Miracle du soleil

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Le Miracle du soleil
Description de cette image, également commentée ci-après

Foule rassemblée assistant au « miracle du soleil ».

Date à midi
Lieu Fátima (Portugal)
Résultat Phénomène observé par plusieurs dizaines de milliers de personnes

Le Miracle du soleil, ou la danse du soleil, ((pt) O Milagre do Sol) est le nom donné au phénomène solaire observé à Fátima, dans le cadre des apparitions mariales de Fátima le . Cet événement a été observé par plus de 30 000 personnes (les estimations varient de 30 à 100 000) pendant environ 10 minutes à Cova da Iria près de Fátima au Portugal. Trois mois plus tôt, la date et le lieu de ce « miracle » avaient été annoncés par les pastoureaux de Fatima, sans connaitre pour autant la nature du « miracle » qui leur avait été annoncé par Notre-Dame de Fátima.

Le , l'Église catholique a qualifié cet événement de miracle .

Ce phénomène a donné lieu à une nombreuse littérature cherchant à expliquer son origine. Différentes hypothèses ont été émises : phénomènes solaires, hallucination collective, problème rétinien (dont rétinopathie), jusqu'à l'apparition d'un objet volant non identifié.

Des films se sont également inspirés (ou ont évoqué) cet événement historique.

Le Miracle du soleil[modifier | modifier le code]

Le contexte[modifier | modifier le code]

Ce phénomène survient dans le cadre des apparitions mariales de Fátima en 1917. Trois jeunes bergers (de sept à dix ans), Lúcia de Jesus dos Santos, Francisco Marto et Jacinta Marto disent avoir vu « une dame toute vêtue de blanc » le . La nouvelle se répand rapidement et « cette dame » est très vite associées à la Vierge Marie. Si de nombreuses personnes se montrent sceptiques, très vite des curieux viennent assister aux « apparitions » qui se répètent tous les mois, même si personne « ne voit rien », et que seuls les enfants disent « voir la dame ». Lors de la 3e apparitions (le ), Lucia demande à « la dame » « un miracle » pour que les gens croient à ces apparitions. La dame promet un miracle pour le mois d'octobre, et demande de revenir chaque mois[1].

Lors de la 5e apparition, 30 000 personnes encadrent déjà les « voyants ». La « dame » promet à nouveau un « miracle » pour la prochaine rencontre le 13 octobre[2],[3].

Foule rassemblée à la Cova da Iria.

Le matin du , Avelino d’Almeida, rédacteur en chef du journal O Século[4], publie un article ironique sur les apparitions de Fátima où il ne voit que superstition et supercherie[3]. Il se rend néanmoins sur place pour assister au « miracle annoncé ». Au petit matin, c'est une foule très importante qui se dirige vers la Cova da Iria, le lieu des apparitions. Les estimations du nombre de spectateurs varient de 30 000 à 50 000 pour Avelino de Almeida[5] jusqu'à 100 000 pour le Dr Joseph Garrett, professeur de sciences naturelles à l'Université de Coimbra[6], également présent ce jour-là[7].

Dans la foule, avec les « citoyens ordinaires » se trouvent aussi des nobles, des ingénieurs, des médecins, des notaires ainsi que des journalistes et des photographes. Le ciel est complètement couvert par les nuages, et il tombe une pluie incessante. La pluie a transformé le lieu en un vaste bourbier, et les pèlerins ou curieux sont trempés jusqu’aux os et transis de froid. Les enfants arrivent avec leur famille et commencent à réciter le chapelet. À midi, bien que la pluie continue toujours de tomber, Lucie demande de fermer les parapluies et la foule lui obéit. Peu de temps après, les enfants voient « la dame » leur apparaître[2],[3]. L'apparition se présente alors à Lucie comme étant Notre-Dame du Rosaire[8],[9] et lui demande de faire bâtir une chapelle en son honneur. Elle annonce la fin proche de la guerre, et demande également la conversion des pécheurs.

Description du phénomène[modifier | modifier le code]

La foule contemple le miracle de Fatima.

