Millî İstihbarat Teşkilatı

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Millî İstihbarat Teşkilatı
Millî İstihbarat Teşkilatı

Création 1965
Juridiction Gouvernement de la République de Turquie
Siège Drapeau de la Turquie Ankara
Employés 8 000
Budget annuel 1 108 220 000 livre turque (2015)
Direction Hakan Fidan
Site web http://www.mit.gov.tr/eng/index.html

Le Millî İstihbarat Teşkilatı ou MİT, « Organisation nationale du renseignement » est le service de renseignement de la Turquie. Il a été fondé en 1965 pour remplacer son prédécesseur le Milli İstihbarat Hizmeti (MİH).

Le premier directeur du MİT était Çağrı Reis, en place du 14 juillet 1965 au 2 mars 1966. Le responsable actuel du service est le sous-secrétaire Hakan Fidan, depuis le 25 mai 2010.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Teşkilat-i Mahsusa (Organisation spéciale ottomane) est créé en juillet 1913 sous l'ordre d'Enver Pacha alors ministre de la guerre. L'organisation s’implique notamment dans le génocide de près de 1 million de sujets arméniens de l'Empire ottoman, entre 1915 et 1916. Il est dissous en octobre 1918. Sur son site Internet, le MIT revendique sa filiation avec le Teşkilat-i Mahsusa[1].

Depuis 2012, toute poursuite judiciaire du personnel du MİT est interdite, quels que soient les faits présumés, sans l'accord du gouvernement. Les reportages de journalistes sur ses opérations sont également interdits. En 2014, le reporter Ahmet Sik et plusieurs de ses collègues sont incarcérés pour avoir enquêté sur des camions chargés d'armes destinés à des groupes islamistes en Syrie et escortés par le MİT[1].

En janvier 2013, trois militantes kurdes proches du PKK sont assassinés à Paris. Les meurtres sont d'abord attribués par le gouvernement turc et certains médias français à un « règlement de comptes » interne au PKK[2]. Après deux ans d’enquête, la justice française établie l'appartenance de l'assassin au MİT mais sans pouvoir déterminer les commanditaires : « il convient de préciser que les investigations n’ont pas permis d’établir si ces agents du MIT ont participé à ces faits de façon officielle, avec l’aval de leur hiérarchie, ou s’ils l’ont fait à l’insu de leur service », les autorités turques refusant « étrangement » de répondre à la commission envoyée en ce sens, précise le parquet[2].

Dans des enregistrements divulgués en 2014, le chef de l'organisation, Hakan Fidan, suggère de faire tirer des roquettes depuis la Syrie vers la Turquie afin de justifier une action militaire en représailles[1].

Le 15 juillet 2016, lors de la tentative de putsch contre le Gouvernement turc, un hélicoptère putschiste a attaqué le QG du MİT. Réputée très proche du chef de l’État Recep Tayyip Erdoğan, il s'agit de la seule administration à avoir été épargnée par les purges de l'après-tentative de coup d’État[1]. Deux hauts responsables du MİT sont capturés par le PKK dans le nord de l'Irak en aout 2017[3].

En Allemagne, le MİT instrumentalise certains groupes criminels originaires de Turquie pour attaquer des sympathisants du PKK ou des opposants turcs au régime de l'AKP[4]. Depuis 2017, la Belgique, l'Allemagne et la France accroissent leur coopération judiciaire afin « d’empêcher les agents du MIT d’agir à leur guise en surveillant et en liquidant les principaux chefs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) »[5].

Liste des directeurs du MİT[modifier | modifier le code]

Nom Début fonctions Remplacement
1 Avni Kantan 14 juillet 1965 2 mars 1966
2 Mehmet Fuat Doğu 2 mars 1966 27 mars 1971
3 Nurettin Ersin 2 août 1971 25 juillet 1973
4 Bülent Türker 26 juillet 1973 27 février 1974
5 Bahattin Özülker 28 février 1974 26 septembre 1974
6 Bülent Türker 26 septembre 1974 24 novembre 1974
7 Hamza Gürgüç 25 novembre 1974 13 juillet 1978
8 Adnan Ersöz 13 juillet 1978 19 novembre 1979
9 Bülent Türker 19 novembre 1979 7 septembre 1981
10 Burhanettin Bigalı 7 septembre 1981 14 août 1986
11 Hayri Ündül 5 septembre 1986 29 août 1988
12 Teoman Koman 29 août 1988 27 août 1992
13 Sönmez Köksal 9 novembre 1992 11 février 1998
14 Şenkal Atasagun 11 février 1998 11 juin 2005
15 Emre Taner 11 juin 2005 25 mai 2010
16 Hakan Fidan 25 mai 2010 en fonction

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Laure Marchand, « Sur la piste des commandos d'Erdogan », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Assassinat de militantes kurdes à Paris : la justice souligne l’implication des services secrets turcs », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  3. (en) « Photos of Turkish agents captured by PKK released | Ahval », Ahval,‎ (lire en ligne)
  4. « Osmanen Germania, ce gang turco-allemand accusé d’intelligence avec les espions turcs », Middle East Eye,‎ (lire en ligne)
  5. Jacques Follorou, « La campagne sanglante des commandos turcs en Europe », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]