Juifs Mizrahim

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne les Juifs d'origine orientale. Pour les autres significations, voir Mizrahi.
Juifs Mizrahim
יהדות מזרח (Yahadout Mizra'h)
Description de cette image, également commentée ci-après
Enfants juifs avec leur professeur à Samarcande (entre 1905 et 1915)

Populations significatives par région
Drapeau d’Israël Israël 2 200 000 à 2 500 000
Drapeau des États-Unis États-Unis 0250 000
Drapeau de l'Argentine Argentine 0077 170
Drapeau de la France France 0040 000
Drapeau du Canada Canada 0035 000
Drapeau de l'Iran Iran 0025 000
Drapeau du Chili Chili 0002 700
Drapeau du Mexique Mexique 0001 000
Drapeau de l'Inde Inde 0000250
Population totale 2,7 à 3,2 millions (est.)
Autres
Langues Liturgique : hébreu mizrahi
Traditionnel : arabe, dialectes judéo-arabes, judéo-araméens et autres langues des pays de résidence
Moderne : la langue du pays de résidence actuel
Religions Judaïsme
Ethnies liées Ashkénazes, Séfarades, Tochavim (Maghrebim), Romaniote, Krymtchaks, Falashas (Beta Israel), Samaritains, Arabes

Les Juifs Mizrahim ou Mizra'him (hébreu : מזרחים « Orientaux »), également appelés Edot HaMizra'h (Communautés de l’Orient), sont les Juifs descendant des différentes communautés juives du Moyen-Orient, du Caucase et jusqu'en Asie centrale et en Inde présentant une subdivision ethnique et culturelle complexe bien plus hétérogène que les Juifs Ashkénazes et Séfarades. Sont inclus sous ce terme les Juifs arabes, aujourd'hui les réfugiés juifs des pays arabes, et ceux issus d'autres zones d'influences culturelles et linguistiques (caucasienne, kurde, perse notamment). Sont ainsi inclus les Juifs d'Afrique du Nord, les Juifs d'Irak, les Juifs yéménites, les Juifs d'Iran, les Juifs de Boukhara, les Juifs d'Inde, les Juifs de Géorgie, les Juifs du Caucase ou Juhuro (parfois appelés « Juifs des montagnes ») et les Juifs du Kurdistan. En dépit de leurs origines distinctes, la Loi de ces communautés découle principalement du Talmud de Babylone[1],[2],[3] ; leur rite les rapproche des Juifs sépharades et des Maghrebim, avec quelques différences entre les minhagim de minorités particulières.

Histoire et usage[modifier | modifier le code]

Habitations juives sur le Tigre au nord de Bagdad, Irak,1890.

Les termes « Mizrahi » (מזרחי, littéralement traduit par « Oriental », מזרח désignant l'est en hébreu) et « Edot HaMizra'h » (Assemblée de l'Est) sont une traduction de l'arabe Mashriqiyyun, qui fait référence dans son acception originelle aux habitants de la Syrie, de l'Irak et d'autres pays de l'Asie, par opposition aux résidents de l'Afrique du Nord (Maghrabiyyun).

Juif de Samarcande, ex-Turkestan, actuel Ouzbékistan,1865-1872.

Cependant, par généralisation, dans son usage israélien moderne, le terme fait référence à tous les Juifs originaires des pays arabes et d'Asie, regroupant ainsi Mizrahim proprement-dits (i.e. "orientaux"), et Séphardim du Maghreb (d'origine ibérique) en un seul groupe, malgré l'évidente contradiction lexicale et les nombreuses différences culturelles entre ces populations.

Ce mot hébreu avec son acception très étendue, incluant les Maghrébins, est une création israélienne, et avait initialement un caractère assez méprisant, renvoyant à l'"arriération" supposée des populations non-ashkénazes. Par la suite nombre de juifs orientaux et séfarades l'ont revendiqué et lui ont donné une valeur positive[4]. Le terme fut accepté et largement utilisé par les activistes mizrahim dès le début des années 1990[5], qui le préfèrent à l'expression « Juifs orientaux », laquelle a l'inconvénient d'exclure les Juifs d'Afrique du Nord.

De nombreux Mizra'him rejettent de nos jours cette appellation (et toute désignation collective), lui préférant l'identification à leur pays d'origine, ou celui de leurs ancêtres immédiats, par exemple « Juif d'Irak », « Juif kurde », « Juif tunisien »[6], etc.