Selon de nombreux témoins, après la période pluvieuse, les nuages ont éclaté et le soleil est apparu, le ciel dégagé est devenu bleu. D'après les enfants, la pluie s'est arrêtée lorsque « Notre-Dame du Rosaire s’est élevée vers le ciel ». Les témoins décrivent le soleil comme « un disque opaque tournant dans le ciel ». Le soleil a été décrit comme significativement plus terne que la normale, et « jetant des lumières multicolores sur le paysage, les gens, et les nuages environnants ». Les témoins indiquent qu'ensuite le soleil a tournoyé dans le ciel : « à un certain moment, le soleil s'arrête, et puis recommence à danser, à tournoyer; il s'arrête encore une fois, et se remet encore une fois à danser, jusqu'au moment, enfin, où il parait se détacher du ciel, et s'avancer sur nous. Ce fut un instant terrible ! »[1]. Après dix minutes, tout redevient normal[10].

Les témoins ont également déclaré que leurs vêtements précédemment mouillés sont devenus « soudainement et complètement secs, de même que le sol, préalablement détrempé par la pluie, n'était plus qu'humide et boueux, et bien moins qu'auparavant » (les flaques d'eau ont même été asséchées)[11].

Ce phénomène a également été observé par des témoins jusqu'à plus de dix kilomètres à la ronde. Pourtant l'observatoire astronomique n'a rien relevé de particulier à ce moment-là[10],[12].

L'article d'Avelino de Almeida[modifier | modifier le code]

Une copie photostatique d'une page de l'édition du du Ilustração Portugueza, montrant la foule regardant le « miracle du soleil » durant les apparitions à Fátima, attribuées à la Vierge Marie.

Dans l'assemblée, un témoin particulier : Avelino de Almeida, journaliste anticlérical et rédacteur en chef du quotidien de Lisbonne O Século. Il fait le compte rendu suivant du phénomène auquel il a assisté : « On voit l'immense multitude se tourner vers le soleil, qui apparaît au zénith, dégagé de nuages. Il ressemble à une plaque d'argent mat, et il est possible de le fixer sans le moindre effort. Il ne brûle pas les yeux. Il n'aveugle pas. On dirait qu'il se produit une éclipse. Mais voici que s'élève une clameur immense, et ceux qui sont plus près de la foule l'entendent crier : “Miracle ! Miracle !… Merveille ! Merveille !” »[10],[13]. « … Et l’on assiste alors à un spectacle unique et incroyable pour tous ceux qui n’en furent pas témoins… Le soleil rappelle une plaque d’argent mat… Il n’aveugle pas ! On dirait qu’il se produit une éclipse. Mais voici que s’élève une clameur formidable : “Miracle, miracle !” Sous les yeux éblouis de cette foule, dont l’attitude nous transporte aux temps bibliques et qui, pâle d’épouvante et tête nue, regarde l’azur firmament, le soleil trembla ! Le soleil eut des mouvements brusques, jamais vus et en dehors de toutes les lois cosmiques ! Le soleil « se mit à danser », selon l’expression typique des paysans ! »[13]. « Il ne reste maintenant qu’une chose : c’est que les savants nous expliquent, du haut de leur compétence, la macabre danse solaire, qui, aujourd’hui à Fátima, a fait jaillir des hosannas de la poitrine des fidèles ; et qui, comme me l’affirment les gens dignes de foi, a laissé très impressionnés les libres-penseurs eux-mêmes, ainsi que d’autres personnes sans aucune préoccupation religieuse, qui étaient accourues sur cette lande désormais célèbre ».

Cet article, publié dans l'édition du lundi 15 octobre d'O Século[14], fait sensation dans tout le pays, et attire à son auteur les vifs reproches des libres-penseurs, qui ne lui pardonnent pas d’avoir donné une telle publicité aux faits de Fátima, et de les avoir appuyés de son autorité[15].

Témoignages divers[modifier | modifier le code]

