Moine bourru

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Le Moine bourru est un être surnaturel et une croyance populaire attestée au XVIIe siècle. Dans son dictionnaire publié en 1690, Antoine Furetière en donne la définition suivante :

« Le moine-bourru est un fantôme qu'on fait craindre au peuple, qui s'imagine que c'est une âme en peine qui court les rues pendant les Avents de Noël, qui maltraite les passants. Régnier parlant de son valet dit qu'il lui demande étonné, si le moine bourru n'avait point promené (Satyre XI du Sieur Régnier). »

Mathurin Régnier étant mort en 1613, son existence littéraire est ainsi attestée dès les premières années du XVIIe siècle.

Un personnage de Cyrano de Bergerac précise en 1654 ce que fait cet esprit: « Je délie le moine bourru aux Avents de Noël, lui commande de rouler comme un tonneau, ou traîner à minuit les chaînes dans les rues, afin de tordre le cou à ceux qui mettront la tête aux fenêtres[1] ».

Références littéraires au moine bourru[modifier | modifier le code]

Molière fait du moine bourru un exemple de croyance populaire dans Dom Juan (1665), acte III, 1 :

« Sganarelle : Et dites moi un peu le Moine-bourru, qu'en croyez vous, eh !
Dom Juan : La peste soit du fat !
Sganarelle : Et voilà ce que je ne puis souffrir, car il n'y a rien de plus vrai que le Moine-Bourru, et je me ferais pendre pour celui-là. […] »

À cette occasion, Molière fut soupçonné d'impiété. Selon cette lecture, il opposait au libertin Dom Juan un valet naïf plaçant sur le même plan la religion et la superstition, disqualifiant la religion raisonnable que représentait le catholicisme.

Dans le roman Notre-Dame de Paris (1831), Victor Hugo compare Claude Frollo au moine bourru[2].

Les autres œuvres qui mentionnent la légende sont hors des classiques de l'enseignement littéraire en France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour les sorciers, 1654, dans Cyrano de Bergerac, Œuvres diverses, Rouen, J.B. Besongne, (lire en ligne), p. 76
  2. Notre-Dame de Paris, Livre septième, chapitre 7
  3. Mathurin Régnier, Les Satyres et autres oeuvres folastres du Sr Régnier. Dernière édition, reveuë, corrigée et augmentée de plusieurs pièces de pareille estoffe, tant des sieurs de Sigogne, Motin, Touvant et Bertelot, qu'autres des plus beaux esprits de ce temps, Paris, (lire en ligne), en conclusion p. 59.