Seconde (temps)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Milliseconde)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir seconde et science attoseconde.
Seconde
Cette animation représente un éclair qui se produit une fois par seconde.
Cette animation représente un éclair qui se produit une fois par seconde.
Informations
Système Unités de base du Système international
Unité de… Temps
Symbole s

La seconde est une unité de mesure du temps de symbole s (sans point abréviatif).

C'est une des unités de base du Système international, ainsi que du système CGS.

Qualitativement, la seconde est une durée égale à la soixantième partie de la minute (une minute se décompose en 60 secondes), la minute étant elle-même la soixantième partie de l'heure.

C'est d'ailleurs l'étymologie du mot qui provient de la francisation écourtée de l’expression minutum secunda en latin médiéval, qui signifie littéralement minute de second rang, c’est-à-dire seconde division de l’heure.

Quantitativement, la seconde du Système international d'unités est définie par un nombre d'oscillations, 9 192 631 770 exactement, de l'atome de césium. La mesure et le comptage de ces oscillations sont effectuées par les horloges atomiques.

Choix de la base 60[modifier | modifier le code]

À partir du début du IIe millénaire av. J.-C., les Mésopotamiens ont compté en base 60 en utilisant une numération de position dérivée du système de numération de type additif et de base mixte des Sumériens. Ce système est généralement associé à la civilisation babylonienne, qui occupe le sud mésopotamien après -1800 et jusqu'au début de notre ère. Cette base a traversé les siècles : on la retrouve aujourd'hui dans la notation des angles en degrés (360° = 6 × 60°) ou dans le découpage du temps (1 heure = 60 minutes = 602 secondes).

Article détaillé : Histoire de la mesure du temps.

Étalon de mesure du temps[modifier | modifier le code]

La définition de la seconde, l'unité de temps dans le Système international, a été établie selon les connaissances et les possibilités techniques de chaque époque depuis la première Conférence générale des poids et mesures en 1889.

  • Elle a d’abord été définie comme la fraction 186 400 du jour solaire terrestre moyen[note 1], le jour solaire moyen étant la durée de la rotation de la Terre sur elle-même définie par les astronomes[1]. L’échelle de temps associée est le temps universel TU.
  • En 1956, pour tenir compte des imperfections de la rotation de la Terre qui ralentit notamment à cause des marées, elle a été basée sur la révolution de la Terre autour du Soleil et définie comme la fraction 131 556 925,974 7 de l’année tropique 1900[1]. C’est la seconde du temps des éphémérides TE.
  • Depuis la 13e Conférence générale des poids et mesures, la seconde n’est plus définie par rapport à l’année, mais par rapport à une propriété de la matière ; cette unité de base du Système international a été définie en 1967 dans les termes suivants :

«  La seconde est la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium 133[2],[3],[4]. Il en résulte que la fréquence de la transition hyperfine de l’état fondamental de l’atome de césium est égale à 9 192 631 770 hertz exactement, ν(hfs Cs) = 9 192 631 770 Hz.  »

La seconde, étalon de mesure du temps, est ainsi un multiple de la période de l’onde émise par un atome de césium 133 lorsqu’un de ses électrons change de niveau d'énergie. On est ainsi passé de définitions, en quelque sorte descendantes, dans lesquelles la seconde résultait de la division d’un intervalle de durée connue en plus petits intervalles, à une définition ascendante où la seconde est multiple d'un intervalle plus petit.

Lors de sa session de 1997, le Comité international a confirmé que la définition de la seconde se réfère à un atome de césium à une température de 0 K, c'est-à-dire au zéro absolu[2]. Cette dernière précision souligne le fait qu’à 300 K, la transition en question subit, par rapport à sa valeur théorique, un déplacement en fréquence dû aux effets de rayonnement du corps noir. Cette correction a été apportée aux étalons primaires de fréquence et donc au Temps atomique international (TAI) à partir de 1997, quand elle a cessé d’être négligeable par rapport aux autres sources d’incertitude.

On dispose aujourd’hui d’une exactitude allant jusqu’à la 14e décimale (10-14). L’exactitude et la stabilité de l’échelle dite du TAI obtenue principalement à partir d’horloges atomiques à jet de césium sont environ 100 000 fois supérieures à celles du temps des éphémérides. C’est d’ailleurs l’unité du SI la plus précisément connue.

Unités dérivées[modifier | modifier le code]

Unités et symboles normalisés dans le SI[modifier | modifier le code]

Les préfixes du Système international d'unités permettent de créer des multiples et sous-multiples décimaux de la seconde. Si les sous-multiples décimaux (milliseconde, microseconde, nanoseconde, etc.) sont d’un emploi assez fréquent, les multiples (kiloseconde (ks) pour 1 000 secondes, mégaseconde, etc.) sont très peu usités, les multiples de 60 (minute, heure) puis 24 (jour) leur étant préférés.