Le docteur Almeida Garrett, présent ce jour-là déclare[2] : « Soudain, j’entendis la clameur de centaines de voix, et je vis toute cette multitude s’étendre à mes pieds, tourner le dos à l’endroit vers lequel, jusque-là, convergeaient toute leur impatience, et regarder le soleil du côté opposé… Je me tournai à mon tour vers ce point qui attirait tous les regards, et je pus voir le soleil apparaître comme un disque au bord net, à l’arête vive, qui luisait sans blesser la vue… Il ne pouvait se confondre avec le soleil vu à travers le brouillard — il n’y en avait d’ailleurs pas à ce moment — car il n’était ni voilé, ni brouillé. À Fatima, il conservait sa lumière et sa chaleur, et se dessinait nettement dans le ciel, avec ses arêtes vives, comme une large table de jeu… Le plus étonnant est d’avoir pu fixer aussi longtemps le disque solaire étincelant de lumière et de chaleur, sans avoir mal aux yeux et sans abîmer la rétine [de l’œil]. On entendit une clameur, le grand cri d’angoisse de la foule. En effet, le soleil, conservant son mouvement rapide de rotation, sembla pouvoir se détacher du firmament, et, rouge sang, avancer vers la Terre, menaçant de nous détruire sous son poids énorme. Ce furent des secondes terrifiantes. »

Le poète portugais, Afonso Lopes Vieira, témoigne avoir vu le phénomène bien qu'étant à 10 lieues de Fátima, et qu’il ne s’y attendait nullement : « Cette journée là du , sans me rappeler les prédictions des enfants, j'ai été enchanté par un spectacle remarquable dans le ciel d'un genre que je ne l'avais jamais vu avant. Je l'ai vu depuis cette véranda. C’était le « grand miracle ». Voici que le soleil se détacha du firmament et, tombant de côté et d’autre, se précipita en zigzag sur la foule atterrée, irradiant une chaleur de plus en plus intense »[16].

Le Dr Domingos Pinto Coelho : « non seulement on voyait le soleil tomber du ciel, mais on sentait l’augmentation progressive de la chaleur avec l’approche du soleil, ce qui sécha vite les habits trempés des spectateurs, et donnant à tous les assistants l’impression nette de cette fin du monde prédite dans l’Évangile »[3].

Le Dr Almeida Garrett, professeur à la Faculté des Sciences de l’Université de Coïmbra, écrit : « … je le vis pareil à un disque aux contours nets, brillant mais non éblouissant. J’entendis des gens autour moi des gens qui le comparaient à un disque d’argent mat. La comparaison ne me parut pas exacte. Son aspect était d’une clarté nette et changeante. Il ne ressemblait nullement à la lune d’une belle nuit ; il n’en n’avait ni la couleur, ni les clairs-obscurs. On eût dit plutôt une roue lisse, découpée dans les valves argentées d’un coquillage…. On ne pouvait pas le confondre non plus avec un soleil aperçu à travers le brouillard. De brouillard il n’y en avait pas trace, et par ailleurs, ce disque solaire n’était ni confus ni voilé d’aucune façon, mais brillait nettement dans son centre et dans sa circonférence… »[3].

De son côté, l’évêque de Leiria, dans sa lettre pastorale sur le culte à Notre-Dame de Fatima, écrivit : « Le phénomène solaire du 13 octobre 1917 fut encore plus merveilleux et laissa une impression indélébile chez ceux qui eurent le bonheur d’y assister. Il a été constaté par des personnes de toutes les classes sociales, des croyants, des non-croyants, des journalistes des principaux journaux portugais et des personnes qui se trouvaient à plusieurs kilomètres »[2].

Le récit de De Marchi[modifier | modifier le code]

Localisation géographique

Les descriptions les plus citées des événements de Fatima sont tirées des écrits de Jean De Marchi, un prêtre catholique italien également chercheur. De Marchi a passé sept ans à Fátima, de 1943 à 1950, recherchant et interviewant les témoins de l'événement[17]. Dans son livre The Immaculate Heart, publié en 1952, De Marchi indique que, « les participants (ceux qui étaient présents le 13 octobre) étaient des croyants et des non-croyants, de vieilles dames pieuses et des jeunes hommes rebelles[18]. Des centaines de personnes, de ces deux groupes, ont donné un témoignage formel. Les récits peuvent varier, des impressions ou des détails mineurs être confus, mais aucun à notre connaissance, n'a directement nié avoir vu le prodige du soleil »[19].

Certaines des déclarations de témoins sont présentées ci-dessous.

