Monastère du Carol
| Monastère du Carol | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Catholique romain |
| Type | Abbaye |
| Début de la construction | 1880 |
| Fin des travaux | 1900 |
| Architecte | Ferdinand de Coma |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Occitanie |
| Département | Ariège |
| Ville | Baulou |
| Coordonnées | 43° 01′ 01″ nord, 1° 32′ 03″ est |
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Le Monastère du Carol, également évoqué sous le nom de Monastère de Carol ou Couvent de Carol[Note 1], est une ancienne abbaye fondée en 1880 par le jésuite Louis de Coma et située à Baulou en Ariège, en France. L’édifice a été démoli au milieu du XXe siècle à la demande de l'épiscopat local.
Historique
[modifier | modifier le code]Construction
[modifier | modifier le code]Le monastère du Carol est un complexe architectural construit à la fin du XIXe siècle par deux frères dont l'architecte, Ferdinand de Coma, et l'ecclésiastique Louis de Coma, présenté comme le Père fondateur.
| Image externe | |
| Photo du monastère au début du XXe siècle | |
En 1855, la famille de Coma hérite d'un vaste domaine situé à Baulou, une petite commune du département de l'Ariège. Louis de Coma (1828-1911), un jésuite, membre de la fratrie lance les travaux de construction d'un vaste monastère qui sont entrepris d'après les plans de son frère Ferdinand de Coma (1814-1883), lequel assurait, depuis 1850, la fonction d'architecte diocésain[1]. À la mort de ce dernier, un maître compagnon, Jean Bardiès, le remplace tout en respectant les plans et les projets initiaux.
Durant la période de construction, le Père Louis de Coma fait la recherche d'une communauté religieuse qui serait susceptible de venir s'installer au Carol. En 1885, sept frères de la congrégation du Saint-Esprit s'établissent au Carol avant de le quitter en , à la suite d'un conflit entre ces religieux et le père de Coma.

En 1890, Louis de Coma est nommé curé de Baulou et les travaux du Carol s'achèvent définitivement en 1900. En 1911, le prêtre décède, et peu à peu le monastère est abandonné[2],[3].
Démolition
[modifier | modifier le code]Le site — appartenant au diocèse depuis la mort du père de Coma — est vendu à des acquéreurs privés à la condition expresse que le monastère soit détruit[3].
Ainsi, en , des charges d’explosifs sont placées sous les murs du monastère sur l'ordre de l'évêque de Pamiers afin de le démolir complètement mais seules les statues s'affaissent. L'opération est renouvelée en , entrainant la disparition complète de l'édifice[4].
Postérité
[modifier | modifier le code]Certains ouvrages font un lien entre le projet du père Louis de Coma et celui de l'abbé Saunière qui construisit la Villa Bethania, la Tour Magdala et aménagea l'église de Rennes-le-château dans le département voisin de l'Aude, notamment à la suite de la popularisation de l'affaire de Rennes-le-Chateau par l'écrivain Dan Brown[5]. Les auteurs évoquent certains points communs entre le curé de Rennes-le-château et celui de Baulou dont notamment le coût élevé pour lancer leurs propres projets architecturaux liés à leur engagement dans la foi catholique et leur lien spirituel avec le personnage biblique de Marie Madeleine, le tout dans deux départements occitans très proches, sachant également qu’ils n'eurent pas le succès escompté dans leurs missions en raison de la méfiance de leurs hiérarchies épiscopales respectives[6],[7].
En 2025, la commune de Baulou, associée à une équipe de bénévoles, entreprend de mettre en valeur le monastère du Carol, notamment en assurant la restauration du chemin de croix du site et la chapelle[8].
Situation et description
[modifier | modifier le code]Le lieu doit son nom au ruisseau de Carol et comprend, selon un rapport émis par la préfecture de la région Occitanie, les vestiges d'un « monastère-couvent » après sa destruction destruction par dynamitage en décembre 1956 et au début de l’année 1957. Le complexe comprend[9]:
- une crypte artificielle en partie, dite du « Christ de Gethsémani », aménagée dans les galeries souterraines creusées par l’homme dans le cadre d’une activité d’extraction antérieure au monastère et datant du XVIIIe siècle et du XIXe siècle.
