Mona Eltahawy

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Mona Eltahawy
Biographie
Naissance
(52 ans)
À Port-Saïd en Égypte
Nom dans la langue maternelle
منى الطحاويVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Autres informations
Religion
Site web

Mona Eltahawy (ar) منى الطحاوي, est une féministe et écrivain née le (52 ans) à Port-Saïd en Égypte.

Suite à des agressions sexuelles et physiques de la part des forces policières égyptiennes pendant qu'elle couvrait la révolution égyptienne de 2011, elle devient activiste féministe. Elle est considérée comme une femme arabe ayant de l'influence.

Sa façon de s'exprimer avec vigueur, appelant à faire en sorte que le patriarcat craigne les femmes et employant des expressions non policées pour rabrouer ceux qui s'attaquent à ses opinions, provoque souvent la controverse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mona Eltahawy est une commentatrice et journaliste réputée qui traite des enjeux touchant le monde arabe et musulman, ainsi qu'au féminisme[1].

Née à Port Saïd, en Égypte, en 1967, de parents médecins, elle déménage au Royaume-Uni avec ses parents à l'âge de sept ans, puis à l'âge de 15 ans en Arabie saoudite[1], où elle dira plus tard avoir subi un traumatisme qui l'a conduit au féminisme[2].

En , alors qu'elle couvre les manifestations entourant la révolution égyptienne, la police anti-émeute lui casse les deux poignets et une main puis la détient pendant 12 heures[3],[4],[5],[6],[1].

En 2012, elle publie dans le magazine Foreign Policy une analyse de la misogynie dans le monde musulman intitulée « Pourquoi ils nous haïssent » (« Why Do They Hate Us ») et sous titré « La véritable guerre contre les femmes au Moyen-Orient »[7], qui fait la couverture du numéro d'avril[8], dont la violence de ton, due selon Eltahawy au fait que c'était le premier texte qu'elle avait pu écrire avec ses dix doigts après les fractures subies en Égypte[9], suscite une controverse[10],[11],[12],[13]. Le Newsweek Magazine la nomme une des « 150 femmes sans peur de 2012 », Time Magazine la range parmi les « personnes de l'année », l'Arabian Business Magazine la nomme une des « 100 femmes arabes les plus puissantes »[14] et la Columbia Journalism Review la classe parmi les « 20 femmes à suivre »[15]. Elle revient sur le sujet de la misogynie moyen-orientale dans une interview remarquée[16] que publie en 2013 le Smithsonian Magazine[17].

Elle publie en 2014 deux tribunes dans le New York Times sur la discrimination à l'encontre des femmes au Moyen-Orient[18],[19], après quoi elle devient une contributrice régulière de ce journal sur ce sujet[20]. Elle développe en 2015 ses analyses, qu'Emily Bowes juge éclairantes et bien documentées[21], dans un livre intitulé Foulards et hymens - Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle[22], où elle s'appuie sur sa propre expérience et sur des entretiens menés en vue d'un documentaire pour la BBC intitulé Women of the Arab Spring[23],[24]. Elle y critique aussi bien le traditionalisme, tant masculin que féminin, que ce qu'elle estime être l'impérialisme culturel d'organisations comme l'OMS[25]. Eltahawy vit entre Le Caire et New York[1].

Engagement féministe[modifier | modifier le code]

Mona Eltahawy prend également des positions féministes, au nom des droits des femmes dans le monde arabe et s'oppose aux mutilations génitales féminines. Son premier livre contre la misogynie dans le monde arabe Foulards et hymens - Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle, a été publié en [26]. Elle y dénonce « un mélange toxique de culture et de religion » et en particulier la diffusion de son interprétation ultraconservatrice venue d'Arabie saoudite[27]. Le livre est la continuité d'un article qu'elle a écrit pour Foreign Policy, intitulé Pourquoi on nous déteste ?[7].

Parmi ses sources d'inspirations se trouve la féministe marocaine Fatima Mernissi[28].