Autres désignations[modifier | modifier le code]

Mariage juif à Alep, Syrie, 1914.

Le terme Mizrahi désigne à l'origine les communautés natives du Moyen-Orient, depuis les montagnes du Caucase, de l'Égypte et du Yémen jusqu'aux confins de l'Inde.

L'assimilation est souvent faite, particulièrement en Israël, entre les Juifs séfarades et les « non-ashkénazes » en général. Cela est souvent contesté, car beaucoup de Mizrahim ne sont pas originaires de la péninsule ibérique : le Moyen-Orient hébergeait des communautés juives autochtones bien avant l'arrivée des sépharades en 1492, et souvent antérieurement à l'ère chrétienne (voir l'article Juifs arabes). Cependant la plupart des communautés mizrahi utilisent un rite fortement similaire à celui des sépharades, et, sans être des « Juifs d'Espagne », n'en sont pas moins des « Juifs de rite espagnol ». L'assimilation aux « sépharades » est fréquente dans les sphères religieuses, particulièrement celles qui sont associées au parti Shas. Le dirigeant spirituel du Shass, Ovadia Yosef, qui fut grand-rabbin sépharade d'Israël de même que son fils Yitzhak Yosef, est lui-même d'ascendance irakienne et non sépharade.

Dans certains pays comme la Syrie, une distinction fut longtemps établie entre les sépharades expulsés d'Espagne en 1492 ou du Portugal par Manuel Ier en 1497 et les Juifs arabes, qui sont des autochtones. Ceux-ci se dénommaient souvent les « Musta'arabim », les sépharades les appelaient « Moriscos ».

Dans les pays arabes, les Mizrahim étaient appelés (mais ne s’appelaient pas eux-mêmes) « Juifs arabes »[réf. souhaitée]. Par ailleurs, certaines communautés de la diaspora juive remontant aussi loin que l'exil à Babylone étaient installées sur ces terres bien avant la conquête arabe, qui eut lieu un millénaire plus tard.

Ce terme de juif arabe est en revanche toujours utilisé dans les pays arabes du moyen-orient.

Langues des Mizrahim[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hébreu mizrahi.
Catégorie connexe : Patronyme mizrahi.
Juives du Kurdistan à Rawanduz, actuellement au nord de l'Irak, 1905.

Les communautés juives orientales parlaient la langue du pays où elles vivaient, ainsi que dans de nombreux cas, des langues spécifiques, des dialectes judéo-arabes, comme le moghrabi, bien que ces langues soient actuellement utilisées comme des langues folkloriques. Parmi les autres langues des Mizrahim figurent le dzhidi, le grouzini, le boukhori, le judéo-kurde, les divers judéo-berbères, le juhuri et les dialectes judéo-araméens, dont la langue du Talmud et le Lishán didán (voir ces articles).

Les ouvrages philosophiques, religieux ou littéraires des Mizrahim étaient écrits en judéo-arabe, en utilisant un alphabet hébreu modifié.

La dispersion post-1948[modifier | modifier le code]

Pour un article plus général, voir Exode des Juifs des pays arabes et musulmans.

La plupart des Juifs mizrahim durent quitter leurs pays de naissance à la suite des persécutions qu'ils eurent à subir à partir de la guerre israélo-arabe de 1948 et de l'établissement de l'État d'Israël qui s'ensuivit. Les actions anti-juives des gouvernements arabes s'intensifièrent dans les années 1950 et 1960. Parmi elles, l'expulsion de 25 000 Juifs d'Égypte à la suite de la crise du canal de Suez de 1956. La plupart des réfugiés émigrèrent vers Israël ou aux États-Unis, principalement les Juifs de Syrie ou d'Égypte. Les Juifs d'Afrique du Nord, ancienne colonie française, fuirent vers la France, modifiant profondément le paysage culturel juif français, jusque-là principalement ashkénaze et assimilé.

Famille Jamal, Yemen, début du XX° s.

