Mohamed Mediène

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Mohamed Mediène
Defaut 2.svg
Naissance

Mohamed Lamine Mediène surnommé « Toufik », né en 1939 dans la région de Guenzet de la wilaya de Sétif, est un général de l'armée algérienne du grade général du corps d'armée et patron du puissant Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) depuis novembre 1990. C'est le haut-gradé algérien qui est resté le plus grand nombre d'années à son poste. Réputé très influent, il serait le véritable chef du régime Algérien [1] [2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il est né en 1939 dans une famille kabyle de Guenzet (Petite Kabylie) et a grandi à Alger à Saint-Eugène (Bologhine) [1].

Ses débuts[modifier | modifier le code]

En 1961, il rejoint l'ALN Armée de libération nationale dans l'est Algérien, quelques mois avant l'indépendance. Après l’indépendance de l’Algérie, il intègre les services de renseignement, successeur du MALG "Ministère de l'Armement et des Liaisons générales" (services secrets du FLN "Front de libération nationale" pendant la "Guerre d'Algérie") ; il fait partie des rares dirigeants du DRS de son époque qui n’émergent pas du MALG. Ensuite, il est envoyé suivre une formation en URSS au sein du KGB de la « promotion tapis rouge », une promotion d'agents de renseignement formés au KGB.

Carrière[modifier | modifier le code]

De retour en Algérie, il est affecté avec le grade de lieutenant au frontière algèro-marocaine à la deuxième région militaire dirigée alors par le colonel Chadli Bendjedid et son chef d’état major le capitaine Larbi Belkheir. En 1978, homme de confiance de Chadli, il est promu au rang de Capitaine et Officier de Sécurité de cette zone frontalière et réintègre peu après la direction central de la SM "Sécurité militaire" et prend la tête de la sous direction de la sécurité de l'armée sous le commandement du général Lakehal Ayat directeur Central de la sécurité militaire. En 1983, il est affecté à Tripoli (Libye) en tant qu'attaché militaire à l'ambassade d’Algérie a Tripolis.

Il retourne en 1986 en Algérie et devient chef du département de la défense et de la sécurité à la Présidence de la République, où Larbi Belkheir occupe la fonction de directeur de cabinet du président Chadli Bendjedid. Puis en 1987, le Président Chadli signe un décret nommant le colonel Tewfik à la tête du DADS ( département des affaires de défense et de sécurité ) pour la succession du général Hocine benmalem; il dirige ainsi tous les services de sécurité du pays ( police, Gendarmerie, sécurité militaire ).

Après le départ de Lakhal Ayat, il est promu directeur central de la sécurité de l'armée remplaçant le général Betchine, et à la suite de la démission de ce dernier en octobre 1990, il prend la tête de la sécurité militaire Algérienne.

Sous le nouveau ministre de la Défense Nationale Khaled Nezzar, il devient Général et crée par la suite un puissant organe de renseignement le DRS "Direction du renseignement et de la sécurité" avec plus de prérogatives que son prédécesseur.

L'arrêt du processus électoral de 1992[modifier | modifier le code]

En 1992, bien que discret, il participe dans l’ombre aux prises de décisions. À la suite des événements qui secouent l’Algérie depuis les Événements du 5 octobre 1988 en Algérie avec la montée islamiste, le rôle des services de sécurité s’accroît, par ailleurs le DRS qui avait déjà prévenu la classe politique d'un tel danger, commence à préparer un probable conflit opposant les Islamistes au régime de l’époque, surtout après la démission du président Chadli Bendjedid suivis par l’arrêt du processus électoral des élections législatives de 1991 gagnées par le FIS "Front islamique du salut" de Abassi Madani et Ali Belhadj par le nombre de billets des votants (l’armée national populaire algérienne a déclarée ne pas reconnaitre le FIS comme étant un partie politique, mais un partie religieux), ce qui marquera le début de la guerre civile Algérienne et le terrorisme islamiste face à la population. À partir de ces événements, un Haut Comité d'Etat est instauré pour diriger le pays et l’état de siège est déclarer pour faire régner l'ordre. (plusieurs appellations seront attribuées pas les medias a ces généraux et les politiciens qui ont soutenu les démarches de l’armée comme les « janviéristes » et le clan des « éradicateurs »).

Le général Toufik va organiser, en lien avec les généraux Khaled Nezzar ministre de la Défense Nationale, le général Smain Lamari, patron de la DCE (Direction du Contre Espionnage), le général Kamel Abderrahmane, patron de la DCSA (Direction Centrale de la sécurité de l'Armée) et le général Mohamed Lamari, chef d'État Major de l'ANP, la gestion de la crise, car les islamistes menaçaient le régime de la « guerre sainte » pour avoir annuler le deuxième tour, notamment les déclarations d'Ali Belhadj lors de la conférence de presse tenu juste après et des slogans hostiles à la démocratie « Soit par l’urne, Soit par l'arme » et « pas de Charte, pas de constitution, Dieu a dit, le Prophète a dit » (cette guerre sainte va toucher toute la société Algérienne par la suite et surtout après l’apparition des GIA Groupe islamique armé). Les forces de sécurité commencent alors aux arrestations massives et aux déportations des islamistes dans des prisons au Sahara (des milliers de sympathisants du FIS vont être mis dans des camps de regroupement qui vont servir de base arrière aux groupes armées car plusieurs de ces détenus vont rejoindre les maquis).

