Mohamed Mediène

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Mohamed Lamine Mediène
Surnom Toufik[1],[2]
Naissance 1939[3] ou 1941[4],[2]?
Casbah d'Alger[4],[2]
Origine Algérie
Allégeance Drapeau de l'Algérie Algérie
Arme ANP
Grade Général de corps d'armée
Années de service 19572015
Conflits Guerre d'Algérie

Décennie noire

Commandement DRS (1990-2015)

Mohamed Lamine Mediène dit « Toufik », d'autres le surnomment le «  J. Edgar Hoover algérien  »[2]. Né en 1939 ou en 1941 à la Casbah d'Alger[5], est un général de l'armée algérienne du grade général du corps d'armée et patron du puissant Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) de 1990 à 2015. C'est le haut-gradé algérien qui est resté le plus longtemps à son poste et ayant exercé sa fonction sous cinq présidents.

Il est le dernier des « janviéristes » qui ont décidé le 11 janvier 1992, l'interruption du processus électoral favorable aux islamistes du Front islamique du salut.(FIS) et un des tenants de la faction dure de la classe dirigeante politico-militaire, le « clan des éradicateurs » partisan de l'élimination par la force de tous les terroristes de la branche armée du FIS et opposé à tout dialogue avec eux. Réputé très influent, considéré par certains observateurs comme le véritable chef du régime algérien, il est officiellement démis de ses fonctions par la présidence de la République le 13 septembre 2015 et remplacé par le général Athmane Tartag.

Biographie[modifier | modifier le code]

Algérois d’adoption, c’est à Saint-Eugène qu’il grandit, dans le mythique Bab El Oued[3], il fréquentait alors le lycée Guillemin (actuellement Okba Ibn Nafaâ) de Bab el Oued[4], les scouts musulmans algériens et était même membre du club algérois de la Mouloudia historique[6].

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Enfant du MALG et de l'ALN, d'abord militant très jeune dans le PPA et le MTLD avant de rejoindre les rangs de la Zone autonome d'Alger (ZAA) en 1957 durant la Bataille d'Alger, il a été recruté par Abderrahmane Taleb, l’artificier du réseau bombes de la ZAA[4]. Sa mission est de surveiller tous les mouvements des policiers français, leurs commissaires et quotidiennement, chaque soir à Saint-Eugène, le jeune Mohamed faisait un compte rendu aux responsables clandestins de la ZAA[6].

En 1961, il rejoint l'ALN (Armée de libérationj nationale) dans l'Est algérien, quelques mois avant la fin de la guerre. Il reçoit sa première formation d'agent de renseignements au MALG, ( Ministère de l'Armement et des Liaisons générales), l'ancêtre de la Sécurité militaire (SM). En 1962, il effectue un stage dans l’artillerie en Jordanie, puis suit deux formations, à Cuba et en Yougoslavie avant de s'envoler pour l'URSS pour suivre une formation au sein du KGB, dans une promotion d'agents de renseignements formés au KGB connue sous le nom de « Promotion tapis rouge ».

Carrière[modifier | modifier le code]

De retour en Algérie, il est affecté avec le grade de lieutenant à la frontière algéro-marocaine à la deuxième région militaire dirigée alors par le colonel Chadli Bendjedid et son chef d’état- major, le capitaine Larbi Belkheir. En 1978, homme de confiance de Chadli, il est promu au rang de capitaine et officier de sécurité de cette zone frontalière et réintègre peu après la direction centrale de la « SM » (Sécurité militaire). Il prend la tête de la sous-direction de la sécurité de l'armée sous le commandement du général Lakehal Ayat, directeur central de la « SM ». En 1983, il est affecté à Tripoli (Libye) en tant qu'attaché militaire à l'ambassade d'Algérie à Tripoli.

