Momo Challenge

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le Momo Challenge (littéralement « Défi Momo ») est une forme de cyberharcelement qui se propage à travers les médias sociaux et le téléphone cellulaire. Les usagers qui répondent à des messages WhatsApp de "Momo" reçoivent des menaces leur enjoignant d'accomplir certaines tâches potentiellement dangereuses. Malgré les reportages allégant que le phénomène a atteint des proportions internationales, le nombre de plaintes est relativement faible et aucun corps policier n'a confirmé les rumeurs de suicides associées au phénomène[1],[2],[3].

Historique et réactions[modifier | modifier le code]

Le Momo Challenge a été porté à l'attention du public par le youtuber Reignbot au mois de juillet 2018. Ciblant les adolescents, des usagers WhatsApp se présentant sous le nom de "Momo" tentent de convaincre d'autres utilisateurs du système de les contacter par téléphonie cellulaire. Imitant le modus operandi d'autres défis comme Blue Whale, les "joueurs" se voient enjoindre de réaliser une série de tâches potentiellement dangereuses, un refus provoquant des menaces de représailles. Les menaces et les communications ultérieures sont souvent accompagnées par des photos inquiétantes, effrayantes ou sanglantes[4],[5],[6],[7].

Bien qu'aucun corps de police n'ait confirmé les rumeurs de victimes associées au phénomène, les autorités de plusieurs juridictions ont émis des avertissements s'accompagnant des conseils de sécurité web habituels. WhatsApp encourage ses utilisateurs à bloquer des numéros de téléphone liés au Défi Momo et à se plaindre aux autorités[5],[6].

Concernant les nombreux reportages faisant état des rumeurs de suicides, des experts en sécurité Internet ont indiqué que le phénomène est vraisemblablement le fruit de vidéastes Web qui s'amusent à créer ce genre de psychoses collectives, dont l'Internet a vu de nombreuses incarnations au cours des dernières années. Au mois de septembre 2018, la plupart des numéros de téléphones associés à Momo étaient d'ailleurs hors service[8],[9],[10].

Argentine[modifier | modifier le code]

Malgré plusieurs reportages laissant entendre qu'il y aurait un lien entre le Momo Challenge et le suicide d'une fille de 12 ans habitant à Ingeniero Maschwitz, les autorités n'ont confirmé aucun lien[5],[4],[7].

Brésil[modifier | modifier le code]

Les autorités du Brésil n'ont confirmé aucun cas lié au Momo Challenge. La branche nationale de l'organisation à but non lucratif SaferNet a été contactée par les parents inquiets et a souligné qu'il ne s'agit qu'un exemple des nombreuses fraudes visant à extorquer de l'argent et des informations aux gens[11].

Canada[modifier | modifier le code]

Dans la province de Québec, les forces de police locales de Longueuil, Sherbrooke et Gatineau ont indiqué que des gens dans leur juridiction ont été en contact avec le Momo Challenge. Ils demandent aux gens de ne pas utiliser le numéro de téléphone fourni dans les messages WhatsApp et d'envoyer la capture d'écran des images de leur téléphone à la police. La Gendarmerie Royale du Canada et d'autres forces de police disent qu'ils surveillent la propagation du phénomène[12],[13],[14]. Le service de police de Montréal (SPVM) collabore avec la CSDM pour transmettre des communiqués sur le phénomène aux parents des élèves.

Europe[modifier | modifier le code]

En France, un homme de La Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) a porté plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui » contre YouTube, WhatsApp et l’État suite au suicide par pendaison de son fils de 14 ans, qu'il attribue au Momo Challenge. La police n'a pas confirmé de lien entre le décès de l'adolescent et ses activités sur internet[15],[16].

En Belgique, les autorités enquêtent sur le suicide par pendaison d'un garçon de 13 ans le 23 octobre 2018 au domicile de ses parents à Bertrix, mais n'ont pas confirmé que Momo Challenge a joué un rôle[17],[18],[19].

