Monarque (papillon)

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Le Monarque (Danaus plexippus) est un insecte lépidoptère de la famille des Nymphalidae, de la sous-famille des Danainae et du genre Danaus.

C'est un papillon migrateur qui est célèbre en Amérique car il y migre en groupes de millions d'individus sur plus de 4 000 kilomètres[1], deux fois par an, d'août à octobre vers le sud (surtout au Mexique), et au printemps vers le nord.

Historique et dénomination[modifier | modifier le code]

Synonyme[modifier | modifier le code]

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

Le Monarque se nomme en anglais Monarch Milkweed, Common Tiger, Wanderer ou Black Weined Brown.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Liste des sous-espèces
  • Danaus plexippus plexippus présent en Amérique du Nord.
  • Danaus plexippus leucogyne (Butler, 1884) présent à Saint Thomas (île des Antilles).
  • Danaus plexippus megalippe (Hübner, [1826]) présent en Amérique du Sud.
  • Danaus plexippus nigrippus (Haensch, 1909) présent en Équateur.
  • Danaus plexippus portoricensis (Clark, 1941) présent à Porto Rico.
  • Danaus plexippus tobagi (Clark, 1941) qui est sédentaire aux Antilles[3],[4].

Description[modifier | modifier le code]

  • Le Monarque est de couleur orange veiné et bordé de noir, l'apex et la bordure des ailes sont ornés de taches blanches. La face dorsale de l'aile postérieure du mâle présente une tache supplémentaire, absente chez la femelle, cette dernière étant d'une couleur plus marron.
  • C'est un grand papillon dont l'envergure est de 8,6 à 12,4 cm et le poids de 0,5 grammes.
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Chenille[modifier | modifier le code]

La chenille est très colorée, annelée de blanc, de noir et de jaune. Elle possède deux paires de filaments noirs charnus, une paire juste derrière la tête, l'autre à l'arrière du corps.

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Espèces ressemblantes[modifier | modifier le code]

Basilarchia archippus (un Limenitis) présent en Amérique du Nord qui est plus petit.

Biologie[modifier | modifier le code]

C'est un papillon aux couleurs vives, tant au stade larvaire (chenille) qu'au stade adulte (imago). Ces couleurs sont supposées être un signal pour d'éventuels prédateurs, phénomène appelé aposématisme. Les œufs sont pondus sur des plants d'asclépiades, qui contiennent des alcaloïdes et des cardénolides toxiques pour de nombreux animaux mais pas pour le monarque. Suite à l'éclosion de son œuf, la chenille consomme les feuilles d'asclépiade, séquestre et emmagasine les cardénolides (un stéroïde), ce qui la rend indigeste pour ses prédateurs vertébrés, les oiseaux principalement. Ces réserves de poison demeurent présentes chez l'adulte, et feront vomir l'oiseau naïf qui tentera de manger l'insecte.

Période de vol et hivernation[modifier | modifier le code]

Il vole d'avril à octobre en plusieurs générations et a une diapause de la fin de l'automne au printemps.

Plantes hôtes[modifier | modifier le code]

La chenille accepte de très nombreuses plantes hôtes, surtout des asclépiades (Asclepias amplexicaulis, Asclepias cordifolia, Asclepias curassavica, Asclepias eriocarpa, Asclepias exaltata, Asclepias fascicularis, Asclepias fruticosa, Asclepias grandiflora, Asclepias humistrata, Asclepias incarnata, Asclepias lanceolatum, Asclepias mexicana, Asclepias nitida, Asclepias nivea, Asclepias phytolaccoides, Asclepias purpurascens, Asclepias rotundifolia, Asclepias rubra, Asclepias semilunata, Asclepias speciosa, Asclepias sullivanti, Asclepias syriaca, Asclepias tomentosa, Asclepias tuberosa, Asclepias verticillata), des Araujia (Araujia hortorum, Araujia sericifera), Cynanchum dalhousieae, Ceropegia intermedia, Stephanotis floribunda, Raphistemma pulchellum, Calotropis gigantea, Calotropis procera, des Gomphocarpus (Gomphocarpus arborescens, Gomphocarpus fruticosus, Gomphocarpus physocarpus), Gonolobus laevis, Gonolobus rostratus, des Marsednia, Matelea reticulata, Oxypetalum coeruleum, Stapelia variegata et Stapelia grandiflora[3].

Écologie et distribution[modifier | modifier le code]

Distribution du Monarque

Espèce ubiquiste, elle est présente dans toute l'Amérique du Sud et toute l'Amérique du Nord, aux îles Canaries, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Guinée, en Nouvelle-Calédonie et jusqu'aux Mascareignes[3],[5].