Le 19 juin 1987, il est nommé chef du département de la défense et de la sécurité à la présidence de la République[7], où Larbi Belkheir occupe la fonction de directeur de cabinet du président Chadli Bendjedid. Puis le 5 décembre 1988 devenu colonel, le président Chadli le nomme par décret directeur central de la sécurité de l'armée[8], il dirige ainsi tous les services de sécurité du pays ( police, gendarmerie et sécurité militaire ).

Après le départ de Lakhal Ayat, il est promu directeur central de la sécurité de l'armée remplaçant le général Betchine, et à la suite de la démission de ce dernier en octobre 1990, il prend la tête de la sécurité militaire algérienne.

Sous le nouveau ministre de la Défense nationale Khaled Nezzar, il devient général et crée par la suite un puissant organe de renseignement, le DRS (Direction du renseignement et de la sécurité) avec plus de prérogatives que son prédécesseur.

L'arrêt du processus électoral de 1992[modifier | modifier le code]

En 1992, bien que discret, il participe dans l'ombre aux prises de décisions. À la suite des événements qui secouent l'Algérie depuis les événements du 5 octobre 1988 avec la montée islamiste, le rôle des services de sécurité s'accroît. Par ailleurs, le DRS qui avait déjà prévenu la classe politique du danger, commence à préparer un probable conflit opposant les islamistes au régime, surtout après la démission du président Chadli Bendjedid suivie par l'arrêt du processus électoral des élections législatives de 1991 gagnées par le Front islamique du salut (FIS) d'Abassi Madani et Ali Belhadj (l'armée algérienne avait déclaré ne pas reconnaître le FIS comme étant un Parti politique, mais un Parti religieux), ce qui marque le début de la guerre civile algérienne et du terrorisme islamiste. À partir de ces événements, un Haut Comité d'État est instauré pour diriger le pays et l'état de siège est déclaré pour faire régner l'ordre. (plusieurs appellations seront attribuées pas les médias aux généraux et aux politiciens qui ont soutenu les actions de l'armée comme les « janviéristes » et le clan des « éradicateurs »).

Le général Toufik va organiser, en lien avec les généraux Khaled Nezzar ministre de la Défense nationale, le général Smain Lamari, patron de la DCE (Direction du Contre Espionnage), le général Kamel Abderrahmane, patron de la DCSA (Direction Centrale de la sécurité de l'Armée) et le général Mohamed Lamari, chef d'état-major des forces armées, la gestion de la crise, car les islamistes menaçaient le régime de la « guerre sainte » pour avoir annulé le deuxième tour, notamment les déclarations d'Ali Belhadj lors de la conférence de presse tenue juste après et des slogans hostiles à la démocratie « soit par l’urne, soit par l'arme » et « pas de Charte, pas de constitution ». Cette « guerre sainte » va toucher toute la société algérienne par la suite, surtout après l'apparition du GIA Groupe islamique armé. Les forces de sécurité commencent alors à effectuer des arrestations massives et des déportations d'islamistes dans des prisons au Sahara (des milliers de sympathisants du FIS vont être mis dans des camps de regroupement qui vont servir de base arrière aux groupes armées car plusieurs de ces détenus vont rejoindre les maquis).

Assassinat de Boudiaf[modifier | modifier le code]

En juin 1992, un sous-lieutenant du GIS (groupe d'intervention spécial de la Police d'Algérie, Lambarek Boumaarafi, formé par l'Armée nationale populaire), assassine le président Boudiaf qu'il accuse d’être un obstacle à l'instauration d'un État islamique en Algérie. L'assassinat de cette grande figure de la guerre d'indépendance est considéré comme un échec du DRS censé assurer la protection du président et marque le début réel de la guerre civile algérienne et de l'ultra radicalisation des groupes armées. D'autres versions des opposants algériens à l'étranger évoquent un « complot des militaires accusant le général Smaïn Lamari, adjoint du général Toufik, d'avoir ordonné son élimination pour préserver les intérêts personnels des militaires ». Cet assassinat sera suivi d'une vague d'assassinats similaires contre des personnalités militaires (comme l'ex-chef de la « SM » Kasdi Merbah et le général Saidi Fodil), des personnalités civiles servant l'État, des syndicalistes ainsi que des intellectuels des autres courants politiques et même des journalistes, des artistes et des enseignants jugés comme étant des agents de l'Occident et des ennemis d'Allah pour avoir exprimé leurs avis ou simplement enseigné une langue étrangère.

