Aller au contenu

Mons Seleucus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Mons Seleucus
Buste de faune découvert sur le site.
Localisation
Localisation
Coordonnées
Carte

Mons Seleucus est une agglomération secondaire antique dans la commune de La Bâtie-Montsaléon, dans le département français des Hautes-Alpes (région Provence-Alpes-Côte d'Azur).

Le site, dont aucun vestige n'est visible en élévation, est étudié de manière partielle dès le début du XIXe siècle mais il ne fait l'objet d'investigations rigoureuses que depuis les années 1970. C'est ainsi que sa composition se révèle progressivement : une grande domus au cœur du secteur résidentiel, un important sanctuaire comportant plusieurs temples, de probables thermes ainsi qu'une nécropole forment un ensemble au carrefour de plusieurs voies antiques.

Localisation

[modifier | modifier le code]

Le nom du site, rattaché au territoire des Voconces, apparaît dans deux documents antiques. Sur l'Itinéraire d'Antonin (IIIe ou milieu du IVe siècle), il est mentionné comme « Monte Seleuco », localisé entre Gap et Die. Lorsque l'Anonyme de Bordeaux rédige son Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem en 333-334, il évoque « Mansio Monte Seleuci » attribuant à ce site la fonction de mansio (gîte d'étape) entre Saint-Pierre-d'Argençon et Veynes[1].

Outre l'itinéraire Drôme (à l'ouest) - col de Montgenèvre (au nord-est) connu par les textes antiques, Mons Seleucus est relié, par des voies empruntant les vallées, à Grenoble au nord, Sisteronau sud-est et Vaison-la-Romaineau sud-ouest[2].

Dans la géographie moderne, les vestiges connus de Mons Seleucus s'inscrivent sensiblement dans un rectangle de 600 × 400 m allongé du nord au sud, situé au sud et à l'ouest du bourg moderne de La Bâtie.

Chronologie du site antique

[modifier | modifier le code]

L'occupation du site est attestée à la fin du Ier siècle av. J.-C.[3].

C'est là que se déroule la bataille de Mons Seleucus qui, en 353, voit l'armée romaine de Constance II affronter victorieusement les troupes de l'usurpateur Magnence[3].

L'agglomération de Mons Seleucus reste active jusqu'au début du Ve siècle[4].

Redécouverte et fouilles archéologiques

[modifier | modifier le code]

Les premières découvertes de mobilier archéologique ont lieu au XVIIIe siècle, même s'il est possible que le site soit connu avant cette époque[3].

C'est à partir de 1802 que Charles-François de Ladoucette fait entreprendre des fouilles de grande envergure mais les vestiges qu'il met au jour sont immédiatement recouverts ; faute de crédits, les recherches sont interrompues en 1805. Bien qu'à l'époque ces travaux aient un grand retentissement, le résultat des fouilles et la zone prospectée restent imprécis dans la publication qui en est faite, comme ceux d'une autre campagne de recherches conduite en 1836-1837[5].

Les fouilles ne reprennent qu'en 1972 qu'à la faveur d'une opération de sauvetage très localisée. En 1990, les photographies aériennes identifient de nouvelles structures. La situation change profondément en 1999 avec le recrutement d'un chargé de mission d'inventaire et de valorisation du patrimoine archéologique communal et depuis 2003, ce sont les travaux de l'institut national de recherches archéologiques préventives qui permettent de faire progresser les connaissances sur le site[6].

Description

[modifier | modifier le code]
Autel retrouvé dans la domus.
Image externe
Plan de Mons Seleucus (Revue archéologique de Narbonnaise)

Mons Seleucus est manifestement un gîte d'étape, mais l'ampleur du site est bien plus grande : un sanctuaire, des thermes et des habitations confortent l'hypothèse d'une véritable agglomération secondaire ayant également une fonction de pèlerinage.

Un îlot urbain comprend une domus au plan complexe autour d'un atrium pour une superficie totale pouvant atteindre 6 000 m2 ; l'habitation, qui a livré un mobilier archéologique riche, diversifié et nombreux[7], occupe le centre de la zone d'habitat.

L'existence de thermes est certaine, mais leur localisation imprécise. Peut-être se trouvent-ils à l'est de la grande domus[8].

La présence d'un bas-relief représentant Mithra indique qu'un mithréum existait à Mons Seleucus, mais l'emplacement indiqué par les fouilles anciennes apparaît peu probable[9]. Un vaste sanctuaire, comprenant plusieurs structures et dont le détail reste à définir, prend place au nord-ouest du noyau résidentiel dont il est séparé par un espace non bâti[10]. Cet ensemble comprend entre autres plusieurs fanums réunis dans un même péribole[4].

Au nord, des dolia alignés sur plusieurs rangées et reliés entre eux par des caniveaux évoquent la présence d'un chai[11].

Une voie traverse le site du sud-est au nord-ouest. Au sud-est, elle est bordée d'une nécropole qui fixe, dans ce secteur, l'extension maximale de la zone urbanisée[12].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Mocci 2022, p. 162.
  2. Leveau et al. 2002, p. 112.
  3. a b et c Mocci 2022, p. 164.
  4. a et b Lucas Martin (responsable scientifique), « Un sanctuaire romain découvert au cœur des Hautes-Alpes », sur le site de l'INRAP (consulté le ).
  5. Mocci 2022, p. 165.
  6. Mocci 2022, p. 167.
  7. Mocci 2002, p. 167-172.
  8. Leveau et al. 2002, p. 118.
  9. Leveau et al. 2002, p. 118-120.
  10. Leveau et al. 2002, p. 123-125.
  11. Leveau et al. 2002, p. 122.
  12. Leveau et al. 2002, p. 123.

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]