En Allemagne, la police n'a repéré que des mentions faites dans des chaînes de lettres. Ils demandent à la population d'agir avec prudence lorsqu'ils sont confrontés à ce genre de contacts par téléphone cellulaire[20].

Au Luxembourg, la police n'a confirmé qu'un cas sur son territoire[21].

La police nationale espagnole a mis la population en garde, les invitant à rester à l'écart de nouveaux "défis" à relever sur des applications qui apparaissent sur WhatsApp, indiquant que le phénomène Momo est en vogue chez les adolescents[11].

Inde[modifier | modifier le code]

Le 29 août 2018, l'unité d'enquêtes criminelles de la police nationale a indiqué que des affirmations faites dans les médias alléguant des liens entre des suicides de jeunes gens et le Momo Challenge sont exagérées et sans fondement. La police croit que la plupart des invitations reçues en Inde sont le fait d'imitateurs qui souhaitent propager la panique. Un porte-parole de la police a indiqué que "jusqu'à maintenant, le jeu n'a fait aucune victime et aucune personne qui nous ont contacté à ce sujet n'a même fait le premier niveau du jeu[22]."

Cette déclaration de la police suit quelques semaines de couverture médiatique sur des cas qui n'ont pas été confirmés. Après avoir été alertée par une jeune femme ayant reçu une invitation du Momo Challenge, la police du Bengale a émis un avertissement et son unité du crime électronique a ouvert une enquête. La police de Mumbai avait déjà commencé à avertir la population, bien qu'aucune plainte n'ait été déposée. La police n'a confirmé aucun lien entre le phénomène et et le suicide d'une fille de 10 ans qui s'est suicidée après avoir rédigé un message exprimant son désarroi quant à des notes scolaires faibles[23],[24],[25],[26],[27].

Mexique[modifier | modifier le code]

L'unité sur la cybercriminalité du Mexique a distribué des informations aux parents sur les méthodes de ces comptes. Ils estiment qu'il s'est propagé par un groupe Facegroup fréquenté par les jeunes. Ils ont mis en garde ceux qui sont pris dans le système sur les risques d'automutilation, de piratage et d'extorsion de fonds[4],[5].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Au début d'août 2018, diverses forces de police locales aux États-Unis ont mis en garde la population sur les dangers de ce phénomène. Certaines juridictions ont reçu plusieurs plaintes, mais aucune ne rapporte de violence[28].

Un agent de police dans l'Ohio a été surpris de voir le personnage de Momo dans une partie de Minecraft auquel son fils participait. Après que des reportages eurent commencé à faire état de la présence de Momo dans certaines variantes de ce jeu populaire, Microsoft a annoncé qu'il prend des mesures pour "limiter l'accès à ce mod" développé par des utilisateurs[29],[30].

Image de « Momo »[modifier | modifier le code]

Pour représenter « Momo », les comptes en question utilisent des photos d'une sculpture représentant un personnage mi-femme, mi-oiseau, produite par l'atelier d'effets spéciaux Link Factory, prise lors d'une exposition. Avec ses yeux exorbités et la bouche énorme, les images de la sculpture peuvent être assez effrayantes. Un gros plan du visage donne l'impression d'un masque, ou une femme aux traits étrangement déformés[4],[5].

Des reportages hâtifs indiquant que l'image était d'une sculpture de l'artiste japonaise Midori Hayashi se sont révélés incorrects. Hayashi a indiqué que ce n'était pas son oeuvre et des utilisateurs d'Internet ont identifié la source correcte[5].