Les groupes armés et l'apparition du GIA[modifier | modifier le code]

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Au début de l'année 1994, le terrorisme touche désormais toute la société algérienne. Les groupes armés, qui n'ont pas réussi à s'unifier sous une seule bannière surtout avec l'arrestation des leaders du FIS, multiplient les attaques contre les services de sécurité et la population civile, jusqu’à l'apparition d'un groupe très radical et sanguinaire prônant une doctrine de « pas de dialogue, pas de trêve », le Groupe islamique armé (GIA). Ce groupe va commettre de nombreux crimes et attentats contre les Algériens, et aussi contre la France, comme l'assassinat de cinq Français à Alger en août 1994, le détournement d’un Airbus d'Air France en décembre 1994, les attentats de Paris à l'été 1995 et l'enlèvement et l'assassinat des moines de Tibhirine. Il échappe à tout contrôle et sombre dans une violence inouïe.

Le DRS du général Toufik joua un rôle clé dans l'infiltration et la manipulation de ces groupes afin de les détourner de leurs actions. Plusieurs agents des services secrets ont infiltré les groupes terroristes pour avoir des informations sur l'emplacement des maquis, le type des opérations menées et les effectifs, dans le but d'agir sur la base d'informations fiables et de les démanteler par l'affaiblissement de leur pouvoir d'agir.

Dans le même contexte, le DRS tente de trouver une issue pacifique au conflit. Entre 1994 et 1996, le général Smain Lamari ouvre les voix du dialogue avec l'Armée islamique du salut (AIS) l'aile armée du FIS (ce groupe est moins radical que le GIA et cherche l'arrêt de l'effusion de sang). Accompagné par le colonel Ayoub (natif de Jijel, ce colonel sera envoyé comme attaché militaire à l'ambassade d'Algérie à Tripoli, avant d'être nommé général), Smain Lamari rencontre dans le secret l'émir de l'AIS Madani Mezraq dans les maquis de Jijel, pour négocier le dépôt des armes des islamistes et un retour à la vie normale. Ces négociations vont porter leur fruit, puisqu'elles vont déboucher sur la reddition inconditionnelle des maquisards de l'AIS.

Entre 1994 et 1998, le général Toufik soutient toutes les tentatives de paix du président Zéroual pour amorcer un dialogue politique avec les dirigeants du FIS et la politique de la concorde civile lancée par le président Zéroual.

En 1997, Zéroual fait libérer de prison Abassi Madani et Ali Belhadj dans l'espoir de les réintégrer sur la scène politique algérienne, et de cesser l'effusion de sang des innocents. Mais de nouveau, des massacres de civils surviennent dans la banlieue islamiste d'Alger, notamment à Beni Messous (80 morts) en septembre 1997, Rais (300 morts) et Bentalha (400 morts) en septembre 1997[9], revendiqués par le nouveau chef du GIA Antar Zouabri.

11 septembre : quand Toufik prévient les Américains[modifier | modifier le code]

Le patron du DRS avait des liens étroits avec ses homologues du service de renseignements américains, il a été déjà reçu au Pentagone et au siège de la CIA. Quelques jours avant les attentats du 11 septembre 2001, il se rend en mission confidentielle aux États-Unis, avec ses interlocuteurs américains il évoque une attaque imminente de grande ampleur contre les États-Unis sur la foi d’un mémo secret envoyé le 6 septembre 2001 par Smaïn Lamari, le numéro deux du DRS à l'époque. Le jour même quelques heures après les attentats, seuls deux avions civils seront autorisés à décoller : celui qui transportait des membres de la famille royale saoudienne et des proches de Ben Laden, et celui qui ramenait le général Toufik à Alger[2].