De nos jours, il reste environ 40 000 Mizrahim répartis dans des communautés éparpillées dans le monde musulman non arabe, principalement en Iran, mais aussi en Ouzbékistan, Azerbaïdjan, ou en Turquie[7]. En Turquie, l'histoire du judaïsme est complexe : de nombreux Romaniotes locuteurs du yévanique, dont la Loi découlait du Talmud de Jérusalem, sont passés au rite séfarade ladino[Lequel ?], à la langue judéo-espagnole et au Talmud babylonien après la venue des Séfarades chassés d'Espagne auxquels ils se sont assimilés, tandis que d'autres soit sont devenus des linobambakis (juifs levantins adoptant les mœurs musulmanes en public), soit se sont convertis à l'islam (Juifs dönme devenus turcs). À côté de ces groupes initialement fort nombreux, on peut mentionner la minorité des Qaraim. Dans le monde arabe, il reste aujourd'hui (2017) très peu de Juifs : dans les pays du Maghreb on compte 5 000 au Maroc et moins de 2 000 en Tunisie. D'autres pays arabes en hébergent encore, mais moins de 100

Les Mizrahim dans l'État d'Israël[modifier | modifier le code]

Environ 49 000 Yéménites (Teimanim) ont émigré par l'opération « Tapis volant », 1949-50.

Arrivée en Israël[modifier | modifier le code]

L'arrivée des Mizrahim en Israël a modifié son paysage culturel et politique. Leurs coutumes, cultures et langages très différents de ceux de leurs compatriotes ashkénazes étaient bien plus proches de ceux des Arabes. Cela suscita nombre de réactions méprisantes de la part des ashkénazes : à titre d'exemple, l'épithète de vilde 'hayïes (« bêtes sauvages » en yiddish) qui fut appliquée aux juifs orientaux. Les nouveaux arrivants furent considérés comme de la main-d'œuvre grossière et inéduquée, logés dans des camps de transit formés à la hâte, appelés en hébreu ma'abarot, où les conditions de vie étaient extrêmement précaires. Les mizrahim furent ensuite affectés dans des zones urbaines de développement. La tentative d'intégration dans des moshavim (villages agricoles coopératifs) ne fut que partiellement couronnée de succès, les Mizrahim ayant exercé l'artisanat et le commerce plutôt que l'agriculture, comme les pionniers ashkénazes rarement agriculteurs de d'origine.

Des fillettes yéménitesdans la ma’abarah,Beit Lid, 1950.

"Jusqu'au début des années 1970, la politique israélienne à l’égard des Juifs originaires du monde musulman (les Mizrahim ou Orientaux) a été décrite – par le leadership travailliste ainsi que par une bonne partie de la sociologie israélienne (et notamment son père fondateur Shmuel Eisenstadt) – en termes de « modernisation ». Les Juifs orientaux étaient perçus comme prisonniers d’un carcan traditionnel. Pour les « israéliser », il convenait de les faire entrer dans l’ère moderne. Ce passage nécessitait de rompre avec une culture orientale perçue comme arriérée[8]".

Réactions contre les discriminations[modifier | modifier le code]

Les historiens voient une continuité entre les troubles qui ont secoué périodiquement les ma'abarot, ou camps de transit accueillant les juifs orientaux dans les années 1950[9], la révolte des mizrahim de Wadi Salib en juillet 1959 (à Haïfa), et le mouvement des Panthères noires israéliennes en 1971-1973[10]. Ces "Black Panthers" ont travaillé à la mise au jour des présupposés racistes et de la discrimination qui visait ces immigrés [les Juifs Mizrahim] et leurs enfants et lutté, de 1971 à 1977, pour l’égalité sociale et politique[11]". « Les Panthères noires israéliennes clamèrent haut et fort l’illégitimité d’un État reposant sur une aussi rigoureuse inégalité. Comme l’explique le poète, chercheur et cinéaste Sami Shalom Chetrit, elles sapèrent définitivement la vieille "sociologie de l’arriération" qui faisait reposer toute promesse d’amélioration sur la "modernisation" — argumentaire illustré par la recommandation d’une Golda Meir : "Qu’ils cessent toutes ces fêtes de famille. Qu’ils apprennent à gérer leur budget de manière rationnelle. Qu’ils travaillent dur pour leurs droits. Ils devraient commencer par avoir des familles plus réduites." »[11]

Le Musée Yemenite Jewish Heritage Center à Rehovot, Israël.

L'affaire des enfants yéménites est révélatrice du racisme[12] et du mépris de l'establishment ashkénaze à l'égard de la communauté d'origine de ces enfants. C'est en 2016 seulement que les juifs orientaux ont obtenu l'ouverture des archives révélant l'enlèvement de 3500 à 5000 enfants, pour la plupart juifs yéménites, dans les hôpitaux israéliens entre 1948 et 1954.