  • « Le soleil, à un moment fut entouré de flammes écarlates, à un autre auréolé de jaune et de violet foncé, il se mouvait très rapidement et en tourbillonnant, parfois semblant tomber du ciel et s'approcher de la terre, en rayonnant une forte chaleur ». Dr Domingos Pinto Coelho, rédacteur pour le journal catholique Ordem[20].
  • « … Le soleil d'argent, enveloppé dans la même lumière gris vaporeux, a été vu tournant et tournant dans un cercle de nuages brisés… La lumière est devenue d'un beau bleu, comme si elle était vue à travers des vitraux d'une cathédrale, et elle se répandit sur le peuple agenouillé, les mains tendues… les gens pleuraient et priaient la tête découverte, en présence d'un miracle qu'ils avaient attendu. Les secondes semblaient des heures, tant elles étaient intenses ». Un reporter pour le journal de Lisbonne O Dia[19].
  • « Le disque du soleil ne resta pas immobile. Ce n'était pas le scintillement d'un corps céleste, car il pivota sur lui-même dans un tourbillon fou, quand soudain une clameur a été entendue par tous. Le soleil, tourbillonnant, semblait se décrocher lui-même du firmament et avancer de façon menaçante vers la terre comme pour nous écraser avec son énorme poids de feu. La sensation pendant ces moments fut terrible ». Dr Almeida Garrett, professeur de sciences naturelles à l'Université de Coïmbra[21].
  • « Comme un coup de tonnerre, les nuages ont été déchirés, et le soleil à son zénith est apparu dans toute sa splendeur. Il se mit à tourner vertigineusement sur son axe, comme la plus magnifique roue de feu que l'on puisse imaginer, en prenant toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et envoyant des éclairs de lumière multicolores, produisant l'effet le plus étonnant. Ce spectacle sublime et incomparable, qui a été répété par trois fois, a duré pendant environ dix minutes. La foule immense, vaincue par un tel prodige extraordinaire, se jeta à genoux ». - Dr Manuel Formigão, prêtre et professeur au séminaire de Santarém[21]
  • « Je me sens incapable de décrire ce que je voyais. Je regardai fixement le soleil, qui semblait pâle et n'a pas de mal à mes yeux. Vous cherchez comme une boule de neige, tournant sur elle-même, il semblait soudain descendre dans un zigzag menaçant la terre. Terrifié, je suis tombé et me suis caché parmi les gens, qui pleuraient et attendent la fin du monde à tout moment ». Joaquim Lourenço décrit l'expérience vécue alors qu'il était enfant à Alburitel, à dix-huit kilomètres de Fatima[22].

Reconnaissance officielle[modifier | modifier le code]

Cet événement a été qualifié de « miracle » par l'Église catholique, le [23] lors de la reconnaissance officielle des apparitions de Fátima.

Critiques et tentatives d'explications[modifier | modifier le code]

Persistance rétinienne et altération de la rétine[modifier | modifier le code]

Auguste Meessen, reprenant le travail préalablement accompli par le sceptique belge Marc Hallet[24], a déclaré que les miracles du soleil ne peuvent pas être pris à leur valeur nominale et que les observations rapportées étaient liées à des effets d'optique provoqués par l'observation prolongée du soleil. Meessen soutient que la persistance rétinienne des images produites après de brèves périodes d'observation directe du soleil sont une cause probable des effets de « danse du soleil » observés ce jour là. De même Meessen affirme que les changements de couleurs observées ont été très probablement causées par le blanchiment des cellules rétiniennes photosensibles[25]. Meessen observe que des « miracles du soleil » ont été observés dans de nombreux endroits où les pèlerins ont été encouragés à regarder le soleil directement. Il cite les apparitions à Heroldsbach en Allemagne (1949), par exemple, où de nombreuses personnes au sein d'une foule de plus de 10 000 personnes ont témoigné être témoin d'observations semblables à celles de Fátima[25]. Meessen cite également un article du British Journal of Ophthalmology qui traite de quelques exemples modernes de miracles du soleil[26].

Des ophtalmologues indiquent que regarder fixement le soleil développe une rétinopathie dont les altérations visuelles pourraient donner l'impression d'une « danse du soleil » et de colorations du ciel. Mais les médecins soulignent également que cela entraine une perte de vision (immédiate) qui peut être récupérée au bout de six mois, tout en présentant des risques graves de dégradation irrémédiable de la rétine[27],[28]. L'hypothèse d'une distorsion temporaire de la rétine causée par le regard directe d'une telle lumière intense, entrainant des effets optiques pour le sujet, est également une piste que suggère Joe Nickell pour expliquer « la danse du soleil » observée par les témoins de Fátima[29].