L’arrivée au pouvoir de Abdelaziz Bouteflika[modifier | modifier le code]

L’arrivée du président Abdelaziz Bouteflika n'apporte pas de changement au niveau de la direction du DRS. Durant toute la présidence de Bouteflika, le général Toufik restera le chef incontesté des services secrets.

Le DRS, comme par ailleurs toute l'Algérie, connaît sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika des changements, pour moderniser ses structures et perfectionner ses effectifs. À la suite de l'expérience des années du terrorisme, le rôle des services secrets va augmenter jusqu'à devenir incontournable afin de détecter les dangers et d'éviter des scénarios sanguinaires au niveau national et international. En plus de la défense des intérêts nationaux, ce départements se voit confier de nouvelles missions, comme la lutte contre la contrebande et la surveillance de l'immigration clandestine dans le grand Sahara pour couper le financement des réseaux terroristes. Le général Toufik est le premier responsable des réformes que connaîtra le DRS.

Cette période est marquée par la baisse des activités terroristes à tous les niveaux. Le DRS réussit à déjouer plusieurs attentats terroristes et à démanteler le reste des groupes armés, car la majorité des terroristes ont été tués dans les combats ou ont choisi de déposer les armes, bénéficiant de la loi de la concorde civile et par la suite la charte de paix et de la réconciliation nationale (certains membres refusent la réconciliation nationale et créent des groupuscules terroristes comme le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) ou le futur AQMI Al-Qaida au Maghreb islamique, qui vont continuer les actes terroristes mais ne seront pas aussi dangereux que leurs prédécesseurs).

Réformes de 2013[modifier | modifier le code]

En 2013, le président Bouteflika décide de nouvelles réformes dans ce département. Il retire certaines prérogatives qu'il confie à d'autres départements ministériels:

  • La DSI Direction de la sécurité intérieure, considérée comme la colonne vertébrale du DRS, est mise sous la tutelle du ministère de l’Intérieur et non plus sous celle du ministère de la Défense. Ses services d'écoutes téléphoniques sont rattachés à l’état-major de l’ANP dirigé par le général Ahmed Gaïd Salah un proche du président de la République qu'il a nommé à ce poste en septembre 2013.
  • La DDSE Direction de la documentation et de la sécurité extérieure, elle dépend à l'avenir directement de la présidence de la République.
  • La DSCA Direction centrale de la sécurité de l'armée, actuellement Direction, est structurée en Département, elle devient soit Département du renseignement de l’armée ou Département central de la sécurité militaire.
  • Le GIS Groupement d'intervention spécial, chargé de la lutte antiterroriste par ses brigades d'intervention et de la protection des hautes personnalités, sera bientôt indépendant du DRS.

Alors qu'après ces problèmes médicaux, les observateurs politiques tablent que le président Bouteflika quittera le pouvoir au terme de son mandat, la perspective qu'il se représente à l'élection présidentielle de 2014 refait surface, alors que, début septembre, il entreprend un remaniement ministériel au bénéfice du clan présidentiel et démantèle le DRS, en lui retirant plusieurs secteurs stratégiques (information, communication, sécurité de l'armée et certains pouvoirs de police judiciaire), alors que la lutte des clans se joue aussi sur le terrain de la corruption qui mine le pays[10].

Premières critiques officielles[modifier | modifier le code]

Présenté durant des années comme « le plus loyal et le plus fidèle » de tous les généraux au président Bouteflika, la relation entre les deux hommes va se déteriorer à partir de 2014[11].