En 1997, Ehud Barak, chef du parti travailliste, a demandé pardon aux Juifs orientaux "de tout ce qu'ils avaient enduré de l'establishment ashkénaze"[13].

La discrimination à l'encontre des Juifs orientaux, et surtout des Juifs d'Afrique du Nord, demeure aujourd'hui encore dans des groupes du monde ultra-orthodoxe, historiquement dominé par les Juifs européens et américains : des ashkénazes refusent les mariages mixtes avec leurs coreligionnaires originaires des pays arabes et musulmans, fixent des quotas qui limitent l'accès à leurs écoles (yeshivot). Certaines écoles établissent des codes vestimentaires pour distinguer les élèves d'origine européenne et orientale, interdisent la communication entre ces deux groupes pendant les récréations, voire érigent un mur pour les séparer[14].

Aspects socio-économiques[modifier | modifier le code]

Nouveaux émigrants du Yemen, 1948-49.

L'intégration fut difficile et s'étendit sur des décennies. "Si une part des difficultés initiales des juifs orientaux s'explique par l'ampleur de la tâche d'insertion à laquelle était confronté le jeune État, la persistance de "l'écart ethnique" sur le long terme souligne bien l'existence d'une inégalité structurelle au sein de la société israélienne, écrit Alain Dieckhoff[15]".

Les juifs mizrahim ont connu une ascension sociale depuis les années 1970, cependant, les ashkénazes ayant bénéficié aussi, parallèlement, d'une amélioration de leur position, l'inégalité entre les deux groupes ne s'est pas réduite partout, elle s'est au contraire aggravée chez certains.

Selon une étude menée par le Bureau central israélien des statistiques (OIP), les Juifs Mizrahi sont moins susceptibles de poursuivre des études universitaires que les Juifs ashkénazes. Les Ashkénazes nés en Israël sont jusqu'à deux fois plus susceptibles d'étudier dans une université que leurs concitoyens mizrahim nés en Israël[16]. De plus, le pourcentage des Orientaux qui cherchent une éducation universitaire reste faible par rapport aux groupes d'immigrants de deuxième génération d'origine ashkénaze, comme les Russes[17].

En 1975, un juif oriental gagnait en moyenne 79 % des revenus d'un ashkénaze ; vingt ans plus tard, il ne gagne plus que 69 % de ces revenus[15]. Les sources récentes indiquent que les inégalités économiques demeurent considérables : selon un rapport de 2012, "le salaire moyen, en zone urbaine, d’un juif ashkénaze est 42% au-dessus de la moyenne de tous les salariés, quant aux juifs séfarades, leurs salaires sont à peine 9% plus élevés que la moyenne[18]". Si l'on prend en compte l'ensemble du pays et non seulement les zones urbaines, "la majorité des Mizrahim appartiennent encore aujourd'hui aux strates sociales défavorisées[8]" (en 2012).

Vote politique[modifier | modifier le code]

Rejetant le pouvoir établi politique socialiste qu'ils accusent de les avoir abandonnés à leur sort et qu'ils considèrent comme anti-religieux et élitiste jusque dans les années 1990[19], les Mizrahim soutinrent activement en 1977 la candidature de Menahem Begin, chef du parti du Likoud, élu après un monopole jusque-là ininterrompu du sionisme travailliste[20]. Selon Yehouda Shenhav, « c’est pour résorber un déficit d’identification à la culture juive israélienne que les populations orientales se sont montrées non seulement promptes à embrasser la cause nationaliste, mais aussi à « surjouer » leurs pratiques religieuses[8] ».

A partir du milieu des années 1980, de nombreux Juifs mizhahim soutiennent le parti politique du Shas fondé en 1984 par Éliezer Schach, un rabbin ashkénaze ouvert au Juifs orientaux, et dirigé dès les premiers temps par Ovadia Yosef, grand-rabbin séfarade d'Israël d'origine irakienne[21]. Selon Alain Dieckhoff, ce parti révèle le malaise des juifs mizrahim[22]. Shas est un mouvement fondamentaliste dont la revendication ethnique est très marquée, et qui représente les couches sociales défavorisées ; « il prétend régler le problème des Orientaux par le retour à la religion et à la synagogue, et non par l'égalité sociale et économique[23] », écrit Sammy Smooha (en). Shas est aussi un parti religieux fondamentaliste, formé sur le modèle des parti ultra-orthodoxes ashkénazes. Il n'est pas surprenant, selon Amnon Raz-Krakotzkin, que Shas rencontre un grand succès auprès des juifs orientaux [19] : « réhabiliter la religion est un moyen de protester contre l'establishment ashkénaze qui se définit comme laïque »[24]" ; il permet aussi pour beaucoup de poursuivre les pratiques de leurs parents en espérant avoir accès à des responsabilités politiques[19].