Assassinat de Boudiaf[modifier | modifier le code]

En juin 1992, un sous lieutenant Lambarek Boumaarafi du GIS (groupe d'intervention spécial de la Police d'Algérie formé par l'Armée nationale populaire), assassine le président Mohamed Boudiaf qu'il accuse d’être un obstacle contre l'instauration d'un état islamique en Algérie. L'assassinat de cette grande figure de la guerre d’Algérie est considéré un échec sécuritaire du DRS censé assurer la protection du président et sera le réel début de la Guerre civile algérienne et l'ultra radicalisation des groupes armées. (D'autres versions des opposants Algériens à l’étranger parlent d'un complot des militaires accusant le général Smain Lamari, adjoint de Mediene, d'avoir ordonner son élimination pour préserver les intérêts personnels des militaires)

Cet assassinat sera suivi d'une vague d'assassinats similaires contre les personnalités militaires (comme l'ex chef de la SM Kasdi Merbah et le général Saidi Fodil), les personnalités civiles servants dans l’état et les syndicalistes ainsi que les intellectuels des autres courants politiques et même les journalistes, les artistes et les enseignants jugées des agents de l'occident et des ennemis de dieu pour avoir exprimer leurs avis ou simplement enseigner une langue étrangère.

Les Groupes Armées et l’apparition du GIA[modifier | modifier le code]

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Dans le début de l’année 1994, le terrorisme touche désormais toute la société Algérienne. Les groupes armées, qui n'ont pas réussi à s'unifier sous une seule bannière surtout avec l'arrestation des leaders du FIS, multiplient les attaques contre les services de sécurité et la population civile, jusqu’à l'apparition d'un groupe très radicale, sanguinaire prônant une doctrine de "pas de dialogue, pas trêve", le GIA "Groupe islamique armé". Ce groupe va commettre de nombreux crimes et attentats contre les Algériens, et aussi contre la France, comme le Massacre de Bentalha en Septembre 1997, le massacre de Beni Messous en Septembre 1997, l’assassinat de cinq français à Alger en aout 1994, le détournement d’un Airbus d’Air France en décembre 1994, les attentats de Paris à l’été 1995 et l’enlèvement et l’assassinat des moines de Tibhirine; il échappe a tout contrôle et sombre dans une violence inouïe.

Le DRS du général Mediene joua un rôle clé dans l’infiltration et la manipulation de ces groupes afin de les détourner de leus actions. Plusieurs agents des services secrets ont infiltrés les groupes terroristes pour avoir des informations sur l'emplacement des maquis, le type des opérations menés et l'effectifs, dans le but d'agir sur la base d'informations fiables et de les démanteler par l'affaiblissement de leur pouvoir d'agir.

Dans le même contexte, le DRS tente de trouver une issue pacifique au conflit. Entre 1994 et 1996, le général Smain Lamari ouvre les voix du dialogue avec l'AIS "Armée islamique du salut" l'aile armée du FIS (ce groupe est moin radicale que le GIA et cherche l’arrêt de l'effusion de sang). Accompagnés par le colonel Ayoub (natif de Jijel, ce colonel sera envoyé comme Attachée Militaire à l'ambassade d’Algérie à Tripolis - Libye, puis il deviendra Général), Smain Lamari rencontre dans le secret l’émir de l'A I S Madani Mezraq dans les maquis de Jijel, pour négocier le dépôt des armes aux islamistes et un retour à la vie normal. Ces négociations vont porter fruit, puisque ils vont déboucher sur la reddition inconditionnel des maquisards de l'AIS.

Entre 1994 et 1998, le général Mediene soutien toutes les tentatives de paix du président Liamine Zéroual, amorcer un dialogue politique avec les dirigeants du FIS et la politique de la Concorde civile (Algérie). En 1997, Zéroual fait libérer de prison Abassi Madani et Ali Belhadj dans l'espoir de les réintégrer sur la scène politique algérienne, et cessez l'effusion de sang des innocents. Mais de des massacres ignobles de civils surviennent dans la banlieue islamiste d'Alger, notamment à Beni Messous (80 morts), Rais (300 morts) et Bentalha (400 morts), réclamés par le nouveau chef du GIA Antar Zouabri.

L’arrivée au pouvoir de Abdelaziz Bouteflika[modifier | modifier le code]

L’arrivée du président Abdelaziz Bouteflika ne rapporte pas de changement au niveau de la direction du DRS. Durant toute la présidence de Bouteflika, il va rester le chef incontesté des services secrets.