Dans un entretien accordé au site électronique TSA[12], le 3 février 2014, Amar Saïdani secrétaire général du Front de libération national (FLN), le parti au pouvoir, s'en est pris nommément au général « Toufik » dont on ne prononçait le nom qu'avec précaution, il y a peu encore, il l'accuse d'être inamovible et d'être derrière les tentatives de déstabilisation qui visent le parti et son premier responsable. « Plusieurs partis ont été victimes des interférences de la sécurité intérieure (du DRS). C’est le cas du FLN, du parti d'Abdallah Djaballah, du FFS. Cela se fait toujours sous les ordres de Toufik. C’est une réalité. Dans mon pays le wali [préfet], les chefs d'entreprise sont contrôlés par des colonels. Je ne comprends pas pourquoi les téléphones sont mis sous écoutes, alors que seul juge qui est en droit d'ordonner ça » a tonné Saïdani, avant de lancer des lourdes accusations : Ce département « avait failli dans la protection et la sécurité du président Boudiaf. Il n’a pas su protéger Abdelhak Benhamouda, ni les moines de Tibhirine, ni les bases de pétrole dans le sud, ni les employés des Nations unies en Algérie, ni le Palais du gouvernement. Cette direction n’a pas su bien protéger le président à Batna où il avait été la cible d’une tentative d’assassinat. À mon avis, Toufik aurait dû démissionner après ces échecs!.», a ajouté le chef de file du FLN.

Ces déclarations ont provoqué un tollé au sein de la classe politique, plusieurs personnalités politiques et militaires dénoncent par journaux interposés le « clan Bouteflika » qui est derrière la sortie médiatique de Saâdani et l'accusent de vouloir affaiblir le DRS. Une violente contre-attaque survient alors par l'intermédiaire du journaliste Hicham Aboud, ancien capitaine du DRS, qui accuse Saïd Bouteflika de corruption massive et de trafic de drogue[13], attaque analysée par la presse comme un élément de la guerre politique que se livrent les pro et anti-Bouteflika[14].

Le président de la République Bouteflika réagit le 18 février 2014, en dénonçant les propos de Saïdani, « des tentatives de déstabilisation visant la présidence, l'armée et les services de renseignement qui font croire que l'institution militaire est en proie à des luttes intestines ». « Le DRS, en tant que partie intégrante de l'Armée nationale populaire, doit continuer à exécuter ses missions et attributions. Nul n'est en droit, quelles que soient ses responsabilités, de se placer au-dessus des dispositions de la Constitution et des lois de la République », a ajouté le chef de l'État. « Ces quelques rappels ont pour objectif de réaffirmer clairement que, contrairement aux allégations et aux spéculations rapportées par voie de presse au préjudice de la stabilité de l'État et de l'ANP, le DRS reste pleinement mobilisé pour la bonne exécution des missions qui lui incombent, à l'instar des autres composantes de l'ANP », a-t-il encore dit.

Mise à la retraite[modifier | modifier le code]

Réputé très influent, et bien qu'il ait pu avoir été considéré comme le véritable chef du régime algérien[15],[16], le président Bouteflika, dont il n'a que mollement soutenu le quatrième mandat, met fin à ses fonctions le 13 septembre 2015. Il est remplacé par le général Athmane Tartag dit « Bachir », conseiller en sécurité de Bouteflika, qui a longtemps été le no 2 du DRS[17].

Sortie médiatique à propos de l'affaire du général Hassan[modifier | modifier le code]

Pour la première fois de l’histoire de l’Algérie, un chef des services de renseignements fraîchement mis à la retraite s’exprime sur la scène publique et médiatique en son nom[18].