Controverse[modifier | modifier le code]

À cause de ses positions anti-patriarcat, Mona Eltahawy provoque la controverse depuis 2012 ; elle répète avec force qu'elle souhaite que le patriarcat se mette à craindre les femmes[29].

En 2019, Mona Eltahawy se retrouve au cœur d'une polémique après des propos tenus sur la chaîne American Broadcasting Company. Elle y déclare vouloir « que le patriarcat craigne les femmes » et demande de s'imaginer. « combien de violeurs il faudrait tuer pour que les hommes arrêtent de violer [les femmes]»[30]. ABC a ouvert une enquête à la suite de ces propos et des réactions de téléspectateurs[31].

Elle est reconnue pour son impolitesse assumée et pour traiter les femmes blanches qui soutiennent le patriarcat de « lèche-bottes », et pour répondre à ceux qui croient en un féminisme poli d'aller jouer ailleurs, ainsi que « va jouer ailleurs, minet » (fuck off, kitten) aux hommes qui lui demandent de changer d'attitude sur Twitter où elle a plus de 300 000 abonnés[32].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Foulards et hymens. Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle [« Headscarves and hymens »] (trad. Alison Jacquet Robert & Carla Lavaste), Paris, Belfond, coll. « Littérature étrangère - Documents », , 258 p. (ISBN 978-2-7144-6017-2)
  • (en) The seven necessary sins for women and girls, Beacon Press, (ISBN 978-080701381-6)

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse en 2009[33].
  • Lauréate du prix de la Fondation Anna Lindh en 2010[34].
  • Elle a été classée 258e parmi les 500 personnes du monde arabe les plus influentes au monde, par le magazine CEO Middle East en 2012[35].
  • Elle a été sélectionnée comme l’une des 100 femmes arabes les plus influentes au monde, par le magazine CEO Middle East (30e en [36] et 62e en [37]), pour son activisme culturel et social.
  • En 2019, elle est 54e sur le top 100 des africains les plus influents (The 100 Most Influential Africans)[38].

Citations[modifier | modifier le code]

« À toutes les filles du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord : soyez impudiques, soyez rebelles, désobéissez, et sachez que vous méritez d'être libre. »

— Mona Eltahawy dans son livre Foulards et hymens - Pourquoi le Moyen-Orient doit faire sa révolution sexuelle[39].

« Nommez-moi un pays arabe et je vais vous réciter une litanie de violations alimentées par un mélange toxique de la culture et de la religion que peu semblent disposés ou en mesure de démêler de peur qu'ils blasphèment ou offensent. »

