Mohammed Daoud Odeh

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Mohammed Daoud Odeh
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Mohammed Daoud Odeh (en arabe : محمد داود عودة), né en 1937 à Silwan et mort à Damas le , plus connu sous le nom de Abou Daoud (أبو داود), a été le leader du commando terroriste de l'Organisation palestinienne Septembre noir responsable du massacre de onze athlètes israéliens lors des Jeux olympiques d'été de 1972.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant d'entrer au Fatah, Mohammed Daoud Odeh est instituteur en Cisjordanie, puis en Arabie saoudite. À Riyad, en 1962, toujours instituteur, il rencontre Ahmed Al-Qudwa qui l'intègre au Fatah. Expulsé d'Arabie saoudite, il part s'installer au Koweït qu'il quitte plus tard pour aller habiter à Amman en Jordanie. Il est une figure importante du Fatah durant les divers conflits opposant l'OLP à l'armée hachémite. En 1972, il organise avec l'aide de Abou Iyad le massacre de Munich aux Jeux olympiques d'été de 1972.

En 1999, il écrit ses mémoires dans Palestine : de Jérusalem à Munich, et les publie sous le nom de Abou Daoud, en français avec la collaboration de Gilles du Jonchay[1]. Dans ce livre, il revient en détail sur l'opération de Munich, en révélant qu'elle avait été financée par Mahmoud Abbas, et aussi sur ses suites, notamment l'opération israélienne visant à arrêter ou tuer les responsables.

Il y évoque le mois de janvier 1977, lorsque la France avait refusé son extradition à l'Allemagne et à Israël (l'« affaire Abou Daoud »). Ayant été arrêté à Paris le 7 janvier 1977 alors qu'il se rendait à l'enterrement d'un proche (Mahmoud Saleh, responsable d'une librairie à Paris et assassiné), il était l'objet de deux demandes d'extradition formulées par Israël et l'Allemagne pour sa responsabilité dans le massacre de Munich.

La France rejette son extradition et l'expulse vers Alger où il est libéré. Cette libération est durement ressentie par Israël et en Allemagne, comme une atteinte à la lutte antiterroriste (Le Monde, 13 janvier 1977). Cependant en Allemagne des documents diplomatiques[2] montrent qu'on était peu enclins à y organiser un procès par crainte de nouveaux attentats terroristes palestiniens ; la presse allemande manifestait de la colère, mais des diplomates ressentaient du soulagement.

Depuis les accords d'Oslo en 1993, Abou Daoud abandonne sa lutte contre l'État d'Israël. Sous le coup d'un mandat d'arrêt israélien et interdit de séjour en Jordanie, il vit en exil à Damas où il meurt, des suites d'une insuffisance rénale, le .

Il est le père d'un haut responsable du Hamas.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Nous n'avons pas visé de civils israéliens. Certains d'entre eux avaient participé aux guerres et avaient tué beaucoup de Palestiniens. Un pianiste ou un athlète, n'importe quel Israélien est un soldat. »
  • « Quand j'ai choisi il y a un moment d'être un combattant révolutionnaire, je me suis préparé à être un martyr. »
  • « Je n'ai pas peur, parce que les âmes des gens sont dans les mains de Dieu, pas Israël. »
  • « S'il (Spielberg) voulait vraiment faire une prière pour la paix, il devrait avoir écouté les deux versions de l'histoire et de la réalité reflétée, plutôt que de ne se servir que du côté sioniste seulement. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Catalogue Sudoc.
  2. Akten zur Auswartigen Politik der BRD, 1977-1, éd. Oldenbourg Verlag München, 2008, p. 25-28 (lire en ligne) [SVP préciser le passage où cela est dit] .

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