Niv Lugassi, Israélien d'origine marocaine, yéménite, iranienne et algérienne, diplômé d'archéologie à l'Université hébraïque de Jérusalem, 2017.

En 1998, le mouvement de la "coalition démocratique arc-en-ciel mizrahi" (ou "L'arc démocratique oriental"), ha Keshet ha Democratit ha Mizrahit a été créé par des intellectuels mizrahi comme Yehouda Shenhav, Yossi Yona et Henriette Dahan-Kalev. Il s'est efforcé de lutter pour un changement institutionnel et de dépasser la revendication ethnique ; ainsi, par exemple parmi ses objectifs, figure la possibilité offerte à des familles défavorisées habitant des HLM d'acquérir leur logement à des conditions avantageuses[23]. Par ailleurs, ce mouvement appelle à la création d’un État multiculturel et promeut le dialogue entre Mizrahim et Arabes israéliens. Son succès électoral reste néanmoins assez limité[8].

Voies d'amélioration[modifier | modifier le code]

Les mariages mixtes entre Ashkénazes et Mizrahi ne cessent de devenir communs en Israël et dès la fin des années 1990, 28% des enfants israéliens ont des parents multi-ethniques contre 14% dans les années 1950. Si les mariages inter-ethniques ne diminuent pas les différences de statut socio-économique, en revanche, leurs enfants ne les perpétuent pas[25].

Même si les disparité persistent, la place occupée aujourd'hui par les Israéliens d’origine mizrahi n'est en aucune mesure comparable à celle des premiers immigrés[19] ; l'intégration sociale est en constante progression et nombre de (en) personnalités issues du monde mizrahim et s'illustrant dans des domaines divers de la société israélienne améliorent la visibilité et la perception de ce groupe avec notamment :

Activistes[modifier | modifier le code]

Entrepreneurs[modifier | modifier le code]

Mannequins et acteurs[modifier | modifier le code]

  • Yael Abecassis - Mannequin et actrice à la télévision et au cinéma pour des réalisateurs israéliens et français, fondatrice d'une association pour femmes battues, Esprit de femmes ; de parents marocains
  • Linor Abargil - Mannequin, miss Monde en 1998, avocate, investie dans la lutte mondiale contre la violence sexuelle[27],[28] ; de parents marocains
  • Moran Atias - Mannequin et actrice pour la télévision et le cinéma, elle oeuvre aussi dans l'humanitaire (pour Milan, les réfugiés de Floride, Haïti, les animaux...) et est ambassadrice pour IsraAid ; de parents marocains
  • (en) Rebecca ("Becky") Griffin - Mannequin, présentatrice sportive à la télévision israélienne et en Grande-Bretagne, et actrice. En 2011, elle dénonce Nivea qui avait oublié Israël sur sa liste de diffusion sur internet puis s'empresse de l'inclure ; de mère yéménite
  • (en) Shlomit Levi-Malka parfois appelée Shiloh Malka - Mannequin apparue dans des campagnes internationales pour L'Oréal, Armani, Ralph Lauren, Lancôme ou Chanel et incarnant le visage de la société italienne Intimissimi ; de père marocain
Le ministre Silvan Shalom.

Politiciens[modifier | modifier le code]

Religieux[modifier | modifier le code]

  • Ovadia Yossef - Talmudiste, grand rabbin d'Israel ; né à Bagdad (Irak)

Sportifs[modifier | modifier le code]

Universitaires et figures académiques[modifier | modifier le code]

Le physicien Avshalom Elitzur.

