Minute de silence

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
En 2007, les supporters et joueurs du Fulham Football Club et du Newcastle United Football Club observent avant un match une minute de silence en mémoire du joueur décédé Jim Langley.

Une minute de silence est un moment de recueillement silencieux observé en signe d'hommage. Elle tient son nom de sa durée, qui est traditionnellement d'une minute, mais peut être différente[1].

Explication[modifier | modifier le code]

Cette forme permet de remplacer la prière par une formule plus anodine et compatible avec des religions diverses, incluant l'athéisme ou l'agnosticisme, certains y ont vu une forme de religion civile[2].

Afin de convenir d'une telle opération commune à plusieurs pays, on engage, ce que l'on appelle dans le langage diplomatique, un protocole de silence. Les diplomates représentant les pays impliqués font des propositions jusqu'à éventuellement arriver à un accord. Ce fut notamment le cas pour convenir de la date de la minute de silence consécutive aux attentats du 7 juillet 2005 à Londres. Deux minutes de silence furent observées à 13 h comme dans les 25 pays de la communauté européenne à la mémoire des victimes de ces attentats. La France a hésité à proposer le 14 juillet, date de sa fête nationale, jour traditionnel de réjouissance qui pouvait mal se prêter à être partagée[réf. souhaitée].

Historique[modifier | modifier le code]

Portugal[modifier | modifier le code]

Le premier exemple connu d'hommage rendu sous forme de temps de silence a été donné par le Portugal à la suite de la mort du baron de Rio Branco, survenue le 10 février 1912. Ministre brésilien des affaires étrangères, il avait été en 1910 l'un des premiers hommes d'État à reconnaître la République portugaise. Le 13 février, la séance du Parlement portugais fut suspendue une demi-heure, comme il était d'usage ; l'innovation vint des sénateurs, le lendemain, qui restèrent à leurs sièges pour observer dix minutes de silence. Avec le temps, les dix minutes sont passées à cinq, puis à une minute, jusqu'à nos jours[3].

Commonwealth[modifier | modifier le code]

L’armistice signé le 11 novembre 1918 fut fêté avec enthousiasme et de bruyantes manifestations dans les rues, ce qui provoqua un malaise chez Edward George Honey (en) journaliste australien et ancien combattant de l'armée britannique qui aurait souhaité plus de sobriété et de solennité pour marquer la fin de la Grande Guerre qui avait endeuillé tant de familles. À l'occasion de la célébration du premier anniversaire de cet armistice au Commonwealth, l'idée d'un temps de recueillement silencieux, pouvant réunir aussi bien croyants qu'athées et agnostiques pour en faire une forme laïcisée de la prière, fut suggérée en premier par Honey dans une lettre ouverte dans le journal London Evening News en mai 1919. Il avait proposé au départ une période de 5 minutes de silence qui fut jugée trop longue et une minute trop courte[4]. Finalement 2 minutes furent adoptées sur la proposition de Sir James Percy Fitzpatrick (en), homme d'État sud-africain qui suggéra ce temps le 27 octobre 1919 à George V, roi du Royaume-Uni qui le rend officiel le 7 novembre 1919 lors du jour du Souvenir : deux minutes de silence (symboliquement une pour les morts, une pour les survivants) sont dès lors observées à 11 heures dans tout le pays (heure de l'entrée en vigueur de l'armistice), le 11e jour du 11e mois de chaque année[5].

France[modifier | modifier le code]

Turquie[modifier | modifier le code]

Chaque année, le 10 novembre, lors de l'anniversaire de la mort d'Atatürk, les Turcs observent une minute de silence à 9 h 05 et la circulation s'arrête dans les rues[7].

Israël[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Espagne[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans la littérature « une minute de silence », expression attestée au XVIIIe siècle, ne signifie pas une minute montre en main, mais un peu plus que quelques instants de silence, sans intention particulière de recueillement. Il en va de même pour les modernes célébrations civiques. Par exemple, pendant le jour du Souvenir, la durée de recueillement est, dans la plupart des pays, de deux minutes.
  2. Faure 1922.
  3. (pt) « Sabia que o minuto de silêncio foi inventado em Portugal ? », bomdia.eu, 28 décembre 2015, consulté le 31 mars 2016
  4. (en) « New celebration of Armistice Day proposed »
  5. Ruth Solski, Pourquoi nous portons le coquelicot, S&S Learning Materials,‎ , p. 5
  6. Paul Faure, « Une minute de silence », Le Populaire, Paris,‎ (lire en ligne).
  7. http://www.herodote.net/Moustafa_Kemal_1881_1938_-synthese-180.php