- une grotte artificielle, dite « Grotte de Marie-Madeleine », avec un bassin.
- une allée dotée d’un système complexe de bassins et d’une circulation hydraulique à définir et analyser.
- un ancien cloitre, flanqué d’une tour octogonale en limite orientale et d’une sorte de tour ou arc triomphal à l’extrémité ouest.
- un corps d’habitation attenant à la tour (3 étages + comble).
- deux granges attenantes au cloitre.
- une chapelle avec les vestiges d’un calvaire imposant lequel a été déménagé près du Mas d’Azil sur le site de « Notre-Dame de la Renaude ».
- des réservoirs d’eau
- des ruines de murs de soutènement et dépôts lapidaires sous une végétation assez dense marquant l'emplacement de l'ancienne église
- un « cromlech » de facture contemporaine constitué de plus d’une centaine de pierres dressées
- une fontaine avec un bassin et plusieurs cascatelles avec à la base la représentation d'un « monstre marin » qui déverse les eaux dans un bassin en forme de chœur.
- des puits de lumières sont bâtis pour éclairer la crypte sépulcrale ainsi que deux plans inclinés (rampes d’accès) montant vers les vestiges d’une église avec ses bâtiments conventuels.
- deux promenoirs qui entourent l'ensemble et un complexe hydraulique qui emmène de l’eau depuis la fontaine de « la Serp » jusqu’à « l’ensemble conventuel ».
Le site de l'ancien monastère est privé et son accès est interdit au public, bien que les bâtiments agricoles et attenant reste un lieu habité[10].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Selon le rapport du relevé du bâti sur le « couvent de Carol » de Jean-Paul Calvet, émis par la préfecture de la région Occitanie en 2024
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Fiche de Ferdinand (de) Coma », sur elec.enc.sorbonne.fr (consulté le ).
- ↑ Livre Le monastère dynamité Histoire du Carol, près Baulou. La vie du révérend père de Coma de Monique Dumas, Jacques-François Réglat, éditions La Truelle, Moulis (09) (ISBN 9782402265454).
- « Le Monastère du Carol », sur letourismerevisite.fr (consulté le ).
- ↑ Hugues-Olivier Dumez, « Pour des raisons bien mystérieuses, ce site dans les Pyrénées a été dynamité », sur actu.fr (consulté le ).
- ↑ Google livre The Dan Brown Companion de Simon Cox, éditeur Mainstream Publishing, 264 pages 2009.
- ↑ Andrew Gough, « Curiosities of Louis de Coma and his stations of the Cross », sur andrewgough.co.uk (consulté le )
- ↑ Google Livre "La Verdadera Historia de Maria Magdalena y Jesus par Lynn Picknett, éditions RobinBook, page 118 - 2011.
- ↑ Philippe Causse, « En Ariège, des habitants veulent redonner vie à un monastère du XIX° siècle », sur ladepeche.fr (consulté le ).
- ↑ Rapport SRA - Couvent de Carol 2024 émis par la préfecture de la région Occitanie "Titulaire de l’opération - direction scientifique : Jean-Paul Calvet", 74 pages.
- ↑ Livre La France des lieux maudits de David Galley, Les Éditions de l'Opportun, 224 pages, 2019.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Sources et bibliographie
[modifier | modifier le code]- Monique Dumas, Jacques-François Réglat : Le monastère dynamité Histoire du Carol, près Baulou. La vie du révérend père de Coma, éditions La Truelle, Moulis (09), 1995, 23 sections, 164 pages (ISBN 9782402265454)
- Roberto Volterri Rennes-le-Château e il mistero dell'abbazia di Carol : Bérenger Saunière e Louis de Coma : due enigmi paralleli , Milano : Sugarco ed., impr. 2005, 157 pages
- David Galley, Sandrine Campese, Emmanuelle Montagnese : La France mystérieuse, chapitre Carol, un monastère, détruit du ordre du Vatican, Les Éditions de l'Opportun, 2017, 639 pages (ISBN 9782360755233)