Minute de silence

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En 2007, les supporters et joueurs du Fulham Football Club et du Newcastle United Football Club observent avant un match une minute de silence en mémoire du joueur décédé Jim Langley.

Une minute de silence est un moment de recueillement silencieux observé en signe d'hommage. Elle tient son nom de sa durée, qui est traditionnellement d'une minute, mais peut être différente[1].

Explication[modifier | modifier le code]

Cette forme permet de remplacer la prière par une formule plus anodine et compatible avec des religions diverses, incluant l'athéisme ou l'agnosticisme, certains y ont vu une forme de religion civile[2]. Comme une minorité pourrait très facilement l'anéantir, la minute de silence montre l'unanimité d'un sentiment.

Afin de convenir d'une telle opération commune à plusieurs pays, on engage, ce que l'on appelle dans le langage diplomatique, un protocole de silence. Les diplomates représentant les pays impliqués font des propositions jusqu'à éventuellement arriver à un accord[réf. souhaitée].

Historique[modifier | modifier le code]

Portugal[modifier | modifier le code]

Le premier exemple connu d'hommage rendu sous forme de temps de silence a été donné par le Portugal à la suite de la mort du baron de Rio Branco, survenue le 10 février 1912. Ministre brésilien des Affaires étrangères, il avait été en 1910 l'un des premiers hommes d'État à reconnaître la République portugaise. Le 13 février, la séance du Parlement portugais fut suspendue une demi-heure, comme il était d'usage ; l'innovation vint des sénateurs, le lendemain, qui restèrent à leurs sièges pour observer dix minutes de silence. Avec le temps, les dix minutes sont passées à cinq, puis à une minute, jusqu'à nos jours[3].

Commonwealth[modifier | modifier le code]

L’armistice signé le 11 novembre 1918 fut fêté avec enthousiasme et de bruyantes manifestations dans les rues. Le journaliste australien et ancien combattant de l'armée britannique Edward George Honey (en) aurait souhaité plus de sobriété et de solennité pour marquer la fin de la Grande Guerre qui avait endeuillé tant de familles. Dans une lettre ouverte au journal London Evening News (en) en mai 1919, il suggéra le principe d'un temps de recueillement silencieux pour célébrer le premier anniversaire de cet armistice dans le Commonwealth. Cette forme laïcisée de la prière pouvait réunir aussi bien croyants de toutes dénominations qu'agnostiques et athée. Il proposa une période de 5 minutes de silence qui fut jugée trop longue, tandis qu'une minute était trop courte[4]. L'homme d'État sud-africain Sir James Percy Fitzpatrick (en) suggéra deux minutes le 27 octobre 1919 à George V, roi du Royaume-Uni, qui rendit ce temps officiel le 7 novembre 1919 pour le jour du Souvenir : deux minutes de silence (symboliquement une pour les morts, une pour les survivants) sont dès lors observées à 11 heures dans tout le pays (heure de l'entrée en vigueur de l'armistice), le 11e jour du 11e mois de chaque année[5].

France[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Espagne[modifier | modifier le code]

Israël[modifier | modifier le code]

Pologne[modifier | modifier le code]

Le de chaque année, une minute de silence est observée à Varsovie en hommage à l'Insurrection de Varsovie. Les sirènes de la ville retentissent et la circulation s'arrête[8].

Turquie[modifier | modifier le code]

Chaque année, le 10 novembre, lors de l'anniversaire de la mort d'Atatürk, les Turcs observent une minute de silence à 9 h 05 et la circulation s'arrête dans les rues[9].

Union européenne[modifier | modifier le code]

Deux minutes de silence furent observées le 15 juillet 2005 à 13 h dans les 25 pays de l'Union européenne à la mémoire des victimes des attentats de Londres du 7 juillet 2005[10]. La France a hésité à proposer le 14 juillet, date de sa fête nationale, jour traditionnel de réjouissance qui pouvait mal se prêter à être partagée[réf. souhaitée].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans la littérature « une minute de silence », expression attestée au XVIIIe siècle, ne signifie pas une minute montre en main, mais un peu plus que quelques instants de silence, sans intention particulière de recueillement. Il en va de même pour les modernes célébrations civiques. Par exemple, pendant le jour du Souvenir, la durée de recueillement est, dans la plupart des pays, de deux minutes.
  2. Faure 1922.
  3. (pt) « Sabia que o minuto de silêncio foi inventado em Portugal ? », bomdia.eu, 28 décembre 2015, consulté le 31 mars 2016
  4. (en) « New celebration of Armistice Day proposed ».
  5. Ruth Solski, Pourquoi nous portons le coquelicot, S&S Learning Materials, , p. 5.
  6. Paul Faure, « Une minute de silence », Le Populaire, Paris,‎ (lire en ligne).
  7. « Attentat de Nice : une minute de silence dans toute la France », sur le site de l'hebdomadaire Le Point,‎ (consulté le 18 juillet 2016)
  8. http://www.liveleak.com/view?i=c37_1375348515
  9. http://www.herodote.net/Moustafa_Kemal_1881_1938_-synthese-180.php.
  10. « Attentats : Londres honore ses victimes en silence », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)