Missouri Breaks

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Missouri Breaks
Titre original The Missouri Breaks
Réalisation Arthur Penn
Scénario Thomas McGuane
Acteurs principaux
Sociétés de production United Artists
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western
Durée 126 minutes
Sortie 1976

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Missouri Breaks (The Missouri Breaks) est un film américain réalisé par Arthur Penn en 1976, produit par la United Artists

Synopsis[modifier | modifier le code]

1880, dans les terres accidentées (Missouri breaks) du centre du Montana. Le jeune Tom Logan et ses quatre acolytes sont des rustlers (voleurs de bétail). Pour faciliter leurs déplacements et stocker discrètement les animaux qu’ils volent, ils décident d'acquérir un ranch. Ils s'autofinancent grâce au hold-up d'un train et achètent un petit ranch à côté de l'immense propriété d'un grand éleveur.

Ce voisin est David Braxton, riche éleveur arrivé dans la région trente ans auparavant, qui perpétue les traditions du jugement expéditif des voleurs de bétail et de chevaux.

Un jeu du chat et de la souris commence alors entre Braxton et Logan : le jeune homme, tout en se faisant passer pour un paisible fermier, vole les bêtes du notable, pend son contremaître (car il a pendu un des voleurs, le jeune Sandy) et couche avec sa fille unique. Aussi Braxton engage-t-il un regulator[1] réputé, Robert Lee Clayton, personnage atypique et traqueur impitoyable de voleurs de bétail, afin d'éliminer tous les gêneurs, Tom y compris.

Quand Clayton, qui a compris qui est le chef des voleurs, commence à éliminer un par un les amis de Tom avec une grande perversité, celui-ci se défend.

Scènes notables[modifier | modifier le code]

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Missouri Breaks
Voir l’image vierge
Missouri Breaks
Les "Missouri Breaks", territoire de badlands dans le haut-Missouri, au centre du Montana
  • Le début est d’anthologie : Trois cavaliers arrivent de l’horizon, paisiblement, à travers une mer d’herbe "à bison" qui, comme le dit le plus âgé, monte jusqu’aux étriers des montures. L’homme, cheveux blancs et vêtement élégant, questionne aimablement le plus jeune des cavaliers, un cow-boy blond à taches de rousseur (naturellement surnommé Sandy), et s’assure qu’il aime la nature et le pays où ils chevauchent. Il décrit au garçon la nature vierge qu’il a découverte là 30 ans auparavant, quand il est arrivé avec 8 000 têtes de bétail et sa bibliothèque ; seuls les voleurs de bétail, lui dit-il en substance, l’ont vraiment gêné au cours des décennies. Les cavaliers arrivent à un petit bois où une troupe d’hommes et de femmes de différentes classes sociales semblent attendre le début d’un spectacle. Les trois cavaliers s’arrêtent sous un arbre, on demande à Sandy si on doit fouetter son cheval ou s’il va l’éperonner lui-même, et soudain il est pendu par le cou à une haute branche, ses pieds qui sortent des larges pantalons de cuir s’agitent à un mètre du sol, et il tourne sur lui-même. Un grand propriétaire, Braxton, aidé de son contremaître, vient de pendre un voleur de bétail. Une jeune femme éperonne son cheval et s’éloigne au galop : c’est la fille unique de Braxton, elle réprouve les exécutions "à l’ancienne".
  • L’arrivée de Clayton, le regulator tueur de voleurs, au ranch de Braxton : Brando lui donne d’emblée sa dimension de grand pervers[2]
  • Le raid des amis débiles de Logan sur un poste de la Police Montée Canadienne, dans le but totalement outrecuidant d'en voler les chevaux. Le calme règne dans la vallée, c’est un beau dimanche matin d’automne, seul résonne l’hymne "Bringing In the Sheaves" : tous les policiers sont réunis dans la chapelle du poste. Un flot de magnifiques chevaux s’élance hors des corals, vers la frontière. Mais la Police Montée ne se laisse pas voler ses chevaux facilement…
  • Les descriptions de la nature (en particulier du cours supérieur du Missouri, personnage induit du film), mais aussi des saloons, whore-houses (lupanars) et villes-champignons du territoire. À Big-Hole, une de ces villes minières à la rue centrale boueuse, Clayton délaisse sa méthode préférée (le tir de ses cibles à longue distance grâce à son fusil Sharps modèle Creedmore de précision) et travaille de près : déguisé en respectable granny (grand-mère) avec robe, tablier et capote à rubans, il tire sur un des voleurs à travers la porte d’un cabinet d’aisance. Et le soir, toujours vêtu en aïeule, il incendie la cabane où dort un autre voleur, le laisse se traîner à l’extérieur pour éteindre les flammes dont il est couvert, s’approche de sa victime sidérée en chantonnant moqueusement "Smoked meat…"("Viande fumée"), et le tue en lui lançant dans le front son arme blanche secrète, une croix de fer aux branches aiguisées[3].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Au moment d'une diffusion télévisée, François Ramasse écrivait dans Télérama :

"Tous les ingrédients du western classique sont là. Mais Arthur Penn décline ces figures de répertoire à sa façon : disséminées, les scènes s'étirent sur un tempo ralenti ; les plans rapprochés prolifèrent, campant les personnages grâce aux dialogues, voire aux pesants silences ; l'action fuse par instants, rare et violente. Le vieil Ouest se meurt et Penn contribue à son enterrement, avec sa vision décapante, non dépouvue d'humour. Tous les mythes fondateurs vacillent et, sortis de leurs oripeaux, les « héros » s'humanisent. Film des petits espaces, Missouri Breaks se savoure moderato. En pleine possession de son art, le réalisateur de Little Big Man fascine aussi bien par son utilisation des couleurs (un bain de jaunes) que par les numéros contrastés de ses deux monstres, Brando dans un numéro parodique, Nicholson tout en retenue. Le résultat est exceptionnel."

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. voir la signification de regulator sur l’entrée no 4 du dictionnaire Websters [1] : "celui qui, à défaut de personnes régulièrement nommées, maintient la loi"
  2. sans trop se forcer apparemment : selon l’article de WP en "The Missouri Breaks" (§ II "Reception") Brando était pendant le tournage à la limite de l’accès maniaque. À noter qu’il n’avait pas tourné depuis 4 ans (depuis la sortie simultanée en 1972 de Le Parrain (film) et Le Dernier Tango à Paris). Son personnage est à cent lieues de celui de Tom Horn, un autre "régulateur", qui sera, lui, la victime pitoyable de l’évolution socio-économique du Far-West
  3. un genre de shuriken, en somme, que Clayton a utilisé auparavant, coiffé d'un chapeau chinois, pour tuer un lièvre...

Lien externe[modifier | modifier le code]