Milieu de jeu
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Aux échecs, le milieu de jeu est le nom donné à la phase de la partie qui suit l'ouverture (en général, dès le premier coup qui sort des sentiers battus des ouvertures connues), et se transforme en finale habituellement après l'échange des dames. Pendant cette phase, les joueurs tentent de renforcer leur position et d'affaiblir celle de l'adversaire, par un arrangement harmonieux de leurs pièces en vue d'attaques ou de défenses, et par l'élimination des pièces adverses.
Stratégie et tactique
[modifier | modifier le code]Le milieu de jeu implique un niveau élevé d'échanges : comprendre comment réaliser les échanges favorables est donc important.
Il existe un nombre de tactiques connues qui visent des gains matériels, comme la fourchette, l'enfilade, le clouage et l'attaque à la découverte, etc. La plupart d'entre elles impliquent une attaque contre le roi adverse (ou inversement, visent à empêcher une attaque de son propre roi), et vont, en général, mener à un avantage.
De plus, il existe des stratégies utiles, comme placer un avant-poste à un endroit bien défendu (case forte), menaçant d'autres cases que l'adversaire pourrait utiliser pour déplacer ses pièces, ou encore placer des pièces à des endroits où elles ne seront réellement utiles que plus tard dans le jeu.
Les joueurs expérimentés utilisent la tactique pour réaliser des échanges favorables et obtenir une position avantageuse.
L'étude des milieux de jeu en rapport avec les ouvertures
[modifier | modifier le code]Jeremy Silman rapporte dans un de ses ouvrages : « Âgé de treize ans, j'ai lu avec stupéfaction que les Soviétiques apprenaient les ouvertures en étudiant les positions types de milieu de partie et de finale qui en découlent »[1].
De fait, Neil McDonald et Andrew Harley affirment que « pour maîtriser une ouverture aux échecs, il est essentiel d'en comprendre la logique stratégique sous-jacente. Cela commence par des questions simples : « De quel côté dois-je roquer ? », « Où dois-je attaquer ? », puis cela devient plus précis : « Dois-je échanger les fous de cases noires ici ? », « Comment répondre à la menace sur l’aile roi : par g3 ou par h3 ? ». Les idées tactiques se comprennent mieux quand on les relie à un plan stratégique global. Par exemple, choisir entre g3 et h3 ne dépend pas seulement d’un principe général, mais aussi des conséquences tactiques que chaque coup entraîne. En pratique, un bon joueur ne sépare pas vraiment stratégie et tactique : il perçoit la position dans son ensemble et prend une décision globale »[2].
Les forts joueurs ne se contentent pas de retenir les suites de coups de l'ouverture ; ils en maîtrisent aussi les schémas récurrents. Une même manœuvre peut d'appliquer dans des situations très différentes mais il suffit que son mécanisme (savoir quand et à quelles conditions ces schémas s'appliquent) soit assimilé pour effectuer la manœuvre en question.
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Par exemple, lorsque le fou-roi des Blancs se trouve sur la diagonale a2-g8, que la colonne d est totalement ouverte, et que le roi noir n'a pas encore roqué, il existe un stratagème de déviation typique Fxf7+. Ce coup force les Noirs à jouer Rxf7. Le roi noir ne défendra alors plus la dame en d8 et les Blancs pourront jouer Dxd8.
Le diagramme ci-contre en montre un exemple très précoce, obtenu après 1. e4 c5 2. d4 cxd4 3. c3 dxc3 (gambit Morra accepté) 4. Cxc3 d6 5. Fc4 Cf6 6. e5 dxe5??.
Selon Steve Giddins (en), ancien éditeur du British Chess Magazine, la meilleure façon — et peut-être même la seule — d'intérioriser la logique interne et les mécanismes sous-jacents au stade du milieu de jeu consiste à rejouer des parties entières de maîtres avec l'ouverture en question : si possible, des parties annotées par les joueurs eux-mêmes, lesquels en sont idéalement des praticiens de premier plan. Il donne comme exemple Wolfgang Uhlmann dont il a lui-même rejoué les parties pour assimiler les schémas récurrents de la défense française[3].
La transition vers la finale
[modifier | modifier le code]La dernière phase du milieu de jeu consiste à se préparer pour la finale. Dans la mesure où de nombreuses finales impliquent la promotion du pion, il est bon de s'en souvenir quand on réalise des échanges dans le milieu de jeu. Cela dit, toutes les parties n’atteignent pas la finale ; par exemple, une combinaison conduisant à un gain matériel important peut mettre fin à la partie (par abandon d'un des camps) alors qu’elle se trouve encore au milieu de jeu.
Échecs informatiques
[modifier | modifier le code]Par rapport à leur force dans les ouvertures, où ils peuvent faire appel à une immense bibliothèque d'ouvertures connues, et dans les finales avec très peu de pièces, où ils peuvent faire usage de tables de finales, les ordinateurs d'échecs se révèlent moins performants dans la phase stratégique du milieu de partie (et dans les finales stratégiques, où il reste encore de nombreuses pièces sur l'échiquier). En effet, ils sont souvent considérés comme plus faibles dans les « positions tranquilles »[4], où il n'y a pas de prise possible, où aucun camp n'est en échec, et où aucun pion n'est proche de sa case de promotion. Les ordinateurs n'ont alors pas de plan et attendent les opportunités tactiques, domaine où ils se révèlent du niveau d'un grand maître. Dans les phases stratégiques du milieu de jeu et de la finale - la distinction n'est pas bien claire - ils sont contraints de recourir à des méthodes heuristiques, un domaine dans lequel le cerveau humain excelle.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Mûrir son style par l'exemple : ou comment tirer parti des déséquilibres aux échecs, Échecs et Maths (Montréal), , 418 p. (ISBN 978-1895-525-007), p. 328.
- ↑ (en) McDonald & Harley, Mastering the French with the Read and Play Method, 2e éd., B.T. Batsford, 2000, 192 p., (ISBN 978-0-7134-5716-2), Préface (p. 5).
- ↑ (en) Steve Giddins (en), How to Build Your Chess Opening Repertoire, Éditions Gambit, 2003, (ISBN 978-1805-0412-52), Chapitre 1.
- ↑ (en) Robin Smith (en), Modern chess analysis, Éd. Gambit, 2004, page 13.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Max Euwe, H. Kramer, The Middlegame (two volumes)
- Youri Averbakh, Chess Middlegames: essential knowledge, Cadogan, (ISBN 1-85744-125-7)
- Reuben Fine, The Middlegame in Chess