Monarchie des Fidji

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Les Îles Fidji sont aujourd'hui une république, mais furent une monarchie jusqu'en 1987. Le monarque des Fidji portait le titre de Tui Viti.

Naissance du Royaume des Fidji[modifier | modifier le code]

Jusqu'au milieu du dix-neuvième siècle, les Fidji n'étaient pas un pays unifié et ne s'étaient jamais conçus comme tels. Le titre de Tui Viti fut employé pour la première fois dans les années 1840 par le ratu (chef) Tanoa Visawaqa, chef de Bau, qui, par la conquête, étendit sa domination sur l'ouest des îles. Son fils, Seru Epenisa Cakobau, poursuivit le processus d'unification des Fidji et à partir des années 1850 se proclama roi de l'ensemble du pays. En 1871, avec l'appui d'immigrés européens (principalement britanniques) qui dominaient son gouvernement, il posa les fondements d'une monarchie constitutionnelle.

En 1874, craignant une annexion par les États-Unis et les pressions émanant de rivaux au sein des Fidji, Cakobau céda son pays au Royaume-Uni, en échange de la reconnaissance des droits fonciers des indigènes, ainsi que des droits coutumiers des chefs fidjiens. Le titre de Tui Viti fut transmis à la reine Victoria du Royaume-Uni, qui devint donc reine des Fidji. Le titre fut par la suite transmis à ses héritiers, les monarques qui se succédèrent sur le trône britannique jusqu'en 1970.

Décolonisation[modifier | modifier le code]

Lorsque les Fidji devinrent à nouveau un État indépendant en 1970, les relations avec le Royaume-Uni demeurèrent cordiales et la reine des Fidji, Élisabeth II, conserva son titre. Elle devint ainsi le premier chef d’État du pays dans la période post-coloniale. Ses fonctions furent déléguées à un gouverneur général fidjien et limitées par une Constitution qui maintint une monarchie constitutionnelle bâtie sur le système de Westminster.

En 1987, un coup d’État mené par le colonel Sitiveni Rabuka aboutit à l'abolition de la monarchie et à la proclamation d'une république.

Le titre de Tui Viti aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Bien que les Fidji soient une république et que la reine Élisabeth ne dispose plus d'aucune fonction aux yeux de la Constitution, le Grand Conseil des Chefs lui reconnaît le titre purement honorifique de Chef suprême des Fidji.

En 2002, le Conseil affirma que, de son point de vue, Élisabeth était toujours reine des Fidji. Il ne s'agissait pas là de remettre en cause la république mais de signifier que le maintien du titre honorifique de « reine » était compatible avec l'existence d'un gouvernement républicain[1]. Les Fidji seraient donc un État quelque peu particulier — une république doublée d'une monarchie, un pays doté à la fois d'un président et d'une reine.

En 2012, le dictateur fidjien Voreqe Bainimarama affirma qu'il espérait qu'Élisabeth II redeviendrait reine des Fidji après les élections législatives de 2014, lorsque le pays serait redevenu une démocratie et qu'il serait accepté à nouveau au sein du Commonwealth des Nations[2].

Liste des monarques des Fidji[modifier | modifier le code]

- Tui Viti Règne Naissance et décès
1. Tanoa Visawaqa 18?? - 1852 17?? - 1852
2. Seru Epenisa Cakobau 1852 - 1874 1815 - 1883
3. Victoria 1874 - 1901 1819 - 1901
4. Édouard VII 1901 - 1910 1841 - 1910
5. George V 1910 - 1936 1865 - 1936
6. Édouard VIII 1936 1894 - 1972
7. George VI 1936 - 1952 1895 - 1952
8. Élisabeth II 1952 - 1987 (*) Née en 1926
(*) Constitutionnellement, la monarchie a été abolie et on peut donc considérer qu'il n'y a plus de Tui Viti depuis 1987 (date de la proclamation de la république) ou 1990 (date de l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution). Toutefois, le titre de chef suprême des Fidji (Tui Viti) est toujours reconnu par le Grand Conseil des Chefs, organe disparu le 14 mars 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Fiji chiefs say Britain’s Elizabeth still Queen of Fiji », Radio New Zealand International, 19 novembre 2002
  2. (en) « Bainimarama steaks out », entretien avec le journaliste australien Graham Davis (vidéo), Pacific Media Centre, février 2012