Notes et Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie de Fournas, « Quels sont les véritables risques qui entourent le «Momo Challenge»? », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  2. « Le momo challenge : le nouveau défi stupide d’internet qui pousse les ados au suicide », Public,‎ (lire en ligne)
  3. « Momo Challenge: jeux très dangereux pour enfants », L'Express.mu,‎ (lire en ligne)
  4. a b c et d (en) Freya Noble, « What is Momo? Terrifying 'challenge' linked to 12-year-old's suicide », 9News,‎ (lire en ligne)
  5. a b c d e et f (en) Stephanie Dwilson Dube, « Momo Challenge: 5 Fast Facts You Need to Know », Heavy,‎ (lire en ligne)
  6. a et b (en) James Rogers, « Sinister 'Momo suicide challenge' sparks fear as it spreads on WhatsApp », Fox News,‎ (lire en ligne)
  7. a et b (en) James Rogers, « Police suspect 12-year-old girl's suicide linked to WhatsApp terror game Momo », Fox News,‎ (lire en ligne)
  8. William Audureau, « « Momo Challenge » sur WhatsApp : itinéraire d’une psychose collective », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Magali Philip, « Médias: Momo challenge, du flip et du fake », sur RTS, (consulté le 8 octobre 2018)
  10. (en) Allyson Chiu, « The ‘Momo Challenge’: A sinister threat to young people or an urban myth? », Washington Post,‎ (lire en ligne)
  11. a et b (pt) « O que é a 'Momo do WhatsApp' e quais são os riscos que ela representa? », BBC News (édition portugaise),‎ (lire en ligne)
  12. « Le «Momo challenge» cible des jeunes à Longueuil », La Presse / Presse canadienne,‎ 18 août 2018 2018 (lire en ligne)
  13. Isabelle Pion, « Momo Challenge atteint l’Estrie », La tribune,‎ 20 août 2018 2018 (lire en ligne)
  14. (en) « Gatineau police, experts warn about 'Momo Challenge' », CBC News,‎ 20 août 2018 2018 (lire en ligne)
  15. « « Momo challenge » : un père porte plainte contre YouTube, WhatsApp et l’Etat », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  16. « "Momo challenge" : un père porte plainte contre YouTube, Whatsapp et l'Etat après le décès de son fils », France 3 Bretagne,‎ (lire en ligne)
  17. « Un ado tente de se suicider à Bertrix: une victime du "Momo challenge"? », sur 7 sur 7, (consulté le 31 octobre 2018)
  18. http://www.lessentiel.lu/fr/news/grande_region/story/un-jeu-morbide-sur-le-web-pousse-un-ado-au-suicide-31333361
  19. « L’horreur à Bertrix: un adolescent de 13 ans entre la vie et la mort suite à un «jeu» qui aurait mal tourné », SudInfo,‎ (lire en ligne)
  20. (de) Franz Rohlefer, « „Momo“-Challenge bei WhatsApp: Polizei warnt vor Selbstmord-Spiel », Merkur,‎ 18 août 2018 2018 (lire en ligne)
  21. « Le «Momo Challenge» est arrivé au Luxembourg », Le Quotidien,‎ 18 août 2018 2018 (lire en ligne)
  22. (en) « CID: Momo Challenge invites locally generated », The India Times,‎ (lire en ligne)
  23. (en) « Momo challenge claims first life in India, Class 10 student commits suicide in Ajmer », Mirror Now News,‎ (lire en ligne)
  24. (en) Dwaypayan Ghosh, « Cop alert against Momo Challenge », The Times of India,‎ (lire en ligne)
  25. (en) « Jalpaiguri college girl invited to play virtual suicide game Momo Challenge, files police complaint », Hindustan Times,‎ (lire en ligne)
  26. (en) « West Bengal Girl Gets Call For New Suicide Game "Momo Challenge" », Press Trust of India,‎ (lire en ligne)
  27. (en) « Say No No to MoMo: Mumbai Police issues warning against deadly Momo Challenge », The Indian Express,‎ (lire en ligne)
  28. (en) Em Nguyen, « Warning to local parents about “Momo Suicide Challenge” », Fox News Illinois,‎ (lire en ligne)
  29. (en) Sam Webb, « Sick WhatsApp ‘Momo suicide game’ spreads throughout the internet », Fox News,‎
  30. (en) James Rogers, « Microsoft clamps down on sick 'Momo suicide game' in 'Minecraft' », Fox News,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]