Migami

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Les Migami sont une population du Tchad vivant dans le canton du même nom, la sous-préfecture de Baro dans la province du Guéra, à l'est de Mongo. Ils font partie du groupe des Hadjaraï et sont établis dans la chaîne montagneuse de l'Abou Telfane – d'où l'une de leurs désignations, «  Djongor Aboutelfane ».

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on observe plusieurs formes : Migami, Migaami, Megami, Jongor, Djonkor, Dionkor, Dyongor, Djongor Aboutelfane.
L'ethnologue Jean Pouillon considère que Diongor (et ses variantes) serait un terme arabisé d'origine waddaienne qui signifierait « païen ». Cet exonyme est appliqué à deux groupes qui se désigneraient eux-mêmes autrement (endonyme) : Gergagi pour les Diongor Guéra et Megami pour les Diongor Abou Telfan[1].

Population[modifier | modifier le code]

Sous le nom de « Jongor Abou Telfane », le recensement de 1991 dénombre 23 253 personnes[2], tandis qu'une publication de 1992 estime le nombre de Migami à 40 000[3].

Langue[modifier | modifier le code]

Ils parlent le migaama, une langue tchadique, dont le nombre de locuteurs a été évalué à 20 000 en 2000[4].

Religion[modifier | modifier le code]

La plupart des habitants de la région sont musulmans, mais depuis l'installation de missionnaires catholiques à Baro[5], une petite communauté chrétienne s'est constituée[3].

Culture[modifier | modifier le code]

De nombreux Migami observent le rite de la margaï[6].
Deux fêtes sont particulièrement importantes, l'une en août au milieu de la saison des pluies, l'autre au début des récoltes de mil (octobre-novembre[3]).

Économie[modifier | modifier le code]

Leur mode de vie est plutôt sédentaire. Ils pratiquent l'agriculture (mil, sésame, arachide, légumes) et l'élevage[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Pouillon, « La structure du pouvoir chez les Hadjeraï (Tchad) », L'Homme, IV, 3, sept.-déc. 1964, p. 20, [lire en ligne]
  2. Recensement général de la population, Bureau central de recensement (BCR, N'Djamena, 1991), cité dans Analyses langages, textes et sociétés, Université de Toulouse-le Mirail, 2004, p. 56
  3. a b c et d Herrmann Jungraithmayr (de), Abkar Adams, « Les Migami et leurs voisins », in Lexique migama : migama-français et français-migama (Guéra, Tchad) : avec une introduction grammaticale, D. Reimer Verlag, Berlin, 1992, p. 15-16, [lire en ligne]
  4. Ethnologue [mmy].
  5. La paroisse Saint-François-Xavier de Baro
  6. Jeanne-Françoise Vincent, « Les Margaï du pays Hadjeraï (Tchad) : contribution à l'étude des pratiques religieuses », in Bulletin de l'IRSC, 1962, 1 (1), p. 63-86, [lire en ligne]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Khalil Alio, « Contacts de langues et contacts de cultures dans les régions de l'Abou-Telfane et du Bahr Signakha (Guéra, Tchad) », in Gábor Takács (dir.), Semito-Hamitic Festschrift for A.B. Dolgopolsky and H. Jungraithmayr, Berlin, Dietrich Reimer, 2008, p. 1-18.
  • Alain Beauvilain, La population du Tchad, CNAR, N'Djaména, 1996, 104 p.
  • Nossor Doungous, Les Migami, Al-Mouna, N'Djamena, 2013, 74 p.
  • Herrmann Jungraithmayr (de), Abkar Adams, « Les Migami et leurs voisins », in Lexique migama : migama-français et français-migama (Guéra, Tchad) : avec une introduction grammaticale, D. Reimer Verlag, Berlin, 1992, p. 15-16[lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Pouillon, « La structure du pouvoir chez les Hadjeraï (Tchad) », L'Homme, IV, 3, sept.-déc. 1964, p. 18-70, [lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Djimet Seli, (De)connexions identitaires hadjeray: Les enjeux des technologies de la communication au Tchad, Langaa RPCIG, 2013, 258 p. (ISBN 9789956791880)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]