Hallucination collective[modifier | modifier le code]

Bien que Meessen suggère d'éventuelles explications psychologiques ou neurologiques pour les apparitions, il note cependant : « Il est impossible de fournir une preuve directe pour ou contre l'origine surnaturelle des apparitions »[25]. Il note également que « [il] peut être quelques exceptions, mais en général, les voyants expérimentent honnêtement ce qu'ils rapportent »[25].

D'autres personnes estiment que les témoins de l'événement ont pu être trompés par leurs sens, ou avoir vécu un phénomène naturel local[30].

Gérard de Sède publie en 1977 une étude sur les apparitions[31] niant toute manifestation de surnaturel à Fátima, il considère les « apparitions » comme une supercherie montée de toutes pièces par les familles des voyants et met les « miracles » sur le compte d'une hallucination collective renforcée par des phénomènes naturels[32].

Kevin McClure affirme que la foule à Cova da Iria peut avoir été en attente d'un signe dans le soleil, car des phénomènes similaires ont été signalés dans les semaines qui ont précédé le miracle. Sur cette base, il estime que « la foule a vu ce qu'elle voulait voir ». Cependant, aucun des phénomènes précédents n'avait à voir avec le soleil ; l'attention du public était fixée sur le petit arbre où la dame était supposée apparaître. Kevin McClure a déclaré qu'il n'avait jamais vu une telle collection de récits contradictoires durant ses dix dernières années d'études, mais il ne précise pas explicitement quelles sont ces contradictions[33].

Leo Madigan, ancien infirmier psychiatrique et journaliste local à Fatima à la fin du XXe siècle, est d'avis que les différents rapports de témoins du miracle étaient exacts. Cependant, il allègue des incohérences dans les récits de témoins, et il suggère que l'étonnement, la peur, l'exaltation, et l'imagination doivent avoir joué un rôle à la fois dans l'observation et de récit. Madigan compare cette expérience à la prière, et considère que la nature spirituelle du phénomène expliquerait ce qui est décrit comme l'incohérence des témoins[34].

De Marchi indique que l'hypothèse d'une hallucination de masse est peu probable pour les raisons suivantes[35] :

  • la prédiction d'un « miracle » non précisé (le miracle avait été annoncé trois mois avant la date, mais sans préciser sa nature : personne ne savait à quoi s'attendre)
  • le début et la fin brusque du miracle du soleil,
  • les origines religieuses variées des observateurs,
  • le nombre important de personnes présentes, et l'absence de tout facteur de causalité scientifique connu.
  • enfin, l'observation de l'activité solaire par des témoins situés à 18 km, contredit aussi (selon lui) la théorie d'une hallucination collective ou hystérie collective[35].

De Marchi cite Pio Scatizzi S.J. qui a identifié deux solutions possibles : « Les phénomènes solaires […] n'ont été observés dans aucun observatoire. Or il est impossible qu'ils aient pu échapper à l'attention de tant d'astronomes et même des autres habitants de l'hémisphère […] il n'est pas question d'un phénomène ou d'un événement astronomique ou météorologique […] Soit tous les observateurs à Fátima ont été collectivement trompés et ont commis une erreur dans leur témoignage, soit nous devons supposer une intervention extra-naturelle »[36].

Phénomène météorologique[modifier | modifier le code]

Un parhélie dans des couleurs de l'arc-en-ciel, photographié en 2005.

Steuart Campbell, dans le Journal of Meteorology en 1989, émet l'hypothèse qu'un nuage de poussière stratosphérique a changé l'apparence du soleil le 13 octobre, le rendant facile à regarder, et l'amenant à apparaître jaune, bleu et violet, ainsi qu'à tourner. À l'appui de son hypothèse, M. Campbell a indiqué qu'un soleil bleu et rougi a été signalé en Chine comme cela a été documenté en 1983[37]. Joe Nickell note : « Sans surprise, peut-être, des miracles du soleil ont été signalés dans d'autres sites - à Lubbock (Texas) en 1989, Mother Cabrini Shrine près de Denver (Colorado) en 1992, Conyers (Géorgie) au début des années 1990 »[29].

« faux soleil » observé en France en 2015.