Le 4 décembre 2015, le général Toufik adresse une lettre[19] à plusieurs médias algériens[20]dont les quotidiens El Watan, El Khabar, Le Soir d'Algérie et le site web d'information Tout sur l'Algérie. Dans sa déclaration, la première pour cet homme qui a longtemps cultivé le mystère, il exprime sa colère et sa consternation à propos de la condamnation à une peine de cinq années de prison ferme dont avait fait l’objet son collègue, le général Abdelkader Aït Ourabi, dit Hassan, ancien chef du Service de coopération opérationnelle et de renseignement antiterroriste (Scorat). Toufik s’est dit « consterné » par le verdict prononcé par le Tribunal militaire d’Oran le 26 novembre 2015.

Il explique dans cette lettre que : « le général Hassan était le chef d’un service érigé par le décret agissant sous l’autorité de mon département à ce titre il était chargé d’une mission prioritaire avec des prérogatives lui permettant de mener des opérations avec les objectifs fixés. Les activités de son service étaient suivies régulièrement dans le cadre réglementaire ».

Au sujet de l’opération qui a valu au général Hassan l’accusation d’« infraction aux consignes générales», il affirme que l’ancien chef du Scorat a « traité le dossier dans le respect des normes et en rendant compte aux moments opportuns ».

Toufik estime « urgent » de « réparer une injustice qui touche un officier qui a servi le pays avec passion et de laver l’honneur des hommes qui, tout comme lui, se sont entièrement dévoués à la défense de l’Algérie ».

« J’ose espérer que mon intrusion médiatique, même si elle constitue un précédent, ne suscite pas de commentaires qui risquent de la dévoyer et de la détourner du but recherché », conclut le général Toufik.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En Algérie, départ forcé pour le général « Toufik », puissant chef du renseignement, Le Monde, du 13 septembre 2015
  2. a, b, c, d et e Algérie : Mohamed Mediène, la chute de Mystère T. Jeune Afrique, du 25 septembre 2015
  3. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées cr.C3.A9puscule.
  4. a, b, c et d Les « approximations » sur le parcours du général Toufik agacent ses proches, TSA du 21 septembre 2015.
  5. http://www.jeuneafrique.com/mag/278786/politique/algerie-dans-la-tete-de-mediene-alias-toufik-lex-patron-du-drs/
  6. a et b La vraie légende du général « Toufik ». El Watan, du 18 septembre 2015.
  7. Journal Officiel du 26 août 1987 - page 891
  8. Journal Officiel de la République Algérienne n°50 du 7 décembre 1988
  9. Le général Smaïl Lamari et les massacres de 1997, algeria-watch.de, 3 septembre 2007
  10. Mélanie Matarese, « Bouteflika s'attaque aux services secrets algériens », in Le Figaro, jeudi 12 septembre 2013, page 8.
  11. Algérie : les habits neufs des services secrets, jeuneafrique.com, 14 mars 2016
  12. Amar Saïdani dégaine une violente charge contre le général Toufik, TSA, 3 février 2014
  13. Algérie. Une ambiance explosive, courrierinternational.com, 7/03/2014 issus de David Porter, counterpunch.org
  14. Guerre politique en Algérie : Saïd Bouteflika répond à Hicham Aboud, afrik.com, 11 février 2014
  15. « Mohamed Mediène, l'homme le plus mystérieux d'Algérie », sur Le Point,‎
  16. « Quelques appartements, plus le général Tewfik », sur Algérie-Info,‎
  17. AFP, « Bouteflika remercie Toufik, le puissant chef du renseignement algérien », sur www.lalibre.be (consulté le 13 septembre 2015)
  18. Toufik interpelle Bouteflika en prenant à témoin le peuple. Tout sur l'Algérie, du 4 décembre 2015
  19. La déclaration du général Toufik : le texte intégral. Tout sur l'Algérie, du 4 décembre 2015
  20. Le général Toufik s’exprime. Tout sur l'Algérie, du 4 décembre 2015

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lyes Laribi - Du MALG au DRS - Histoire des services secrets algériens.
  • Cherif Abdaim - Abdelhafid Boussouf, la révolution aux pas de velours.
  • Mohamed Khalfaoui - Le Renseignement.