Mithridatisation

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La mithridatisation est le fait d'ingérer des doses croissantes d’un produit toxique afin d’acquérir supposément une insensibilité ou une résistance vis-à-vis de celui-ci.

Bien que cette technique soit inefficace pour acquérir une immunité aux poisons ou à l'alcool (ne conduisant en définitive qu'à s'intoxiquer), une application médicale actuelle est la désensibilisation spécifique à un allergène, par exemple le venin des Hymenoptera (abeilles, guêpes, fourmis, etc.).

Ce principe est différent de ce qu'il se passe pour la vaccination, où l’organisme réagit en formant des anticorps.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot a pour origine le roi du Pont Mithridate VI (132 av. J.-C. - 63 av. J.-C.) qui, craignant pour sa vie, voulut acquérir une connaissance parfaite des poisons et de leurs antidotes afin de s’en préserver. Selon la légende, il serait parvenu à s’immuniser en absorbant de petites doses de poison. Battu par Pompée, il aurait voulu se donner la mort en s’empoisonnant, mais ne put mourir qu’en se faisant tuer par un mercenaire galate.

Il n’est pas à exclure que les poisons de Mithridate aient été tout simplement éventés quand il a voulu s’en servir (tout produit très réactif est en général, pour cette raison, instable dans le temps), ou que la dose fut tout simplement trop faible, l'ayant partagée avec deux de ses filles.

Autres usages[modifier | modifier le code]

L’expression s’utilise parfois pour d’autres « intoxications », idéologiques par exemple. En 2001, Philippe Seguin a ainsi qualifié l'électorat parisien alors que Jean Tiberi venait de réaliser un très bon score aux élections municipales, en dépit de sa mise en cause dans l'affaire des HLM de la mairie de Paris[1] (qui s'est néanmoins terminée par un non lieu en 2005).

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans Le Comte de Monte-Cristo (1844) d’Alexandre Dumas, la mithridatisation joue un rôle dans l’intrigue.
  • Dans Princess Bride (1973) de William Goldman, le Terrible Pirate Robert (en) est ainsi immunisé contre les effets de l'iocane en poudre.
  • Dans Les Fourmis (1991) de Bernard Werber, les insectes ont une mithridatisation naturelle.
  • Dans Les chroniques de MacKayla Lane (2009) de Karen Marie Moning, le personnage de Mac est tellement exposé au livre noir qu'il finit par avoir un effet moindre sur elle.
  • Arsène Lupin a mangé sciemment des biscuits empoisonnés lors d’une aventure, ainsi que James Bond.
  • Dans Shirayuki de Sorata Akizuki, le prince Zen a renforcé son système immunitaire par l'injection de poisons tout au long de son enfance.
  • Dans Diabolic - Le Trône de Sang (2019) de S. J. Kincaid, le personnage de Tyrus von Domitrien emploie la mithridatisation pour s'accoutumer aux effets de stupéfiants afin de pouvoir y résister. Cela lui permet d'en simuler les effets pour tromper les membres de la cour.

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Dans Riddick (2013), le personnage du même nom s'injecte peu à peu une quantité croissante de venin provenant des créatures peuplant la planète où il se trouve, jusqu'à y être totalement insensible.
  • Dans l'animé Shirayuki aux cheveux rouges, le prince Zen, au cours de son enfance entreprend de se faire injecter d'infimes doses non-mortelles de poison pour accroître sa résistance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]