Nickell, a également suggéré la possibilité d'un parhélie[38] : parfois appelé « faux soleil », « soleil double », « œil de bouc » ou « chien du soleil », un parhélie est un phénomène optique atmosphérique relativement commun associé à la réflexion et la réfraction de la lumière solaire par les nombreux petits cristaux de glace qui composent les cirruss ou les cirrostratus.

Paul Simons, dans un article intitulé « Weather Secrets of Miracle at Fátima », a estimé possible que certains des effets optiques à Fátima aient pu avoir été causés par un nuage de poussière du Sahara[39].

Stanley Jaki, professeur de physique à l'université Seton Hall dans New Jersey, prêtre bénédictin et auteur d'un certain nombre de livres traitant l'intersection de la science et de la foi, a proposé que l'événement était naturel et météorologique dans la nature, mais que le fait de l'événement se produise à l'heure prédite était un miracle[40].

Autres hypothèses et questions sans réponse[modifier | modifier le code]

Certains, sans remettre en cause la réalité de l'évènement, proposent une autre hypothèse : l'apparition d'un OVNI. Ainsi, certains estiment qu'il y a parfois une ressemblance de certains éléments de la description du « miracle » avec des témoignages d'apparitions d'OVNI tels que les a rapportés par Jacques Vallée dans son livre Passport to Magonia[41].

Aucune hypothèse semble n'avoir été avancée pour le problème de l'évaporation de l'eau sur les témoins et sur le sol. Selon De Marchi, « Les ingénieurs qui ont étudié ce cas ont estimé qu'une quantité incroyable d'énergie aurait été nécessaire pour assécher, en quelques minutes, les flaques d'eau qui avaient été formées sur le terrain, comme cela a été signalé par des témoins »[11].

Œuvres cinématographiques inspirées par cet événement[modifier | modifier le code]

Ce phénomène a influencé les auteurs de films qui ont repris tout ou partie de cet événement pour l'intégrer dans leur trame dramatique :

