Minuit, chrétiens

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Partition de Minuit, chrétiens

Minuit, chrétiens est un cantique de Noël sur un texte écrit aux alentours de 1843 par Placide Cappeau et mis en musique par Adolphe Adam en 1847.

À l'origine composé pour soprano et clavier (piano, orgue ou harmonium), Minuit, chrétiens est souvent chanté par un baryton ou un ténor solo accompagné à l'orgue lors de la deuxième messe de Noël célébrée traditionnellement le 24 décembre à minuit. De nombreuses transcriptions de ce cantique ont été réalisées pour les formations les plus variées, de la simple adaptation pour instrument solo à l'orchestration symphonique avec grand chœur et orgue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création à Roquemaure[modifier | modifier le code]

Placide Cappeau
Minuit, chrétiens au piano

Bien qu'il ait été l'auteur de ce que le compositeur Adolphe Adam, appelait « La Marseillaise religieuse », Placide Cappeau, un négociant en vins qui était socialiste, républicain et anticlérical, prétendit lui-même, l'avoir écrit, le dans la diligence qui le conduisait à Paris, entre Mâcon et Dijon[1],[2]. Claude Debussy l'appelait « ce chant d'ivrogne ».

En fait, ce cantique fut rédigé bien avant 1847 dans des circonstances apparemment plus banales.

En effet, au début de l’année 1843, l’abbé Maurice Gilles, curé de Roquemaure, le village natal de Placide Cappeau, décide de faire restaurer les vitraux de la collégiale Saint-Jean-Baptiste. Connaissant Cappeau, il lui demande de composer un chant de noël afin de célébrer dignement la fin des travaux[1].

Or au même moment, l'ingénieur parisien Pierre Laurey, chargé depuis de terminer la construction du pont suspendu sur le Rhône conçu par son confrère Marc Seguin, séjourne à Roquemaure avec son épouse, Emily.

Première interprétation en France[modifier | modifier le code]

Emily Laurey, ancienne chanteuse lyrique, est une amie intime de l'épouse d'Adolphe Adam. C'est Emily qui sollicite la collaboration du célèbre musicien pour la mise en musique du poème de Placide Cappeau ; elle lui promet d’interpréter ce « Cantique de Noël » dans la collégiale le .

Mais en juillet 1843, Emily Laurey accouche d’une petite fille prénommée Adeline et ses médecins lui déconseillent le voyage, comme ils le lui déconseilleront les années suivantes.

Le , à 9 heures du matin, l’abbé Gilles décède ; l’abbé Eugène Nicolas Petitjean lui succède à la tête de la cure de Roquemaure le .

Finalement, Emily Laurey chantera Minuit, chrétiens pour la première fois, le , soit quatre ans après la promesse qu'elle avait faite à Adolphe Adam[1].

Première interprétation au Québec[modifier | modifier le code]

Rapporté de France par Ernest Gagnon, Minuit, chrétiens est chanté pour la première fois en terre d'Amérique par Marie-Louise-Joséphine Caron, fille du juge René-Édouard Caron, ancien maire de la ville de Québec et futur lieutenant-gouverneur du Québec.

Elle est accompagnée à l'harmonium par Gagnon, le , à l'église Saint-Michel de Sillery (l'un des quartiers de la ville de Québec), église appelée à l'époque Saint-Colomb de Sillery[Note 1].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Ce cantique est adapté en langue anglaise et devient :

Apparition dans les églises[modifier | modifier le code]

Bien qu'aujourd'hui Minuit, chrétiens soit exécuté comme chant d'entrée à la messe de minuit, cela n'a pas toujours été le cas. En effet, le cantique était anciennement controversé pour la simple raison de cette ligne: «... et de son père, arrêter le courroux.», car selon certains prêtres, ce passage portait offense au Seigneur du fait que Dieu n'est pas courroux[réf. souhaitée].

Avec le temps, ces réserves se sont estompées et ce cantique est, au XXIe siècle, considéré comme un classique religieux[réf. souhaitée].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plus tard, Marie-Louise-Joséphine a épousé le juge Jean-Thomas Taschereau et a donné naissance à Louis-Alexandre Taschereau, Premier ministre du Québec de 1920 à 1936.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Denis Havard de la Montagne, « Minuit, chrétiens, une partition d'Adolphe Adam », sur Musica et Memoria (consulté le 14 décembre 2016)
  2. « Origine gardoise de « Minuit, chrétiens » », sur nemausensis.com (consulté le 14 décembre 2016)
  3. The SBFII, « Susan Boyle - O Holy Night - Larry King LIve - December 2010 », sur YouTube, (consulté le 14 décembre 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]