Milon de Crotone

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Milon de Crotone
Louvre statue DSC00917.jpg

Milon de Crotone, sculpture de Pierre Puget (Paris, Musée du Louvre). Une réplique de cette sculpture sur la mort de Milon est visible sur le cours Honoré-d'Estienne-d'Orves, à Marseille, une autre a été réalisée en 2013 et a été replacée sur son lieu d'origine à Versailles.

Biographie
Naissance
Décès
Activité
LutteurVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
Distinctions
Liste détaillée
Vainqueur de la lutte aux Jeux olympiques antiques (d) ()
Vainqueur de la lutte aux Jeux olympiques antiques (d) (, , , et )
Vainqueur des Jeux de Némée (d)
Vainqueur des Jeux pythiques (d)
Vainqueur des Jeux isthmiques (d)
Periodonike (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Milon de Crotone est l'un des plus célèbres athlètes de la Grèce antique[1]. Sa vie et sa mort sont l'objet de nombreuses légendes relatées dans les récits des trois principales biographies antiques de Pythagore, par Diogène Laërce, Porphyre (Vie de Pythagore) et Jamblique (Vie de Pythagore), ainsi que par Plutarque et Justin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il est disciple de Pythagore[2]. Il obtient son premier titre olympique de lutte en -540. Dès lors, il collectionne les victoires avec 6 titres aux Jeux olympiques, 7 titres aux jeux pythiques, 9 titres aux jeux de Némée et 10 titres aux jeux isthmiques.

Légende[modifier | modifier le code]

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Originaire de Crotone, Milon est devenu légendaire en raison de sa force extraordinaire :

  • il a commencé sa carrière en portant sur ses épaules chaque jour un jeune veau. Le veau étant devenu adulte, il continuait à le soulever aisément, cet entraînement légendaire étant à l'origine du proverbe grec « qui l'a bien porté veau peut le porter taureau »[3] ;
  • il tenait une grenade dans sa main, et, par la seule application de ses doigts, sans écraser ni presser ce fruit, il la tenait si bien que personne ne pouvait la lui arracher[4] ;
  • il mettait le pied sur un palet graissé d'huile, et par conséquent très glissant ; cependant, quelque effort que l'on fît, il n'était pas possible de l'ébranler, ni de lui faire lâcher pied ;
  • il se ceignait la tête avec une corde, en guise de ruban ; puis retenait sa respiration : dans cet état violent, le sang se portant au front lui enflait tellement les veines, que la corde rompait[4] ;
  • il tenait le bras droit dans le dos, la main ouverte, le pouce levé, les doigts joints, et alors nul homme n'eût pu lui séparer le petit doigt d'avec les autres.

Il se nourrissait de vingt livres (ou vingt mines) de viande, autant de pain et quinze pintes (ou trois conges) de vin suffisaient à peine à le rassasier. Un jour, ayant parcouru toute la longueur du stade, portant sur ses épaules un taureau de trois (ou quatre ans), il l'assomma d'un coup de poing, et le mangea tout entier dans la journée. Il eut une occasion de faire un usage de ses forces. Un jour qu'il écoutait les leçons de Pythagore, le plafond de la salle où l'auditoire était assemblé menaçant de s'effondrer, il le soutint lui seul, donna aux auditeurs le temps de se retirer et se sauva après eux. La confiance qu'il avait en ses forces finit par lui être fatale.

La postérité le tient pour le meilleur athlète (au sens de combattant) de l'Antiquité, devançant, dans le quatuor canonique des champions : Théagène de Thasos, le premier à s'être imposé dans deux disciplines différentes (pugilat et pancrace); Glaucos de Carystos, le gigantesque boxeur; et Polydamas de Scotoussa, le pancratiaste, appelé « l'homme le plus grand ayant jamais vécu » par l'auteur Pausanias le Périégète.

La mort de Milon de Crotone[modifier | modifier le code]

Selon la légende, Milon, parvenu à un âge avancé, traversait l'Italie et, ayant trouvé en chemin un vieux chêne abattu et entrouvert, il entreprit d'achever de le fendre avec ses mains ; mais l'arbre retrouva son état d'origine, et l'athlète n'ayant pas eu le temps de retirer ses doigts, resta finalement prisonnier de l'arbre, ses mains étant prises comme dans un étau : il ne put se dégager, et, incapable de se défendre, il fut dévoré par des loups[5].

Dans la réalité, il est probable qu'il est mort dans l'incendie criminel de sa maison où les principaux chefs du parti pythagoricien sont alors réunis, lors d'une guerre civile à Crotone, dominée par l'hétairie des Pythagoriciens[6]

Évocation artistique[modifier | modifier le code]

Charles Meynier, Milon de Crotone voulant essayer sa force est surpris et dévoré par un lion, 1795, (Musée des beaux-arts de Montréal)

Dans un tableau réalisé vers 1535 par le Pordenone (Milon dévoré par le lion, University of Chicago), l'artiste a remplacé les loups par des fauves africains. Cette fantaisie artistique se retrouve, un siècle et demi plus tard, dans le célèbre groupe de marbre de Pierre Puget conservé au Louvre : Milon de Crotone (1682).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lucien de Samosate 2015, p. 332
  2. Son gendre Démocédès épouse d'ailleurs Myia
  3. Petronius Arbiter, Le Satiricon, suivi des poésies attribuées à Pétrone et des fragments épars, Garnier frères, , p. 445
  4. a et b Jean-Paul Brouchon, Histoires des Jeux Olympiques de Zeus à Pékin. Éditions Jacob-Duvernet, Saint-Amand-Montrond, 2008, p. 22
  5. Aulu-Gelle, Nuits attiques [détail des éditions] [lire en ligne], XV, 16.
  6. Jean-Manuel Roubineau 2016, p. 44

Liens externes[modifier | modifier le code]