condate à Lyon Confluence, (consulté le 17 octobre 2011)
  9. « Lorette, la maison de Pauline Jaricot », Vieux Lyon, (consulté le 17 octobre 2011)
  10. « Cent cinquante ans de la Société de Marie », Père Rozier, second trimestre 1986 (consulté le 17 octobre 2011)
  11. Gustave Girrane et Félix Desvernay, « Les vieux quartiers de Lyon », Le Progrès illustré, no 206,‎ , p. 7 (ISSN 2102-6807, lire en ligne).
  12. Paul-Jacques Bonzon, Les six compagnons et le piano à queue, Lyon, Hachette, coll. « Bibliothèque verte », , 195 p. (ISBN 978-2010014680, lire en ligne), p. 21.
  13. « Lyon 5° - Vente, à la société Sageco Rhône-Alpes, de divers biens et immeubles situés 7, 9, 11, montée Saint Barthélémy et 4, 6, montée du Change », Communauté Urbaine de Lyon, (consulté le 17 octobre 2011)
  14. « Lyon 5e. Les travaux débuteront place Saint-Paul pour atteindre la montée Saint-Barthélémy », Le Progrès, (consulté le 17 octobre 2011)
  15. « Le bruit comme facteur de nuisance à la qualité de la vie du citadin », Natalia Saulnier et Christine Zanin, GéoCarrefour volume 78-2, P.121-128, (consulté le 17 octobre 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]