Les multiples de la seconde en usage avec le Système international[5] sont :

  • la minute, de symbole min, dont la durée est de 60 secondes ;
  • l’heure, de symbole h, dont la durée est de 60 minutes, soit 3 600 secondes ;
  • le jour, de symbole d (international, du latin dies) ou j (en français), dont la durée est de 24 heures, soit 86 400 secondes (cette durée, différente du jour calendaire correspond approximativement à celle d’un jour solaire).

Unités et notations usuelles dérivées du SI[modifier | modifier le code]

Il existe d’autres unités usuelles non décrites dans le SI, mais dérivées de celui-ci :

  • la tierce, de symbole t, ancienne unité dont la durée est de 160 de seconde ;
  • l’année julienne, de symbole a (d'après le latin annus ; souvent yr dans la littérature anglo-saxonne), d’une durée de 365,25 jours soit 31 557 600 secondes ;
  • l’année sidérale, précisée par son époque (servant à définir une autre unité de longueur dérivée du SI mais ne faisant pas partie formellement de celui-ci, l’année-lumière), définie par une durée précise exprimée en secondes (précisément 31 471 949,27 secondes pour l’époque J2000.0 utilisée pour définir l’année-lumière) ;
  • le mètre, qui est en réalité une unité de longueur et non de temps, mais qui correspond aujourd’hui, par définition, à la distance parcourue par la lumière dans le vide en exactement 1299 792 458 de seconde (cette définition permet d’exprimer de façon équivalente les périodes d’ondes électromagnétiques sous forme de longueur d'onde ; toutefois le mètre reste encore considéré comme une unité SI de base, non dérivée ; c’est aujourd'hui le temps (et non directement la distance) qu’on sait aujourd'hui mesurer le plus précisément (toute mesure d’une distance oblige à changer de référentiel pour l’instrument de mesure, ne serait-ce que pour le construire, et à synchroniser au moins deux mesures, ce qui nécessite aussi un temps nécessairement non nul).

Notations erronées[modifier | modifier le code]

L'emploi d'une ou de deux primes (caractères « ′ » et « ″ ») comme symboles respectifs de la minute et de la seconde temporelles est incorrect, ces signes désignant la minute et la seconde d'arc, subdivisions du degré d'arc.

De même il n’est pas correct d’utiliser des abréviations pour les symboles et noms d’unités, comme « sec » (pour « s » ou « seconde »)[6].

Multiples et sous-multiples[modifier | modifier le code]

Les préfixes du Système international d'unités permettent de créer des multiples et sous-multiples décimaux de la seconde. Comme indiqué plus haut, les sous-multiples sont employés fréquemment contrairement aux multiples.

Voici la table des multiples et sous-multiples de la seconde :

10N Nom Symbole Quantité[7]
1024 yottaseconde Ys Quadrillion
1021 zettaseconde Zs Trilliard
1018 exaseconde Es Trillion
1015 pétaseconde Ps Billiard
1012 téraseconde Ts Billion
109 gigaseconde Gs Milliard
106 mégaseconde Ms Million
103 kiloseconde ks Mille
102 hectoseconde hs Cent
101 décaseconde das Dix
1 seconde s Un
10-1 déciseconde ds Dixième
10-2 centiseconde cs Centième
10-3 milliseconde ms Millième
10-6 microseconde μs Millionième
10-9 nanoseconde ns Milliardième
10-12 picoseconde ps Billionième
10-15 femtoseconde fs Billiardième
10-18 attoseconde as Trillionième
10-21 zeptoseconde zs Trilliardième
10-24 yoctoseconde ys Quadrillionième

Ordres de grandeur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordres de grandeur de durée.

On peut noter que l'âge de l'univers, exprimé en secondes, est voisin de 4,3 × 1017 s, ce qui donne peu de sens aux durées bien plus grandes exprimées en zettasecondes ou yottasecondes.

De même un milliard de secondes correspondent environ à 31 ans 8 mois et 8 jours, plus parlant à l'échelle humaine.

À l'opposé, dans le domaine des durées extrêmement courtes, l’Institut Max-Planck d'optique quantique (en) a mesuré en 2004 la durée du trajet d’électrons excités par les impulsions de 250 attosecondes d’un laser à ultraviolets ; position mesurée toutes les 100 attosecondes, correspondant à 1 × 10−16 s[8] - à titre de comparaison, une attoseconde est à une seconde ce qu'une seconde est à environ 31,54 millions d'années. Pour avoir une meilleure idée de la prouesse, dans le modèle d’atome d’hydrogène de Niels Bohr, l’orbite d’un électron autour du noyau dure 150 attosecondes (mais les modèles atomiques actuels considèrent que l’électron ne tourne pas[9]).

L'Institut Max Born d’optique non linéaire et de spectroscopie (MBI) de Berlin est parvenu à établir en 2010 le record de la plus faible durée d'impulsion contrôlable, atteignant la durée de 12 attosecondes[10].