Perception philosophique[modifier | modifier le code]

Le philosophe austro-israélien Martin Buber était conscient du regard péjoratif sur les Orientaux à qui il attribuait une fonction motrice [30] : « On a parfois considéré l’oriental comme un homme représentant un stade primitif de développement, un attardé, pour ainsi dire – ce qui est une vue étroite et schématisante. (…) J’aimerais définir le type humain oriental, tel qu’on peut le reconnaître dans les documents de l’Asie antique aussi bien que dans le chinois ou l’indien ou le juif d’aujourd’hui, comme un individu de type « moteur » plutôt que « sensoriel », contrastant en ceci avec l’occidental, (…) l’opération psychique fondamentale de l’homme de type moteur est centrifuge : une impression procède de l’âme et devient mouvement. (…) L’image que l’oriental a du monde est déterminée par la nature de son âme. (...) A l’homme de type moteur, le monde apparaît comme un mouvement sans limite dont il est lui-même traversé. Tout en percevant individuellement les choses, il ne perçoit pas chacune d’elles comme étant un en-soi, stable et clos, mais comme le point nodal d’un mouvement sans fin qui coule à travers lui (…) – et c’est là que se rejoignent toutes les grandes religions et toutes les grandes idéologies de l’Asie –, le monde ne doit pas simplement être appréhendé mentalement, il doit être réalisé. Il n’est pas seulement donné à l’homme, il lui est confié ; c’est son devoir de faire que le monde vrai devienne réel »[30].