— Mona Eltahawy dans un article du Foreign Policy daté du 23 avril 2012[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) « Mona Eltahawy: All religions are obsessed with my vagina », The Guardian,‎ (lire en ligne).
  2. (en) « Headscarves and Hymens: Why the Middle East Needs a Sexual Revolution », Publisher's Weekly,‎ .
  3. (en) Karen Attwood, « Mona Eltahawy: It's time to stop treating women like a cheap bargaining chip », The Independent,‎ (lire en ligne).
  4. (en-GB) Mona Eltahawy, « Bruised but defiant: Mona Eltahawy on her assault by Egyptian security forces », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 19 février 2020)
  5. (en) « Journalist On Being Sexual 'Prey' In Egypt », NPR,‎ (lire en ligne).
  6. (en) Mary Zeiss Stange, Carol K. Oyster et Jane E. Sloan, The Multimedia Encyclopedia of Women in Today's World, Sage Publications, (lire en ligne), p. 300.
  7. a b et c (en) Mona Eltahawy, « Why Do They Hate Us? », Foreign Policy,‎ (lire en ligne)
  8. (en) « Mona Eltahawy Explains Why Women Are Hated In The Middle East », NPR,‎ (lire en ligne).
  9. (en) Melissa Jeltsen, « Mona Eltahawy, Egyptian-American Activist, On The Power Of Protest », Huffington Post,‎ .
  10. (en) Sarah El-Shaarawi, « The individual vs the cause », Africa is a country,‎ (lire en ligne).
  11. (en) Sovini Tan, « Bloggers Debate the Treatment of Arab Women », PEJ New Media Index,‎ (lire en ligne).
  12. (en) Max Fisher, « The Real Roots of Sexism in the Middle East (It's Not Islam, Race, or 'Hate') », The Atlantic,‎ (lire en ligne).
  13. (en) Nesrine Malik, « Do Arab men hate women? It's not that simple », The Guardian,‎ (lire en ligne).
  14. (en) « 2012 Recipients of the Missouri Honor Medal for Distinguished Service in Journalism Announced », sur Missouri School of Journalism, .
  15. (en) « 20 women to watch », Columbia Journalism Review,‎ (lire en ligne).
  16. (en) Nick Pinto, « Mona Eltahawy–Writer, Talking Head, and Activist–Willingly Steps into the Crossfire », Village Voice,‎ (lire en ligne).
  17. (en) Ron Rosembaum, « Mona Eltahawy on Egypt’s Next Revolution », Smithsonian Magazine,‎ (lire en ligne).
  18. (en) Mona Eltahawy, « Egypt Has a Sexual Violence Problem », New York Times,‎ (lire en ligne).
  19. (en) Mona Eltahawy, « Fighting Female Genital Mutilation », New York Times,‎ (lire en ligne).
  20. (en) « Mona Eltahawy », sur New York Times.
  21. (en) Emily Bowes, « Headscarves and Hymens: Why the Middle East Needs a Sexual Revolution », Library Journal, vol. 140, no 4,‎ .
  22. (en) Lydia Polgreen, « Mona Eltahawy Doesn't Need to Be Rescued », New York Times,‎ (lire en ligne).
  23. (en) « The Documentary: The Women Of The Arab Spring », sur BBC, .
  24. (en) « Headscarves and Hymens: Why the Middle East Needs a Sexual Revolution », Kirkus Reviews, vol. 83, no 4,‎
  25. (en) Vanessa Bush, « Headscarves and Hymens: Why the Middle East Needs a Sexual Revolution », Booklist,‎ .
  26. « Mona Eltahawy, militante féministe musulmane : « Nous sommes plus que nos voiles et nos hymens » », Libération,‎ (lire en ligne).
  27. (en-GB) Rachel Aspden, « Headscarves and Hymens: Why the Middle East Needs a Sexual Revolution by Mona Eltahawy – review », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 19 février 2020)
  28. « Fatima Mernissi, une lumière arabe s’est éteinte au Maroc », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 1er décembre 2019)
  29. (en) « 'I want patriarchy to fear women': Mona Eltahawy says the time for being civil, peaceful and polite is over », CBC,‎ (lire en ligne)
  30. (en) « ABC announces probe into feminist Q&A episode after audience complaints », sur SBS News (consulté le 19 février 2020)
  31. Eliza Mcphee, « Mona Eltahawy backs controversial comments on ABC Q&A program », sur Mail Online, (consulté le 19 février 2020)
  32. (en) Leila Ettachfini, « Mona Eltahawy Would Like You to Fuck Right Off With Your Civility Politics », sur Vice, (consulté le 19 février 2020)
  33. « Prix Samir Kassir » (consulté le 19 février 2020)
  34. « Jean Daniel (France) et Mona El Tahawy (Egypte) lauréats des Prix de la Fondation Anna Lindh pour 2010 », Biladi,‎ (lire en ligne[archive du ])
  35. « Mona Eltahawy - Power 500 2012 | United Arab Emirates | Culture & Soc… », sur archive.is, (consulté le 19 février 2020)
  36. (en) « 100 most powerful Arab women 2013 », sur ArabianBusiness.com (consulté le 19 février 2020)
  37. (en) « The Most 100 Powerful Arabs Women », Arabian Business,‎ (lire en ligne[archive])
  38. (en-US) « The 100 most influential Africans (51-60) », sur The Africa Report.com, (consulté le 19 février 2020)
  39. Mona ELTAHAWY, Foulards et hymens, , 160 p. (ISBN 978-2-7144-6903-8, lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]