Les unités de temps plus petites, zeptoseconde et yoctoseconde, ont peut-être encore un sens à des échelles subatomiques, mais ne sont pas mesurables avec les instruments actuels.

Autres unités de temps usuelles non linéaires[modifier | modifier le code]

D'autres unités usuelles ne correspondent pas à un nombre précis de secondes, et ne sont donc pas des unités de temps dans le SI, ni même dérivées directement de celui-ci puisque ce ne sont que des approximations dans leur propre système non linéaire, d’une durée réelle en secondes SI :

  • le jour solaire, tel qu'observé encore aujourd’hui sur la Terre par les géophysiciens et astronomes (et autrefois utilisé aussi intuitivement comme unité calendaire) mais dont la durée réelle varie en permanence de façon irrégulière, ainsi que ses unités dérivées (semaine solaire, mois solaire, année solaire), mais dont les noms sont encore plus ambigus selon l’astre de référence et le repère tridimensionnel qui sert à les compter (en nombre de révolutions terrestre entre les équinoxes, ou bien selon l’année tropique observée) ;
  • l’ensemble des unités calendaires (en nombre de rotations de la Terre pour l’alternance nuit/jour), toutes géocentrées, connue du grand public et largement utilisées (jour, semaine, mois, année, décennie, siècle, millénaire, etc.), qui ne correspondent pas non plus exactement avec les unités dérivées du SI ni même exactement aux unités solaires précédentes ;
  • de même, le jour calendaire est très usuellement subdivisé de façon traditionnelle en exactement 24 « heures » de 60 « minutes », chacune de 60 « secondes », quelle que soit la date, ce qui simplifie l’usage courant ; cependant ces unités (elles aussi calendaires) sont alors différentes de l’heure, la minute et la seconde décrite dans le SI, et même de l’heure, la minute et la seconde solaire des géophysiciens et astronomes.

Toutefois, dans de nombreux pays, l’heure légale dans une journée calendaire est maintenant déterminée par une durée exprimée en heures, minutes et secondes du SI : le réajustement des jours calendaires avec les jours solaires se fait aujourd'hui de temps en temps au moyen des secondes intercalaires, insérées ou supprimées à certaines dates en fin de journée (de sorte que les jours calendaires légaux font le plus souvent 24 heures dans le SI, mais certains jours sont raccourcis ou augmentés d’une ou deux secondes du SI). Cela a permis d’éliminer dans de nombreux domaines l’emploi des traditionnelles secondes, minutes et heures solaires, et même celui des secondes, minutes et heures calendaires, au prix d’une complexification de la durée légale d’une journée calendaire.

Perspectives[modifier | modifier le code]

Étalon de fréquence et de mesure du temps[modifier | modifier le code]

Les développements récents d'horloge atomique, basés sur des transitions électroniques à des fréquences optiques, ont permis de construire des horloges plus stables que les meilleures horloges à jet de césium. Lors de la 24e Conférence générale des poids et mesures[11], ces atomes et leurs fréquences ont été ajoutés aux représentations secondaires de la seconde[12].

D'après les publications sur les performances de ces étalons de fréquence (dont Nature de juillet 2013), ces horloges pourraient dans le futur conduire à une nouvelle définition de la seconde[13].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une journée de 24 h correspond à 24 × 60 × 60 = 86 400 secondes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Brochure SI 2006, p. 22
  2. a et b Brochure SI 2006, p. 23
  3. Définition de la seconde sur le site du BIPM
  4. L’étalon à employer est la transition entre les niveaux hyperfins F = 4, M = 0 et F = 3, M = 0 de l’état fondamental 2S1/2 de l’atome de césium 133 non perturbé par des champs extérieurs ; la valeur 9 192 631 770 hertz est assignée à la fréquence de cette transition (Brochure SI 2006, p. 61).
  5. Brochure SI 2006, p. 35
  6. Brochure SI 2006, p. 41
  7. L'échelle longue utilisée ici est la référence dans les pays francophones, notamment en France, au Canada, ainsi que généralement en Europe (sauf en Grande-Bretagne). L'échelle courte est utilisée avant tout par les États-Unis d'Amérique, le Brésil, la Grande-Bretagne et les autres pays de langue anglaise (sauf le Canada).
  8. (en) Electron movements pinned down to the split second, Nature 427, 26 février 2004
  9. Cf. atome
  10. Après plus de 15 ans de fonctionnement, le service de veille www.bulletins-electroniques.com animé par l'ADIT s’est arrêté fin juin 2015.
  11. Résolution 8 de la 24e Conférence générale des poids et mesures, BIPM, 2011
  12. (en) Recommended values of standard frequencies, BIPM, 11 juillet 2013
  13. (en) Experimental realization of an optical second with strontium lattice clocks, Nature Communications 4, juillet 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]