Plaque commémorative du recrutement des Israélites orientaux en 1914, Paris.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ella Shohat,Le sionisme du point de vue de ses victimes juives: les juifs orientaux en Israel (première édition en 1988) La Fabrique éditions, Paris, 2006 ; le préambule est disponible en ligne : [9]
  • Shlomo Swirski, Mizrahim and Askkenazim in Israel: The Ethnic Division of Labor , 1981.
  • Un film : Les panthères noires d’Israël parlent, Sami Shalom Chetrit et Eli Hamo (production Momento !)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://judaism.stackexchange.com/questions/6067/yerushalmi-versus-bavli
  2. (en)« Nusach Eretz Yisraelauteur=Rabbi Yoel Lieberman », sur Archive today
  3. (it)http://www.morasha.it/sbr/sbr_somekh.html
  4. "The term “Mizrahi” [...] is an Israeli-made term, designed originally to mark the difference, and by implication the backwardness, of “Oriental (Mizrahi)” Jews. Recently, this term has resurfaced as a more positive locus around which Mizrahi identities are formed anew", Oren Yiftachel and Erez Tzfadia, "Between Periphery and ‘Third Space’:Identity of Mizrahim in Israel’s Development Towns", 2004, p.221, lire en ligne : [1]
  5. [2]
  6. En Israël, "les immigrants juifs originaires des pays arabes et/ou musulmans sont considérés comme une masse indifférenciée, avec des dénominations comme ‘edot ha-mizrah (les communautés de l’Orient), sfaradim, mizrahim (orientaux), puis yehudim ‘aravim (juifs-arabes). Aucune d’entre elles ne correspond vraiment à la réalité. Si l’on a recours à l’une ou l’autre de ces expressions, on met dans un même panier tous les immigrants de ces pays en laissant entendre que leur histoire et leur manière de vivre sont les mêmes. Or nous nous trouvons en présence de cultures foncièrement différentes, issues des réalités vécues dans chacun des pays", Rina Cohen Muller, « À la recherche du Levant perdu : des écrivains d’Israël racontent l’Égypte », Yod [En ligne], 14 | 2009, mis en ligne le 31 octobre 2011, consulté le 27 novembre 2017. URL : http://yod.revues.org/362 ; DOI : 10.4000/yod.362
  7. [3]
  8. a b c et d E. Marteu et P. Renno, "L'identité israélienne à l'heure des mobilisations communautaires", Critique internationale 2012/3 (N° 56, p.117-138), https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2012-3-page-117.htm
  9. Sami Shalom Chetrit (en), Intra-Jewish Conflict in Israel: White Jews, Black Jews, lire en ligne : [4]
  10. Uri Ram, "Hebrew Culture in Israel", dans Handbook of Israel: Major Debates publié par Eliezer Ben-Rafael,Julius H. Schoeps,Yitzhak Sternberg,Olaf Glöckner, p.67, lire en ligne : [5]
  11. a et b Joëlle Marelli, "Les juifs-arabes et la question de Palestine", 2005/3, n°32, p.116-119, https://www.cairn.info/revue-vacarme-2005-3-page-116.htm#no2
  12. "Le comité du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples condamne énergiquement la pratique raciste de l’État israélien envers les juifs d’origine yéménite qui a commencé à ce moment-là", https://mrap-strasbourg.org/Enfants-disparus-Israel-leve-le-voile-sur-son-terrible-secret. Voir aussi Actualité juive, 1er juin 2016, http://www.actuj.com/2016-06/israel/3748-nouvelle-enquete-sur-les-enfants-yemenites-disparus#.
  13. http://www.liberation.fr/planete/1998/08/11/israel-la-fracture-ouverte-entre-ashkenazes-et-sefaradesles-declarations-racistes-d-un-cacique-du-pa_245302. Voir également Alex Weingrod, "Ehud Barak's Apology: Letters from the Israeli Press", Israel Studies, Vol. 3, No. 2, Law and the Transformation of Israeli Society (Fall, 1998), pp. 238-252 : Ehud Barak s'est adressé aux juifs originaires du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord pour leur demander de pardonner ce que le Parti travailliste a fait subir aux nouveaux arrivants pendant les années 1950, https://www.jstor.org/stable/30245720.
  14. Entretien avec Yaacov Loupo, chercheur à la Fondation de Jérusalem, "Comment les Séfarades sont devenus Ashkénazes et le restent au sein du courant ultra-orthodoxe en Israël", dans le magazine LVS, Dossier spécial "Être Séfarade en Israël", p.44, lire en ligne : [6]
  15. a et b Alain Dieckhoff, "Israël : une identité nationale plurielle", Les Juifs dans l'histoire, dir. A. Germa, B. Lellouch, E. Patlagean, Champ Vallon, 2011, p.690
  16. « PERSONS AGED 18-39 STUDYING AT UNIVERSITIES, BY DEGREE, AGE, SEX, POPULATION GROUP, RELIGION AND ORIGIN » - Bureau central des statistiques (OIP).
  17. Centre Adva Archive, 23 Août 2006, à la Wayback Machine.
  18. The Times of Israël, 29 janvier 2014, http://fr.timesofisrael.com/fosse-entre-les-salaires-des-ashkenazes-et-des-sefarades/
  19. a b c d et e Jean Paul Derai (UFR Staps Universite de Nice), « Portrait : Haïm Revivo », sur WeAreFootball
  20. Israël, la fracture ouverte, Libération
  21. Zrehen Richard, « « Le Shas : une révolution culturelle et politique » », Outre-Terre, no 9,‎ (lire en ligne)
  22. Alain Dieckhoff, "Israël : une identité nationale plurielle", Les Juifs dans l'histoire, dir. A. Germa, B. Lellouch, E. Patlagean, Champ Vallon, 2011, p.69&
  23. a et b Smooha, Sammy. 2006. "Les Sepharades dans la Societe. Israelienne: Histoire Sociologique et Politique" . Le Monde Sepharade. II. Civilisation, edited by Shmuel. Trigano, lire en ligne, p.792 :[7]
  24. Amnon Raz-Krakotzkin, Exil et souveraineté: judaïsme, sionisme et pensée binationale, Préface par Carlo Ginzburg, La Fabrique, 2007, lire en ligne : [8]
  25. Barbara S. Okun, Orna Khait-Marelly, Socioeconomic Status and Demographic Behavior of Adult Multiethnics : Jews in Israel, Départment of Sociology, Hebrew University, 2006. Présentation en ligne.
  26. Son grand-père avait été assassiné dans les pogroms de Libye
  27. (en) « Brave miss World », sur Brave miss World
  28. Marion Galy-Ramounot, « Linor Abargil, l'ex-Miss Monde victime de viol, se livre dans un documentaire », Article avec interview filmée de Linor Abargil et bande-annonce de son film, sur Le Figaro Madame,
  29. Le Scientifique, documentaire retraçant l’histoire du Dr Raphael Mechoulam.
  30. a et b Martin Buber, Judaïsme, Gallimard, coll. « tel », (ISBN 2070704297), p. 47-51

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Les derniers juifs arabes, France Culture
  • PersianRabbi.com An online forum for the Persian Sephardic Jewish Community.], Persian Rabbi
  • JIMENA Jews Indigenous to the Middle East and North Africa.], Jimena
  • Réflexions d'une juive arabe, court texte autobiographique de Ella Shohat, traduit de l'anglais, lire en ligne [10] ; dans l'original anglais : Reflections by an Arab Jew - On being Mizrahi (pro-Arab identity) by Ella Habiba.], Bintjbell
  • The Middle East's Forgotten Refugees A chronicle of Mizrahi refugees by Semha Alwaya.], Aish
  • Iraqi Jews (יהודי עיראק - يهود العراق) Iraqi American Jewish Community in New York. Perpetuating the history, heritage, culture and traditions of the Babylonian Jewry.], Iraqi Jews