Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance

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Mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance, parfois cité sous la forme Mon ennemi(e) c'est la finance est un slogan de campagne électorale prononcé par François Hollande en janvier 2012 lors de la campagne électorale à l'occasion de l'élection présidentielle de 2012.

Contexte[modifier | modifier le code]

Alors qu'il avait été critiqué durant la primaire citoyenne d'octobre 2011 par l’aile gauche du parti socialiste, par le Front de gauche et par le parti communiste d'être un social-démocrate modéré, François Hollande, en , a voulu par cette phrase remobiliser son électorat situé le plus à gauche et lui donner des gages « d'homme de gauche ». Il propose lui-même de dire que son ennemi est la finance, et la phrase est retravaillée à de multiples reprises par son équipe[1].

Le , à l'occasion de son discours au Bourget, il affirme ainsi : « Mon véritable adversaire, il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance ».

Réactions[modifier | modifier le code]

La phrase est reconnue comme une phrase choc de l'élection présidentielle française de 2012[2].

Par la suite, durant son quinquennat (notamment lors de la nomination d'Emmanuel Macron en qualité de ministre de l'Économie et des Finances), cette phrase lui a été reprochée pour le critiquer, estimant qu'il n’avait jamais combattu le monde de la finance et que, loin d'en être l'ennemi, il avait contribué à son renforcement.

Pour André Lévy-Lang, le slogan de François Hollande se situe dans la lignée de la méfiance des présidents français envers la finance, que Charles de Gaulle avait déjà illustrée en déclarant que « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille »[3].

Analyse[modifier | modifier le code]

Pour le politologue Clément Viktorovitch, ce slogan est une figure de rhétorique politique puissante en recourant à la suspension[4].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le candidat Hollande précise dans un entretien au Journal du dimanche, le , le sens de sa déclaration. Il explique vouloir « interdire les produits financiers sans lien avec l’économie réelle (comme les CDS à vue) [sic] ». Un règlement européen les interdit en . Le processus avait cependant déjà commencé sous l'impulsion conjointe de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel[5].

Il applique des mesures de régulation bancaire par une loi votée le doublant la taxe de risque systémique. Le gouvernement refuse de taxer les transactions intraday à l'automne 2013, mais accepte dans la loi de finances de 2017[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michaël MOREAU, Les plumes du pouvoir, Place des éditeurs, (ISBN 978-2-259-27841-6, lire en ligne)
  2. Jean-Luc MANO, Les phrases chocs de la campagne présidentielle, JC Gawsewitch Editeur, (ISBN 978-2-35013-374-4, lire en ligne)
  3. André Lévy-Lang, On entend dire que... Il faut maîtriser la finance: Qu'en pensent les économistes ?, Eyrolles, (ISBN 978-2-212-15181-7, lire en ligne)
  4. Clément Viktorovitch, « La rhétorique de François Hollande », émission télévisée Clique, 15 février 2020
  5. « L'Europe a une arme contre la spéculation sur la dette des Etats », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. « « Mon adversaire, c’est le monde de la finance » : quel bilan pour François Hollande ? », Lui Président,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Petites phrases, grandes conséquences : la gauche contre le peuple, de LCP (prod.) et de Thomas Raguet (réal.), 2021 [voir en ligne].

Liens externes[modifier | modifier le code]