En Europe, il est migrateur occasionnel aux Açores et au Portugal et migrateur exceptionnel en France, en Grande-Bretagne et en Irlande[6].

Biotope[modifier | modifier le code]

Ses biotopes sont divers, suivant les saisons, il se plaît dans toute l'Amérique mais passe l'hiver dans des forêts de sapins sacrés de l'état du Michoacán au Mexique.

Migration[modifier | modifier le code]

L'un des aspects les plus curieux de la migration des Monarques est que leur voyage du Sud au Nord se fait en plusieurs générations alors que le voyage du Nord au Sud se fait en une seule. Les Monarques naissant en automne, entrent dans une phase de diapause qui leur permet de survivre toute la durée de l'hiver. Cela leur permettra de migrer de la région des grands lacs et du sud de la Californie vers l'état du Michoacán au Mexique où ils vivront à l'état d'inactivité dans des forêts de sapins sacrés (ou oyamel). Les Monarques y sont présents en nombres si importants qu'on ne peut parfois même plus distinguer la moindre parcelle d'écorce où ils se posent. Les Monarques se regroupent en essaims la nuit et prennent leur envol le jour si la température est suffisamment élevée.

Carte des migrations du Monarque

Tout ce cycle est nécessaire pour que les Monarques prennent des forces pour la reproduction qui aura lieu en mars, juste avant de prendre leur envol pour le Nord. Le voyage vers le Nord prendra plusieurs générations, la durée de vie normale d'un Monarque est d'environ deux mois l'été, plus de sept mois pour la forme hivernale[7].

Les raisons de cette migration et comment les papillons retrouvent le même lieu que leurs prédécesseurs après plusieurs générations reste en grande partie une énigme : une première explication concerne le fonctionnement d'horloges circadiennes localisées dans leurs antennes[8].

Menaces et protection[modifier | modifier le code]

Il n'a pas de statut de protection au Québec, mais est jugé en situation « préoccupante » par le Canada. L'agriculture industrielle et la pollution générale de l'environnement par les insecticides, mais surtout l'usage des désherbants qui élimine ou fait fortement reculer l'asclépiade des zones d'élevages et/ou cultivées constituent quelques causes de sa régression.

Le déboisement des forêts, l’érosion des sols menacent aussi les forêts du Michoacán au Mexique où le Monarque a l'habitude d'hiverner.

En outre, les OGM de type "Bt" lui sont fatals[9]. Cependant il est important de noter que cette étude ne se fondait que sur des essais en laboratoire. Elle a été fortement remise en question suite à des essais au champ[10].

En tant qu'espèce emblématique, il bénéficie des programmes spécifiques et d’un plan stratégique de protection, au nord (protection d'habitats abritant des asclépiades, sensibilisation de la population invitée à suivre la migration[11]), et au sud (avec notamment la promotion d'un écotourisme local à proximité des zones de reproduction).

Le Jardin des papillons à Saint-Pierre (Martinique) participe à la protection de plusieurs espèces de papillons dont le Monarque.

Réserve de biosphère du papillon Monarque[modifier | modifier le code]

La réserve de biosphère du papillon monarque est une aire protégée du Mexique située dans le Michoacán et l'État de México qui vise à protéger sept importantes zones d'hivernage du Monarque.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Le Canada a émis en 2009 un timbre représentant la chenille du Monarque.

L'imago figure sur un timbre de Nouméa de 1967[12]. Il orne aussi un timbre du Vanuatu[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mexique, un nuage de papillons en automne
  2. Linnaeus, 1758; Syst. Nat. (Edn 10) 1 : 471
  3. a, b et c funet
  4. inra
  5. photo de chenilles de Monarque à Nouméa
  6. [Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, Tom Tolman, Richard Lewington, ISBN 978-2-603-01649-7]
  7. nz butterfly
  8. (en) C. Merlin et col, « Antennal circadian clocks coordinate sun compass orientation in migratory Monarch butterflies », Science, no 325,‎ 2009, p. 1700-1704
  9. Étude réalisée par John Losey (Université Cornell, New York) et publiée le 20 mai 1999 dans la revue "Nature"
  10. AM Shelton, MK Sears - Plant Journal, 2001 - The monarch butterfly controversy: scientific interpretations of a phenomenon"
  11. Exemple de suivi de la mortalité en migration de papillon (élevés)
  12. histoire postale : Nouméa
  13. timbres de papillons par l'INRA

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, Tom Tolman, Richard Lewington, ISBN 978-2-603-01649-7
  • Comment élever des papillons monarques chez soi, Grégoire DeBlois et Julie Boudreault, ISBN 9789813711020