Millî İstihbarat Teşkilatı

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir MIT (homonymie).

Millî İstihbarat Teşkilatı
Millî İstihbarat Teşkilatı

Création 1965
Juridiction Gouvernement de la République de Turquie
Siège Drapeau de la Turquie Ankara
Employés 8 000
Budget annuel 1 108 220 000 livre turque (2015)
Direction Hakan Fidan
Site web http://www.mit.gov.tr/eng/index.html

Le Millî İstihbarat Teşkilatı ou MİT, « Organisation nationale du renseignement » est le service de renseignement de la Turquie. Il a été fondé en 1965 pour remplacer son prédécesseur le Milli İstihbarat Hizmeti (MİH).

Le premier directeur du MİT était Çağrı Reis, en place du 14 juillet 1965 au 2 mars 1966. Le responsable actuel du service est le sous-secrétaire Hakan Fidan, depuis le 25 mai 2010.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Teşkilat-i Mahsusa (Organisation spéciale ottomane) est créé en juillet 1913 sous l'ordre d'Enver Pacha alors ministre de la guerre. L'organisation s’implique notamment dans le génocide de près de 1 million de sujets arméniens de l'Empire ottoman, entre 1915 et 1916. Il est dissous en octobre 1918. Sur son site Internet, le MIT revendique sa filiation avec le Teşkilat-i Mahsusa[1]. Il poursuit les principaux buts de l'« Organisation spéciale » : la lutte contre la réaction religieuse, contre le séparatisme kurde et contre le gauchisme[2].

Dans les années 2010, le MIT est particulièrement impliqué dans la lutte contre le mouvement Gülen et ses membres présents dans la police et la justice. Il est également chargé de pourchasser les membres de la Confrérie nombreux à l'étranger où ils encadrent des écoles privées prisées par les classes moyennes[3].

En 2012, alors que Hakan Fidan est soupçonné par la justice d'avoir outrepassé ses droits dans les discussions entretenues avec le Koma Civakên Kurdistan (KCK) qui englobe le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), discussions qui sont interdites par la loi turque, cette organisation étant considérée comme « terroriste », Erdoğan, Premier ministre, fait voter une loi dispensant les fonctionnaires du MIT de répondre aux requêtes de la justice sans l'accord du gouvernement[3]. Les reportages de journalistes sur ses opérations sont également interdits. En 2014, le reporter Ahmet Sik et plusieurs de ses collègues sont incarcérés pour avoir enquêté sur des camions chargés d'armes destinés à des groupes islamistes en Syrie et escortés par le MİT[1].

Les relations entre le MIT et les services de renseignement israéliens étaient « excellentes » dans les années 1980 - 2000. Elles se déteriorent en 2010 après le raid israélien contre le Mavi Marmara, navire d'une ONG humanitaire musulmane turque ayant l'intention d'affronter le blocus de Gaza. En 2013, le MIT est accusé par la presse américaine d'avoir donné à Téhéran l'identité d'agents de renseignement travaillant pour les services Israéliens opérant en Iran[3].

Dans le cadre du conflit syrien, le MIT a a apporté son aide à différents groupes rebelles y compris des groupes islamistes[1]. En septembre 2014, il a réussi à faire libérer 46 citoyens turcs pris en otages au consulat général de Turquie à Mossoul, en Irak du Nord, par les djihadistes de Daech. Ceux-ci auraient été échangés contre une rançon et des membres du groupe État islamique qui se trouvaient dans les hôpitaux turcs à proximité de la frontière[3]. Dans des enregistrements divulgués en 2014, le chef de l'organisation, Hakan Fidan, suggère de faire tirer des roquettes depuis la Syrie vers la Turquie afin de justifier une action militaire en représailles[1].

Le 15 juillet 2016, lors de la tentative de putsch contre le Gouvernement turc, un hélicoptère putschiste a attaqué le QG du MİT. Réputée très proche du chef de l’État Recep Tayyip Erdoğan, il s'agit de la seule administration à avoir été épargnée par les purges de l'après-tentative de coup d’État[1].