  • La Dame de Fatima ((es) La Senora de Fatima), film espagnol de Rafael Gil, sorti en 1951.
  • Le Miracle de Fatima ((en) The Miracle Of Our Lady Of Fatima), film américain de John Brahm, sorti en 1952.
  • Le 13e jour ((en) The 13th Day), film britannique de Dominic Higgins et Ian Higgin, datant de 2009 et sorti en France en janvier 2016. Ce film reprend l'histoire des apparitions de Fátima en se basant sur les écrits de Lúcia dos Santos[42].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Jeffrey S. Bennett, When the Sun Danced : Myth, Miracles, and Modernity in Early Twentieth-Century Portugal, University of Virginia Press, , 256 p. (ISBN 9780813932507, lire en ligne), p. 102
  2. a, b, c et d Il Timone, « Les images de la « danse du soleil » il y a 98 ans à Fatima », Alteia,‎ (lire en ligne)
  3. a, b, c, d et e « Les incroyables apparitions de Fatima en 1917 », sur Effondrement de civilisation, effondrements.wordpress.com (consulté le 7 septembre 2016).
  4. Ce journal est connu pour être « le grand journal libre penseur de Lisbonne ».
  5. (en) John De Marchi, The Immaculate Heart, The True Story of Our Lady of Fatima, New York, Farrar, Straus and Young, , 287 p. (OCLC 2947238).
  6. De Marchi 1952, p. 177.
  7. De Marchi 1952, p. 185-187.
  8. Chiron 2007, p. 249.
  9. Marie-Gabrielle Lemaire, Les apparitions mariales, Namur, Éditions Fidélité, coll. « Que penser de… ? », , 133 p. (ISBN 9782873563882), p. 79.
  10. a, b et c Lemaire 2008, p. 78
  11. a et b De Marchi 1952, p. 150.
  12. Chiron 2007, p. 254-255.
  13. a et b Yves Chiron, Enquête sur les apparitions de la Vierge, Paris, Éditions Perrin, coll. « Tempus », , 432 p. (ISBN 978-2-262-02733-9), p. 254
  14. Cet article a été numérisé et mis en ligne sur le site (pt) Elbson Araujo, « Fátima - O milagre do sol », sur Universo Catolico, universocatolico.com.br (consulté le 9 septembre 2016).
  15. Ahmed Benlahrech, Le Troisième Secret de Fátima : Son exact libellé - Sa juste interprétation, Éditions Edilivre, , 132 p. (ISBN 9782332812629, lire en ligne), p. 10
  16. De Marchi 1952, p. 148-149.
  17. (en) John de Marchi, The true story of Fatima, Minnesota, Catechetical Guild Educational Society, (lire en ligne).
  18. L'auteur désigne par ce terme des gens qui « critiquent la religion ».
  19. a et b de Marchi 1952, p. 143
  20. De Marchi 1952, p. 147.
  21. a et b De Marchi 1952, p. 146.
  22. De Marchi 1952, p. 149.
  23. Andrée-marie Dussault, « A Fátima, on dépense moins, mais la foi est intacte », Le Courrier,‎ (lire en ligne)
  24. « Hallet, M. (2011) Les apparitions de la Vierge et la critique historique (new expanded edition) », sur Scribd, scribd.com (consulté le 12 septembre 2016)
  25. a, b, c et d (en) Auguste Meessen, « Apparitions and Miracles of the Sun », International Forum in Porto "Science, Religion and Conscience",‎ (ISSN 1645-6564).
  26. (en) M Hope-Ross,S Travers,D Mooney; Br J Ophthalmol, « Solar retinopathy following religious rituals », British Journal of Ophthalmology,‎ (lire en ligne) (doi:10.1136/bjo.72.12.931).
  27. (en) « Eye fears over holy shrine 'visions' », BBC News,‎ (lire en ligne).
  28. (en) Phil Plait, « When self-fulfilling prophecies Knock », Discover Magazin,‎ (lire en ligne).
  29. a et b (en) Joe Nickell, « The Real Secrets of Fatima », sur Comitte of Sleptical Enquiry, csicop.org, (consulté le 12 septembre 2016)
  30. (en) Benjamin Radford, « The Lady of Fátima & the Miracle of the Sun », sur Live Science, livescience.com, (consulté le 12 septembre 2016)
  31. Gérard de Sède, Fatima : enquête sur une imposture, Alain Moreau, , 292 p..
  32. Gérard de Sède, « Résumé des thèses de Gérard de Sède », webnietzsche.fr (consulté le 2 septembre 2016)
  33. (en) Kevin McClure, Evidence for Visions of the Virgin Mary, Aquarian Press, coll. « The Evidence series », , 160 p. (ISBN 978-0850303513)
  34. (en) Leo Madigan, The Children of Fatima : Blessed Francisco & Blessed Jacinta Marto, Our Sunday Visitor Inc., , 272 p. (ISBN 978-1931709576)
  35. a et b De Marchi 1952, p. 278-282.
  36. De Marchi 1952, p. 282.
  37. (en) « Fátima's dusty veil », New Humanist, vol. 104, no 2,‎ et (en) « The Miracle of the Sun at Fátima », Journal of Meteorology, vol. 14, no 142,‎
  38. (en) Joe Nickell, Looking for a Miracle : Weeping Icons, Relics, Stigmata, Visions, and Healing Cures, Prometheus Books, , 253 p.
  39. (en) Paul Simons, « Weather Secrets of Miracle at Fátima », The Times,‎ .
  40. (en) Jaki Stanley L, God and the Sun at Fátima, Real View Books, , 382 p. (ASIN B0006R7UJ6).
  41. (en) Dimensions, A Casebook of Alien Contact, Ballantine Books, , 295 p. (ISBN 0-345-36002-8), p. 216 (voir les témoignages numéros 321 et 292).
  42. « Le 13ème jour », sur Allo Ciné, allocine.fr (consulté le 7 septembre 2016). Visible sur Youtube

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Balayn, Les grandes heures de Fatima : Du pape Benoît XV à François - Le centenaire: 1916-2017, Hauteville, Suisse, Editions du Parvis, , 720 p. (ISBN 9782880224059)
  • Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie : Biographie de Sœur Lucie de Fatima, Hauteville, Suisse, Editions du Parvis, , 592 p. (ISBN 9782880224073)
  • Soeur Lucie, Le message de Fatima : Comment je vois le messageà travers le temps et les événements, Fátima, Portugal, Secretariado dos Pastorinhos, , 64 p. (ISBN 9789728524685)
  • Soeur Lucie, Mémoires de Sœur Lucie : Textes édités par le Père Louis Kondor, SV, Fátima, Portugal, Secretariado dos Pastorinhos, (ISBN 978-972-8524-25-8)
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