Le DRS, comme par ailleurs toute l’Algérie, connaîtra durant la présidence de Abdelaziz Bouteflika des changements, pour moderniser ses structures et perfectionner son effectifs. À la suite de l’expérience des années du terrorisme, le rôle des services secrets va augmenter jusqu’à devenir incontournable à fin de détecter les dangers et d’éviter des scénarios sanguinaires au niveau national et international (la participation de l’Algérie à la lutte internationale contre le terrorisme mondiale) et en plus de la défense des intérêts nationaux, ce départements est confié à de nouvelles missions, comme la lutte contre la contrebande et la surveillance de l'immigration clandestine dans le grande Sahara pour couper le financement des réseaux terroristes . Le général Mediene va être l’instigateur de ces opérations, il sera derrière toutes les reformes que connaîtra le DRS.

Cette période est marqué par la baisse des activités terroristes à tous les niveaux. Le DRS réussis à déjouer plusieurs attentats terroristes et à démanteler le reste des groupes armées, car la majorités des terroristes ont soit été tués dans les combats ou ont choisis de déposer les armes, bénéficiant de la loi de la concorde civile et par la suite la charte de paix et de la réconciliation nationale (certains membres refusent la réconciliation nationale et créent des groupuscules terroristes comme le GSPC Groupe salafiste pour la prédication et le combat ou le futur AQMI Al-Qaida au Maghreb islamique, qui vont continuer les actes terroristes mais ne seront pas a la même hauteur de danger que leurs prédécesseurs).

Reformes de 2013[modifier | modifier le code]

En 2013, le président Bouteflika décide de nouvelles reformes sur ce département, il retire certaine prérogatives qu'il confia a d'autre départements ministériels:

  • La DSI Direction de la sécurité intérieure considérée comme la colonne vertébrale du DRS, sera mise sous la tutelle du ministère de l’Intérieur et non plus de celui de la Défense, ses services d'écoutes téléphoniques seront rattachés à l’Etat Major de l’ANP dirigé par le général Ahmed Gaïd Salah un proche du président de la République qu'il a nommé à ce poste en septembre 2013.
  • La DSCA Direction centrale de la sécurité de l'armée, actuellement Direction, sera structurée en Département, elle deviendra soit Département du renseignement de l’armée ou Département central de la sécurité militaire.
  • Le GIS Groupement d'intervention spécial, chargé de la lutte antiterroriste par ses brigades d'intervention et de la protection des hautes personnalités, sera bientôt indépendant du DRS.

Polémique[modifier | modifier le code]

Dans un entretien accordé au site électronique TSA7 le 3 février 2014, Amar Saïdani secrétaire général du Parti du Front de Libération National, porte beaucoups d'accusations au général « Toufik », il l'accuse inamovible et d’être derrière les tentatives de déstabilisation qui vise le parti et son premier responsable. « Plusieurs partis ont été victimes des interférences de la sécurité intérieure. C’est le cas du FLN, du parti de Abdallah Djaballah, du FFS. Cela se fait toujours sous les ordres du général Mediene. C’est une réalité. Dans mon pays le wali, les chefs d'entreprise sont contrôlés par des colonels. Je ne comprends pas pourquoi les téléphones sont mis sous écoutes, alors que seul juge qui est en droit d'ordonner ça » a tonné Saïdani, avant de lancer des lourdes accusations : Ce département « avait failli dans la protection et la sécurité du président Mohamed Boudiaf. Il n’a pas su protéger Abdelhak Benhamouda, ni les moines de Tibhirine, ni les bases de pétrole dans le sud, ni les employés des Nations unies en Algérie, ni le Palais du gouvernement. Cette direction n’a pas su bien protéger le président à Batna où il avait été la cible d’une tentative d’assassinat. À mon avis, Toufik aurait dû démissionner après ces échecs!.», a ajouté le chef de file du FLN.

Ces déclarations ont provoqué un tollé au sein de la classe politique, plusieurs personnalités politiques et militaires dénoncent par les journaux la sortie médiatique de Saâdani et ils l’accusent de vouloir affaiblir le DRS.

Le président de la République Abdelaziz Bouteflika a réagi le 18 février, en dénonçant les propos de Amar Saïdani, « des tentatives de déstabilisation visant la présidence, l'armée et les services de renseignement qui font croire que l'institution militaire est en proie à des luttes intestines ». « Le DRS, en tant que partie intégrante de l'Armée nationale populaire, doit continuer à exécuter ses missions et attributions. Nul n'est en droit, quelles que soient ses responsabilités, de se placer au-dessus des dispositions de la Constitution et des lois de la République », a ajouté le chef de l'État. « Ces quelques rappels ont pour objectif de réaffirmer clairement que, contrairement aux allégations et aux spéculations rapportées par voie de presse au préjudice de la stabilité de l'État et de l'ANP, le DRS reste pleinement mobilisé pour la bonne exécution des missions qui lui incombent, à l'instar des autres composantes de l'ANP », a-t-il encore dit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lyes Laribi - Du MALG au DRS - Histoire des services secrets algériens.
  • Cherif Abdaim - Abdelhafid Boussouf, la révolution aux pas de velours.
  • Mohamed Khalfaoui - Le renseignement.