Lutte contre le PKK[modifier | modifier le code]

En janvier 2013, trois militantes kurdes proches du PKK sont assassinés à Paris. Les meurtres sont d'abord attribués par le gouvernement turc et certains médias français à un « règlement de comptes » interne au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)[4]. Après deux ans d’enquête, la justice française établit l'appartenance de l'assassin au MİT mais sans pouvoir déterminer les commanditaires : « il convient de préciser que les investigations n’ont pas permis d’établir si ces agents du MIT ont participé à ces faits de façon officielle, avec l’aval de leur hiérarchie, ou s’ils l’ont fait à l’insu de leur service », les autorités turques refusant « étrangement » de répondre à la commission envoyée en ce sens, précise le parquet[4].

En 2017, le MIT connaît un échec important dans le Kurdistan irakien. Alors que les services secrets turcs espèrent pouvoir enlever Cemil Bayik, membre du conseil exécutif et fondateur du PKK, deux hauts responsables du MİT sont piégés et capturés par le PKK dans le nord de l'Irak en août[5].

En Allemagne, le MİT instrumentalise certains groupes criminels originaires de Turquie pour attaquer des sympathisants du PKK ou des opposants turcs au régime de l'AKP[6]. Depuis 2017, la Belgique, l'Allemagne et la France accroissent leur coopération judiciaire afin « d’empêcher les agents du MIT d’agir à leur guise en surveillant et en liquidant les principaux chefs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) »[7].

Liste des directeurs du MİT[modifier | modifier le code]

Nom Début fonctions Remplacement
1 Avni Kantan 14 juillet 1965 2 mars 1966
2 Mehmet Fuat Doğu 2 mars 1966 27 mars 1971
3 Nurettin Ersin 2 août 1971 25 juillet 1973
4 Bülent Türker 26 juillet 1973 27 février 1974
5 Bahattin Özülker 28 février 1974 26 septembre 1974
6 Bülent Türker 26 septembre 1974 24 novembre 1974
7 Hamza Gürgüç 25 novembre 1974 13 juillet 1978
8 Adnan Ersöz 13 juillet 1978 19 novembre 1979
9 Bülent Türker 19 novembre 1979 7 septembre 1981
10 Burhanettin Bigalı 7 septembre 1981 14 août 1986
11 Hayri Ündül 5 septembre 1986 29 août 1988
12 Teoman Koman 29 août 1988 27 août 1992
13 Sönmez Köksal 9 novembre 1992 11 février 1998
14 Şenkal Atasagun 11 février 1998 11 juin 2005
15 Emre Taner 11 juin 2005 25 mai 2010
16 Hakan Fidan 25 mai 2010 en fonction

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tancrède Josseran, « Les services secrets turcs, de l’Organisation Spéciale au MIT », Stratégique 2014/1 (N° 105), pages 131 à 144

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Laure Marchand, « Sur la piste des commandos d'Erdogan », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juillet 2018)
  2. Tancrède Josseran, « Les services secrets turcs, de l’Organisation Spéciale au MIT », Stratégique 2014/1 (N° 105), pages 131 à 144
  3. a b c et d Services secrets turcs : les hommes des basses œuvres du président Erdogan, avec Alain Rodier, atlantico.fr, 22 août 2019
  4. a et b « Assassinat de militantes kurdes à Paris : la justice souligne l’implication des services secrets turcs », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « Photos of Turkish agents captured by PKK released | Ahval », Ahval,‎ (lire en ligne, consulté le 19 janvier 2018)
  6. « Osmanen Germania, ce gang turco-allemand accusé d’intelligence avec les espions turcs », Middle East Eye,‎ (lire en ligne, consulté le 23 novembre 2017)
  7. Jacques Follorou, « La campagne sanglante des commandos turcs en Europe », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]